mercredi 12 juillet 2017

Ego-Journal 73

Voilà plusieurs semaines que je n'ai écrit aucun égo-journal. Pourquoi ? Je n'étais pas en situation de pouvoir le faire, non pas physiquement (bien qu'occupé par plein d'autres choses sans importance), mais moralement et psychologiquement, je dirais même existentiellement.

Voilà un bon mois que je traverse une crise existentielle. Qui suis-je ? A quoi je sers ? Qu'est-ce que je suis sensé faire ? Suis-je utile ? Ce que je fais a-t-il de la valeur ? Est-ce de l'égo mal placé ? Ou est-ce un besoin d'écrivain (j'ai du mal à me nommer comme tel) ?

Un soir, j'ai mon Aigle, ma conscience auto-analytique, qui m'a regardé droit dans les yeux de mon âme et m'a posé cette question : pourquoi écris-tu ?
J'ai essayé de répondre différentes choses : le besoin d'écrire, l'expression de mon mal-être ou parfois bien-être... Mais il a continué : pourquoi écris-tu ?
J'ai répondu : pour être publié ?
Et il a continué : pourquoi veux-tu être publié ?
Pour partager avec les autres, espérer que je puisse aider éventuellement quelqu'un via un de mes écrits, savoir que ce livre puisse se trouver facilement dans n'importe quelle bibliothèque...
Pourquoi veux-tu être publié ?
Et la question revenait sans cesse... Jusqu'à ce que je me pose la question : est-ce pour mon égo ? Pour plaire ? Pour être reconnu ?

Et là, j'ai basculé. Si tout ce que je fais est dicté par mon égo, alors je suis dans le faux. L'égo est une valeur, une part de nous-même, mais il ne doit pas être notre moteur, sinon, par égo, nous sommes prêts à faire des horreurs (marcher sur les autres, faire du mal, ...).
Tout a été remis en question dans mon existence nouvelle. Qui suis-je ? A quoi je sers ? Ai je une valeur ?

Cela m'a plongé dans une crise existentielle comme jamais ! Avec de l'aide, j'ai cherché différentes méthodes pour m'en sortir.
Le Qi-gong pour assainir mon stress, cette boule au plexus qui me bloquait totalement.
La méditation Zen et ses principes humanistes de recherche de la vérité (la sienne), de savoir qui l'on est réellement.
Le Reiki, soins traditionnels Japonais, énergétique et qui régule en complément des deux autres, l'équilibre de mon corps et de mon esprit.

Ces trois réunis sont épuisants. Après une séance complète, je m'écroule sur mon lit pour dormir 1 à 2H. Mais j'en ressors apaisé tant physiquement, que moralement. Mon âme est plus sereine.

Mais il m'a fallu un mois pour retrouver mon équilibre. Ai-je eu mes réponses ? Non, pas encore.

Mais le premier principe du Zen : "Ici et Maintenant !" et le second aussi : "Mushotoku : Sans but ni esprit de profit" m'aident beaucoup.Ils permettent de relativiser le passé, de ne pas s'inquiéter trop du futur, de vivre maintenant, pleinement et sans "égo sur-dimensionné".
Ce sont les premiers pas vers un chemin qui prendra du temps, un chemin doré, difficile à parcourir, dont je ne sais quelle est la destination, à part dire "moi et les autres". Mais l'important dans le voyage, c'est d'alterner jambe gauche et jambe droite, d'avancer. Le mouvement est une fonction naturelle de l'univers et des hommes en particulier.

Je me suis mis au Haïku, forme traditionnelle Japonaise 5-7-5 qui doit exprimer en très peu de mots une idée forte. Dans le Zen, elle est aussi utilisée sous forme de "Koan" où celui qui l'énonce présente un principe contradictoire ou une idée qui doit éveiller la réflexion chez l'autre, pour lui permettre à son tour de faire son chemin.
A la différence d'autres "religions" (le Zen étant à la fois une religion et une philosophie, pour ma part, je ne retiens que la partie philosophique), le Zen n'impose pas d'explication du monde, ni de concepts pré-mâchés. Au contraire, il ne donne que des outils (Zazen, la méditation) pour que chacun trouve "sa" vérité, "son" chemin. Cette non codification du monde, cette liberté de pensée, cette harmonie avec les autres, ce non refus des autres (contrairement à la méditation "occidentale" qui a tendance à être vue comme un isolement, un ermite ne pensant qu'à lui, ne pansant que lui, la méditation Zen se tourne vers tout ce qui vit, y compris soit, mais aussi évidemment les autres). Il n'y a pas de privation, pas d'interdiction, pas d'obligation. La seule contrainte, c'est de pratiquer Zazen. Rien d'autre...

Je pense que cette nouvelle façon de voir le monde, que j'avais déjà en partie grâce à la pratique des arts martiaux traditionnels Japonais très proche du Zen, va m'ouvrir de nouvelles voies et donc de nouveaux écrits. Je réfléchis en ce moment à une nouvelle histoire. Je ne l'ai pas encore mais je sens qu'elle approche...

Bref, je sors de ma léthargie forcée, pour enfin renaître et vivre ici et maintenant.

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