dimanche 28 mai 2017

Ego-Journal 71

Je vais m'inspirer d'une conversation avec quelqu'un que j'apprécie pour essayer d'expliquer qui je suis, comment je suis, car il semblerait que l'on se méprend souvent sur moi. Je ne dis pas que cet égo-journal remettra les pendules à l'heure, mais au moins aurais-je essayé...

D'abord, qui suis-je et pourquoi cet avatar Cyrano et ce symbole de mon blog : "Spleen et Idéal" de Carlos Schwabe ? Er pourquoi cette quête d'absolu ?



Je me sens dans l'esprit, la quête de l'absolu, tant dans les écrits que dans les actes, comme Cyrano.

J'ai découvert Cyrano de Bergerac comme beaucoup pleinement depuis que j'ai vu le film avec Depardieu (j'avais 19 ans). Je me suis pris de passion pour cet hurluberlu (tel qu'il nomme Don Quichotte dans une des phrases de la pièce). J'ai lu toutes les œuvres, de Cyrano (le vrai, l'écrivain et poète). Et quelle surprise de voir que le personnage imaginé par Edmond Rostand lui était proche.
Oui, Molière lui a emprunté des scènes entières dans des pièces fameuses aujourd'hui de ce Génie du Théâtre. Oui, c'était un poète, un philosophe avec une haute morale. Non, il n'était pas Gascon.

Ce personnage (celui d'Edmond Rostand, et un peu aussi le vrai) colle à ma peau, à mon âme. C'est un idéal humain que je respecte au plus haut point, prêt à sacrifier tout pour son amour, l'honneur mais pas mal placé, pas un honneur guerrier, mais un honneur des lettres et de l'esprit.


Je me sens plus du passé que du présent.

Depuis tout petit, je pense que je ne suis pas de cette époque, mais plutôt du début du XIXe, voire même avant. Je ne suis pas vraiment en phase avec mon époque physique, mentalement et idéologiquement. Bien sûr, je sais utiliser les outils d'aujourd'hui (je suis même plutôt dans mon domaine un expert dans des technologies ultra-récentes).

Moi, je tends, illusion je sais, à l'amour universel. Bien sûr, je n'y arriverais pas. Bien sûr, c'est impossible, et surtout avec tout le monde et dans ce monde. Et alors ?

Si l'humain s'était arrêté à chaque fois que c'était impossible, il n'y aurait jamais eu des Jésus, Bouddha, Einstein, Nietzsche, Cyrano, Hugo, Galilée, Copernic, Socrate, ... Et nous serions toujours dans l'ignorance et dans l'incapacité d'avancer, même si parfois, souvent, l'humanité commet des erreurs gravissimes (la Shoa, les colonisations, le terrorisme, les religions "formatées", le totalitarisme, ...). Mais nous avons aussi les Droits de l'homme et du citoyen, les philosophies comme le Zen ou celles du siècle des lumières, les œuvres artistiques en tout genre, ...

Mais je m'identifie plus aux Baudelaire, Verlaine, et autres poètes maudits et aux philosophes de l'époque ou de ceux du siècle des lumières. Je me reconnais aussi à d'autres courants philosophiques bien plus anciens, comme ceux venant de Grèce, d'Inde, de Chine et surtout du Japon.

Évidemment, je cherche l'absolu (amour ou amitié) dans un monde où le consumérisme transforme ces sentiments en simples marchandises que l'on peut troquer ou jeter. Je ne me reconnais pas dans ce monde.
Peut-être n'est-ce qu'un mal-être. Je souffre de ne pas pouvoir être qui je suis devant tout le monde, car je serais enfermé immédiatement. Si Jésus ou Siddhārtha venaient à ce révéler aujourd'hui, on les enfermerait dans un asile. Je me protège donc. Et quand je sens que je peux être avec quelqu'un, par la pensée et le cœur, alors je suis. J'avance doucement, car bien trop souvent, j'ai eu des rejets brutaux.


Je ne suis l'homme que d'un seul amour.

Pour ce qui est d'un couple amoureux, je suis fait comme je suis, je sens au fond de moi que je ne suis et ne serais que l'homme d'une seule femme, comme ces oiseaux (qu'on appelle les inséparables) qui forment un couple et sont incapables d'en former un autre si l'un des deux vient à mourir.

Je suis sur Terre, j'agis (je soigne, j'écoute, j'écris), cf plus bas les 4 règles du Zen. Je ne suis pas qu'esprit. Une âme est aussi abritée dans un corps le temps de notre passage, et j'utilise mon corps mais comme il me semble le plus utile aux autres et à moi.

Longtemps, je n'ai pas assumé qui j'étais. Vers 20 ans, j'ai cru sombrer dans la folie. Un tel décalage avec le monde m'entourant ! Et voilà, 25 ans plus tard, au hasard de la vie, et après un chemin intérieur que j'avais continué sans m'en rendre compte de parcourir, je me vois enfin tel que je voudrais être. Et j'assume aujourd'hui. Je ne suis pas matérialiste. Je ne suis pas consumériste. Je ne suis pas égoïste. Et je suis empathique, dans le sens du bouddhisme, du Zen, et non pas dans la souffrance.
Bien sûr, au début, c'était la souffrance, la solitude qui m'y poussait. Mais petit à petit, j'ai compris que c'était autre chose.


Je me sens proche de la philosophie Zen.

Citation célèbre du premier Bouddha :
"Il préconise la voie moyenne qui consiste à nier les excès, refusant autant l'austérité excessive que le laxisme." (Wikipedia)

Pour Bouddha, c'est la découverte de la souffrance humaine qui l'a poussée à suivre cette voix. Je recopie une citation de Wikipedia : "Il affirme être parvenu à la compréhension totale de la nature, des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Il insistera toujours sur le fait qu'il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu, et que l'illumination (bodhi) ne résulte pas d’une intervention surnaturelle, mais d'une attention particulière portée à la nature de l'esprit humain ; elle est donc possible pour tous les êtres humains"

"Dans les courants chan et zen, les bouddhistes prononcent souvent les Quatre Vœux incommensurables suivants (Sìhóngshìyuàn) :
1) Je prête serment de délivrer tous les êtres quoi qu'ils soient innombrables ;
2) Je prête serment d'éliminer tous les égarements quoi qu'ils soient incalculables ;
3) Je prête serment d'apprendre tous les enseignements quoi qu'ils soient illimités ;
4) Je prête serment de parvenir à l'état du Bouddha quoi qu'il soit incomparable." (Wikipedia)

Au Japon, cela se traduit par exemple par la Cérémonie du Thé, qui est typiquement Zen. Pas de discipline de fer, pas du matin au soir, mais être plein et entier au moment où l'on fait, être dans ce que l'on fait et rien d'autre. On retrouve évidemment cela dans les arts martiaux (du moins pour ceux qui le pratiquent correctement et pas comme des brutes, même si beaucoup les pratiquent mal).

Je ne suis pas croyant d'une religion, mais je ne suis pas athée. Je suis agnostique. En effet, toutes les religions ont perverti à un moment ou un autre le message originel par des hommes pour lui troquer des règles et codes absurdes, bien souvent mettant la femme en position inférieure, soumise, ce qui m'est insupportable.

Pour moi, il existe quelque chose que je appelle la flamme intérieure que tout le monde a, homme ou femme. Certains l'appellent âme, conscience, énergie, dieu. Peut importe.


Côté Zen, c'est la voie du milieu, pas d'excès ni dans un sens (pas ou peu d'ascétisme), ni dans l'autre, mais une âme claire.
Et mes 20 et plus années de pratiques d'arts martiaux me rapprochent naturellement de cette philosophie Zen. Et ceci rejoint ma position "âme", "conscience", "esprit", "raison" et "émotions", tous unis. Mon corps n'est qu'un véhicule.

Je ne cherche pas d'amitiés, elles sont bien trop rares à trouver, je laisse faire le hasard.
Je cherche surtout à suivre "ma voie" et trouver "ma voix".


Mes difficultés sociales

Je pense être un Asperger, qui a appris tout seul comment contrer ce qui est à la fois un handicap et une chance.

Je sais pas "être" devant quelqu'un, en face à face, car je ne comprends pas les codes. Je place l'honneur et l'honnêteté au dessus de tout, la conscience et l'âme aussi. L''écrit est parfait pour cela. Devant les autres, je ne suis qu'un masque, différent à chaque fois, car j'agis en miroir de l'autre, par mimétisme, pour "coller" à celui ou celle qui est en face de moi. Mais je ne suis jamais moi. Via l'écrit, je suis moi. C'est mon âme qui parle, et pas ce masque que m'impose cette société.

Je suis une âme, oui ! Et je le revendique. Je préfère être une âme, la plus pure possible (même si c'est un rêve) que tous ces gens qui s'agglutinent dans le métro, qui vendent leur corps et leurs temps pour gagner de quoi s'acheter le dernier joujou à la mode. Ce n'est pas mon monde, ce monde matérialiste, inhumain et individualiste. Je suis un universaliste. Sans doute un peut trop idéaliste, et alors ? Fais je du mal à quelqu'un en étant ainsi ?

Je ne suis pas de mon temps ? Tant pis, je suis ! Je vis ! Pourquoi je ne pourrais pas vivre et être ainsi !

Mon Aigle me soutient à chaque fois que je suis en difficulté. Qui est cet Aigle ? C'est moi, mon double, celui qui prend du recul et analyse ce que je fais, dis, ressens. Et ce recul, cet auto-critique me permet de continuer ma voie. Et je pense maintenant que je me suis accepté tel que je suis.

J'éprouve parfois un mal-être, évidemment, car je cherche à vivre le plus purement possible dans un monde matérialiste, qui ne me convient pas. Évidemment, je cherche l'absolu (amour ou amitié) dans un monde où le consumérisme transforme ces sentiments en simples marchandises que l'on peut troquer ou jeter.

Mon vrai visage est celui au travers de mes écrits. Celui que j'arbore physiquement n'est qu'un masque la plupart du temps, il n'est que de chair, de sang et d'os, une simple mécanique. Mon vrai visage, c'est moi : mon âme, ma conscience, mes sentiments, ma raison. Et tout ceci, je le mets dans mes écrits.


Voilà, je pense avoir décrit qui je suis et pourquoi je suis, pourquoi "exister" est plus important pour moi que "vivre", même si les deux vont ensemble à l'évidence. Ma voie n'est que la mienne, et je ne demande à personne de me suivre.
Je ne suis ni un saint, ni un démon. Je suis un humain qui se cherche et cherche à être en harmonie, et pardonner ceux qui me font du mal, espérant qu'ils trouvent eux aussi à leur tour leur voie.

Mes écrits sont ma voix.