dimanche 30 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 19/ (chapitre 21)

Chapitre 21

Au matin, après le petit déjeuner servi dans ma chambre, où le garde m'indique que ce sera comme cela encore pendant quelques jours avant que je puisse prendre mes repas avec les autres, sans que je puisse lui poser aucune question, je sorts de ma chambre et me dirige au bout du couloir, vers la nouvelle salle commune.

Ego Journal 64

Faut il opposer l'amour et la raison ? Faut il par amour abandonner la raison ? Faut il laisser l'autre s'enfoncer par amour déchu, alors que la raison nous commande de réagir et de sortir de cette ornière sordide ? Faut il accepter le silence alors que l'échange est l'essence même de l'humanité ? Faut il accepter le refus du dialogue lors que celui-ci pourrait arranger bien des choses ? Faut-il oublier les insultes et n'être que logique pour faire au mieux ?

L'amour caché et l'amour perdu

L'amour caché est il plus douloureux, plus sourd
Que celui déchiré par cette âme autrefois
Notre sœur, notre Soleil, où disparait le jour
L'amour caché rêve d'il était une fois

L'amour perdu méprise, indicible poison
Cette union qui fut et qui ne saurait plus être
L'amour caché porte en lui l'espoir, déraison
D'un avenir heureux, qui ne peut disparaître

L'amour déchu conduit la main de la camarde
A nous accompagner le long d'un chemin sombre
Résister ? Oui, bien sûr en retirant l'écharde
Mais cette larme est bien plantée dans la pénombre

Survivre, l'instinct de toutes vies est fragile
Face à la tornade de ces lames poisons
Au centre, le calme est présent mais est d'argile
Sans cesse sur l'ouvrage évider le poisson

Abandonner, jamais ! L'amour est le moteur
De nous, pauvres humains, fusse-t-il l'oraison
Cherche au fond de soi cette force sans peur
Qui nous pousse en avant, nouvelle floraison


Faut-il oublier ses émotions

Faut-il oublier ses émotions, ses désirs
Pour vivre en ce monde où l'étrangeté est mal
Faut-il vivre caché pour exister, soupirs
Pourquoi refuser d'être un enfant qui cavale

Les prisons sont partout autour de nous, cachots
De notre mal de vivre encore cet éclat
Codes sociaux poussant à des esprits manchots
Alors que nous sommes passions sans mascara

Le poison s'insinue jour après jour, sordide
Le remède est si simple, aimer, souffrir, sourire
Pourquoi ce grand huit qui plonge dans le morbide
Et nous élève vers les étoiles, chérir

A combattre un moulin, il peut nous projeter
Dans notre boue ou nous projeter vers l'azur
Pour vivre, il faut se battre exilant nos damnés
Et près du feu de joie, regarder le futur

Alors non ! Je ne veux pas mourir sans chaleur
J'accepte la souffrance et la douceur unies
Dans un corps malade d'espérer le bonheur
J'accepte et tant pis si ce monde me punit


Automatique : le silence du serpent

Le silence est trop présent autour de moi
C'est un serpent qui s'immisce dans ma vie le long de mes veines
Il rampe et erre dans mon cerveau comme autant de sangsues
Elles pompent toute mon énergie que je voudrais canaliser
Pour Vivre, Exister
Mais ce serpent à la langue fourchue garde le silence
Et ne siffle que loin de moi
Le bateau ivre que je mène s'enfonce dans un tourbillon
Qui m'entraîne dans les abysses
Je résiste, je résiste
Mais la force est telle que le trou noir, cette singularité quantique
M'aspire mes émotions les plus belles et les transforme en rayons de mort
Je voudrais tant ne plus aimer, ne plus ressentir
Mais mon squelette ne saurait plus bouger si tel était le cas
Alors je m'enfonce et je retiens mon souffle
L'enfant au fond de moi se réveille et hurle de toutes ses forces
Il hurle pour la vie ! Il hurle à l'amour !
Il l'a toujours fait et il le fera toujours !
Alors le capitaine, abattu, se relève
Et tente d'abandonner les flux et reflux du désespoir
Le serpent serre ses griffes sur mon coup
C'est un mélange d'aigle noir et de serpent
Le venin et le bec durci tentent tour à tour de me saigner
L'enfant hurle encore : je veux vivre ! Je veux exister !
Le remède n'est plus dans la déesse Roxane
Le remède n'est pas dans ces médicaments
Alors le capitaine dans un dernier fol espoir
Pousse son bateau plus loin, plus vite
Il parcourt des distances infinies pour s'échapper de ce trou morbide
Il remplit des pages de maigres littératures
Qui pourrait croire un seul instant qu'il est un poète
Il n'est qu'un pauvre malade enfermé dans sa prison mentale
Tentant de secouer les barreaux de son cerveau
Pour libérer son âme et son cœur
Rien d'autre n'a d'importance !
Rien d'autre n'a d'importance ?
Non, mais il est des moments où le vide stellaire,
L'étoile de la vie étant si loin,
Qu'il faut d'abord retrouver sa gravité
Avant que de pouvoir toucher terre et à nouveau
Oui, à nouveau se poser et avancer vers d'autres Lunes
Penser à cet enfant, à ses enfants
Le capitaine extirpe peu à peu son bateau de ce piège sordide
Oublier ? Non, jamais ! Mais vivre avec ! Et à nouveau exister !

samedi 29 avril 2017

Automatique : Le vent emporte mon âme sur les flots de l'avenir

Le vent emporte mon âme sur les flots de l'avenir
Le bateau tangue et se fait fouetter par les fragilité de l'être
L'amour est partout et nulle part, mais il existe
Cette réalité est mon axiome, une vent frais qui se déverse
Sur mes collines et mes océans de larmes acides
Le démon qui me tire vers les haut-fonds ne saurait
Me noyer car je suis lui, il est moi
Je vois le Soleil disparaître au loin, ma planète dérivant dans l'espace sidéral
Je vois les autres étoiles au lointain
Peut-être un jour l'une d'elles saura captiver mon âme
De sa force de gravité, sa profondeur et sa vérité
L'espoir n'est qu'un futur inaccompli qui ne demande qu'à exister
Les rames que mes mains agitent ne savent dans quelles directions aller
Mais je tire sur mes mains, bandant mes muscles et ma raison
Pour offrir un espace quantique, ou ce qui fut peut être à nouveau
Dans un espace parallèle, pas le même, une flamme différente,
Un astre de beauté nouveau qui peut exister
Si la vie peut exister ailleurs, pourquoi pas une autre lumière de vie
Qui me porterait à nouveau, et moi en retour, unissant nos navires
Ébranlés par les tempêtes de la vie
Je suis mois qui ne suis plus
Je ne suis plus celui que j'étais
Mais l'infini me dépasse et, sans me perdre
Je dois pouvoir me retrouver, et découvrir un nouvel espace stabilisé
Toujours exister et vivre, les émotions pulsant les battements de mon cœur
Dans des désirs de divins échanges et de confiances mutuelles
Au moins, pourrais-je trouver une Lune qui m'accompagne un temps
Amie, où le silence est une communication implicite est parfaite
Dépassant l'incompréhension par quelques mots lumineux
Je fus, je ne suis plus
J'étais et je serais
L'avenir n'est pas écrit, mais moi je me charge de l'écrire, pour moi
Et qui sait, pour d'autres aussi, avec toute l'attention du respect
Du libre arbitre
Je ne fuis plus, je m'enfonce
Je ne me mens plus, je m'élève
Et si ce monde n'est pas prêt à cela
Peu importe, les lignes écrites elles ne me jugeront pas

L'amour est un premier regard indivisible

L'amour est un premier regard indivisible
La découverte de la beauté, non physique
Mais d'une intelligence, une âme, un cœur antique
Un échange commence entre eux mais invisible

L'amour, une rencontre imprévue de deux êtres
La douce communion entre deux univers
Il peut être enflammé, soudain, tel un éclair
Il peut être patient, prendre son temps pour naitre

L'amour impossible parfois, obscurs raisons
Devient une souffrance, à deux ou isolé
On porte alors sa croix et sa mortalité
Une partie de nous bouclée dans sa prison

L'amour adolescent projette un idéal
Sur l'autre, inexistant, et se perd dans ses rêves
Ses illusions, en faux dès le début, une Ève
Il ne peut résister aux temps long qui dévale

L'amour adulte est autre, acceptant l'existant
Il apprend les défauts et qualités humaines
Il accepte cette âme en ce qu'elle promène
Le temps ne change rien, ensemble vieillissant

L'amour est mon centre, ma raison d'exister
Il porte mes actions, dictées par ma conscience
D'être, d'exister via cette quintessence
Peu importe s'il est reclus et esseulé

Le futur est passé, Mon passé est futur

Le futur est passé, Mon passé est futur
Ce que je fus sera, Ce que je serais fut
La douce parenthèse immortelle s'est tue
Un paradis perdu qui n'est plus q'un murmure

Je fus un monstre de sentiments décuplés
Je serais un homme dont le cœur ne se tait
L'amour vécu fut beau, envolé à jamais
Mes fondations seront ce bonheur décédé

Pile ou face, je suis ce démon, cet oiseau
Qui hantent mes journées, exprimant la détresse
Je suis aussi cette âme en quête de l'ivresse
Qui peuple mes nuitées, libérant mon égo

Face ou pile, mon masque emprunte l'air du temps
S'adaptant aux instants, tantôt parfois miroir
Tantôt l'effondrement de tous mes faux espoirs
Tantôt intimiste, construisant patiemment

Mon passé fut souffrance, un être à l'abandon
Le futur devra vivre, une âme sublimée
Son terreau, cet amour, ce bonheur archivé
Comme une relique, centre de ma raison

vendredi 28 avril 2017

Un baiser

Un baiser, qu'est-ce donc ? Deux âmes qui se touche
Du bout des lèvres ou deux passions qui s'échauffent
Deux cœurs en communion, deux amants de débauche
Le baiser de Judas ou celui de la mouche ?

Un baiser si chaste que les lèvres se ferment
Un baiser tendre où l'on respire l'autre souffle
Un baiser fougueux où les langues s'emmitouflent
Un baiser rageur avec morsures du derme

Un baiser du présent, tendre ou bien cruel
Un baiser du passé, souffrance ou bien merveille
Un baiser du futur, espoir ou bien éveil
Un baiser de rêve, quel est le plus réel ?

Il peut être doux ou il peut être tornade
Peut être silencieux ou être gémissant
Il peut être honnête ou bien désespérant
Il peut être la vie ou sonner la camarde

Mon baiser est amour, sans filtre et sans détour
Jamais plus, si fier, si beau, ne verra le jour

Le silence de mes nuits

Le silence de mes nuits se remplit des rêves
Les tempêtes peu à peu laissent place au calme
La douleur, l'abandon sans cesse se déclament
Dans mon esprit troublé mais leurs forces une trêve

Mon imagination est ma vraie existence
Belle ou triste, c'est un voyage sublimé
Qui tranche avec la vie quotidienne, éveillé
J'y suis compris, aimé, sans souffrir de l'absence

Peu importe le temps, je suis toujours blessé
Mon cœur saigne le long de ces lignes noircies
Mes veines, ces pages, empêchent cet oubli
Je veux me souvenir de ce bonheur passé

Pouvoir me replonger lorsque ma raison flanche
Dans ses rivières où coulent mes sentiments
Pour retrouver, nu et sans décors apparents
Mes ressources et être encore une âme blanche

Ce silence est le bruit de mes passions écrites
Dont le vacarme est bien plus fort que cette vie
Dévastée, sans attrait, il porte mes envies
Mes espoirs, illusions qui jamais ne s'effritent

jeudi 27 avril 2017

Souvenir de ma main dans ta main

Souvenir de ma main dans ta main, tout tremblant
Le premier rendez-vous, les yeux droits vers l'écran
Ses secondes ou ses minutes immobiles
Nos cœurs battant si fort, le temps figé, paisible

Un regard, nos têtes se faisant face enfin
Le tout premier baiser, doux, léger, enfantin
Ton parfum exaltant, tes lèvres de rosée
Nos corps s'échauffant et nos yeux de se parler

Puis nos bras s'enlaçant, chastes mais amoureux
Nos corps passionnés et nos âmes sous le feu
Nos langues se goutant, un désir si puissant
Ton cou embrassé et nos souffles impatients

Puis le retour au calme, emplis d'une grand bonheur
Nos mains toujours unies, contemplant cette fleur
Notre rose rouge, symbole d'un futur
Qui se dessinait là, sans un bruit ni murmure

Après quatre années amis, délivrant notre cœur
Pour une promesse d'une vie de douceurs

Ces instants sont gravés dans ma mémoire émue
Cet Amour, ce bonheur maintenant disparus

Une bougie d'espoir

Ce monde n'est pas le mien, ne le reconnais pas
Les humains n'ont pas leur place ans ces instants
Leurs âmes sont niées, leurs cœurs serrés, absents
Le profit est le seul dieu comme seul dictat

Et la nature qui nous entoure se meurt
Elle souffre comme les vrais humains, brulant
Elle disparait face aux forces de l'argent
Les deux sont dévastés, en quête d'une fleur

Pour les deux, je me bats comme je peux, fragile
Je ne cherche pas la guerre bien trop sanglante
J'ai foi en l'exemple, pour que la vie enfante
Sans souffrance l'espoir aux cœurs ouverts fertiles

Même si inutile aux yeux des biens pensants
Ma poésie est ma façon de résister
Face à l'absurdité d'un univers souillé
Une bougie pour moi mon chemin éclairant

Si par magie sa flamme éveille d'autres cœurs
Le papillon pourra ses ailes déployer
Respirer, espérer et vivre enfin entier
Dans un univers où les âmes n'ont plus peur

mercredi 26 avril 2017

Ego-Journal 63

Le bonheur, il n'est pas pour moi car il faut être deux. Être heureux, à part des moments fugaces, comme avec mes enfants, il ne sera jamais rémanent, car il est conditionné aussi, pour moi, au bonheur. Écrire, pour moi, c'est prendre un risque mesuré d'exposer ce que je suis, ce que je ressens, tout en prenant cette forme de distance sur soi-même, via les règles imposées (orthographe et grammaire autant que possible, codes de la poésie, ...) ou tout simplement cette distance que les mots écrits sont un instant T de ma perception de ma vie, de mon être.

La rose enchassée

Enchâssée entre deux pages de poésies
La rose déterrée, coupée de toute vie
Garde pourtant toutes ses couleurs d'un rubis
Et mes yeux de la voir sont sans cesse ravis

Elle appartient à mon passé las révolu
Mais elle offre encore en rêve ce qui fut
De tendre souvenirs entre mes mains émues
Mais ne peux la toucher pour la préserver nue

Le moindre mouvement la rendrait en poussière
Alors je la regarde amoureux, en prière
Et je me rappelle toute ma vie entière
Laissant tout le côté sombre pour la lumière

Puis refermant ce livre en toute précaution
Je le range en mon âme en pleine dévotion
Jamais je n'oublierais cette rose passion
Elle fut, restera toujours mon horizon

Tout le monde à son démon tapi en soi

Tout le monde à son démon tapi en soi
Il se nourrit de ces passions abandonnées
Sur le chemin de vie, dévasté, isolé
Il pousse à s'enfermer et à perdre la foi

Mais il peut être aussi l'instrument d'un futur
Une fois affronté ses peines, ses sanglots
Il aide à reconstruire insoumis son égo
A remonter le temps, pardonner notre impur

Le poète s'appuie sur son frère morbide
Pour échapper à sa condition nihiliste
Et éveiller son âme aux jours nouveaux si tristes
Pour exalter son cœur, le sortir du sordide

Le Spleen existe si l'Idéal est vivant
Les mots coulent, torrent de cicatrices nues
Sur le papier noirci, sa raison en est émue
Et peut à peu l'espoir le pousse vers l'avant

Et ce démon devient son sombre compagnon
Toujours présent, toujours sifflant ce noir soupir
Mais transformé par un alchimiste en désir
Lendemain sans bonheur mais gardant sa raison

mardi 25 avril 2017

L'aigle noir s'est caché derrière la montagne

L'aigle noir s'est caché derrière la montagne
Il n'est pas loin et me surveille à l'occasion
Mais son ombre éloignée, je ressens mes passions
Qui remontent à la surface de mon crâne

Bien que je sente sa présence autour de moi
Ma liberté s'affirme un peu plus chaque jour
Il est possible qu'il surgisse en un détour
Et vienne s'emparer de mes sombres émois

Mais je suis décider à bien lui résister
Sera-ce suffisant pour de lui me sauver
L'avenir le dira. Enfin je peux rêver
Espérer que je puisse enfin lui échapper

Je sais qu'il restera toujours tapi dans l'ombre
A attendre un faux pas pour mon cœur lacérer
Et même si ma vie est tristesse, isolé
Je me plais à croire sortir de la pénombre

Je devrais me battre pour affronter le sombre
Qui fut toujours en moi, ce démon demi-frère
Mais mon existence se doit de fuir l'enfer
Retirer mes chaines, m'enfuir de mes décombres

L'hiver peut à peu se tait

L'hiver peut à peu se tait, les frimas perdus
La terre s'échauffe, promesse d'amour
Mais elle est timide, son futur un soupir
Un si léger souffle qu'il n'est pas entendu

Les gelées persistent comme autant de poignards
Enfoncés en son sein, et tuant à la source
Tout espoir, toute vie de reprendre la course
Du temps, se recyclant, ne plus être un bagnard

Et pourtant la chaleur réveille ses ressources
Tirées par le Soleil, les bourgeons apparaissent
Les pollinisateurs s'impatientent, paressent
Attendant que les fleurs s'ouvrent, offrant leur source

Mais le climat est rude et peut tout arrêter
Le futur s'éclipser sous pluies de grêles
Un monde s'effondrer, gels suivis de dégels
Mais le printemps se bat, il se doit d'exister

Pour la vie, pour la mort, il résiste toujours
Buisson après buisson, fleur après floraison
Il ne veut rien lâcher, il fixe l'horizon
C'est la saison nouvelle et l'espoir chaque jour

dimanche 23 avril 2017

Instantané

Oublier, je ne peux
Pardonner, je le veux
Être aimé, je ne sais
Amoureux, c'est un fait

Espérer, je le dois
Survivre, m'y emploie
Exister, ma survie
Et rêver, asservi

L'avenir, incertain
La présent, sans entrain
Le passé, sa présence
Souvenirs, ma démence


Automatique : Le dragon

Le dragon s'envole et attrape l'oiseau noir pour l'emmener le plus loin possible
Le dragon, de son feu éternel, s'est emparé de mon cœur et le protège
Il est d'une puissance que je ne peux contrôler mais qui éloigne mes démons
Mi ange, mi démon, il n'est ni beau ni horrible, il est simplement

Je m'accroche à son dos et voyage au-dessus des paysages dévastés
De mes terres brulées, des mes récoltes détruites, de mes futurs évanouis
Peut-être m'emportera-t-il loin de cet environnement morbide
Et me fera-t-il rencontrer des êtres majestueux

Il peut tout aussi bien m'attirer dans son antre, profonde et sombre
M'enfermer dans ma prison mentale, aux gardiens aveugles à me souffrances
Pour seul repas, les déliquescences de mes états d'âmes égotistes
Ou au contraire m'élever près du Soleil et me réchauffer

L'hiver avec lui n'a plus d'importance, je sens le vent dans mes cheveux
Ma tête se libère de ses entraves, de ses chaines poussiéreuses
De son regard, il éloigne les noirceurs, pour le moment
Mais s'il me dépose un jour, ne serait-je pas abandonner dans mon marécage

Je vis, je meurs, je suis épris et je pleure
La solitude physique n'est rien face à cette isolation sentimentale
Avoir cru en ce mot que tous les poètes ont porté aux nues : l'amour
Et maintenant découvrir qu'il n'est qu'une illusion, en tout cas pour les autres

Avoir construit toute ma personnalité sur cette quête impossible
Et comprendre qu'elle n'a pas de sens dans ce monde là
Quelle est ma place ? Quel est mon but ? Toujours le même !
C'est pourquoi je chevauche mon dragon, toujours plus loin

L'amour tatoué

L'amour n'est pas unique, et certains l'envisagent
Comme possiblement multiple et nouveau
Le chemin de ma vie m'a lié deux visages
Pour autant, les deux n'ont pas le même niveau

Mon premier "amour" fut Emmanuelle, un ange
De mon adolescence, épris d'un doux mirage
D'un charme, timide, platonique et étrange
Sans retour et secret, folie et sans dosage

Puis j'ai rencontré plus tard, adulte, ma femme
Celle de ma vie. Elle avait des points communs
La beauté, le charme, et cette petite flamme
Qui m'a consumé des années en sous-marin

Il m'aura fallu des années pour que j'avoue
Cet amour adulte, fou, infini, pour elle
Les années suivantes furent mon garde-fou
Un univers parfait, j'étais enfin réel

Ces deux amours ne sont pas de la même forme
Le premier était une illusion de l'esprit
Mon âme en construction, et mon corps si difforme
Je l'ai toujours en moi, un idéal inscrit

Mais l'amour de Roxane est d'une autre nature
Il est complet, vivant, englobant cette autre âme
Il n'est pas irréel mais construit et mature
Il prend en compte les qualités et les drames

Mais les vents de la vie l'ont éloigné de moi
A la différence du premier, sans limite
Il est tatouer dans mon âme, et l'effroi
De sa perte ne le tuera jamais, faillite

Mon cœur est prisonnier à jamais de son âme
Je ne pense pas un jour trouver le sublime
Qui me ferait changer et replonger ma lame
Dans cette passion folle, éloignant mon abîme

Peu importe les vents contraires, elle vit
En moi et restera cette flamme infinie
Qui illumine tous mes rêves et mes nuits
Devrais-je devenir fou, solitaire, enfoui

Malgré la distance, elle demeure mon centre
Imaginaire et vrai, mes racines fragiles
D'un monde du passé mais portant dans mon ventre
Mon avenir brûlé et mon seul évangile


samedi 22 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 18/ (chapitre 20)

Chapitre 20


Me voici donc dans cette chambre, qui ne ressemble plus à une prison, même si je ne me fais aucune illusion quant à ma pseudo liberté. La porte a beau être ouverte, je me doute que la sortie au bout d'un de ces couloirs ne l'est pas. Je me doute aussi que des caméras, plus discrètes, sont placées ici et là. Je ne dois donc pas relâcher mon attention. Rien n'est fait encore. J'ai passé un cap, certes, mais que m'attend il encore ?

L'amour est éternel

L'amour est éternel, pour certains comme moi
Fusion de deux âmes, regardant vers leur futur
Le couple ne l'est pas, plongeant dans un effroi
L'autre qui ne peut pas tuer de ses mains pures

Cet engagement pris, épris d'un idéal
Même si c'est être seul pour les lendemains
Jusqu'au souffle dernier, la rose sans pétale
Dont le doux parfum est enfoui dans cet écrin

Ce n'est pas vivre dans le passé, ressassant
Les souvenirs émus, c'est être enfin fidèle
A ses rêves mêmes impossibles, souffrant
Mais exister au plus profond, rester rebelle

Avancer quand même, sans être vraiment seul
Puisque cette autre âme est et restera là
Présente dans son cœur, sans espoir mais non veule
Accompagnant chacun des instants d'un éclat

Automatique : L'arbre de vie

Le boisseau de l'arbre se fend sous le vent de la raison.
Il fut plié par les désolations amoureuses, fruits d'un Éden perdu.
L'outrage fut tel que l'agent de propreté intellectuelle
A balayé les feuille des espoirs déchus.
L'Ange placé sous son ombre est assommé de honte.
Ses ailes repliées, il imite l'autruche, enfouissant dans la terre ses souvenirs.
A côté de lui, la taupe creuse et en déterre quelques uns,
Croisant au passage quelques vers mal alignés.
La terre est meuble et enfouit dans ses entrailles la moindre trace du passé décomposé.
Il faudra attendre l'hivers, la saisons morbide où le sol est gelé,
Ou l'été, saison de passions inassouvis sur un tapis asséché.
L'Ange se redresse et s'enfuit, à pied, la tête baissée, le ventre serré, les jambes tordues.
Sur sa tête on discerne les prémisses de sa malédiction,
Deux pointes cornues qu'il tente de cacher sous un chapeau.
L'arbre, au loin, n'en finit pas de s'éparpiller,
Faisant fuit les traces de vies qu'il abritait.
Bientôt il ne restera qu'une souche dont les racines sont éteintes.
Puis le désert s'emparera des dernières traces d'une vie dissoute,
où le seul mouvement sera le bruit du vent sur le sable fouettant le reste du tronc.
L'Ange est est parti, le vide a rempli sa place.

Arrête-t-on un jour d'être un enfant

Arrête-t-on un jour d'être un enfant épris
De rêves et d'amours impossibles parfois
Devenir adulte signifie-t-il effroi
De ne connaître que les chiffres et les devis

Pourquoi ne plus rêver lors que c'est notre vie
Le moteur si puissant qui nous pousse à agir
Pourquoi ne plus aimer, jusqu'au dernier soupir
Même seul, isolé, et rester insoumis

L'enfant ne connait pas les limites des cases
Dans lesquelles on nous enferme en tant qu'adulte
Il imagine des histoires et discute
Tout ce qu'on enseigne sous de pompeuses phrases

L'enfant est liberté, l'adulte est prisonnier
Je refuse de nier ma propre indépendance
Je veux pouvoir choisir d'entrer dans cette danse
Garder mon libre arbitre en tout temps et entier

Je ne répondrais pas peut-être à vos canons
Agissant par instinct et selon ma conscience
Mais je sais qu'en ma vie j'aurais gardé confiance
Tourné vers l'avenir et non le temps qui fond

vendredi 21 avril 2017

Le silence

Le silence est l'essence absolue de beauté
Point de musique sans un espace entre notes
Point de conversations sans un temps écouter
Point d'amour sans moment par les yeux se transporte

Le silence n'est pas toujours l'isolement
Combien de fois les mots n'apportent que conflits
Combien de fois se taire allège les tourments
Combien de fois muet renforce l'empathie

Le silence est un son troublant proche du vide
Mais il peut soutenir les âmes esseulées
Mais il peut apaiser les tornades arides
Mais il peut rassembler un peuple dévasté

Le silence parfois est la timidité
Pourtant il est aussi la preuve d'un respect
Pourtant il pousse aussi à enfin s'exprimer
Pourtant il crie aussi la révolte aux aguets

Le silence n'est plus des mots mais des idées
Le silence que nos pensées peut libérer

Les quatre saisons

L'hivers se disperse mais le printemps attend
La douleur fait place à un espoir embrumé
Les bourgeons ne sont pas encore là exhumés
Mais la sève coule à flot, la vie transportant

Quelques névés de ci de là forment des blocs
De résistance, aveux de souffrances amarrées
Le Soleil en viendra bien à bout in fine
Ses glaciers si petits ne sont rien, il s'en moque

La décomposition du passé vient fleurir
Les tombes délaissées vers un nouveau visage
L'histoire s'apprête à prendre de lourds virages
Rien ne peut se figer, il faut vivre ou mourir

La mort d'un ancien temps est la naissance d'autres
Tout est transformation, préparant à l'été
Le summum de la vie et de la liberté
L'esprit se baladant, messager tel apôtre

Même si l'automne reviendra nous hanter
Brisant l'effervescence ancrée dans nos amours
Puis l'hivers nous glacer et sans aucun recours
Le printemps reviendra poussant à espérer

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 17/ (chapitre 19)

Chapitre 19


Après mon repas du matin, les deux beiges viennent à nouveau me chercher et m'emporter sur mon fauteuil roulant, ma charrette de condamné vers cette salle où mon jury m'attend. Ils sont bien là, patientant toujours sans aucun mot d'accueil, toujours avec la même disposition, Jean le beige à droite, la femme beige au centre et le dernier beige à gauche.
Je suis si impressionné, je ressens à nouveau cette gêne dans ma tête, que je n'ose rien dire. Je comprends que cet état m'est imposé, il fait partie des conditions de l'examen : en mettant dans une situation inconfortable, il me pousse dans mes retranchements.

jeudi 20 avril 2017

Ego-Journal 62 :

Parfois je me cherche et je me perds de vue. Ma méthode n'est sans doute pas comprise ou acceptée, mais c'est pour le moment la seule que je connaisse. Je cherche, depuis toujours, à donner un sens au monde qui m'entoure, à ma propre vie. Pas seulement sur plan philosophique, mais aussi pragmatique, tel comment aider quelqu'un que je connais qui a des problèmes. Mais j'ai une grande difficulté : je ne sais pas communiquer, ou plus exactement, je ne sais pas décoder les humeurs et messages transmis par les autres via leur expression corporelle ou leur visage, voire même le ton de la voix.

S'ouvrir au monde

S'ouvrir au monde quand ne sait communiquer
Faire des rencontres quand le vide m'entoure
Sourire à la vie quand je me sens condamné
Plaisanter, rire quand mon esprit est si sourd

Je ne peux accepter ce viol de mon présent
Pour retrouver force et stabilité j'écris
Mon âme se livre et expulse par tout temps
Mes démons, ma souffrance et peu à peu guéri

Ma survie en dépend, ces lignes maladives
Peuvent déplaire à des lecteurs, m'isolant
Mais se reconstituer après ces pluies nocives
Cet être démantelé me porte au nouveau vent

Ma barque devenu navire prend la mer
Sans crainte et sans honte, le capitaine à bord
La barre vers l'orient, s'éloignant du désert
L'espoir un peu forcé mais refusant son sort

L'écume est forte et se fracasse sur ma proue
Collé au bastingage, attaché à ma vie
Je tente en ses lignes de rester, là, debout
Les yeux rivés vers le Soleil de mon esprit

Joyeux Noël et Bonne année, je m'en vais

Un après-midi de Janvier si froid et sec
Pour me souhaiter la bonne année, elle a dit
"Je ne t'aime plus et je veux", d'un ton sans vie
"Divorcer, te quitter", en saignant notre échec

Le ciel s'est abattu sur moi, tels les gaulois
Mon esprit, ma raison ont empalé l'instant
Ne cherchant pas secours mais préserver un temps
Mon déséquilibre, la fureur de l'émoi

Satisfaite à tort de ma réaction rationnelle
Elle a avoué plus encore, son mépris
Immobile, statue, j'ai enfermé mes cris
Pour un temps, pour un temps seulement dans un gel

Les heures et les jours qui ont suivis, enfer
J'ai tout tenté, en vain, pour la récupérer
Mon cadeau de Noël fut d'être dévasté
Et ses reproches si nombreux, imaginaires

La vie réserve des surprises bien malignes
Des cancers si profonds et soudain qui soulignent
La fragilité de notre existence infime
Je suis et resterais sans doute cette abime

Vague et divague

Fuir, mais fuir quoi ?
Fuir, mais fuir qui ?
Rêver de quoi ?
Rêver de qui ?

Espérer un futur ?
Espérer un amour ?
M'enfermer dans mes murs ?
M'enfermer pour toujours ?

Abandonner mon espérance ?
Abandonner mon avenir ?
Me raccrocher à l'insouciance ?
Me raccrocher aux souvenirs ?

M'évader des douleurs, des remords, de l'étau ?
M'évader d'un monde sans suivie dans la nuit ?
Survivre quelque soit le prix de mon fléau
Survivre pour être, pour sortir de ce puis

Ne rien lâcher, jamais et vivre
Ne rien lâcher, toujours rêver
Puiser ma force en mes noirs livres
Puiser ma force, avoir été

Réveiller mon esprit
Réveiller mes désirs
Me lever via l'écrit
Me lever sans soupir

Courir ma vie
Courir ma quête
Créer l'envie
Créer, poète

L'avenir incertain dévoile plusieurs portes

L'avenir incertain dévoile plusieurs portes
Dont chacune détient un destin différent
Les choix que nous avons nous ouvrent de la sorte
Des chemins imprévus emportés dans le temps

Ces choix forment la vie, ouvert sur l'inconnu
La découverte émue de nouveaux paysages
De nouvelles personnes aux âmes reconnues
A nous de trouver la beauté qui s'en dégage

Il n'y a pas de bons ou mauvais choix en soit
Seule notre éthique, nos valeurs et notre âme
Dans un monde futile, enrôlé mais sans arme

mercredi 19 avril 2017

Automatique : L'hivers est parti et pourtant

L'hivers est parti et pourtant je le vois toujours en moi
Rien n'y fait, je rebondis tel un cabri, mais je me plante tel un albatros au sol
Je n'ai rien de beau ni de majestueux, une statue de marbre qui pleure
Sans mes bras, telle la statue du Louvre, mais sans elle, je ne plus embrasser

Mes lèvres sont sèches du tabac qui encrasse mes poumons
J'avance sur un chemin rocailleux, mes pieds en sang
Je tombe à genoux, mais je me redresse encore et encore
J'avance vers un océan en pleine furie, où les vagues me fouettent

Je survie mais depuis longtemps je n'existe plus
Où vais je retrouver le sens de cette stupidité
Affoler par mes secousses du matin, ces rêves d'un futur froissé
Papier jauni d'un passé brulant mes espérances

Et pourtant je veux, je désire mais ce double, prince noir m'étreint
Ses ongles sont acérés et il me fixe de son regard dans le miroir
Que sont devenus mes passions, mon avenir
Je voudrais être fort et fier, mais je ne suis que l'ombre de moi-même

Je sais que demain sera un autre jour, une autre nuit
Un coup de pied au cul, si je suis assez souple, me poussera encore
Mais je vois les abysses sous mon océan, et ma barque continue de prendre l'eau
J'écope mes tristesses, ma solitude, je survie comme je peux

Que dire à ceux que j'aime, à mes amis quand ma tête explose en milles morceaux
Dispersion d'une étoile après son explosion finale, super nova
Je n'ai rien de super, je suis plutôt un trou noir, une singularité quantique
Où aucune loi de la physique, quantique ou Newtonienne, ne se complet

Je me disperse et me concentre, dans l'espoir de me retrouver
Je me concentre et me disperse, dans l'espoir de m'oublier

Demain ? Mais ne faut il pas vivre maintenant ?
Hier ? Je n'ai pas le pouvoir de réécrire l'histoire
Aujourd'hui ? Encore une journée à mentir, statue de marbre
Accomplissant mes tâches officielles, robotisé

L'amour était mon moteur, même imparfait, même incompris
L'amour était mon sang qui coule dans mes veines
L'amour était mon bateau aux voiles grandes ouvertes, stable par tout temps
L'amour viendra-t-il à nouveau, qui voudrait de cette bête immonde

Oublier, pardonner, et me projeter, oui, je comprends
Mais si ce qui est devant moi est un gouffre de laves, de larmes renfermées
Mais si ce qui m'attend est un chemin de croix, alors que je n'ai aucune valeur
Qu'aurais-je à démontrer, A qui je pourrais plaire et avec qui construire

Encore un de ses matins où mes rêves m'ont réveillés pris dans ma toile d'araignée
Où celle-ci attend de déguster chacun de mes frissons effrayé
Où celle-ci attend que je dégouline de mes larmes pour m'absorber
Encore un de ses matins où je vais devoir lutter pour me réveiller

Et vivre
Et vivre
Et peut-être un jour exister
Et peut-être un jour aimer

La belle et la bête

La belle et la bête fut toute mon histoire
Elle, magnifique, mère mais aussi femme
Meurtrie par une brute, enchainée par ce drame
Ne pouvant entrouvrir ses ailes de l'espoir

Lui, sinistre et sombre, bien caché sous l'humour
Enfin unis, tentant de soigner sa belle âme
Lui redonner confiance, à son bras être dame
Ce malgré ses défauts, lui donner son amour

La belle l'a quitté, envie de liberté
La bête espère que ce départ signifie
Que peut-être ses soins tremblants ont réussi
Tout maladroit qu'il est, à la faire rêver

Elle vit son chemin, détacher de ce poids
Une nouvelle vie s'ouvre devant ses pieds
Lui est retranché dans sa grotte, si mouillé
De ses espoirs déchus, de son cœur aux abois

La bête se replie sur lui-même, blessé
Mais il voit la beauté du voyage nouveau
Qu'entreprend la belle, quittant ce noir caveau
Il s'oublie et perçoit l'avenir se tracer

Mon vieil ami, l'oiseau noir

Mon vieil ami, l'oiseau noir plane autour de moi
Muet depuis longtemps, conserve son silence
Son regard aiguisé attend quelques émois
Avant de s'abattre sur ma triste démence

Ses serres acérées veulent déchiqueter
En lambeaux mon cerveau, éparpillant aux vents
Mes rêves les plus fous, ces désirs d'être aimé
D'être heureux, rêves devenant mes tourments

Son ombre me glace mais je ne le crains pas
Il est une partie de mon humanité
Il est mon vieux frère, ne me quittera pas
Du plus profond de ma mémoire, il a été

Je ne fus jamais seul mais sa présence était
Une souffrance enfouie dans mes tripes, mon cœur
Parasite aliéné, il se nourrit des plaies
Que ma vie ne cesse de créer, mes douleurs

Je n'ose le fixer de mon regard perdu
J'ai trop peur de me voir comme dans un miroir
Et de perdre le peu de raison dépourvue
De défenses sures, et de perdre l'espoir

Alors si je continue d'avancer sur mes terres
Ignorant son survol, peut-être lâcheté
Mais un pas après l'autre, espère que l'enfer
S'éloignera de moi, pour enfin exister

mardi 18 avril 2017

Ego-Journal 61/

Après une semaine de retrait de ce monde étrange auquel je ne comprends pas grand chose, en compagnie de mes enfants, de mes parents (et de quelques amis via Internet), je me sens regonflé à bloc. J'ai l'impression d'avoir rechargé mes batteries. Et pourtant...
Mon esprit ne peut se résoudre à approuver cette situation, mon cœur saigne toujours autant, mon âme est perdue. Je n'ai pas à me plaindre, je suis entouré (de loin), j'ai un travail (tout le monde n'a pas cette chance). Et pourtant...

L'ange s'est envolée

L'ange s'est envolée très loin de mes contrées
L'ombre de ses ailes ne me réchauffent plus
Son parfum de rose s'est enfui, effacé
Son aura est partie le plus loin de ma vue

Des souvenirs aimés se rappellent à moi
Comme autant d'armées se cachant dans ma vallée
Prêtent à fondre sur mon village sans émoi
Mes remparts fortifiés tiendront pour résister

Le Soleil brille autour de ma cabane grise
Mais ses murs sont épais et reste froid dedans
Afin de compenser la chaleur de l'emprise
De douces émotions qui brule mon néant

La Lune ajuste ses rayons d'un bleu reflet
Sur mon corps isolé, m'enveloppant d'un drap
Tendresse érotique pour une âme apeurée
Pour me réconforter d'un amour d'apparat

Les sentiers de terre conduisant à ce monde
Sont embourbés, glissants, mais j'entreprends ma course
Peu importe quand, où, pour découvrir ma blonde
Non celle du passé, replonger dans ma source

lundi 17 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 16/ (chapitre 18)

Chapitre 18


Deux beiges rentrent dans ma pièce à la lumière tamisée et isolée des éléments extérieurs. Ils s'approchent de moi, détachent un à un mes liens, avec précaution, comme s'ils redoutaient que je me jette sur eux tel une bête sauvage soudain libérée de ses entraves. Aucune communication ne parvient d'eux. Je ne dis rien moi non plus. Le test commence...


L'irréel, qu'est-il donc ?

L'irréel, qu'est-il donc ? Le sentiment d'amour
L'espoir de liberté, la transcendance d'âme
Pourquoi lui opposer la raison et sa trame
Lors que nous devons vivre et croire au nouveau jour

La philosophie veut des esprit et corps sains
Mais si cet esprit ne pouvait là exister
Que s'il unifiait notre cœur esseulé
A notre raison qui rythme nos jours éteints

L'irréel n'est il pas notre réalité
Qui donne un sens à nos actes damnés
Notre existence un doux transport d'un condamné
Une vie si riche, découvrant la beauté

Pourquoi refuser ce voyage sublimé
Lors qu'il donne du sens à notre destiné
Pourquoi tous ces chiffres, ce vide désolé
Lors que nous portons nos flammes illuminées

Mon cœur ne connait plus la raison

Mon cœur ne connait plus la raison, la logique
Il m'emporte au lointain passé de mon amour
Les tempêtes aux vents salins sont un détour
A ma vie naturelle engoncée de suppliques

Ma barque reste à flot malgré tous ces embruns
Le courant est si fort, j'ai du mal à barrer
Mais je garde l'espoir, non de la retrouver
Tel Phœnix renaître pour quelques lendemains

Les vagues fouettent mon âme, telles démons
Je résiste autant que mes forces le permettent
Le froid de l'océan saisit jusqu'au squelette
Tout mon être isolé, mais garde ma raison

Je tangue et divague, chahuté par la perte
De mon ange éternel, la Lune pour amie
Mes rêves douloureux, passionnés ou épris
Je vis, j'existe dans ces portes entrouvertes

Le jour, je sublime ses instants idéaux
Le Soleil inondant mon corps de sa lumière
Mes sentiments affluent et drainent la poussière
Hors de mes veines, lavant mes oripeaux

dimanche 16 avril 2017

Ange en mes rêves enfoui

Silencieuse, du coin de l'œil, elle m'observe
Elle fut mon amie, mon amour et ma vie
Elle n'est plus qu'un ange en mes rêves enfoui
Ses ailes déployées autrefois sur ma verve

Aujourd'hui n'est plus qu'un souvenir éloigné
Loin des yeux, près du cœur, sa silhouette émue
S'enfuit de ma vision, en mes nuits suis perdu
Le jour une émotion m'embrasse illuminée

Ce ne sont pas ses bras mais son parfum ambré
Qui recouvre mon lit, son visage embrumé
Apparaît, songes d'un passé si éloigné
Je ne peux l'oublier et mon âme d'aimer

Mais c'est le silence qui l'entoure aujourd'hui
Un gouffre nous sépare en deux mondes distincts
Son corps est devenu une statue d'étain
Son souffle s'est éteint, l'amour n'a plus de fruits

C'est un ange irréel demeurant dans mon lit
Passion sans retour, pour une page tournée
Du livre de ma vie, et ma main de trembler
A l'idée d'écrire l'avenir sans l'oubli


samedi 15 avril 2017

Automatique : Je cultive mon jardin de toutes formes de fleurs

L'envol de la pensée suit les vagues de l'oubli
Il pénètre dans les cieux argentés des démons de minuit
L'obsolescence programmée de mes souvenirs émus
Laisse une trace gravée dans le marbre de mon tombeau
Mais ce n'est pas l'agonie de mes espoirs mais leur renouveau

Mon char tiré par les chevaux de mes désirs
Me porte au-dessus des nuages incandescents des mes tourments
La violence d'un passé révolu laisse place à la construction de mon arche
Aucun couple n'y trouvera sa place mais mon triptyque trouvera sa couche

La libération de mes pensées engrange des récoltes inattendues
Des graines pour un futur indécis, une récolte à venir
Je cultive mon jardin de toutes formes de fleurs
Des roses carmins, des pissenlits balayés par le vent
Des baies rouges nocives mais élégantes
Des fleurs de cerisiers au parfum et à la couleur apaisants

Ce chemin rocailleux me fait gravir des montages
Et il me fait plonger dans des gouffres sans fond
Mais ce périple, non comme Ulysse, ne me reconduira pas chez moi
Mais me fera découvrir une épitaphe pour laquelle je ne saurais rougir

Je n'attends pas la mort, ma vieille amie, je sais juste qu'un jour elle viendra
Je veux vivre et aimer, si ce n'est d'amour, au moins l'humanité
Ainsi qu'avoir un peu de compassion pour mon égo
Accepter mes tourments et mes désirs
Vivre dans l'instant, être tourné vers le futur
Le temps passera, seul ou accompagné

Mais mes amphores seront pleines, porteuses d'une espérance
Mes traces sur ce sable fin ne s'effaceront pas aussi facilement
Mes rencontres peut-être marqueront-elles certains esprits
Papillon non plus épinglé sur un mur, exposé au regard des visiteurs
Mais papillon battant des ailes provoquant une petite réaction

Je ne suis qu'un humble humain, mais dont l'âme tend vers l'infini
Les étoiles au firmament m'appellent à m'élever
Ma tête se relève et mon regard plonge dans cette immensité
Je ne peux plus me perdre que je ne le suis
Mais je me retrouve et m'invite en ce monde étrange

Je tendrais la main autant que je le pourrais
Elle sera sans doute cent fois refusée
Mais si une seule serre la mienne, ne serait-ce qu'un instant
J'aurais au moins pu réaliser quelque chose qui me dépasse
Un instant, un instant seulement, mais une éternité pour moi

Lever la tête

L'ange Roxane a fuit, laissant un désespoir
Cet espace vide s'emplit maintenant d'avenirs
Chacun est inconnu mais ils portent l'espoir
De jours nouveaux laissant au loin mes souvenirs

Le Spleen, mon univers, se voit accompagner
De l'Idéal ému, une route à poursuivre
Triste certainement, mais de me redresser
Lever la tête, en vie, mes démons me délivre

Et je marche rêveur, pas encore apaisé
Mais chacun de mes pas, si douloureux soit-il
Est une ivresse pour mon âme délaissée
La Lune est mon amie pour mon esprit fragile

Ce mouvement me suit en plein jour, habité
D'une quête assumée, vivre et survivre enfin
Mon triptyque fourbu mais refusant de plier
Le Soleil est mon feu, de ma vie, mon parfum

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 15/ (chapitre 17)

Chapitre 17

Après plusieurs jours passés ainsi, attaché fermement sur cette table à recevoir des flux de plus en plus complets et "habituels", au sens correspondant à ceux dans mes souvenirs que je recevais avant mon entrée dans ce complexe de prison médicale, je me suis enfin habitué, je l'espère, à contrôler cet intrusion mentale que constitue le comguide. Je pense arriver à contrôler les flux sortants, et même à filtrer certains flux entrants pour ne pas me perturber. Mais je sens que le jour est arrivé. Le jour du test final, celui qui décidera de mon devenir.

Ego-journal 60/

Ces derniers jours furent un repos de mon âme. J'ai pu me ressourcer, voire des paysages qui apaisent mon esprit et parler, sans doute comme jamais je ne l'avais fait, avec mes enfants et mes parents. Certes, c'est encore maladroit car je ne veux pas choquer les gens que j'aime. Mais je dévoile un peu qui je suis et surtout je suis plus à l'écoute.

Non pas que je ne l'étais pas avant, car un de mes traits de caractère est l'empathie. Mais ses derniers mois, je me concentrais sur moi-même pour m'éviter de sombrer et tenter de retrouver ma voie.

Vivre ou rêver

Sommes-nous vivants lors que nous pensons marcher
Sommes-nous réels lors que nous pensons rêver
La vie à corps et à cris la réalité
Où l'absence de murs notre vraie liberté

Nous faut-il opposer ces deux espaces-temps
Ou les consolider comme un tout cohérent
Nos rêves peuvent-ils alimenter l'enfant
Qui sommeille en nous, le guider hors du néant

Vivre et être ne sont-ils pas un seul reflet
Dans le miroir d'une âme en tout point enflammée
Nos songes un moteur pour faire progresser
Notre transcendance, nos quêtes révoltées

Pour aimer, l'utopie ne porte-t-elle pas
Les fruits de la passion, brisant les aléas
Pour vivre, l'espérance éloigne le trépas
Offrant à notre cœur le goût de l'immédiat

Mon souhait est d'unir ces deux mondes voilés
D'un soupir allégé, vent d'un désir ailé
Portant mon existence en des lieux sublimés
Où la haine est perdue, où l'on peut être aimé

vendredi 14 avril 2017

Automatique : L'oiseau ne peut pas s'envoler

L'oiseau ne peut pas s'envoler, cloué au sol par ses chaines
Il regarde le ciel comme un avenir impossible
Il contemple ses congénères qui inconscients planent dans les airs
Lui ne peut que les observer, ses ailes coupées par son amour défunt

Son plumage n'est plus aussi beau qu'avant, il dépérit
Mais sa volonté de vivre n'est pourtant pas limitée
Il sautille désespéré de sentiment en sentiment
Mais son avenir ne le conduira plus vers le firmament

Il chante une mélodie, un requiem d'un amour impossible
Ignoré par la plupart des formes de vies qui l'entourent
Seule la nature lui sait grès de vivre encore
Alors il continue de psalmodier ses vœux du passé

Il ne craint pas la mort, il ne la désire pas non plus
Il vit au jour le jour, puisant dans le Soleil le réveil
De son corps et de sa raison, dans la Lune l'éveil
De ses passions et de ses rêves d'un monde parfait

Il sait que c'est impossible, cette quête ne peut voir sa fin
Mais il continue, poussé par sa transcendance d'un vol irréel
La nuit, il parcourt le ciel, s'approchant de l'opaline
Et vit enfin son amour déchu comme si c'était hier

Les flots bleus transporte mes souvenirs au loin

Les flots bleus transporte mes souvenirs au loin
Ils se confondent en l'écume de ses vagues
Et disparaissent dans une blancheur témoin
D'un passé que je ne peux oublier, ma dague

Elle perce mon cœur encore trop souvent
Elle le percera toujours bien malgré moi
Je ne peux prévenir cette douleur, aimant
Mais je peux survivre, emplis de nouveaux émois

Les vagues ne viendront pas déposer à mes pieds
Un nouvel amour car je ressemble à ces hommes
Qui ne peuvent briser leur serment estropiés
Mon âme prisonnière à jamais sous valium

Mais je peux contempler cette histoire encore
Mon chagrin s'apaise, malgré ma solitude
Je vois les jours nouveaux, par mon esseulé corps
Comme la possible voie vers ma complétude

Le son de la houle ressemble à mes douleurs
Un cri perpétuel avec qui je compose
Mes larmes d'encre sur ce papier fossoyeur
Soulagent mon être et préviennent l'overdose

jeudi 13 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 14/ (chapitre 16)

Chapitre 16


Voici que la musique s'arrête et que les informations viennent à moi, pas aussi nombreuses qu'auparavant. D'abord ce sont de simples nouvelles du genre météo et trafic routier. Ma concentration n'est pas perturbée car ce sont des informations pour le moins inutiles dans le cadre de ma situation, toujours cloué à ce lit, dans cette pièce doucement illuminée.

Je continue de réfléchir à mes projets, à mes "compagnons" dont je ne sais rien mais qui attendent manifestement quelque chose de moi. Mais j'ai du mal à déterminer cet objectif, ou ces objectifs, chacun pouvant avoir le sien. Déjà le poète et l'architecte ont deux approches différentes, l'une plus introspective, l'autre plus dans l'action. Mais quand au troisième, Jean le beige, j'ignore toujours totalement ses convictions et les raisons de ses actes.


Automatique : L'ivresse du voyage

L'envoutement des sorts amoureux emporte mon esprit
Dans des voyages inassouvis mais portant mon espoir
Mon ivresse est sentimentale et mes passions intactes
Mon rythme est endiablé, je sens la puissance de la vague

L'océan de mes pensées n'est plus cet ouragan du passé
Il prend une forme ondulée qui permet à mon âme la douceur
Les vagues viennent sans se fracasser sur mon cœur blessé
Elles accompagnent mon mouvement et ma raison se calme

Même si les chants des sirènes me sont inconnus
Je reste ouvert à cet univers marin où se côtoie
Le pire et le meilleur, poursuivant mon exploration
Des illuminations instantanées, rencontres fortuites

L'hivers est parti, le printemps refait surface, annonçant l'avenir
Ce ne sont que des bourgeons mais j'aperçois leur devenir
Mon combat de gladiateur emprisonné pointe sa fin
Et la lame est remplacée par des larmes transcrites sur le papier

L'incompréhension mutuelle continue d'alimenter mes failles
Mon bateau se remplissant à chaque ressac de pleurs salins
Mais celui-ci ne chavire plus aussi souvent, et je remonte
Sur le pont, non pas guéri, mais déterminé à poursuivre mon voyage




Mon bateau ivre emporte au loin mes émotions

Mon bateau ivre emporte au loin mes émotions
Sombres et arides, creusant toutes les vagues
Son cap au firmament fait fuir l'aliénation
Il tangue mais tient bon, pour que je ne divague

Les flots bleus apaisants subliment mon triptyque
Les vagues ne sont pas agressives mais douces
Elles me balancent comme une mère antique
Où mes souvenirs sont des joyeuses frimousses

La terre est encore loin de ma perception
Mais je sais qu'un matin je la verrais enfin
Ce n'est pas un calcul, une simple intuition
Mon voyage ne peut pas conduire à ma fin

Cette expédition est un périple sans peur
Où je tente d'allier mon univers interne
Avec l'humanité qui m'entoure, ferveur
Foi en notre avenir, sortir de ma caverne

mercredi 12 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 13/ (chapitre 15)

Chapitre 15

Ma conscience embrumée remonte à la surface lentement. Immédiatement, je sens la douleur dans ma tête, à l'arrière, là où doit se trouver l'implant comguide. Cette douleur n'est pas insupportable, elle est lancinante. Sans doute les effets des tuyaux me nourrissant d'anti-douleurs que je ressens plantés dans les veines de mes bras. Mon corps est immobile. Non, pas immobile, immobilisé. Je peux bouger, léger frémissement, mes doigts et mes pieds, mais sinon je suis totalement ficelé sur ce qui semble être un lit de métal, froid et solide. Mais je ne ressens pas le froid, je ressens un froid sur moi et l'air autour de moi d'une chaleur douce et calme.

Ego-Journal 59/

J'alterne entre mes deux mondes : espoir et désespoir. Ma raison me pousse, fidèle, à me tourner inlassablement vers le premier, mon cœur vers le second. Quant à mon âme, elle tente d'unifier ses deux asymétriques et pourtant unis en moi, comme un flot persistant et cohérent.

Automatique : Voici venu le temps des bateaux ivres

Voici venu le temps des bateaux ivres
Le temps des naufrages d'une âme ensevelie
Dans une marée humaine déferlante enragée

Voici venu le temps des trahisons et des espoirs
L'équipage des sentiments et de la raison abandonné
Cramponnés au bastingage d'une chaloupe vermoulue

Voici venu le temps des rythmes d'un cœur insoumis
Ne respectant aucune contrainte si ce n'est son voyage
Au bord du pandémonium des sentiments vaincus

Voici venu le temps d'une raison emportée
Dans une folie douce et sans futur
Mais fidèle à son âme, elle tient le gouvernail

Voici venu le temps d'une âme éveillée
Qui brise les vagues du conventionnel
Assumant sa différence et son orgueil

Voici venu le temps d'un voyage émue
Où mes espoirs sont vivants mais déchus
Ma vie, ma mort, mais mon existence assumée

Le chant du coq ou du cygne

Le chant du coq pourrait substituer le cygne
Il est certes moins beau mais il tend vers la vie
L'espoir du Soleil neuf accompagne son signe
Il souffle un renouveau aux rayons de l'envie

Celui du signe est plus profond mais plus fatal
Certes il signifie l'amour et la beauté
Mais la fin morbide s'efface à son rival
Car son sort est scellé, l'émotion est damnée

Et pourtant quand il vole au-dessus des nuages
Son blanc merveilleux fait de lui un ange pur
Rien ne saurait dans la splendeur de son voyage
Égaler son appel, fusse-t-il de blessures

Le coq reste à terre, dépourvu d'envolée
Il suit le rythme du temps qui s'écoule en vain
Mais ne sait s'élever, son âme est engoncée
Dans un périmètre fermé sans lendemain

Ma raison de suivre l'oiseau cloué au sol
Me pousserait, tandis que mon cœur attiré
Par ses essors des sens préférerait l'idole
Quitte à danser de mes mains mes espoirs derniers


mardi 11 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 12/ (chapitre 14)

Chapitre 14

Ma conscience refait surface doucement, tandis que mon corps reste immobile et insensible. Je ne peux pas ouvrir les yeux, mais je sens la lumière qui m'entoure. Je sens aussi des présences humaines qui s'affèrent autour de moi, sans pour autant s'approcher de cette carcasse sans mouvement.

Je ne veux pas donner un signe que je m'éveille. Je veux d'abord savoir ce qu'ils m'ont fait, comment je suis maintenant. Petit à petit, ma conscience fait renaître mon esprit, je sens les tuyaux plantés dans mes bras, sans doute des gouttes à gouttes.

Automatique : L'outrage est passé sur mon chemin

L'outrage est passé sur mon chemin, brisant mon âme
L'espoir s'est désagrégé en des milliers de bris de SOS
L'avenir continue de devenir mon passé, sans présent
Chaque moment est une alternance d'envies et d'oublis

Subissant mes émotions de souvenirs ineffaçables
Mon char non guerrier peine à s'envoler dans les cieux
Il est ganté de plomb, seule mon encre l'allégeant
Et je vise le Soleil, non pour me brûler, mais pour me réchauffer

Le présent n'est qu'un futur inaccompli, un passé gravé à jamais
Les rouages de mon esprit se grippent par manque d'amour
Cet amour qui jamais plus ne reviendra
Après la fusion de deux âmes, je vois la fission de la mienne

Je ne peux accepter sentimentalement cette abandon
Ce manque de chaleur humaine et de compassion
Mais ma raison enferme ses remords dans une prison
Dont les profondeurs les empêchent de s'exprimer

Luttant pour ma survie, sans cette amie qui me portait
Et que j'accompagnais sur son propre chemin de guérison
Est un combat semblant sans espoir et sans victoire
Et pourtant je le dois, ne serait-ce que pour ma Roxane

Je ne veux lui faire porter une quelconque responsabilité
Sur ma décomposition, exhalant la mort et la souffrance
Pour la protéger encore et encore, ne pouvant renier mon amour
Mon respect pour celle qui fut ma vie m'oblige à la préserver

Et chaque matin, je plonge dans mon océan de pleurs secs
Sauvé par quelques médicaments, reprenant les guides de mon char
Sans savoir où je vais, seul, mais reconstruisant un équilibre
Fragile et parfois putride, le cachant sous des tonnes d'écrits


Le matin, je m'éveille et je revois Roxane

Le matin, je m'éveille et je revois Roxane
Son visage d'amour emporte tous mes rêves
Dans un univers doux où je reste profane
Néanmoins à genoux, envouté par ses lèvres

Parfois mes songes sont des enfers futuristes
Produits de mon cerveau malade abandonné
Dans des situations improbables et tristes
Où son regard si froid me transperce, damné

Chaque matin est un jour nouveau m'insufflant
Des vents contraires à ma barque si fragile
Parfois je vogue sur une mer plein d'allants
Parfois je m'accroche au pont sans mon évangile

Je renais au Soleil levant emplis d'espoirs
Où je sombre en l'orage enragé et en crise
Mon histoire évolue fragmentée, blanc et noir
Isolé, entouré, la fureur incomprise

Et chaque soir je vis à nouveau ces moments
Entre les deux, j'avance en quête d'un éveil
Qui enfin portera mon âme vers l'avant
Ne jamais oublier mais survivre au Soleil

lundi 10 avril 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 11/ (chapitre 13)

Chapitre 13

Ce matin, dans la salle commune, je cherche du regard l'architecte et le poète. Mais je ne les vois pas. Dois-je m'en inquiéter ? Je ne sais pas. Je plonge dans la lecture, comme à mon habitude dans le 4ème tome de Dune, pour éviter l'angoisse d'être à nouveau seul. L'histoire est magnifiquement écrite, des personnages qui n'ont pas besoin d'un comguide pour communiquer, mais juste de mots, d'expressions corporelles et d'une sensibilité, bonne ou mauvaise, pour échanger.

Il n'y a personne en face de moi, à la table du poète, là où se trouvait hier l'architecte. Le danger est toujours là ! Mais lequel ?

Je regarde furtivement autour de moi, mais ne vois aucun signe, aucun regard même partiel tourné vers moi. Je décide de faire le signe convenu : 
  • L'espoir
Je scrute, le plus discrètement possible autour de moi. Rien, pas une réponse, pas un mouvement ! Peut-être est-il passé inaperçu ? Je recommence :
  • L'espoir

Ego-Journal 58/

Si je vis, il me faut exister. Je ne peux pas faire l'affront à ce don qui m'a été donné : vivre ! Je me dois de me battre, comme toute vie dans cette immensité, pour survivre et me prolonger. En partie mes enfants sont un espoir de prolongation d'un rêve que peut-être ils porteront à leur tout, quête d'un espoir, d'une philosophie de vie, tourner vers l'impossible transcendance, mais qui donne un sens à ce monde vitrifié. L'autre partie est cet espoir fou que ma petite pierre, si laide soit-elle, si difficile d'accès soit-elle, puisse faire avancer l'humanité vers des idéaux plus nobles tout en respectant les contraintes de l'existence.


Soupir de l'âme

Soupir de l'âme
Rougir de larmes
Souffrir du charme
Mourir sans arme

Chaque matin, je m'éveille
Mes rêves en plein Soleil
Ma raison mise en sommeil
Du coin de l'œil me surveille

Je résiste à ce mal
Reconstruit mon moral
Je me prépare au bal
De vie sans idéal

Peu à peu je reprends contrôle de mon cœur
Mes suées nocturnes s'envolent en vapeur
Reste mon esprit, seul mais qui n'a plus de peur
La lumière envahit et fait fuir mes douleurs

Doucement, par devoir
Je reprends mon histoire
Je cherche un doux espoir
Dans ce vide et ce noir

Mon esprit s'envole, ce n'est pas un délire
Il emporte mon cœur, aspirant au désire
Il pousse ma carcasse à trouver des plaisirs
Mais je sais que ma vie ne sera que soupirs

Vivre, pour quoi, peut-être
Aimer, mais qui, malêtre
Ne jamais me soumettre
Même s'il fait paraitre

J'existe et mon sang noir, je l'évacue au loin
Je vis et je pleure et mon cœur est mon témoin
J'aime encore et toujours ma Roxane de loin
Mais je tente d'être ouvert, de trouver mes soins

Je dois garder l'espoir
De vivre hors du noir
Ne plus craindre le soir
Et rêver et vouloir


dimanche 9 avril 2017

L'oiseau dans la tempête

L'oiseau se cramponne à sa branche sauveresse
Dehors la tempête se déchaine partout
Les feuilles s'envolent, les arbres se secouent
Et les buches mortes prolongent la détresse

L'oiseau voudrait ouvrir ses ailes, dépasser
Le plafond orageux pour se mettre à l'abri
Au dessus des tourments, du vent et des débris
Se libérer de la folie d'un temps glacé

Mais la colère de la nature est si forte
Que tenter son envol serait un vrai affront
Elle le punirait en le gantant de plomb
Pour le plaquer au sol, ou que le vent l'emport

Mais sa volonté de liberté est si pure
Qu'il risquera tout pour trouver le silence
Au dessus de l'enfer, prouver sa résistance
Vivre enfin ses rêves, planer vers le futur

Soutenu par l'air chaud, tout proche du Soleil
Par dessus la nuée des essaims de passions
Ébloui de tant de beauté, plein d'émotions
Alors il se lance vers un nouvel éveil

Le Soleil se lève

Le Soleil se lève, mon cœur blessé se couche
Les rayons réchauffent la terre nourricière
La Nature fleurit, diverse et pourtant fière
Mon âme s'assombrit, un crr à fleur de bouche

La vie reprend ses droits, le jour l'illuminant
Les oiseaux volent haut, les abeilles butinent
Ma raison reprend le contrôle d'un dément
Ma lumière s'éteint, reprend le cours du temps

Le printemps réveille tout ce qui s'endormait
Pour renaître tout neuf, l'espoir ancré partout
Mes souvenirs et mes rêves détruisent tout
La nuit je vis même si mal, mais je vivais

La chaleur de la terre enflamme les passions
Désir de survivre, se perpétuer encore
Le froid de mon être renferme cette mort
Espoirs assassinés d'une ancienne fusion

Les matins contrastent avec ce que je suis
Les ailes vrombissent contre les sanglots secs
Les jour est l'avenir, moi j'enfouis mon affect
Tout bouge, tout vole, ma vie elle s'enfuit


samedi 8 avril 2017

Ma vie en une pièce : Pile ou Face

Regardez droit devant pour ne voir mon démon
Qui s'accroche au passif d'une vie dépourvue
D'humanité lors que je souffre au plus profond
D'amour et d'amitiés recherchés mais perdus

Grimper la montagne pour voir plus haut, plus loin
Lors qu'il retient mes pas, me jetant dans le gouffre
De mes passions gelées, désespérant témoin
D'un isolement las non voulu, l'enfer s'ouvre

Nager contre courant pour retrouver la source
De ma vie, d'un bonheur aujourd'hui impossible
Tant mon démon m'enfonce aux abysses, ressources
Infinies de douleurs et de peurs incrédibles

Ramper, mais avancer par mes mains écrivant
Espérer l'espoir et tenter de croire en moi
Quand mon démon m'ausculte et m'insulte : déviant
Lâche et sans valeur, fléau d'amers émois

Je lutte matin et soir mais je ne peux vaincre
Ce démon qui m'enferme en ma prison mentale
Qui me ronge en dedans, la mort pour seule étreinte
Car ce démon, c'est moi, une pièce à deux faces

Je ne peux lui tordre le cou, le faire taire
Mais peux accommoder mon existence à lui
Vivre et être heureux malgré tous mes enfers
Ému, même souriant, ou mes larmes en pluies



Le silence envahit la plaine emplie de fleurs

Le silence envahit la plaine emplie de fleurs
Le vent doux caresse les pétales ouvertes
Le Soleil généreux pour la nature verte
Et les pas du marcheur en quête du bonheur

L'herbe frisonnes sous les pieds du vagabond
Parfois une abeille emporte la vie sous elle
D'un sourd vrombissement, le produit de ses ailes
Le voyageur ne sait si son périple est long

Il goûte cette vie calme et si immobile
Derrière ses pas lourds, le sol reprend ses droits
Et se redresse encore oubliant cet émoi
Ses traces effacées de cet homme en exil

Il hume les parfums sensibles et variés
Odeurs d'un amour pur, immobile et vivant
Qui envahit l'espace infini et vibrant
Ce nomade aurait bien voulu s'en inspirer

Il avance isolé mais pourtant entouré
Le monde végétal ne le repousse pas
Il serait même prêt si venait son trépas
A offrir un caveau fleuri à l'étranger

Il n'est pas disposé là à s'abandonner
Il avance et il veut toujours croire et rêver

vendredi 7 avril 2017

Ego-journal 57/

Aujourd'hui j'ai peu de temps pour écrire ce journal, mais je me lance quand même. Au diable cette horloge qui dicte mon temps, mes actes, alors que je voudrais être libéré. Mais je voulais revenir sur une souffrance récente. J'ai eu l'agréable surprise de voir que, même si mes propos avaient été exprimés durement, sans volonté de l'être, même si j'ai blessé quelqu'un que j'apprécie énormément et là aussi sans le vouloir, cette personne d'une probité sans égale, est revenue vers moi et m'a accordé non un pardon, mais une réconciliation, l'acceptation de mon état, tout en restant entière sur ses sentiments et ses raisons. Que puis-je demander de plus ? Être compris ne veut pas dire être d'accord, mais au moins entendu, ce qui pour moi est un pas énorme dans cette humanité qui m'entoure généralement.


La mémoire est un lourd fléau

La mémoire est un lourd fléau à assumer
Si je pouvais parfois oublier mon passé
Naître à nouveau tout neuf, n'avoir jamais aimé
Le monde à découvrir, mon parcours non tracé

Mais tous mes souvenirs ancrent ma vie future
Immobilisant las mon navire échoué
Près de plages vides, sans aucune nature
Étendues isolées, et mes passions clouées

Je tire les chaines pour libérer des liens
Ainsi tissés mon corps, une toile d'araignée
Je baisse mes voiles pour un flux aérien
Qui loin m'emporterait vers de belles contrées

L'effort est immense, par d'autres incompris
J'ai beau là expliquer, je me heurte aux procès
D'intentions infondées et les a priori
Mes écrits n'ont pas de filtres, premier degré

Certes ils empruntent une forme imagée
Mêlant paraboles et fictions, allégeant
Ainsi le poids sordide emportant mes pensées
Mais c'est moi et mon but n'est pas d'être plaisant

A l'ombre d'un arbre

A l'ombre d'un arbre se repose endormi
Un homme au visage paisible et rassuré
Son dot est sur ce tronc colossal appuyé
Sas jambes allongées, ses bras ballants, assis

Rien ne vient perturber son repos si profond
Sa tête est inclinée sur ses épaules nues
Ses yeux sont refermés, le privant de sa vue
Seul le vent vient, flottant, bouger ses cheveux blonds

Il ne fait pas très froid mais pourtant il est pâle
Dans sa main droite, il porte un bouquet de fleurs rouges
En fait, ont glissés sur le sol, plus rien ne bouge
Sa main pourtant crispée, vide, n'est plus florale

Sa chemise est plate, n'exprimant plus de vagues
Ses joues gardent trace d'une humidité
Sillons d'une pluie de larmes là asséchées
L'arbre est son tout dernier compagnon et sa bague

Les fleurs ont déteint sur ses vêtements tâchés
D'un rouge noir profond, son sommeil le dernier
Attendait-il une âme amie, hélas oublié
Nul ne le saura plus, sa vie s'en est allée

jeudi 6 avril 2017

Ma rose rouge s'est fanée

Ma rose rouge s'est fanée avec le temps
Ses pétales rubis sont tombées doucement
Sur le sol d'une vie où elle ne vivait
Malgré les doux efforts du jardinier si laid

Il ne reste plus que sa tige et ses épines
Ensanglantant mon cœur, puni sans aucun crime
Même son corps flétri, devient sec et si froid
Que mon âme s'enrhume aux brefs contacts, effroi

Je la regarde aller vers une autre contrée
Où mon absence voulue isole mes pensées
Dans un vent sec et gris, perdues dans ma mémoire
Le bois sec remplace ce qu'était mon espoir

Le feu brûle mon corps mais ne veut la blesser
Mes tentatives pour être amical, aider
Se retournent contre moi avec une force
Me blesse au plus profond, effritant mon écorce

Le passé ne peut pas revivre un bel été
Il restera l'hivers de mes sombres pensées
L'avenir sera-t-il un soleil chaleureux
Ou une tempête glacée, douloureux

Le jeu de la vie

Le jeu de la vie est fait d'une succession
De chemins se croisant, aller à gauche, à droite
De chemin de terre, bitumé, route étroite
Mais toujours avancer, permanente obsession

C'est tomber à genoux, parfois même affalé
Toujours se relever, blessé, meurtri, perdu
Mais cette volonté, survivre même ému
Plus qu'un instinct, un rêve à poursuivre affamé

Les paysages vus sont parfois beaux ou laids
Les voyageurs croisés sont de toutes natures
Inhumains avides, ou cœurs esprits matures
L'imprévu infini souffle un vent si frais

La vie n'est qu'un jeu mais les règles inconnues
A chacun de construire en son âme et conscience
Les siennes, d'être droit, juste avec bienveillance
Personne ne gagne, mais on perd toujours plus

Le jeu ne vaut que si la vie est un moteur
Ne soyez pas cette bille roulant si vite
Dans ce cercle vicieux, au hasard si stupide
Soyez acteur, vois choix feront votre bonheur

Automatique : Vivre quand même

Je la vois dans mes souvenirs émus
Je ne la vois plus de mes yeux humides
Je la ressens dans mes mains et mes bras en rêve
Je l'ai perdu au matin et le soir, le vide autour à embrasser

Je lui parle dans ma tête des mots doux
Je ne peux lui parler que de choses concrètes
Je sens son parfum corporel dans mes évocations
Je ne hume que la fumée de mes cigarettes

Je l'aime d'un amour fou et éternel
Elle ne m'aime plus et m'a rejeté
Je la désire et veux lui plaire
Mais elle est si loin maintenant, ne reviendra plus

Mais je vis encore, poursuivant mon chemin seul
Jour après jour, écorché vif, mon âme perdue
Et pourtant je souris quand je le dois
Et pourtant je me lève chaque matin pour travailler

Et je fais semblant d'aller bien comme les animaux
Font lorsqu'ils sont blessés, ne voulant pas attirer les vautours
Je joue un rôle qui n'est pas le mien
Pour ne blesser personne, ni elle ni d'autres

Mais j'existe encore, écrivant chaque jour un peu plus
Qui je suis, ce que je suis, ne cherchant pas la compréhension
Ni la reconnaissance, ni même la sollicitude
Peut-être un peu d'émotions et de ressemblance

J'écris pour moi, pour parler à quelqu'un
Même si cette personne est mon double ésotérique
Même si c'est un langage muet, en noir et blanc
Même si son impact est limité, voire inutile

Pleurer, oui, mais pas devant les autres
Souffrir, oui, mais uniquement dans mes lignes
Espérer, oui, mais au travers de mes pages parfois
Aspirer au meilleur de moi-même, jour après jour

mercredi 5 avril 2017

Ego-journal 56/

Et si l'humain était pris entre deux forces contradictoires : la vie collective et la vie individuelle ?

La vie collective, ce sont les codes sociaux et les lois qui organisent notre communauté, l'ordonne, la cadre, la démocratie (bien grand mot en ce moment ? mais l'histoire de l'humanité a connu peu de vraie démocratie, de manières brèves et parfois finissant mal), le travail rendu aux services des autres, en fonction de ses capacités (et quand je parle de travail, je l'étends à tout ce qui n'est pas considéré comme "un travail" aujourd'hui, tel qu'élever des enfants, animer des centres culturels et sportifs, les artistes, les bénévoles, ...), la fraternité aux travers des protections sociales, l'égalité au travers de l'éducation ou des droits communs (encore que, là aussi, bien grand mot en ce moment).
Mais c'est aussi l'organisation de l'exploitation des hommes par l'homme, la monétisation de la vie, la conduite d'un peuple selon des angles uniquement économique et sans respect de l'humanité, la "réal politique" qui contredit tout honneur et droiture de l'esprit, l'écrasement des plus faibles au profit de quelques uns, le productivisme et le profit comme seules règles.

La vie individuelle, ce sont les droits fondamentaux, la liberté, dans la limite imposée par la loi et ces mêmes codes sociaux, le droit de vivre, de se déplacer, de choisir son mode de vie et ce que l'on veut faire, avoir une morale (je ne parle pas de l'aspect religieux mais philosophique), avoir des espoirs, des quêtes ou objectifs personnels ambitieux, une forme de transcendance, le droit au bonheur.
Mais c'est aussi l'individualisme, le consumérisme, l'égoïsme, le corporatisme au détriment du plus grand nombre. Mais ces images négatives ne sont-elles pas le reflet indirect des aspects négatifs de notre société et donc non de la vie individuelle ?


Vertige

Le ravin est face à moi et j'ai le vertige
La nature est aride autour de moi, désert
Ma raison m'ordonne de reculer, de fuir
Mon cœur me dit saute dans ce vide, m'attire
Je lutte, résistant à l'appel, désespère
De moi, que reste-t-il à part quelques vestiges

Je ne regarde plus le passé las gravé
C'est bien vers le futur que se tourne mes pas
Mais où le conduira cette course vénielle
Je cherche mon chemin, funambule sans fiel
Je tremble insoumis et mes douleurs sans éclat
Me renvoient l'image d'un démon affamé

Je ne sais où je vais mais j'aperçois le vide
Qui pourrait me perdre, je doute de mes forces
Mon auto-critique est ma plus grande faiblesse
Elle guide mes choix, me pousse à la détresse
Autant qu'elle forge de mon arbre l'écorce
J'ai peur d'être isolé, mon visage se ride

Sauter ou reculer, lequel des deux choisir
Lequel est la fin ou le début d'un espoir
Risquer tout, m'enfermer, laquelle des histoires
Sera porteuse d'un futur, d'un avenir

mardi 4 avril 2017

Ego-journal 55/

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, ou presque. Hier je suis parti avec la ferme intention de changer de mode d'emploi, d'être moi-même. Pour être honnête, ce ne fut pas une grande réussite, ni un grand échec non plus.Ce fut une journée de plus, comme les autres, mais où à l'intérieur j'ai essayé d'être en cohérence. Hélas, les événements me poussent à me renfermer, encore et encore. Je lutte, mais la lutte est si difficile. J'ai quelques soutiens, mais sont-ils suffisants ? Je vais essayer quand même de regarder le verre à moitié plein, pour changer. Mais c'est si douloureux.

Toutes voiles dehors, le bateau fend les vagues

Toutes voiles dehors, le bateau fend les vagues
Voyage périlleux, part en terre inconnue
Les marins au travail, solidaires, en blaguant
"Nous trouverons là-bas un peuple aux femmes nues"

Ils rêvent mais savent bien que c'est autre chose
Qui les attend, si loin de leur terre natale
Ils triment sans arrêt pour que ne les dépose
Une lame de fond, un désastre naval

Le capitaine en poupe ausculte le lointain
Il tient son corps tout droit, fier de ses compagnons
Sur chaque visage, le respect est certain
La confiance gravée en ce chef, leur fanion

Traversent milles dangers sans se renier
Conscients de l'objectif, ignorant leur carcasse
Une quête absolue, l'espoir les a gagné
Leur donne la force que leur vie ils dépassent

Le navire affronte les éléments contre eux
Aucun typhon, aucun bas-fond de les stopper
Le chant des sirènes n'est qu'un vent vaporeux
Ils sont fiers, ils sont beaux, leurs âmes transportées

Le feu coule en moi

Le feu coule en moi tel un torrent déchainé
C'est ma vie qui m'appelle à de nouveaux périples
Il libère mon être enfin de mon corps triple
Âme, cœur et raison, unis et enflammés

C'est un vent pour d'autres de folie sans futur
Pour moi, c'est mon navire affrontant les orages
Chaloupant mais toujours résistant avec rage
A ce désert que vous nommez la vie, impur

Mon encre est détachée, libérée de ce monde
Je vogue au grès de mes passions inassouvis
En respect du vivant qui m'entoure et soumis
Je choisis mon chemin, ce n'est pas une fronde

Je reconnais vos choix, reconnaissez les miens
Je ne fais rien de mal, simplement je veux vivre
Je vous fais peur, troublés, croyant que je suis ivre
Mais mon triplet guide mes pas, je suis serein

Incompris, rejeté, j'accepte vos reproches
Mais je me libère de vos chaines d'esclaves
Mon humanité ne fait pas de moi l'épave
Que ce monde impose à ses enfants Gavroches

Je vis et j'existe, vous pouvez m'ignorer
Ou accepter ce souffle envoutant qui me lève
Et pourquoi pas tenter à votre tour ce rêve
De tendre vos voiles, des âmes animées

lundi 3 avril 2017

Ego-journal 54/

Aujourd'hui est peut-être le début d'une nouvelle aventure. Je ne suis pas prêt, mais le serais-je un jour seulement si je ne décide pas de sauter dans le vide, de me jeter à l'eau, pour enfin voler de mes propres ailes, pour enfin nager dans mes eaux troubles mais en décidant des courants que je suis ou que je contourne ?

Je ne vais pas faire ma révolution (tournant sur moi-même comme la définition première pour un astre) mais je vais entamer mon évolution. Je risque fort de ne pas être compris. Mais hélas, ne le suis-je pas déjà ?

La rose du passé

Malgré tout la rose encore s'épanouit
Dans les champs de mon âme embrassant les espoirs
Je la vois toujours belle, enivré, ébloui
Je ressens son parfum, douceur d'un ancien soir

Je n'ose la toucher, de peur de la faner
Et je la contemple, vénérant ce passé
Souvenir fugace ne faisant que passer
Dans mes rêves si bleus, dans ma vie alitée

Si je m'approche trop, ses épines me giflent
Mon sang coulant à flot le long de mes dix doigts
Et sans le désirer, mon corps nu va au rifle
Ma peine s'empare de mon présent si froid

Alors la regarde de loin et prosterné
Devant ma déesse, Vénus sortie des flots
Sais qu'elle est mon passé ne pouvant détourner
Mon regard amoureux fixé sur ce tableau

Automatique : Résister

L'avenir indiscret de l'idole adorée
S'envole dans les flots d'un roman argenté

L'irréel souvenir d'un amour disparu
Prolonge le désir d'un passé éperdu

Si soudain les envies nourrissent les espoirs
Que le temps disparaît, tourbillon d'au-revoir

Plongeant dans les vents froids d'un chapitre écorné
Solitude essoufflée des humeurs apeurées

L'hiver sec remplacé par le doux printemps
Des idées enivrées des bourgeons d'un dément

Le temps va et revient sur ses pas affolé
Le pluriel redevient singulier désolé

L'âme sourd aux chansons d'illusions sans pardon
Le rêve se pare des atouts du démon

Sous mes yeux entrouverts, j'aperçois les erreurs
Mon tête recherche encore le bonheur

En plein jour mon être découvre l'horizon
D'un futur hébété réchauffant mes poumons

Ma quête ne saurait s'arrêter ensablée
Par un flot de larmes, j'ai choisi : résister

dimanche 2 avril 2017

Mes fléaux ne pourront changer mon parangon

Souffle le vent, souffle le froid
Je garde mes émois

La tempête est partout
Je me tiens debout

Les lances me transpercent
Mon cœur s'ouvre à l'ivresse

La pluie salée inonde
Mon théâtre, mon monde

La submersion est proche
Ma raison ne décroche

Le brouillard se répand
Mais je vais de l'avant

La boussole s'affole
Mes rêves eux décollent

La foudre en moi s'abat
Mon âme, elle se bat

Qu'importe les fléaux
Je suis mes idéaux

Ego-journal 53/

Sont-ce les effets des médicaments ou est-ce que je commence à trouver un chemin plus consensuel où mon âme arbitre et calme ma raison et mon cœur dans un ensemble presque cohérent ? Certes, mes nuits, et surtout mes réveils, sont toujours souffrances et résonances de mes émotions à fleur de carcasse. Mais je ressens un calme, planté en plein milieu de ma tempête, un bateau qui enfin tient bon, qui tangue certes, mais qui ne se remplit pas, sombrant peut à peu, de mes larmes.


L'albatros

L'albatros est absurde au moment de l'envol
C'est un effort poussif pour faire qu'il décolle
Il est ridicule lorsqu'il veut se poser
C'est un crash permanent, accident répété

Mais lorsqu'enfin il vole, il est si gracieux
Libre et majestueux, un rêve audacieux
Une âme déclamant son soucis d'exister
Un cœur si merveilleux et qui veut subsister

Les vents de son destin le porte en des rivages
Où il peut rencontrer enfin milles visages
Il est si grand qu'il ne peut sa cacher des autres
Au contraire il désire être ici leur apôtre

Il ne connait pas son avenir incertain
Chaque atterrissage est un affront inhumain
Mais il reprend le ciel, poussé par cet espoir
Que son voyage le conduira à sa gloire


Combat fratricide

Le jour n'est pas levé, mon esprit éveillé
Entame son combat, duel si fraternel
Entre ma raison et mon cœur, existentiel
Mon âme en juge de paix entre eux installée

Vivre comme l'autre, sans se préoccuper
De ce que je ressens, être utile à ce monde
Mettre mes talents aux services de la ronde
Faire évoluer ce système pour le changer

Être et assumer ma différence associable
Refuser de plier aux codes incongrus
Être fier de ma quête absurde et inconnue
Ressentir pleinement mes peines effroyables

Mon âme tente de réconcilier les deux
Vivant en journée et souffrant la nuit venue
C'est un gouffre infini qui les sépare, ingénu
Le pont à construire est une lutte bleue

L'espoir guide mes pas, je n'abandonne pas
La fatigue me prend souvent et me détruit
Je perds tous mes moyens mais ma lumière luit
Toujours plus fort, plus belle et toujours je me bats

samedi 1 avril 2017

Le sens de la vie et de l'être

Vivre ou ne pas vivre, est-ce la bonne question
Être ou ne pas être, peut-elle être la même
Est-ce que la vie, c'est attendre un requiem
Est-ce que l'existence est nier l'équation

Faut-il favoriser notre communauté
Au détriment de sa vraie personnalité

Vivre et être sont-ils des options compatibles
Être ou vivre sont-ils un choix offert à nous
Est-ce qu'exister est un voyage d'un fou
Est-ce que survivre est une prison flexible

Faut-il se retirer du système glaçant
Au détriment de ces frères si ressemblant

Il faut manger pour vivre, il faut rêver pour être
Se rendre l'esclave de cette société
Pour coexister, en monde inhumanisé
Ou croire en ses passions, transcendance et ses lettres

Comment trouver réponse au dilemme ou espoir
Comment ne pas plonger dans ce gouffre si noir

Ego-Journal 52/

Le monde s'ouvre sous mes pieds, il déambule tel un cadavre aux mouvement saccadés, ne ressentant pas la douceur de l'herbe sous ses talons. Il m'engouffre dans un puits sans fond que je me plais peut-être à creuser. Masochiste peut-être, conscient de ma viduité certainement ! Qui suis-je pour espérer être quelqu'un qui ait de la valeur, quelqu'un qui puisse compter pour un autre ? Ma Roxane, la seule qui avait réussie à percer mes murailles millénaires, elle-aussi à finir par voir qui je suis réellement, et dégoûtée, affolée, apeurée, elle s'en est allée, ne me laissant qu'un souvenir doux d'une époque où seuls mes rêves me restent aujourd'hui.

Et si ma vie m'était contée

Et si ma vie m'était contée entre deux portes
Ce serait un récit tel Alexandre roi
Rythmé par mon âme, chevauchant mon effroi
Brillant de milles feux, de projets en cohortes

Mon esprit explorant des territoires nus
Rencontrant des sages aux paroles si pures
La logique en accord avec mon aventure
Mes sentiments en phase avec cette ingénue

Mais l'histoire est trop belle, assombrie par les vents
De la rupture au sein de mon être complexe
Des conflits infinis, mon cœur ou mon cortex
Les deux me découpant, mes fondations brisant

Je sais pouvoir faire faire tant de progrès
A cette société, y apporter ma pierre
A cet édifice, et enfin de moi fier
Mais pour cela, il me faudrait être enfermé

Empêcher mon être de s'exprimer tout haut
Réduire ma surface en contact avec l'autre
M'isoler et jouer un rôle bien trop pauvre
Pour finir par n'être que calculs, un robot