vendredi 31 mars 2017

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 10/ (chapitre 12)

Chapitre 12


Le lendemain, dans la salle commune, je continue la lecture du tome 3 de Dune, toujours à ma même table. A la table où se trouvait d'habitude le gris passif, un autre a pris sa place. Comme d'habitude, nous semblons attendre que la pression des beiges retombent et s'éloignent de nous. Puis les premiers échanges commencent :

  • Bonjour, comprends tu ce que j'exprime ?
  • Parfaitement !
Ok , il n'est vraiment pas comme l'autre gris, plus court, plus concis manifestement. Voyons ce que cela donne :
  • Je voudrais savoir ce que tu penses, ce qu'il faudrait faire et pourquoi ?
  • Je penses qu'il faut que nous nous libérions, et donc sortir de cet endroit pour trouver un lieu à nous, sans surveillance. Il nous faut nous trouver un endroit où l'on pourrait enfin être libre.
  • Donc c'est la liberté qui est ton besoin. Peux tu préciser ?
  • Être libre de penser, de parler libéré du comguide, capable de conserver pour soi certaines pensées, et ne partager que ce qui a de l'importance à mes yeux.
  • Comment vois tu cette libération, cette sortie ?
  • Il faudra nous préparer différents éléments : des armes, un plan des lieux, un plan d'action.
  • Des armes ? Est-ce vraiment nécessaire ? Je ne vois ici aucun beige avec des armes...
  • Tu oublies ceux à l'entrée qui eux sont armés.
  • Ca, c'est si on sort par la grande porte. Y-a-t-il un autre moyen de sortir sans provoquer de violences ?
Le gris réfléchit. Il me regarde avec étonnement mais aussi intérêt.
  • En effet, il est possible d'imaginer une autre façon de sortir. Mais cela peut être compliqué. Par contre, cela pourrait pacifier cette évasion, si c'est là ce que j'entends de ta décision.
  • Je ne décide de rien. Je ne suis pas un chef. Je demande l'avis de chacun et j'essaierais de vous proposer un plan, issus de vos différentes hypothèses, qui selon moi pourrait marcher. Mais libre à vous de le changer, de le refuser ou d'en proposer un autre...
Toujours aussi surpris, il prend encore une pause, puis reprend :
  • Il avait raison. Tu es différent et tu peux être celui que l'on attendait. Ton approche démontre une volonté de collégialité, de ne pas prendre le pouvoir. Je suis donc entièrement derrière toi et je me mets à ta disposition.
  • C'est un honneur que tu me fais, même si je ne sais pas si je le mérite. Pour commencer, je pense que le pré-requis serait d'avoir une forme de plan des lieux et des placements des points de contrôles afin d'avoir une vision d'ensemble avant d'entamer tout choix d'options. Qu'en penses tu ?
  • Je suis d'accord. C'est la première étape. Je m'en charge, compte sur moi.
  • J'ai une question, qui peut sembler stupide, mais jusqu'ici je ne m'adressais qu'à une seule personne, dont je connais même pas le nom. Comment ferons nous pour nous adresser aux uns et aux autres sans avoir des noms, fussent-ils des codes ?
  • Excellent, j'adore ! Appelle moi l'architecte ! L'autre gris beige, celui avec qui tu as commencé ton initiation, appelle le le poète.
  • Ok, et pour moi ? Tu as une idée ?
  • Evidemment : Leto !
Je suis surpris. Je comprends bien la relation avec le livre de Dune, mais pourquoi justement ce personnage trouble. Je n'ai ni sa prescience ni sa longévité...
  • Leto ? Je sais que ce sont des noms de code, mais pourquoi celui-ci ?
  • Tu ne le sais pas encore. Cela viendra. Fais nous confiance, Leto ! 
  • Difficile d'assumer un tel nom, mais puisque tu me dis que je finirais par comprendre, même si j'en doute, ou plutôt cela me fait peur, disons pour le moment que ce sera mon nom de code. Combien sommes nous dans le jeu ?
  • 7 personnes ! Toi, moi, le poète et 4 autres que tu rencontreras les jours suivants.
Pendant notre conversation, ayant toujours une attention aux beiges déambulant dans la pièce, j'observe que l'un d'entre eux nous observe d'une façon insistante.
  • Il fait interrompre, on nous surveille.
L'architecte, dans un mouvement de replacement de sa chaise, observe du coin de l'œil et confirme d'un regard la fin de notre discussion. 

Après un moment à reprendre activement ma lecture du livre, le beige est retourné à ses occupations, détournement son attention sur nous. Mais je sens qu'il faudra être plus attentif la prochaine fois.
  • Il faudra que l'on change d'organisation. Il est trop évident que prenant la place du poète, quelque chose se passait entre nous. Fais passer le message. Le prochain devra trouver une autre table et me faire un signe pour que je le trouve.
  • Quel signe ?
Je réfléchis. Il a raison, je propose mais je n'avais pas fini ma réflexion. Nos échanges étant possiblement surveillés, il me faudra être plus précis et concis avant de m'exprimer à nouveau.
  • Le symbole de l'espoir !
  • Parfait !
Et la journée se poursuit jusqu'au soir ainsi, plongé dans ma lecture. J'entame le 4ème tome. Puis je retourne dans ma chambre. 

Le projet se dessine doucement. Sortir, oui mais comment ? Le plan est la première pierre. Quelles autres étapes ? Je dois réfléchir et anticiper mes questions et essayer de gérer ce groupe de 7 personnes.

Ego-Journal 51/

Ces rêves encore viennent hanter mes nuits
Ces rêves parfois bleutés, parfois noirs de tristesses
Et je ne dors plus car mon cœur frappe sans bruit
Ma sombre tête explose en cent milles détresses

Je n'ose pas dire leurs contenus tant las
Sordides, splendides, mélanges de douleurs
Et de joies infondées, je me sens seul hélas
C'est ma vie et je dois l'accepter et mes pleurs

Une robe est passée dans ma vie

Une robe est passée dans ma vie, ou plutôt
Un pantalon car ne portait jamais rien d'autre
Là fut le miracle, le rêve le plus beau
Que mon destin m'offrit, ce moment fut le nôtre

Je ne fus pas parfait, mes défauts si nombreux
Mais j'avais cru trouver enfin l'éternité
Un avenir à deux, tous les deux amoureux
Mon âme enfin calmée, mon esprit contrôlé

Je la revois dans sa robe de mariée
Le plus beau souvenir ancré dans ma mémoire
Elle était ma déesse aux cheveux blonds ambrés
Rayonnante et belle, mes yeux emplis d'espoir

Je ne sais pas s'il faut regretter le passé
Mais il est gravé et rien ne pourra changer
Notre histoire fut complexe et enflammée
Je ne veux conserver que ce qui fut doré

Dans mon cœur restera son âme illuminée
Je remercie la vie de l'avoir rencontrée

Le sabreur avance sur son chemin de vie

Le sabreur avance sur son chemin de vie
Il n'a pas de maître mais il a des valeurs
Il ne sort son sabre jamais avec envie
Mais uniquement si il est question d'honneur

Il ne veut pas la mort, sa quête est plus subtile
Il pratique le zen, la recherche de soi
Sa propre perfection, ne cherche pas l'utile
Mais l'idéal humain, l'accord raison émoi

Mais si ses principes moraux sont mis en cause
Son geste est précis et sobre, parfait, mortel
Il ne souhaite pas mettre la vie en pause
Mais il n'hésite pas, ne joue pas au cruel

Le duel, quelque soit le nombre d'ennemis
N'est pas une farce ou un théâtre d'égo
C'est un profond respect de la vie qui finit
Il n'aime pas tuer, la loi du Bushido

C'est pour quoi il marche à l'écart de ses semblables
Pour éviter querelle et la compétition
L'universalité est sa route inlassable
Le sabre en son fourreau, gardant sa compassion

jeudi 30 mars 2017

Ego-Journal 50/

Je suis moi qui ne fut plus. Je ne suis plus qui j'étais. Apparente contradiction, mais que je vais tenter de narrer à ma façon.

Mon cœur aspire à l'ivresse émue

Mon cœur aspire à l'ivresse émue
Moment parfait de deux humains
Unis dans la passion sans frein
Âmes et corps tous mis à nu

Le court instant où rien ne compte
Où le monde qui les entoure
S'évanouit, aucun contour
Ou limites, aucun décompte

Le temps présent est suspendu
Bien qu'irréel, il est vécu
Par ces amants presque perdus
Tel un miracle, espoir en vue

Main dans la main, regards profonds
Le souffle court, le cœur battant
Au diapason et s'embrassant
La vie enfin et sans démon

Cette histoire ne sera plus
Mais qu'importe, je remercie
Que mon destin m'aura permis
De l'éprouver, l'avoir connue

Roulement de tambours

Roulement de tambours, dans mon cœur, dans ma tête
Bataille fratricide engageant mes soldats
Leur sang va s'écouler dans mes nombreux états
Tel un torrent nacré, doublé d'une tempête

Les combattants sont prêts à aller jusqu'au bout
Leur sacrifice acquis, sans aucune pitié
Qui des deux sortira vainqueur, l'autre délié
Fanion de la raison, des émotions d'un fou ?

La lutte se propage en des recoins obscurs
Mais aussi en plein jour, affichant la violence
D'un conflit si profond, bases de l'existence
Si l'un des deux gagne, que sera mon futur ?

Deux armées d'un seul maître, ancrant l'hémiplégie
De cet âme éperdue d'un espoir impossible
Réconcilier les deux, former un tout paisible
Un être assumant tout, la logique et la folie

Les tambours résonnent dans mes plaines morbides
Les tambours raisonnent d'un rationnel sordide
Les tambours frissonnent des passions si torrides
Le silence ne peut conduire qu'à mon vide

mercredi 29 mars 2017

Ego-Journal 49/

Mes nuits sont courtes, comme si mon cerveau avait peur de se réveiller au milieu d'un rêve qui va me suivre toute la journée. Il interrompt mon sommeil de manière brutale, interrompant toutes idées étranges et fantasques d'une vie qui n'existe plus. Je ne sais pas ce qui est pire : vivre sans mes rêves sans espoir, ou vivre avec mes rêves qui me prive de ma vie réelle ?


Roxane dans mes rêves

Je vois ma vie d'avant, souvenir du bonheur
Je la vois en rêve, ma Roxane amoureuse
Je la prends dans mes bras d'un sommeil cotonneux
Nos baisers sont fougueux dans un monde vapeur

Je lui chuchote des mots doux sans aucun son
Je caresse son corps comme un doux ectoplasme
Je regarde ses yeux bleus et profonds, fantôme
Je luis souris pourtant mon visage est de plomb

Puis je me réveille, délaissé dans ma chambre
J'observe mon lit vide, envahie de remords
Je scrute le plafond en quête d'un ressort
Un espoir las déchu d'une vie en décombres

Ce printemps

Le printemps, jour de ma naissance, au milieu d'hommes
Ce printemps qui, comme la nature, me pousse
A bourgeonner, ma tête explosant ses atomes
Mes émotions pulsant mon cœur par ses secousses

Je vis, je rêve de fous désirs et de quêtes
Ni physique ou sexuel, je ne suis qu'un esprit
Une âme éprise de perfection simiesque
Un torrent de douleurs, de frissons et de cris

Mon sang remonte fort et riche dans ma tête
Poussant ce corps fragile à aller bien plus loin
Que ce que je croyais pouvoir tenter, est bête
Plus rien ne me retient, mes attaches du foin

Je lève mon regard, ne suis pas ébloui
Car c'est la Lune qui éclaire mon chemin
Je souffre et je pleure, qu'importe je souris
A cette vie libre d'éprouver son destin

Je crois, j'écris, j'aime, je m'éveille soudain
Je pense donc je cris, ignorant les barrières
Mes chaînes sont brisées et je revis enfin
Me redressant, humain, émotionnel et fier



mardi 28 mars 2017

Ego-Journal 48/

Certains disent qu'après un divorce, on refait sa vie. Pour ma Madeleine, c'est tout ce que je lui souhaite, du bonheur, pourrais-je dire, enfin ! De la joie et un homme qui la comble plus que je ne l'ai su faire, si tant est qu'un tel homme existe. Mais je lui souhaite, espoir trouble mais pourtant réel.

Mais de mon côté, je ne peut pas refaire ma vie. Ma vie est ce qu'elle est. Par contre, je peux peut-être, d'une autre façon, sans cet amour qui me lié à la vie, vivre ma vie, Donc non pas la refaire, mais la suivre. Je ne peux pas dire : enfin ! Car je sais que cette vie là, est un bordée d'arbres sombres, d'arbustes aux griffes acérées, de monstres cachés dans ma tête, et d'une solitude infinie. Mais c'est ma vie, et elle a le mérite d'être.

L'hermite philosophe

Abrité dans sa grotte assombrie et sans vie
L'hermite découvre ses propres vérités
Il réfléchit notant sur des pages ambrées
Son message d'espoir d'un bonheur insoumis

Sortira-t-il un jour de son sombre isoloir
Portera-t-il sa foi en cette humanité
Pour les générations à venir et blessés
Apportant par ces mots quelques gouttes d'espoir

Pour le moment il vogue en son noir labyrinthe
Il remplit de son sang le papyrus sacré
De sa philosophie emplis de liberté
D'équité et d'amour, détaché de ses craintes

Son isolement va-t-il être en décalage
Avec ce monde inscrit dans une course folle
Ou la profondeur de sa sagesse un sol
Sur lequel construire un avenir, un passage

Sera-t-il écouté, son enseignement lu
Sera-t-il ignoré, pris pour un fou perdu
Il ne connait pas la réponse à cette issue
Mais il croit en lui et poursuit sa quête, ému

L'arbre dressé

Le silence sur la plaine envahit l'espace
Une rivière aride a oublié son eau
Source de vie pour tous, elle est un échafaud
La terre à fleur de peau met ce monde en disgrâce

Seul un arbre dressé et fier ici résiste
Ses racines plongeant loin dans les profondeurs
Ses feuilles sont vertes, se fruits on des odeurs
Un rempart à la mort, il se bat, il persiste

Balayé par le vent drainant le mortel sable
Soulevé de ce sol séché sans souvenir
Il abrite d'autres vies emplies d'avenir
Ses efforts incessants sont un poids qui l'accable

Et pourtant continue pour lui et pour les autres
A survivre au milieu de ce désert sordide
Drapeau d'espoir planté droit vers ce ciel torride
D'une quête, d'une foi, il en est l'apôtre

Ses bourgeons sont un pied de nez à l'abandon
Il hisse ses feuilles vers un doux firmament
Ce sont ses peurs, ses joies et tous ses sentiments
Dressés en étendard comme unique raison

lundi 27 mars 2017

Ego-Journal 47/

A petit matin, mes rêves se sont calmés. Ils m'emportaient tous près de ma déesse, près de mes enfants, et cela réchauffait mon cœur. Point d'amour, mais juste une amitié et une parentalité apaisée et aimante. C'était un monde merveilleux où je pouvais me sentir utile, en tous points. J'aidais comme un ami peut le faire ma tendre Madeleine, cachant mes sentiments mais écoutant les siens et la rassurant. J'écoutais et conseillais comme doit le faire un père ses enfants. Je les soutenais et leur donnais une direction de vie, une droiture d'esprit qui les honorerait.

La main tendue

La main se tend devant en recherche absolue
D'une autre à embrasser mais trouve que le vide
Allongé sur son lit, ne peut bouger, sous vide
Son regard recherche un autre aussi ému

Mais déjà le voile couvre sa vue d'un gris
Et il ne peut crier, un tube dans sa gorge
Sa voix s'est éteinte, plus aucun son ne forge
Son corps ne bouge plus, sa main tendue hormis

Il écoute mais rien, aucun son ne s'approche
N'entend plus les douces paroles de l'amante
Seul le bruit persistant d'une issue incessante
Sa vie fuit peut à peu, plus rien ne le raccroche

Sa main retombe à plat sur son lit dans un râle
Plutôt un gargouillis, pour son dernier soupir
Enfin heureux et libre, il ne peut plus souffrir
Parti isolé dans sa chambre d'hôpital

dimanche 26 mars 2017

Ego-Journal 46/

Je vais tenter pour une fois d'imprimer un début d'espoir. Non pas que je me sente prêt, mais ma route n'est pas si horrible que je veux bien le faire paraître. Je vis, je respire, je ressens des émotions, bonnes ou mauvaises, mais j'éprouve et mon sang coule dans mes veines ainsi que sur mes pages d'écritures.

Comète filant

Vivre et vivre encore avec mes difficultés
Sourire et puis souffrir sont bien les deux faces
D'une même pièce, ma vie que rien n'efface
Donner sans recevoir, si peu, si familier

Je ne hais pas l'humain, je l'admire parfois
Et si je dois être une comète filant
Dans le vide absolu, j'aurais était vivant
Ne redoutant la fin, en ma quête ais la foi

Peut-être serais-je perdu dans cet espace
Qui m'est si inconnu, je pourrais être fier
D'avoir avancer sans me retourner vers hier
Suivant mon chemin, droit, juste et sans carapace

Mes souvenirs seront ce futur

Je vogue et divague, vagues vives, gravant
Via mes gants versant mon glaive en vers déviants
Mon sang s'écoulant, des mortes consolations
En symboles sacrés soumis à mes passions

L'espoir se déporte sur ces pages, m'emporte
Épris par un passif si profond qui m'exhorte 
A sortir de mes sens physiques et soumis 
Souffrant certes folie, mais exaltant ma vie

Je m'abandonne en mots balançant mes blessures
Selon des battements imbriquant la mesure
Là où mon cœur s'effrite en sonnets désaxés
Fixant l'effondrement d'une âme massacrée

Chaque maux figé dans un tempo infini
Mes tréfonds sont fixés à jamais pour l'oubli
Ou pour un avenir invisible, inconnu
Mes souvenirs seront ce futur, moi exclu

Voyage manuscrit

Le vent dans ma tête, le feu dans mon vif cœur
La tempête dans mon être secoue mes mots
Je tangue et résiste, mon bateau sombre à flot
Je résiste aux appels des sirènes, mes peurs

La voile fragile se tend sous la pression
Des aléas, des pleurs, mon environnement
S'effrite sous mes pieds, mon pont devient dément
Je m'accroche à ma vie pris par mes émotions

Ma navire réduit à une simple barque
N'est plus gouvernable, je ne vois plus la terre
Ma raison ne sait plus m'éloigner de l'enfer
L'eau de mes pleurs salins imprime en moi sa marque

Et pourtant je résiste encore pour ma vie
Pour mes proches humains, tenant bon mes espoirs
Comme autant de rayons de Soleil, ma mémoire
Illuminée par mon voyage manuscrit

samedi 25 mars 2017

Prière pour Madeleine

Voici l'histoire d'un homme hors de son temps
Un homme qui se veut l'égal de Cyrano
Mais cette existence se retrouve sans écho
Dans une époque qui l'ensevelit vivant

Il cherche l'absolu, la perfection partout
Il veut s'améliorer à tout instant en tout
Il met son égo sous cloche au profit d'un but
Ultime, sans égal, moralité en lutte

Tout comme Cyrano, son âme est si complexe
Sa vie ne peut être conçue sans un codex
Où l'amour féminin est la règle absolue
Conduisant sa quête sur un chemin élu

Il est amoureux de la belle Madeleine
Sa Roxane, ébloui, sa déesse païenne
Mais sa chance a été d'être aimé en retour
Pour un temps, merveilleux, et ses plus beaux atours

Mais les vœux éternels se sont soudain brisés
Roxane aime un autre, réel ou fantasmé
Peu importe, elle y croit, il respecte son choix
Il aime depuis en silence et à l'étroit

Homme d'une seule déesse pour la vie
Il ne peut concevoir d'autres options, avis
Il ne lui suffit pas d'être reconnu fin
Ne cherchant les honneurs ni un plat maroquin

Il veut être l'ami, le confident parfait
Mais elle refuse tout échange, en retrait
L'homme perd sa quête, l'amie évanoui
Elle n'a plus de sens, plus rien ne l'éblouit

Il n'arrive plus à projeter un futur
Existence inutile, autre que matériel
Tout son être aspire à vivre intensément, pur
Sans équivoque, sans mensonge, sans véniel

Cet homme attend peut-être une fin de roman
Qu'à la fin de sa vie, Roxane devenant
Madeleine en amie, sans amour mais humaine
Qu'aux portes de l'enfer de cet être attagène

Elle reconnaitra son humanité trouble
Tel qu'il est, insoumis, inadapté et double
Et qu'un dernier baiser, chaste mais amical
Lui ouvrira le seuil de sa dernière escale

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 9/ (chapitre 11)

Chapitre 11

De retour dans la salle commune, je prends le tome 3 et m'assoie à ma table habituelle, suffisamment en face du gris passif pour que nous puissions communiquer de manière discrète. Je vois à son regard furtif que lui aussi attend que je communique. Mais pour le moment, je sens la pression des beiges nous observant et donc je décide de me plonger dans ma lecture pour donner le change.

Au bout d'un moment, les beiges sont occupés avec d'autres gris, de nouveaux arrivants notamment. Je me permets alors d'entamer la conversation :


  • Je pense avoir compris que je sais quelque chose, ou que je sais faire quelque chose dont tu n'es pas capable. Je pense avoir un objectif concret : celui de me libérer de ce lieu, et d'entamer une nouvelle société où le comguide ne serait plus une condition à la vie. Mais je me sens impuissant seul, je me sens pas non plus la capacité d'être un leader dans cette quête. Comment vois-tu les choses ?
  • Je n'ai pas ta force d'esprit pour me libérer de cette contrainte du comguide, mais je sais que cette libération est nécessaire. Contrairement à ce que tu crois, tu possèdes des qualités, spirituelles et mentales, qui dépassent la moyenne. Tu ne te sens pas leader, mais tu le deviendras de fait. Donnes toi le temps ! J'ai compris, et je savais déjà, que je ne suffirais pas à t'aider dans cette entreprise. J'ai déjà mis en place un groupe qui est prêt à t'aider. Si tu es d'accord, je leur passe le signal et nous pourrons alors mettre en place ce projet, étape par étape.
Je reste perturbé par ses convictions, mais l'aide qu'il me propose me semble opportune. Mais quelle confiance accordée à ces autres personnes ? 

  • As-tu confiance dans ce groupe ?
  • Oui, là-dessus, tu peux me faire confiance, je suis doué pour détecter les gens de confiance et leurs qualités et défauts.
  • Alors d'accord ! Mais comment procèderons nous ? Discuter à plusieurs de cette façon va finir par éveiller les soupçons des beiges, dont je sens déjà une pression de surveillance accrue sur ma personne ?
  • Je l'ai perçue aussi. Mais ils n'on pas compris la finalité ni ce que nous faisions. Ils pensent que tu t'enfermes un peu dans ton monde et se demande comment tu vas devenir : un gris passif ou un gris actif ? Pour eux, ta convalescence va vers le gris passif. Mais en fait, tu sais que ce n'est ni l'un ni l'autre, mais bien de la liberté dont il s'agit. Nous ferons attention, nous prévoirons des tours, pour ne pas éveiller les soupçons. Et toi, continue à lire, comme tu le fais déjà, sans révéler le vrai combat que nous menons.
  • Le combat ?
  • Ne vois-tu pas que tout liberté se gagne ? C'est un combat.
  • Mais je ne veux pas de violence !
  • C'est là que je vois que tu es celui que l'on attendait. Tu n'es pas un va-t-en guerre, et c'est sain. Nous ne cherchons pas ensemble la révolution mais le droit de vivre différemment de ce que nous impose cette société absurde.
Je digère ses dernières paroles. Je me replonge dans mon libre, pour donner le change, comme il me l'a conseillé, tandis que je réfléchis. Un combat pour notre liberté ? Pour vivre ce que nous sommes, comme nous sommes, sans cette contrainte absurde qui maintenant est claire pour moi : le comguide n'est pas LA solution à l'humanité. Pour autant, si elle convient à certains, pourquoi les en priver ?

  • J'ai besoin de discuter et de comprendre les avis des uns et des autres. J'accepte, du bout des doigts, ce que tu me demandes de faire, même si je ne suis pas convaincu de mes capacités. Mais j'ai confiance en toi !
Après un temps de réflexion de son côté, il reprend :

  • Ta confiance m'honore et je mets en place ce que tu demandes. Cela va demander un peu de temps. Peut-être commencerons nous dès demain à faire ces échanges que tu demandes ? En tout cas, je pense que c'est une bonne approche. Si je comprends bien, tu ne veux pas être chef mais assimiler les informations des uns et des autres, leurs avis pour en déduire une conduite à tenir et un projet à construire ?
  • Je ne l'aurais pas formulé avec autant de précisions, mais oui, c'est bien cela.
  • Très bien, laisses moi la journée pour organiser, à tour de rôle, jour par jour, ces échanges.
  • Merci
Et la journée passe, repas, lecture, silence, sauf quelques gris actifs qui se manifestent de temps en temps, où je découvre un manège indicible entre le gris passif et d'autres qui me portent à leur tour un regard approbateur.

Le soir, dans ma chambre, je comprends qu'ils attendent beaucoup de moi. Beaucoup trop ? Je ne sais pas. Mais la confiance du gris passif me donne de l'espoir. Et l'espoir est la source de toutes les actions. Je devrais attendre demain pour avoir ces premiers échanges avec d'autres gris.

Ego-Journal 45/

La solitude s'exprime de mille et une façons. Elle peut être physique, sentimentale et morale. Lorsque les trois sont réunis, je le nomme Spleen. Et je connais cette situation pour l'avoir vécue durant toute ma jeunesse, avec un point culminant à mes 20 printemps. Je ne la reconnais que trop, je sais en quoi elle peut être dangereuse et me conduire dans une basse-fosse, une déchéance de l'esprit et du cœur.

Je veux vivre

Je veux vivre et souffrir
Je veux vivre et aimer
Je veux vivre et mourir
Je veux vivre et pleurer

Je veux vivre et écrire
Je veux vivre et aider
Je veux vivre en soupirs
Je veux vivre et rêver

Je veux vivre et m'ouvrir
Je veux vivre en apnée
Je veux vivre en désirs
Je veux vivre et créer

Mes rêves sont plus beaux que mes jours

Mes rêves sont plus beaux que mes jours assombris
Mon Soleil brille la nuit, cachant mes débris
Je tremble mille vies, touchantes ou troublantes
Tandis que la journée m'emprisonne étouffante

Oiseau, je m'envole vers des cieux merveilleux
Chanteur, j'emporte la foule en un chœur précieux
Amoureux, j'exalte ses sentiments, son corps
Écrivain, j'emploie les consciences à l'effort

La Lune diurne m'écrase de son feux
Brulant ma chair, mon âme, embastillant mes vœux
Je me cache enterré, masquant mon désespoir
Et j'attends impatient que revienne le soir

Poisson, je découvre des riches profondeurs
Poète, je touche mes sensibles lecteurs,
Chevalier, je défends le plus pauvre et ma quête,
Humain, je vis, je meurs, toujours sous la tempête

Je voudrais jamais plus me réveiller, déçu
De mon existence quotidienne, à l'affut
D'une espérance qui ne verra le jour
Je veux vivre mon rêve inspiré par l'amour

vendredi 24 mars 2017

Ego-Journal 44/

Si mon avenir m'était compté, je ne pourrais y croire, car je ne ferais confiance à aucune diseuse de bonne aventure. Je ne peux croire en ses dictons stupides : "Demain, ça ira mieux !". Non, demain n'existe pas, seul existe maintenant, trainant son passé comme des chaînes lourdes aux pieds.


Et si la nuit était le jour

Et si la nuit était le jour
Et si la folie était la raison
Et si la différence était normalité
Je connaitrais alors l'amour
Je serais en paix, l'âme au diapason
Je vivrais pleinement mes passions, engagé

Et si l'hivers était l'été
Et si l'abandon était l'ouverture
Et si le désespoir était la solution
Je ne verrais mon cœur glacé
Je ressentirais moins la pourriture
Mes émotions seraient sources de mes actions

Pourquoi faut-il que je m'adapte
Alors que ce monde oublie mon essence
Pour qui, pour quoi devrais-je en tout point me ranger
Dans les cases, si disparates
Prisonnier d'avis, de vos références
Je veux ma liberté, aimer, souffrir, pleurer

jeudi 23 mars 2017

Mon Phoenix

Ma déesse, même dans mes rêves bleutés
Prends moi dans tes bras, emporte mon esprit
Dans un univers où l'amour n'est pas qu'écrit
Un espace où mon cœur peut enfin s'exprimer

Que ton âme illumine y compris irréelle
Ma vie d'un lent espoir, me sortant du cachot
Dans lequel je reste, à jamais ton dévot
Que mes pleurs arrosent toutes ces fleurs si belles

Je prie chaque nuit via mes rêves futiles
Cet amour las perdu, le ranimant malade
Inexorablement, imaginant ma balade
Ma main dans la tienne, retrouvant notre idylle

Au matin le voile se lève et m'abandonne
Tel un vampire en plein jour de me consumer
Perdu sans ta présence amie et déraisonne
J'attends le soir que mon Phœnix vienne m'aimer

Ego-Journal 43/

Ce matin, le plus gros de la crise est passé, mais en contrepartie, pour me retrouver et être capable d'écrire à nouveau, exprimer qui je suis, communiquer, même si ce n'est qu'avec moi-même, j'ai dû ouvrir la boîte de Pandore. Je ne l'ai pas fait volontairement, ce sont mes rêves qui l'on fait. Un rêve où, alors que séparés, ma déesse m'enlaçait dans une folle danse amoureuse d'une nuit, une nuit seulement. Comment pouvais-je lui refuser ? Je l'aime.

Mais au matin, j'étais bel et bien seul. Mon chemin se trace implacablement dans mes veines, coulant sur ce papier numérique, une forme de suicide conscient, littérairement parlant.

Rêves amoureux, préludes à la folie

Mes rêves sont emplis de folies amoureuses
Je vois ma tendre et douce amie tendre ses bras
Les bises ingénues deviennent si fougueuses
Et nos corps s'enlacent en un fort opéra

Et je me réveille, seul dans ma noir cachot
La lumière bleue de mon réveil jette à terre
Mon esprit et mon cœur, me rappelant idiot
Notre séparation, moi qui vit un enfer

Je pourrais profiter de cet imaginaire
Me laisser m'enfoncer en feu dans la douceur
Mais c'est le chemin de ma folie sans repère
Mon âme le connais, ma raison en a peur

Automatique : Questions

Le bruit, le silence, quelle différence quand on n'est pas écouté ?
Les larmes, les rires, quelles significations à ces sentiments en faux-semblants ?
La main tendue, le poignard levé, sont-ils si expressif d'un accord sur la situation ou un mensonge ou un appel à l'aide ?
Parler, se taire, à quoi bon puisque je ne les comprends pas ?
Draguer, haïr, quel intérêt si c'est pour rester seul in fine ?

Mais aimer, chérir, écouter, être honnête avec soi-même et avec les autres, être juste, être sensible, créer, aider et soutenir, voilà ce que devrait être la vie !

Le prisonnier

Enfermé dans ma cage, enragé et perdu
Me monde autour de moi continue de tourner
Et moi ma spirale me porte vers l'enfer
Mon propre trou noir qui aspire tout mon flux
Ne saurait me sauver, mon âme libérer
Et je reste en prison, face à ce monde ouvert

Étranger d'un peuple dont je suis l'immigré
L'inconnu les pousse à me haïr, me trahir
Je ne sais parler leur langue bien trop subtile
Je ne connais par leur code, leur société
Et pourtant j'ai tenté de m'intégrer, d'offrir
Tout le meilleur de moi, me poussant à l'exil

Mais je suis apatride et ils sont impuissants
Mon geôlier me nourrit et je reste en prison
Et ce jusqu'à la fin de mes jours endormi
Là mon corps trouvera grâce à leurs règlements
Ils pourront enfin, mort, reprendre leur raison
Et me bruler, versant mes cendres dans l'oubli

mercredi 22 mars 2017

Ego-Journal 42/

Aujourd'hui je n'écrirais aucun poème. Aujourd'hui je refuse de brider mes émotions dans une forme quelconque hormis ces mots de ma langue natale alignés les uns derrières les autres sur cette page numérique. Aujourd'hui je ne peux plus être sourd à ma souffrance. Aujourd'hui, plus qu'hier, et sans doute moins que demain, je ne supporte plus les reproches que l'on me fait sur mon "incapacité" à communiquer "correctement". La rationalité, le cartésianisme que j'utilisent pour communiquer leur semble trop "difficile".

mardi 21 mars 2017

Ego-Journal 41/

Après ce week-end où j'attendais des moments spéciaux, je n'ai pas été déçu. J'ai eu toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, y compris les non visibles, telles que le noir profond.

Automatique : L'avenir est l'oubli de l'homme

L'avenir est l'oubli de l'homme.

Il monte sur son cheval vers le Soleil, sans savoir s'il y brulera.
C'est une fuite en arrière car il ne cesse de regarder derrière lui pour constater s'il avance sur sa voir, les fers aux pieds, ou s'il tourne en rond, satellite d'une planète dévastée. Son passé souvent le rattrape, tel un guépard plus rapide que lui, et il devient la proie de ses tourments passés.

Sa monture elle-même est une illusion, car si elle avance, lui ne fait que rester immobile par rapport à elle.

L'envers du décor du désert qui l'entoure n'est que flatterie et mirages d'humanité. Plus l'homme regarde vers le futur, plus il s'enchaine à son passé, ignorant le moment présent. Il perd de vue sa vie immédiate, le privant à jamais de ses rêves inachevables.

Seuls ses idéaux, ses rêves sont son moteur. Regarder au loin ne conduit qu'à y voir flou.

Deux colombes

Quand deux colombes se croisent, formant un couple
Ce sont des envolées lyriques en plein jour
Poussées par les doux vents des cœurs et de l'amour
La nui, blottis dans leur nid, la branche chaloupe

Un rêve émerveillé, aussi bien endormis
Que leurs corps réveillés, réchauffe leurs deux âmes
Aucune tempête, gentilhomme et la dame
Ne vient assombrir le ciel de ces attendris

Mais un jour, une nuit, la gente dame fuit
Pour un fol oasis, mirage d'un désir
Abandonnant l'ami, le laissant là souffrir
Reprochant n'importe quoi, le vent ou la pluie

Si l'amour s'est éteint, quel besoin de trahir
Par de vils mensonges, par des ragots rageurs
Celui qui fut son double, emporté par son cœur
Voulant la protéger, à jamais la chérir

Maintenant il erre dans un ciel si noir
Qu'il ne reconnait plus sa forêt et son monde
Il pousse son cri sombre empli de sa Joconde
Perdue, abandonné, ne comprend plus la vie

dimanche 19 mars 2017

Le glacier

Répandues sur le sol, mes larmes se transforment
En un glacier sur lequel s'écoule en pluie
Mes rêves du passé, mes souvenirs détruits
Ne laissant qu'un sombre théâtre si difforme

L'acteur est si mauvais, qu'il beugle ses répliques
Oubliant sur scène ses frères de fortune
Dénaturant le texte exploité en tribune
Les spectateurs sifflant le sacre tragique

Rongeant les bordures solides de mon être
La moraine ravine à tout va mes contours
Empêchant toute fleur d'épanouir au jour
Et toute vie par ce gel du cœur d'apparaître

Je retiens mon sternum d'offrir des stalactites
A ce monde qui n'en a nul besoin, livide
Je tente de bruler d'un feu par trop timide
Offrir une chance à ma vie, même petite

Automatique : Voyage insoumis

Voyage insoumis à l'effleurement des côtes de l'espoir. Si le vent me porte, les voiles du temps me ramèneront au point de départ : l'histoire des époux glacés se répand dans la jungle des pirates en quête du trésor de mon âme.

Oublier l'hivers qui se présente, essuyer les flocons salés de mes pleurs imbéciles, et enfin embrasser le corps éthérique de ma furie. L'ombre de ma dulcinée se penche sur mon cœur, flétrissant les avenirs d'une raison calcinée. La lumière absente plonge dans le froid et le feu mes molécules. La sublimation de mon être explose en un soleil froid, n'engloutissant que lui-même, perdu dans l'espace d'un instant qui ne reviendra jamais.

L'oubli se fige en mémoire rémanente, appui des nuits tourmentées, future d'une passé déjà produit.

L'ellipse de ma vie me conduit vers ce trou béant, singularité quantique, absorbant chacune de mes émotions et des mes espoirs.
Je ne peux qu'accélérer ma course pour résister à cette attraction morbide : Vivre plus vite, plus fort et m'enfoncer dans l'espace froid, perdu mais vivant.

samedi 18 mars 2017

Ego-Journal 40/

Aujourd'hui, je n'ai pas envie de répandre mon âme souffreteuse sur ces lignes numériques. Je n'ai pas envie de laisser mes larmes numériques de mon cœur envahir cette page. J'ai envie d'être moi, non pas heureux, mais moi, tout simplement. Je veux laisser de côté un instant mes errements pathologiques et laisser pour une fois une trace de mon côté pile, cachant pour un instant mon côté face.


Mon âme divague

Mon âme divague et nage dans l'océan
Des chimères pâles sans repère et sans bruit
Elle s'empêtre dans les abysses de la nuit
Prolongations de mes souvenirs du néant

Elle plonge parfois pour chercher les coraux
De mes instants heureux, passés d'une vie morte
Mais ceux-ci sont blanchis, le courant les déporte
Ce sont des moments qui ne sont plus qu'idéaux

Je reprends mon souffle parfois à la surface
Mais c'est pour mieux noyer mon existence instable
Lorsqu'une vague emporte, affront insupportable
Mes espoirs balayés et brisant mes audaces

Mon corps dérive ainsi perdu dans l'éternel
L'immensité d'un cœur éperdu à jamais
Subissant des courants d'histoires sans attrait
Et se décomposant en fragments si véniels

Quelles valeurs ?

L'amour, l'ami, la vie
Quelles places mon cœur leurs offre-t-il encore ?
La passion, les envies
Mon âme a-t-elle encore une quelconque amphore ?

L'ivresse, l'absolu
Sont-ils des puits sans fond, chute d'un mort vivant ?
La transcendance nue
Est-elle à ma raison une fuite en avant ?

La perversion, la haine
Seront-elles mon seul futur décomposé ?
Solitudes et peines
Sont-elles mon refrain qui ne peut s'arrêter ?

L'espoir, être normal
Sont-ils des objectifs sans possibilité ?
Le bonheur idéal
Est-il las interdit à mon être damné ?

Écrire tous ces vers
A-t-il une valeur sur laquelle m'ancrer ?
Chaque ligne un enfer
Vaut-elle d'être lue ? Devrais-je les bruler ?

Dites-moi, vous, lecteurs
Détritus ou splendeurs ?
Insupportables cris
Ou de la poésie ?

vendredi 17 mars 2017

Ego-Journal 39/

Je m'envole dans mes abysses émotionnelles, tel un poisson mais sans son piège lumineux devant lui pour attirer des proies. Je louvoie dans les profondeurs, perdu dans le noir absolu de cet océan de plaintes, de craintes, de doutes, de solitude, de serments prononcés et brisés. J'absorbe cette eau saline, la même que celle des mes yeux fatigués et rougis, et elle imprègne mes poumons d'espoirs et de vie. Je fuis la réalité et m'enferme dans mon scaphandre sans casque.

Transcendance

Idéaliste et fou, perfectionniste et franc
Indépendant et humble, les honneurs refusant
L'éthique pour règle de conduite de vie
Insoumis, ma morale emportant mes avis

Passionné et brulant par tous mes sentiments
Refusant d'accepter tous remords dans mes chants
Rester pur dans un monde où les avidités
Les médiocrités sont portées en qualités

Porteur d'une quête d'absolu illusoire
Une transcendance construite, un espoir
Et me consumer pour elles, sans un regret
Plonger dans la lave de mes émois, hurler

Vivre à en mourir mais mon être respecter
Agir selon ma voie, quitte à être enfermé
Être libre, l'honneur propre à m'éloigner
De ces humains si plats, sans m'épargner

jeudi 16 mars 2017

Ego-Journal 38/

J'ai comme référence personnelle de ma conduite, psychologiquement, émotionnellement, éthiquement, il s'agit du Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. Bien sûr ce personnage est en grande partie illusoire, même si de nombreux traits de la pièce sont inspirés de la vraie vie de ce personnage, mais son éthique de vie me correspond en tout point.

Le silence est un bruit assourdissant morbide

Le silence est un bruit assourdissant morbide
Le vide l'entourant est un aspirateur
Réveillant mes sombres démons d'humeurs avides
Hurlant dans ma tête profitant de mes peurs

Le vacarme incessant se répand vérolant
Toutes molécules de mon être imparfait détruit
Il puise sa source dans mon cœur délirant
Et pourrit mon âme puis mon esprit défaits

C'est une guerre que je ne saurais gagner
Parfois une bataille étend mon étendard
Flottant libre et vibrant mais mon cœur de saigner
Mes pertes sont lourdes sous leurs mortels regards

Mon territoire se rétrécie chaque instant
Ma forteresse amère est partout assiégée
Bientôt mes murs dressés s'effondreront devant
Ces asseaux répétés, sans renfort pour m'aider

L'hivers se répendra dans cet univers vide
Et mes passions mortes seront évanouies
Il ne restera plus que mon âme livide
Et un silence enfin persistant, infini

mercredi 15 mars 2017

Ego-Journal 37/

Après avoir vécu un quart de siècle avec ma muse, lui apporter toute mon attention, graviter autour de ses volutes magnifiques, me voici perdu et abandonné dans l'univers sombre d'une chambre froide. Même mes propositions d'assistances, mes propositions de services, cet ange ne répond plus à mes appels, tel les appels sans réponse dans un lieu de culte vers un au-delà.


L'ombre noire

Le crâne échevelé me fixe d'un regard
Vide, absent et malin, ces orbites désertes
Son attention pille mon cœur de tout espoir
Ses osselets, ses mains, s'approchant pour ma perte

Le froid qui l'entoure me glace et me sidère
Sa présence enferme mon être en un cachot
Je cherche un moyen qui du piège me libère
Je pousse ma chaleur à trouver le défaut

Je veux vivre mais lui m'attire vers l'enfer
Je veux aimer mais sa pâleur me rend aveugle
Son intention est claire : entourer d'un désert
Morbide mes passions, ne laissant qu'un vil meuble

Il veut m'éviscérer pour ne plus ressentir
N'être qu'arbre pourri ne pouvant plus bruler
Je me bats mais combien de temps vais-je tenir
J'écris pour résister et ne pas m'immoler

Sa large bure noire enferme mes espoirs
Me cachant du Soleil, de ma Lune adorée
Ma force vitale disparaît en fumoir
Mon avenir s'éteint, laissant place au passé

Déesse de la nuit

La nuit j'entraperçois l'infinité d'une âme
Celle de ma déesse brillant de milles feux
Je perds plongé dans la galaxie de ma Dame
L'étoile du berger cachée par ses doux yeux

Je n'en suis pas inquiet car elle est mon repère
Ses soleils multiples sont autant d'espérances
De voyages subtils où mon bonheur prospère
Et chaque planète l'éveil de ma conscience

Je redoute que le jour masque sa beauté
M'arrachant à ce rêve, aveuglant mon esprit
Aussi du fond du cœur, je garde bien ancré
L'espoir chaque soir d'à nouveau être surpris

mardi 14 mars 2017

Ego-Journal 36/

Mon état d'âme me pousse vers des vents violents, auto-destructeur sur un plan psychologique et sociable. Ces vents transportent non pas de la haine mais une forme de misanthropie sentimentale, d'isolement ultra exacerbée. Ma raison sait que ce n'est pas la bonne voix, mais mes mots, mes écrits sont de plus en plus en replis, me forgeant une carapace, une armure que plus personne ne pourra traverser.


L'arbre

L'arbre épuisé tout seul hors de toute forêt
Peine à puiser par ses racines son futur
Elles sont sclérosées d'un terreau imparfait
Par les pesticides des humains si impurs

Les rares nutriments lui sont vampirisés
Par ces lierres, folie d'un monde irrationnel
Ses feuilles sont jaunis par l'absence irisée
Des rayons du Soleil, le vide passionnel

Ses branches menacent de s'écraser au sol
Déjà mortes, elles pèsent sur son essence
Bientôt ne resterai qu'un tronc fragile et fol
Pourri de l'intérieur tout en déliquescence

Son bois meurtri jamais ne pourra s'enflammer
Ne pourra même pas un couple réchauffer
Lors d'un instant d'amour au coin du feu, charmés
Car sa fumée sera âcre et empoisonnée

L'amour

Sentiment merveilleux, l'union de deux humains
La folie de croire en l'harmonie de deux corps
L'utopie, idéal d'une vie vers demain
L'ivresse de deux cœurs se cajolant encore

Les regards de chacun oubliant les défauts
Pour accueillir avec bonté les qualités
L'espace temps forgé dans un univers beau
Où le passé n'existe plus, vers l'infinité

L'espoir y prend sa source embrassé par ses vœux
L'avenir si présent de deux âmes en fleurs
S'épanouit dans de doux baisers généreux
Aucun mensonge ni reproche les effleurent

Parfois les nuages viennent les assombrir
Sa perte est parfois en jeu mais sa profondeur
Fait souffler les vents d'un tout nouvel avenir
Et c'est une danse qui renait et d'ampleur

Heureux sont ceux qui l'ont vécu même un instant
Transformés à jamais, même si la souffrance
Peut prendre la suite, plongeant l'être dément
Perdre son amour m'ouvre à la reconnaissance


dimanche 12 mars 2017

Ego-journal 35/

L'ivresse s'enfuie, quittant mon esprit et mon cœur dans un tourbillon de doutes et de rages. L'amour est bien présent, mais à quoi bon quand il est sans retour. Cette tempête emporte mes molécules dans des confins éloignés, s'approchant dangereusement d'un trou noir qui finira par m'absorber si je ne trouve pas une autre stabilité gravitationnelle.

samedi 11 mars 2017

La cage

Enfermé dans ma cage où seuls mes noirs geôliers
Viennent m'apporter ma nourriture du jour
Les seuls également à parfois me parler
Via un haut-parleur produisant un son sourd

Il m'est impossible de leur communiquer
Quelques messages que ce soient, sourds à ma voix
Ma cage en plexiglas fait voir l'humanité
Mais interdit toutes relation, c'est la loi

Je suis prisonnier d'un univers fermé
Pourtant ouvert sur le monde extérieur visible
Mais de ce monde je demeure un étranger
Où tout échange avec ces gens est impossible

Située au milieu d'un centre commercial
Les clients passent à côté sans regarder
Si parfois un regard vient inquisitorial
Je me sens gorille en un zoo enfermé

Je semble une bête curieuse et dangereuse
Avec qui personne ne voudrait se trouver
L'étrange leur fait peur, impression nauséeuse
Un animal soumis à la captivité

J'alimente mon corps mais mon esprit en souffre
Ma vie et mon sommeil restent sous surveillance
Je ne peux rien cacher et ma vie sent le soufre
Tout y est exposé, mes pleurs et mes souffrances

Je gratte sur le sol des messages sans but
Puisqu'aucun lecteur ne viendra jamais les lire
Car une fois défunt, fin de ma vaine lutte
La cage détruite emportera mon délire

Mon crâne explose

Mon crâne explose en vers et contre tous, violent
Les fleuves d'émotions sont des puissants torrents
Qui emportent tout, ma raison et ma logique
Mon espoir d'avenir, sous un pouvoir inique

Est-ce la folie qui s'empare de mon être
Où est-ce là ma vie brulant de disparaître
Les maux s'enchainant en phrases sur papier
Les rimes m'accordant un rythme au cendrier

Je voudrais tant pouvoir partager ma souffrance
Être considéré en humain en conscience
Mais comment imposer cette nova mortelle
Où il ne fait pas bon s'approcher trop cruelle

L'amour est morte, hors mon cœur ensanglanté
Sa réalité est déchue, assassinée
L'oiseau noir se penche au-dessus de mon cadavre
Pourrissant, exhalant une solitude acre

Le temps n'est plus, mes jours et mes nuits sont absents
Mes rêves fébriles jamais ne s'arrêtant
Dois-je renoncer à vivre ? Non ! Ca, jamais !
Bruler, souffrir, pleurer, et rester imparfait !

Ego-journal 34/

Solitude infinie, je ne sais pas comment me sortir de ma tête si pleine et si vide à la fois. Mon studio est une prison, certes confortable, mais O combien m'isolant. Ma tête voudrait communiquer, voir du monde, mais je n'ai aucun ami, disponible ou prêt à entendre sans rechigner mes délires émotionnels.

Je vois un tunnel, dans lequel je suis déjà, mais qui n'aboutit à rien. Aucune lumière d'espoir, aucun futur envisageable.

L'urgence

L'urgence de vivre, du bonheur, de l'amour
L'urgence de l'espoir, des idéaux, des mots
Tout individu est confronté à ses défauts
Délaissant l'aura de son âme à chaque jour

Survivre sans un mot, son corps face à ses maux
Déshumanisation dont un flot continu
Ce ne peut être la solution retenue
Il lui faut soutenir les regards sans égo

Cette urgence est mienne, ne pas se déconstruire
Rester un, cohérent, accepter le défi
D'être si différent, presque sans un ami
Pourtant vivre ensemble, O grand jamais ne s'enfuir

Affronter le vide d'un monde sans passion
Pleurer tous mes chagrins, sans gène, sans regret
Vivre et mourir, certes seul mais dans un baiser
Un panache enflammé plongé dans sa fiction

Le serpent

Le serpent siffle dans mon cerveau insoumis
Il rampe et s'enroulant autour de mon noir cœur
Il étouffe mon souffle enflammé de folie
Son venin si violent avilie ce rêveur

Mes sens se déciment, laissant place à l'encens
Mon esprit rompt, serin, ses ses rapports rationnels
Offrant à ma furie un gouffre indifférent
L'envol de mes vains vœux se dévoile véniel

Son sang froid oxyde mes passions dissolues
Ouvrant sa mâchoire, mon corps est aspiré
L'effluve du souffre de cet enfer afflue
L'avenir révolu ouvre un cœur éventré

Consumé par ses sucs, mon silence est glacé
La rumeur de ma mort se répand enragée
Enflant le fiel versé dans ce flot effrayé
L'hiver des vanités s'évanouit violé

vendredi 10 mars 2017

Ego-journal 33/

La différence est-elle une tare ou un avantage ? Dans cette société individualiste, contradictoirement, l'uniformité est la règle. La difformité, l'infirmité, le comportement inapproprié sont autant de parcelles d'êtres humains respectables mais que le groupe rejette.

Quels comportements choisir ?

La réalité est-elle la vérité
Quand je vois quelqu'un en souffrance autour de moi
Dois-je l'accompagner, soulager son émoi
Ou dois-je détourner mon regard, l'oublier

L'indifférence est elle une règle en ce monde
Quand j'aime sans retour ma déesse éternelle
Dois-je feindre ignorant mes sentiments, cruel
Ou dois-je sublimer notre histoire féconde

La logique doit-elle englober tous nos actes
Quand je ressens l'humain perçant sa carapace
Dois-je oublier les lois de l'univers vorace
Ou dois-je respecter ses règles et ses pactes

L'humour n'est-il là que pour rire aux éclats
Quand l'ironie s'en mêle accompagnant l'humain
Dois-je l'écouter au premier degré, dédain
Ou dois-je dévoiler le jeu de l'apparat

Le crabe

Le crabe marche de travers sur cette plage
Sa démarche est lente, bizarre mais très sage
Parfois ils s'enfonce dans ce sable émouvant
Caché des prédateurs, la marée attendant

Puis les larmes salées viennent à l'effleurer
L'océan si puissant enfin de l'entourer
Il sort alors de sa tombe si provisoire
Et se nourrit de ces émotions pleins d'espoirs

Parfois tel un ange, sa carapace vole
Portée par les humeurs de ces vagues si folles
Ivresse et liberté s'emparent de son corps
Mais jamais ne se noie survivant sans effort

Différent mais vivant, il n'est pas un infirme
Au milieu des poissons qui l'ignorent, s'empire
Mais jamais ne renonce, attendant le retrait
De cet écosystème évoquant le parfait

Il sait que de retour sur le sable brulant
Les vies égoïstes ne peuvent, s'échouant
Survivre à ce désert où il se retrouve seul
Son pas est de travers, sa vie est un recueil

jeudi 9 mars 2017

Automatique : Jamais !

Vivre, vivre, et vire encore, à en mourir
Aimer, aimer et aimer encore, à en souffrir
Courir, courir et courir encore à s'essouffler
Pleurer, pleurer et pleurer encore à s'épuiser

Mais me taire, me cacher, m'ignorer, Jamais !
Mais me plaindre, me sauver, me calmer, Jamais !

Espérer, espérer encore jusqu'à l'absurde
Rêver, rêver et rêver jusqu'à perdre la réalité
Aider et aider les autres à m'en oublier
Avancer, avancer sur mon chemin à toute allure

Mais oublier, ne plus avoir d'émotions, Jamais !
Mourir seul mais entier, en phase, être imparfait !

Le temps et l'amour

L'histoire s'écrit jour après jour sans présent
Seul le futur et le passé sont importants

L'amour se vit chaque jour essentiellement
Dans l'instant, le futur en vue sensiblement

Lorsque le passé des deux amants les rattrapant
C'est déjà la fin de ces merveilleux moments

L'amour ne peut qu'aller de l'avant plein d'élan
S'il fait demi-tour, les reproches sont croissants

L'amour c'est voir demain dans leurs cœurs maintenant
Regarder hier est un travers aveuglant

Je veux être moi-même

Apprendre sa leçon, s'ouvrir bien plus aux autres
Changer sa façon de s'exprimer, plus audible
Écouter les besoins et leurs ressentiments
Ce sont des éléments dont je peux faire cible

Mais comprendre les non-dits, les sous-entendus
Ne plus être empathique, empêcher ma logique
N'être plus cette noire étoile en vie oblique
Arrêter de vivre, voir mon temps suspendu

Ce ne serait plus moi, dispersé dans l'espace
Je ne peux pas, je ne veux pas y renoncer
Je veux vivre et souffrir, avoir un cœur damné
Je veux rire et mourir, brulant mais pas de glace

Je veux être poète empalé chaque jour
Et pleurer à l'envie sans honte et sans un masque
Je veux vivre et crier, ouvrant toutes mes vasques
Je veux être à genoux, ne prendre aucun détour

Toucher du doigt la flamme unifiant le vivant
Me sublimer, non l'égo, mais mon art et mon âme
Je veux vivre et briller comme avant pour ma dame
Me relever tout seul, impatient, imprudent

mercredi 8 mars 2017

Ego-Journal 32/

Ma peur la plus tenace est la perte de mes émotions, ne devenir qu'un robot, un de ces êtres sans conscience.

M'imaginer ne pouvant plus ni ressentir et encore moins exalter mes passions serait sans doute le pire de mes cauchemars. A la limite, être impotent au point de ne pouvoir plus bouger ni m'exprimer, mais pourtant ressentir et vivre intérieurement serait sans doute moins grave que de rentrer dans cette normalité, cette rationalisation de l'individu vers quoi nous pousse notre société.

Mon ange disparait

Elle s'approche, elle me sourit attendrie
Elle tend ses mains, mes doigts effleurant sa vie

Elle plonge ses yeux, sans mot nous nous parlons
Plus près s'approchent ses lèvres rouge profond

Le baiser sensuel n'est pas furie mais chaste
Deux âmes communient, portes d'u monde vaste

Le sexe est hors sujet, seul compte notre amour
Nos mains et nos lèvres sont nos seuls troubadours

Nos regards discourent complices pleins de vie
Puis doucement un vent l'emporte vers l'oubli

Mon ange disparait laissant un goût sucré
Sur ma bouche isolée dans mon cœur apaisé

Ma planète

Ma planète est bleue
Comme mon sang sans oxygène
Comme mes yeux ne croisant plus ton regard

La planète est rouge
Comme mon amour qui ne peut mourir
Comme mes mots gonflant mes poumons

Ma planète est aride
Comme mes larmes qui refusent de couler
Comme mon avenir abandonné

Ma planète est venteuse
Comme mon souffle exhalant la fumée
Comme ma raison dévastée

Ma planète est tempête
Comme les vagues de mes émotions
Comme l'angoisse qui secoue ma poitrine

Ma planète est vide
Comme mes bras n'entourant personne
Comme mon espoir abattu

Ma planète est brulante
Comme mon corps s'auto-consumant
Comme moi qui me bat pour vivre encore

mardi 7 mars 2017

Ego-Journal 31/

Aujourd'hui est un jour comme les autres. Un jour qui ressemblera à tous ceux qui suivront. Un jour où je me mêlerais à cette foule inconnue et étrangère, ou plutôt dont je suis l'étranger. Je ne sens pas d'hostilité, juste de l'indifférence.

L'anneau d'amour

Cet anneau autour de mon doigt est le symbole
De l'union défunte unilatéralement
Je ne pourrais jamais l'enlever consciemment
Ce bijou est tout pour moi sauf une babiole

Mon amour immortel ne saurait disparaitre
Je sais qu'il ne sera plus jamais partagé
Mais ne peux me résoudre à mon cœur ignorer
Mon âme une fois liée ne peut plus s'en démettre

Tel ces oiseaux formant un couple unique à vie
Même à jamais séparé de mon âme sœur
Mon annulaire tiendra ce bijou, splendeur
Mon unique amour pour ma muse évanouie

Je me souviens des jeux dans la cour de l'école

Je me souviens des jeux dans la cour de l'école
Comme tous les enfants, j'inventais des histoires
Avec mes compagnes, chacun avait son rôle
Épique ou bien guerrier, héroïque ou espoir

Mais dans ces simples jeux, je m'autorisais à être
Derrière le masque, si fin la teinte ivoire
Mes émotions vivaient, pouvant se le permettre
Mais le reste du temps sa cachaient dans le noir

La comédie était ma vie la plus complète
Exprimant qui je suis à l'abri de la scène
J'ai poursuivi plus tard dans mes rêves ma quête
De ce monde idéal où j'élevais mes peines

Aujourd'hui bien plus vieux, seules ces lignes plates
M'autorise à toucher des doigts ma vérité
A consumer mon cœur, mes sanglots qui éclatent
Ce monde non écrit est sans réalité

Je voudrais encore jouer comme un enfant
Ce chevalier Arthur poursuivant le Saint Graal
Mais la vraie vie n'est que efforts et faux semblants
Seuls mes écrits sont vrais, dehors mon cœur s'empale

Je voyage dans mon inconscient immolé

Je voyage dans mon inconscient immolé
Les paysages froids se succèdent violents
Les vents parcourent mes vallées si désolées
Mes montagnes s'enfuient en mon cœur s'étiolant

Mon histoire n'est plus, demain n'est plus que hier
Je remonte le temps, projetant mon passé
Vers un futur absent, solitaire et si fier
Je veux vivre à mourir et fuir mes lâchetés

Plus loin et plus profond, jusqu'où vais-je creuser
Cette tombe à mon âme avide d'émotions
Pourrais-je un jour enfin de ce puit remonter
Voudrais-je seulement oublier mes passions

Ta nuit est autour de moi englobant ma vie
Mais ma flamme irradie, éclairant cette grotte
Et je préfère me consumer infini
Plutôt que de voir mes douleurs et amours mortes

Le trottoir déambule

Le trottoir déambule
Sous mes pieds sans s'ouvrir
Le peuple m'accompagne
Dans ce tableau filant

Je suis somnambule
Trop conscient de souffrir
Perdu sans ma compagne
Mon corps se défilant

Les chemins se défont
Au gré de mes pensées
Ne sais où ils me mènent
Vers mon bonheur, ma perte

Mon silence est profond
Car ne peux exprimer
Cette douleur malsaine
D'un amour si inerte

lundi 6 mars 2017

Ego-Journal 30/

Passant d'un extrême à l'autre, après mes buts principaux fixés, je retourne inévitablement vers mes "démons", ou plutôt ma nature profonde dont je ne peux me séparer. C'est mon être le plus primitif, et ce depuis mon plus jeune âge.

La fumée s'échappe de mes doigts noircis

La fumée s'échappe de mes doigts noircis
Le tabac calme mon esprit mais pas mon âme
Elle entre en mes poumons, poison lent mais certain
Elle sort extirpant les cendres de mon crâne
Les volutes flottent dans les airs sans entrain
Mais elles libèrent mes rimes décaties

Ce n'est pas un suicide assumé mais complice
De mes dérives là plantées dans ce cœur mort
L'amour est morte lors de son départ soudain
Mon deuil est entamé, pourtant je l'aime encore
Seul le vide reste, sans espoir, sans demain
La fumée pour seule compagne d'un supplice

Je n'ose affronter son regard qui me disperse
Le vertige de la brume envahit l'espace
De mon existence, calmant mes sourds délires
Mon esprit s'envole plus près de ce rapace
Vieux de trente années, via chacun de mes soupirs
Vivre enfin tant que ma folie ne me renverse

Ma flamme

Ma flamme réchauffe les tréfonds de ma cave
Elle éclaire ma geôle psychique d'un reflet
Émeraude pâle, qui n'est pas sans effet
Ce feu fait couler mon sang telle de la lave

Le contraste est acide avec ce monde froid
L'univers humain qui m'entoure est moribond
Mon bûcher des passions trouble ma perception
L'extrémité de mes doigts sont glacés d'effroi

Mon encre est de braise, flambeau de mes émois
La cendre s'entasse sur mon corps isolé
Comme la pluie noire atomique des pensées
Je survis à cette nuit, éclairant ma voix

Mon étincelle vit et je vois avec elle
Des paysages sourds aux sens de mon espèce
Que je ne comprends pas et dont les mots me blessent
Je consume mon âme amoureuse et sensuelle


Si l'amour m'était compté

Si l'amour m'était compté, ce serait une pluie
Douce d'été coulant sur mes joues et mon cœur
Ce serait une passion de deux âmes unies
De deux corps soumis à la rose unique fleur

Si l'amour renaissait, j'essaierais d'exprimer
Mes pensées profondes, et d'écouter son âme
Plutôt que de compter sur l'échange caché
Dans l'implicite des regards source de drames

Si l'amour s'exprimait, il me faudrait parler
Il me faudrait entendre au fil du temps ses craintes
Ne pas faire confiance en ces non-dits violés
Accepter d'avoir tort sans motif et sans plainte

Si l'amour existait, je devrais m'oublier
La surprendre tous les jours pour lui prouver
Combien elle compte, mon cœur à ses pieds
Être moi avec elle, apprendre qui elle est

La singularité quantique de ma muse

La singularité quantique de ma muse
Écrase mes passions d'un champ de gravité
L'horizon absolu m'affaiblit et m'abuse
L'écriture se fait radiation de pensées

Ce trou noir psychique absorbe ma résistance
Mes faibles mots tentent d'échapper à sa force
Mais saurais-je éviter ce puits, garder distance
Quand le vide entourant ma vie est mon divorce

Mon Soleil interne mute en super nova
Et violant les règles fondamentales
Il détruit l'entourage, explosant son aura
Puis il se repliera sur lui-même, fatal

Devrais-je abandonner ma conscience et souffrances
Perdre ma cohérence, être une nébuleuse
Poussières de ma vie, gaz inertes et rances
Pour enfin m'oublier, l'absence enfin heureuse

dimanche 5 mars 2017

Écrire et écrire encore et toujours

Écrire et écrire encore et toujours l'ivresse
Écrire et écrire toujours l'amour parfait
Écrire et écrire parfois cette tendresse
Écrire et écrire aussi mon être imparfait

Des vers, des nouvelles, des romans, un journal
Mais écrire qui je suis, j'étais ou serais
Non pas me raconter, tendre vers l'idéal
Partager, émouvoir, sans cacher, sans regret

La composition tient ma vie en soupirant
Mes émois sont couchés sur le papier noirci
Mais élèvent mon être au plus haut dans le vent
Touchant de la plume un Soleil, loin des soucis

Écrire et écrire pour vous, pour moi, pour nous
Écrire et écrire sur tout, sur rien, partout
Écrire et écrire, debout ou à genoux
Écrire et écrire pour ne pas être fou


Faire face au vide

Comment faire face à ce vide sans secours
Mon esprit divague, porté par des torrents
De solitude amer, de sombres sentiments
Mes nuits ont bien plus de valeur que tous mes jours

Mon cœur irradie tout mon être enseveli
Et aucune cage ne saurait l'en préserver
J'ai fait mon deuil, pourtant je ne vis plus en paix
Seuls mes rêves tiennent un espoir de sursis

Ils sont faux, mensongers, parfois, mais ils sont beaux
Les amants désormais désunis ne sont plus
Mais l'absence reste, poison mortel ému
Il ne me reste plus que des textes, des mots

Le jour, je vide mon âme, montrant façade
Je m'épuise à jouer ce rôle sociétal
La nuit, je remplis mon cœur, d'un monde idéal
En opposition à cette vie si maussade

Comment je fais face à ce vide, mon égo ?
J'éprouve de toutes mes forces ma passion
Je modifie l'ampleur de ma vraie perception
J'écris à en saigner pour sortir du chaos

Ego-journal 29/

Après des discussions longues et intéressantes avec plusieurs personnes qui comptent pour moi, des retours indirects ou directs sur mes écrits et sur ma vie qui se façonne aujourd'hui, je vais tenter d'envisager un avenir à plusieurs niveaux.


Elle m'appelle du coin de l'oeil, chaleureuse.

Elle m'appelle du coin de l'œil, chaleureuse.
Je m'approche et elle m'offre ses mains, ses lèvres.
Tendrement nos baisers l'emmènent dans mes bras.
En me souriant, elle me souffle tout bas
Des mots vaporeux, langoureux comme je t'aime.
Mes mains lui disent combien je suis amoureux.

Ses baisers dans le cou électrisent mon cœur.
Ses yeux coquins déboutonnent son chemisier.
Ses mains dans mes cheveux, les miennes sur ses seins,
Nos bouches s'unissent, nos corps se font câlins.
Nos caresses gagnent en sensibilité.
L'éclat qui annonce, de notre union, l'ampleur.

Tel l'étalon emporté par sa puissance,
Nous nous laissons soulever par notre passion.
Tous nos baisers s'offrent pour échos nos ébats.
Et bientôt nos deux corps sont pris de jouissance.
Tout comme nos baisers, tout est à profusion.
Par notre amour, nos raisons partent en éclat.

Enfin telle une source jaillissant du sol,
Qui se serait contenu depuis fort longtemps,
Nos corps se libèrent, l'esprit un peu absent,
De cette étreinte puissante, maintenant molle.

Mais nos lèvres n'en finissent pas d'embrasser.
Son corps devient l'œuvre que le potier travaille.

Je suis ce potier qui la caresse, artisan.
L'argile humide prend l'aspect de son ventre,

Après s'être moulée en ses seins, en sa taille,
Nous nous reposons enfin après un baiser.

Ombres chinoises

Ombres chinoises mystérieuses!
Vos transparences sont trompeuses.
Les doigts agiles de l'artiste
Recréent l'amour et le triste.

Aux yeux du spectateur charmé,
Le rideau ne laisse passer
Que les souvenirs historiques,
Des fresques du passé, magiques.

Mystérieuses ombres chinoises,
Trompeuses sont vos apparences,
Symboles allumant les toises
De la divine et belle essence.

L'artiste aux doigts agiles joue
Avec amour, tristesse, il joue,
La vie d'un prince d’un mandarin,
Sans connaître son lendemain.

Le troubadour et la lady

Elle est le Soleil. Lui, hélas! Il est la Lune.
Elle luit de mille feux, si resplendissante.
Il n'apparaît que dans le grand noir absolu.
Elle a son propre éclat. Il n'a que l'apparence.

Son cœur et sa raison s'obstinent à combattre.
L'un veut lutter, l'autre veut tout abandonner.
Il ne la connaît pas, pourtant son cœur veut battre.
Tout les sépare, ce qui peut les rapprocher.

Elle veut le confort. Il cherche la passion.
Elle veut tout avoir. Il veut être sans fers.
Elle veut paraître et Il veut la création.
Sa vie : courir, toujours courir après sa perte.

Deux mondes si lointains sont ils vraiment rivaux ?
Ne peut il y avoir aucun léger espoir
A ce que leur union ne soit pas qu'un assaut ? 
Lui, un manant, elle, la Lady : Art et gloire...

Se soucie-t-on de cet homme

Se soucie-t-on de cet homme qui pour manger
Doit voler ou chercher dans tous nos détritus
Comme on se soucierait de ce chat affamé
En bas âge miaulant sous sa toison touffue

Se soucie-t-on aussi de ces gens si âgés
Qu'ils ne peuvent plus gagner de l'argent pour vivre
Comme le font tous ces jeunes qui vont danser
En ignorant qu'ils voient là leur propre avenir

Et se soucie-t-on de ce malheureux qui meurt
Là-bas loin de chez nous par manque d'eau sans peur
Comme on le ferait pour notre augmentation d'heures

Est-il vrai chez l'homme que l'appétit humain
Est si fort qu'il invente de nouveaux besoins
Uniquement pour se croire un mauvais destin
     L'homme est ainsi fait qu'il ne voit
     Que ce qui est à son endroit
     Ceci est valable pour moi

Elle m'a délaissé et m'a dit c'est ta vie

Elle m'a délaissé et m'a dit c'est ta vie
Oui tu m'as délassé et médit cet avis
Je fus pour toi ce que tu ne fus pas pour moi
Tu t'en fous de moi tu t'enfuis loin de moi

J'ai pleuré toutes les larmes que je cachais
Apeuré de tous tes charmes que tu crachais
O serpent venimeux à ma face isolée
Aux serments nos aveux s'effacent désolés

Je me souviens d'un soir d'une nuit si lointaine
Elle soutient l'espoir d'un doux fruit d'un Éden
Une histoire qui va me revient en mémoire
Unis toi et moi que je rejoins tous les soirs

Je louvoie dans les longs labyrinthes absents

Je louvoie dans les longs labyrinthes absents
Ma pensée s'enfuit me délaissant si lascif
L'oubli renaît et j'ai peur de moi des gens
L'effroi aspire mon cœur opéré à vif

Mutation finale d'un alien monstrueux
Frustration vitale d'un corps empoisonné
Le venin vénérien si je l'oublie hideux
Lui insipide me poursuit irraisonné

Et c'est une lutte inégalée que poursuit
Ce monstre endiablé que ce soit le jour la nuit
Il m'attire vers lui Qu'y puis je il me détruit

Je ne me bas même plus mais je le devine
Il a beau être sombre En moi il est livide
La seule échappatoire est hélas le suicide

Saint Valentin

Quel drôle de jour que ce quatorzième là
Et quel drôle de mois que ce deuxième là
C'est le mois de l'amour
Mais aussi le plus court
Le jour des amoureux
Un seul pour être heureux

Quel étrange jour que ce quatorzième là
Et quel étrange mois que ce deuxième là
Valentin Valentine
Un mois pour une idylle
Valentin Valentine
Un jour une comptine

Quel injuste jour que ce quatorzième là
Et quel injuste mois que ce deuxième là
L'espoir chante au hasard
D'un jour au coin d'un bar
Mais il faut tout un mois
Pour oublier sa voix

Pourquoi ce jour Pourquoi ce quatorzième là
Pourquoi ce mois Pourquoi donc ce deuxième là
L'amour naît à toute heure
Jour et nuit frère et sœur
Et il meurt à tout temps
Au bout d'un mois d'un an

Jours sombres Bleus Soleils

Jours sombres Bleus Soleils
Tout est bon pour mon amertume
Silences dépravés
Rien ne saurait plus me ravir

Pleurs au fil de ma plume
Cette eau salée est sans pareil
Comparée aux soupirs
De ces romantiques blasés

Nuit claire et libertine
C'est ainsi que je les conçois
Souvenirs oubliés
Lutte endiablée pour les détruire

Libre union hors la loi
Paire unitaire ou Androgyne
Ici qui peut séduire
Homme et Femme sont mariés

Lourd mais de ce défaut j'en fait ma qualité

Lourd mais de ce défaut j'en fait ma qualité
Je m'honorifie de cet état d'esprit fat
Qui consiste à tourner en folle absurdité
La vérité la plus crue car suis renégat

S'il me plaît de déplaire à souhait à ces gens
C'est que le dégoût est facile à contrôler
On peut savoir combien l'on vous hait aisément
Alors que l'amour est sujet au mensonge

Je jubile dans cette affreuse boue jaunie
Je souris Je pleure Je parle Je me tais
Tous ces tableaux de si mauvais goût m'ont ravi

Et si mon silence parfois vous écrasant
Vous vous demandez ce qui me fait naviguer
Rassurez vous mes vents malins sont décevants

Liberté perle rare

Liberté perle rare
Jade azur ou bleutée
Je te vois je m'égare
J'admire ta beauté

Ta gentillesse éclate
Aux vues de tous ces gens
Et tes doux yeux d'Agathe
Créent un trouble latent

Comment ne pas goûter
Ce parfum délicat
Plus doux que l'amitié

Mais au même moment
Je voile cet éclat
Je suis l'ami charmant

Les sentiments sont un torrent

Si les rivières font les fleuves, les océans
Mes douleurs, mes désirs, et tous mes sentiments
Font ils une étendue infini absorbant
Tout mon égo humain, celui que je ressens ?

Dois-je tenter d'aller  à mon contre-courant
Pour me sauver ou bien pour perdre cet enfant
Qui me pousse à jamais à devenir dément
Reniant qui je suis ou adulte devenant

Je sens le flot couler dans mon corps et mon sang
Ce n'est pas un simple filet mais un torrent
Mon esprit pourra-t-il contrôler cet affluent
Au risque de perdre mon être indépendant

Ou dois-je seulement le suivre indifférent
Ou plus l'accompagner dans ce fou mouvement
Je ne peux renier qui je suis, mes fondements
Et me fondre in fine dans ce bel océan


samedi 4 mars 2017

Désert 39 et fin ?

Je marche et avance sur ma voie. Ma voix se fait intérieure et poursuit son chemin et mes yeux nouveaux découvrent un océan aride mais pas inhumain.

J'avance, pas après pas, dans mon périple personnel. Je ne sais où ce chemin me conduira, mais il sera le mien. Il sera aussi peut-être celui d'autres. Il sera je l'espère notre et non mien.

La première oasis rencontrée, je reforme mes réserves d'eau et de baies bleu-noires. Je fais une pause pour m'alimenter et méditer encore, toujours assis sur ce sable non hostile. Je perçois le reste du voyage, avec toujours cet inconnu de ce qui peut se trouver derrière cette frontière, la limite des dunes. Je ne suis pas inquiet. Si je dois mourir, de toute façon, c'est le lot de toute vie. Même ce désert peut un jour disparaître, laissant place à une mer emplie de poissons.

Je me relève et recommence mon avancée, mon plan mental et sentimental guidant ma direction. Le Soleil et la Lune alternent dans le ciel et me soutiennent de leur énergie propre. Le Soleil apportant la vie, la Lune abritant nos espoirs.

Je passe ainsi d'oasis en oasis, presque étonnée, mais si peu, de savoir finalement où je vais, mais toujours sans savoir ce que je vais découvrir à la fin de ce pèlerinage au but défini, trouver une vraie humanité, mais dont la fin n'est pas certaine.

Parfois, la fatigue me prend et je m'arrête à l'abri d'une dune et me nourris et bois de l'eau. J'en profite toujours pour continuer à approfondir ma conscience.

L'humanité n'est pas perdue. Elle est trop individualiste. Ce n'est pas d'un chef ou d'un guide dont elle a besoin, mais de conseils et d'autres exemples, d'autres voies. Peut-être prêcherais-je dans le désert humain ? Mais qu'importe ! Ne serait-ce que si je touche une ou deux individualité, tel l'effet papillon, les répercussions pourront aller au-delà de ma propre existence, après ma mort et conduire vers un monde serein, où les émotions et le respect de la personnalité seront pris en compte.

les considérer à la fois comme faisant parti d'un tout, mais aussi comme des unités individuelles, bien réagissant à des règles communes
Plus je me remémore les écrits d'Helan, plus je les fais miens, en les interprétant avec ma propre conscience, ma propre éthique. C'est une direction qui peut être dangereuse : d'autres avant les ont conduit à l'absurdité de la création d'une religion. Il s'agit plutôt ici d'une philosophie de vie, d'une éthique. La religion est un carcan qui enferme et empêche les hommes de se libérer. A moins qu'ils ne l'approchent comme une philosophie et non comme des préceptes aveugles et inappropriés.

Après plus d'une semaine, j'aperçois enfin la limite de cet écrin de silice qui m'a accompagné et sauvé jusqu'ici. Je vois le début d'une prairie, des arbres plus loin, et même des montagnes se distinguer dans le lointain.
Sans presser le pas, j'avance avec un doute, une peur indicible. Et si je ne trouvais personne ? Et si je n'arrivais pas à communiquer ? Et si communauté il y a, sera-t-elle suffisamment ouverte et tolérante pour accueillir un étranger avec une vision sans doute éloignée de leurs pratiques actuelles ?

Je suis maintenant à la limite du sable et de l'herbe. Je sais que je ne manquerais plus de nourriture ni d'eau. J'ai encore une réserve non négligeable de baies bleu-noires, et je sais me replonger momentanément dans cet espace aux formes arrondies par le vent pour me ressourcer si nécessaire.

Mon dernier pas, je n'ose le faire. Et si je devais plutôt rester en dehors de l'humanité et me construire uniquement moi-même ? Non, ce serait d'un égoïsme pur, contraire à mes engagements. Ce dernier pas peut être dangereux. Mais il porte tant d'espoir : reconstruire une humanité sensible et acceptant chacun des siens, pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils peuvent apporter à la communauté.

Je reste là un long moment et profite d'une dernière méditation. Je pressens l'existence de vies évoluées, humaines. J'y vois violence et injustice, mais pas sans amélioration possible. J'y vois un espoir.

C'est cet espoir qui me fait me relever et me fait traverser ce mur végétal, quittant l'océan qui a sauvé ma vie. Imperceptiblement, je ressens lors du dernier pas une forme de message simple et porteur d'espérance : "au revoir".

J'avance dans un nouvel inconnu, une nouvelle aventure, mais sachant qui je suis, ce que je veux et ce que je pense pouvoir apporter à cette communauté humanoïde. Là s'arrête mon voyage intérieur initial, il se poursuivra mais avec le contact réel d'autres entités, vivantes et pensantes.

C'est une nouvelle histoire. Peut-être un jour je la raconterais. Mais le désert est maintenant derrière moi. Je ne me sens plus seul, non pas par cette collectivité, mais parce que je suis enfin moi-même. Je sais d'où je viens, je sais où je suis et j'espère pouvoir aller où je veux aller.

L'espoir !

L'oubli ténébreux surgit comme une vague nauséabonde.

L'oubli ténébreux surgit comme une vague nauséabonde.
Elle écrase et éclabousse les plages argentées de la vie systématique. L'eau pourrit les événements insalubres d'un amour identifié. L'âge ralentit la progression Démentielle de l'effroi surnaturel et survolté.
L'orage allaité des sentiments inconscients abreuve la terre suppliciée des ancêtres spectraux, ignorée des sévices humains, des abandons soupirés. Si le rêve surgit dans le monde étoilé de misère, l'éclat malheureux et fantasmagorique voile les souvenirs et le vécu, ne laissant qu'une ombre de plaisir éternellement dégoûtante.
Alors l'espoir se meurt de n'avoir pas vécu et survit d'avoir trop existé.

L'illusoire espérance

L'illusoire espérance
Est surtout de démence
Vois la Mort se fiance
Avec moi sans défiance

L'humour naît de l'effroi
D'être seul sans émoi
La lumière décroît
Au sein du rêve étroit

L'Amour ne saurait vivre
Jamais ne me délivre
De ces délires ivres
Mon cœur ne veut survivre

Quel est ce cri perçant
C'est mon âme et mon sang
Qu'on opère vivant
On veut tuer l'enfant

La vie court le long du fleuve des émotions

La vie court le long du fleuve des émotions
Elle n'ose se reposer, l'idée de s'arrêter là lui étant invivable
L'eau charrie les joies, les haines, les remords
Selon leur profondeur, ils ravinent son lit
C'est une étendue lisse et inconnue qui l'entoure
Aussi inconnue que l'endroit où il se jette

Le pacte


J'ai signé un pacte d'amour de par le sang
J'aimerai écrire jusqu'à la fin des temps
Je ne pourrai jamais lui échapper vivant
Ni mettre un terme à ce morne râle d'amant

Je serai toujours cet enchaîné des désirs
Tantôt osés tantôt froids tantôt sans plaisirs
De cette déesse Voilà mon avenir

Je pense quelque fois à mes chaînes briser
La quitter je ne puis J'y suis si attaché
Que même la mort n'oserait pas nous séparer

Je ne peux pas mourir ni non plus m'arrêter
Elle aussi est liée Un pacte elle a signé
Pacte de non-amour Ne pourra donc m'aimer