mardi 28 février 2017

Résister

Résister, Résister encore à la tempête
Luter, lutter toujours non pour vivre mais luire
Briller, briller comme une étoile en fin de vie
Aimer, aimer à en pleurer pour ma survie
Passionné, passionné, ma douleur ne plus fuir
Exister, exister, que je ne me soumette

Brûler, brûler d'un feu impossible et splendide
Garder, garder ce panache, jamais mentir
Rester, rester fidèle à tous mes idéaux
Souffrir, souffrir pour mieux éprouver ce fléau
Vivre, vivre et trouver la beauté qui transpire
Pardonner, pardonner le présent, le sordide

Ego-journal 25/

Retourner dans le passé, me répéter les scènes d'antan me permettent de voyager dans mes souvenirs émus. Ils me permettent de revivre ses instants de bonheur. Une bouffée d'air frais dans un environnement clos et vide.

Je me rappelle les premiers moments, où l'amour naissant s'est déclaré. Je vais tenter de me rappeler d'autres, tout en respectant la vie privée de mon âme sœur, en décalant les événements sur un terrain poétique et imagé.

Ce périple est ambigu. Vais-je y trouver la force d'avancer, de me reconstruire, profitant à nouveau de ses souvenirs heureux, bonheur presque parfait ? Ou vais-je m'enfoncer encore un peu plus dans l'imaginaire, l'irréalité de ma vie, chaque matin me replongeant dans cette froide vérité ?

Il est clair qu'il est plus facile pour les autres de lire et découvrir ces moments bleu ciel, plutôt que ce noir profond qui s'ancre dans mon être. Je suis définitivement sombre mais je ne peux renier également ces instants de lumière.

Mes journées ne sont remplies que d'ombres, ainsi que mes nuits. Seuls le soir et le matin, il m'arrive de pouvoir m'extirper de cet environnement mélancolique, spleen absolu. Ces instants sont courts, mais je me jette dessus dès que je peux. Ce n'est pas souvent, car mon identité n'est pas celle-là.

J'ai peur aussi en revivant de manière romantique ces joies, ces jouissances sentimentales, que le décalage avec ma réalité ne me plonge encore plus dans mon effondrement. Je ne sais quel est le chemin que je me construit. Il me conduira soit vers un nouvel idéal, soit vers ma perte absolue.

Mais qu'importe, ce chemin, c'est ma voix. Je n'ai plus aucune occasion de la partager avec quelqu'un qui me comprenne et qui puisse accepter qui je suis. Je peux à l'occasion échanger quelques mots, mais comme je l'ai déjà écrit, je ne peux pas tout dire, ne pouvant accepter de faire porter ce poids avec quelqu'un d'autre, tant je pense que celui-ci est insupportable. En tout cas, il l'est pour moi. Pourquoi le serait-il pour quelqu'un d'autre, si ce n'est l'amour de ma vie ?

Mais celle-ci n'est plus là, elle refuse de me parler autrement que comme au mieux un collègue, et encore. Je ne sens pas de haine ni de rejet de sa part, juste une distance monstrueuse, qui me blesse et qui m'enfonce encore un peu plus dans cette solitude absolue. J'aurais tant espéré pouvoir maintenir un échange d'amitié, après 25 ans de vie commune, alors que nous n'avons aucun grief entre nous (en tout cas de ce que j'en sais, hormis qu'elle ne m'aime plus).

Mais hélas, la vie est ainsi faite qu'elle vous prend tout ce qu'elle vous a donné et vous le fait payer au centuple. Le reste de mon existence sera donc un désert sentimental, où seuls mes souvenirs, parfois tristes, parfois heureux, me permettront de survivre, je l'espère, en me cachant de cette humanité dont la course continue. Et pourquoi en ferait-elle autrement ?

La première nuit

La première sortie en nouveaux amoureux
Est une aventure où les milles scénarios
Sont autant de romans éloignées, fabliaux
le réalisme va au-delà, langoureux

Les regards l'un dans l'autre emportés d'un désir
Les doigts fébriles se croisent emplis d'espoir
Mon autre main saisit sa hanche, à m'émouvoir
Son visage penché approche son sourire

Nos doigts se séparent, sa main prenant mon cou
La mienne saisissant sa chevelure ambrée
Nos lèvres se frôlent, un baiser enflammé
Poursuit l'aventure, nos corps embrasés, fous

La découverte de ses seins doux et charmants
Est un prélude à nos caresses satinées
Les baisers découvrent nos formes enivrées
La tendresse se mêle à l'ensorcèlement

L'envoutement de nos âmes folles unies
Se prolonge en nos corps, fusion de nos deux cœurs
Jusqu'au plus beau moment, celui de la torpeur
Enlacés, délivrés, heureux et endormis

Automatique : L'isolement

L'isolement de mon âme se répand dans les forêts des méandres de mes sentiments. Les arbres m'enlacent de leurs lianes passionnées.
L'oubli de mes espoirs se confond avec l'humus répandu sur le sol du monde végétal.
L'immobilisme de ma vie se reflète dans les mouvements indicibles de la flore. Seul le vent de ma tempête dans mon crâne arrive à effleurer les cimes des grands arbres, abritant mes plus beaux souvenirs.
Les racines de ceux-ci se mêlent avec mes fondations mentales. Le sol est gelé en surface mais la chaleur tectonique secoue mon subconscient, le décalage des températures crée des mouvements, brisant les roches de ma structure, tel le gel et le dégel.
Faudra-t-il que je me confonde avec ce lieu, pendant ma propre identité, mas gagnant une forme de stabilité ?
La vie végétale n'est-elle pas la meilleure allégorie de ce que mon existence peut m'offrir ?

Abattu

Avant l'aube, avant le réveil
Mon âme pleure et mon cœur souffre, enfer sur terre
Avant ma conscience en éveil
Mon amour éternel me plonge dans l'hivers

Je ne peux rester allonger
Mes yeux si embrumés, Je prends mon  froid clavier
De la musique d'écouter
Et mes mains d'écrire mon cri sur le papier

Seul, abandonné, abattu
Mes mots viennent en vain exprimer ma douleur
Je suis triste, assombri, perdu
Et mon écrit tente d'extirper ma torpeur

Mon amour perdu à jamais
Me blesse et fait saigner toutes mes larmes bleues
Je l'aimais, l'aime et l'aimerais
Rien ne saura changer ce passé si heureux

Face à mon reflet, ce miroir
Mes tristes poésies, je m'enfonce et divague
Je perds la raison et l'espoir
Je me noie et serais emporté par ma vague

Poisson hors l'eau, asphyxié
Je peine à retrouver mon souffle et mon sourire
Façade face au cendrier
Je me consume d'un feu éteint, mes désirs

lundi 27 février 2017

Prélude de l'Amour

Un regard, un clin d'œil, premier contact des yeux
La main dans les cheveux, un sourire plaisant
Le corps faisant face, les bras se décroisant
Le parfum exaltant sa nuque, délicieux

Les mots sans importance exhument l'émotion
La connivence innée de deux âmes uniques
Unies dans une valse où les corps électriques
Se rencontrent, soupirs de l'imagination

Les cœurs sont complices dans cet instant, un jeu
Les mains se frôlent dans une douceur subtile
Le visage rougit, le temps est immobile
Les lèvres se posent sur sa nuque de feu

Les yeux expriment tout, le silence et la foi
Le premier des baisers, doux, une communion
De ce couple humain, s'ouvrant à leur passion
Miracle de l'amour, le bonheur est sa loi

Désert 38/

Je me lève au matin, bois de l'eau mais ne prends pas de nourriture pour le moment. Je me place devant la table et ouvre les derniers rouleaux de Helan.

Point besoin de vous les décrire, une partie de ce qui est écrit, je l'ai découvert par moi-même :

  • L'existence d'une limite à toute chose et pourtant de son infinité temporelle
  • La présence d'humanité potentiellement organisée selon des schémas différents et plus profondément respectueux des sentiments et des différences de chacun
  • Les différents points de repos qui sont identifiables au travers de l'esprit du désert quand on sait l'écouter
  • L'importance de trouver son subconscient, d'y faire face et de le concilier avec sa façon de vivre, dans le respect de la vie et de la mort
Je n'ai pas fini ma formation. C'est certain, mais il me faut songer maintenant à reprendre ma route. Mais avant cela, il faut que je pense à mon prochain, ce voyageur perdu qui pourrait trouver à nouveau refuge dans cet abri étrange et sophistiqué. 

Ainsi je passe mes journées qui suivent à reconstituer les réserves d'eau et de baies, tout en conservant une part pour ma propre subsistance. Je ré-ouvre au clair de la Lune, amie profonde et éternelle, le socle, dépôt des connaissances de Helan. Je prends soin de les remettre tels que je les avais trouvés. Le chemin que j'ai parcouru pour toutes ces étapes étaient une forme d'initiation, et il faudra que le voyageur perdu qui me succèdera un jour puisse suivre à son tour cet enseignement, fut-il difficile et douloureux, voire même dangereux.

Presque chaque jour, ou chaque nuit, je passe du temps à méditer assis sur le sable pour mieux ressentir sa vie indicible et ses mystères, mais aussi ses trésors. J'essaye notamment de déterminer à ses frontières quelles pourraient être les meilleures chances de trouver une communauté d'hommes et de femmes qui seraient prêts à m'accepter et pour qui je pourrais apporter quelque chose en échange, communion d'esprits.

Après plusieurs jours passés ainsi, semaines même sans doute, je porte mon choix sur deux options peu éloignées l'une de l'autre et dont les oasis intermédiaires peuvent me donner une chance raisonnable de survie dans ce nouveau périple.

Une fois ma décision prise, à mon tour je grave un message, à la suite de celui de Helan sur le mur.
A celui qui viendrait ici, ne te décourages pas ! Retiens les conseils de Helan, méfies-toi des surdosages des baies, et apprends quelle est ta place et celle que tu peux donner au monde qui t'entoure ! Je te souhaite de trouver ton chemin et de le tracer pour l'avenir et non tourné vers un passé révolu et sans réalité.
Je me suis fabriqué une petite gourde d'eau, j'ai dans mes poches une petite provision de baies bleu-noire. Je regarde une dernière fois le mur où le message de Helan m'avait accueilli. Je sorts par l'ouverture étroite, grande ouverte sur l'immensité du désert, mais dont je connais maintenant les limites. Je reste là un instant à observer cette mer de sable, avec respect.

Je fais quelques pas, me retourne vers cet abri qui m'aura hébergé pendant ce qui doit être au moins quelques mois. J'exprime un profond remerciement, tant à son créateur qu'aux forces naturelles qui lui donnent son efficacité et qui ont assurées ma survie.

Puis je reprends ma marche, ma conscience en lien avec mon inconscient, mes pieds me connectant au savoir des dunes et dirigeant mes pas. Peut-être me perdrais-je définitivement dans ce désert ? Peut-être ne restera-t-il de moi qu'un squelette asséché dans quelques semaines ? Mais qu'importe, ma décision est prise. Pour avancer, il faut marcher. Et mon chemin, bien que non physique, passe aussi par cette étape matérialiste, comme une allégorie de ma propre initiation.

Ego-Journal 24/

Un sentiment étrange s'empare de moi. J'au vu mes enfants dans une sortie avec leur "père". Cette sortie était agréable, aller voir un film, même si l'échange a été de fait limité.

Je sens comme une impossibilité à communiquer entre nous de manière naturelle. Est-ce génétique ? Est-ce mon éducation que je leur ai prodiguée qui conduit à cacher se qui fait le plus mal ?

Et cette sensation m'interroge sur le bienfait que je leur apporte. Suis-je dans l'erreur absolue dans ma quête et mon refus de faire souffrir les autres avec mes propres tourments ? Ais-je transposé cette "maladie" à mes enfants ? Et est-ce la raison indicible qui aurait aussi conduit mon âme sœur à se détacher de moi, même si j'avais l'impression de partager plus qu'avec n'importe qui. Sans doute n'était-ce pas assez !

Cet isolement physique n'est rien comparé à mon enfermement psychologique pour protéger les autres. Cette douleur de ne pas pouvoir partager, sans risquer de faire mal, cette peut absolue de rendre instable une âme qui m'écouterait ! J'avais l'impression que mes échanges et une partie de mes non-dits mais exprimés autrement permettaient à ma muse de me comprendre. Mais elle s'est éloignée, et je n'ai rien pu y faire. Je l'ai vu de semaines en semaines, de mois en mois, se séparer de moi, ignorer mes souffrances, ne se limitant qu'à des discussions d'ordre professionnel.

A tel point, qu'aujourd'hui, le contact que je conserve avec elle, et ce malgré ses intentions initiales, est d'un niveau relevant du cordial, et même inférieur à celui d'un collègue de travail. Je suis certain qu'elle se confie plus à des "amis" au travail, qu'elle ne le fait avec moi, après plus de 25 ans de vie commune.

A quel point je suis resté aveugle ? A quel point je n'ai pas compris ce qu'elle attendait et comment lui parler ?

Et ce mécanisme se met doucement là aussi en place avec mes enfants, avec une moindre force, puisque un père n'est pas un "ami". Et la sobriété des échanges passés ne conduit pas à un échange fourni et libéré en peu de temps. J'espère que le temps finira pas améliorer les choses avec eux.

Quant à ma femme, notamment si elle trouve un autre compagnon, ce que je lui souhaite, quelque soit les conséquences pour moi, je pense qu'elle ne changera jamais de mode de relation et ceci me blesse énormément. Moi qui étais persuadé que nous étions de très bons amis, de par les souffrances et les partages et soutiens mutuels que nous avons traversés, je me vois obligé d'observer cet abandon unilatéral. Il ne me semble pas passager, bien au contraire. Si cela peut l'aider à trouver à nouveau l'amour, alors c'est parfait !

Et peu importe si de mon côté cela finira par détruire mes derniers espoirs de relations humaines, et une sensation de gâchis de ces 25 dernières années pour ce qui me concerne. Je suis en effet retourné à la case départ. J'ai muri certes, mais j'ai la même pression interne de mes émotions et de la couleur de mon âme sur mon être que lors de mes vingt ans. Certes autrefois, je pouvais risquer des débordements non contrôlés qui auraient pu conduire, à plusieurs reprises, à la fin de mon existence dans ce monde étranger. Aujourd'hui, les responsabilités et une forme de renoncement ne me font plus craindre ces excès. Je suis passé très près à nouveau de cet état mais j'ai su résister et me prendre en main en me faisant aider.

Combien de temps me faudra-t-il avoir cette canne blanche encore ? Sans doute jusqu'à la fin de mes jours.

D'ici là, je vais essayer au moins de me réaliser dans une vie parallèle, quasi secrète, ne serait-ce que pour tenter d'exister de manière indirecte, via l'écriture. C'est mon seul espoir de survie et d'éviter cette automatisme de vie qui n'apporte aucun sens.

Automatique : l'ivresse du désespoir

L'ivresse de l'oiseau s'enterre dans les fléaux inhumains. C'est l'histoire d'un dieu redevenu mortel et dont la peau se calcifie au fil des marées. L'embarcation chavire mais les femmes et les enfants restent à bord. Seuls les hommes, livrés à eux-mêmes et abandonnés à leur sort, se noient dans leur chagrin.
L'oiseau voudrait battre des ailes mais elles sont mazoutées des peines. Le dieu n'a plus aucun attrait, ses ailes sont elles-aussi tombées, poussières de diamants, sur le sol vide. Et le navire fantôme s'éloigne des naufragés de l'âme.

Vivre et ivre encore, la pendule secoue ses aiguilles tels les fleurs de pissenlits. A tout vent, elles pourraient essaimer leurs graines du futur, mais le souffle de l'espoir s'est tu.
Et dans un dernier essai, l'oiseau divin se fracasse sur les rochers de la côte, poussant le passé à reprendre surface, laissant le cœur s'enfoncer en pluies irradiées dans les fins fonds des abysses de mon caveau.

Le flux et le reflux

Le flux et le reflux de mon sang dans mon corps
Transportent les douceurs d'un poison indicible
Chaque fibre est ainsi alimentée et cible
D'une pression froide porteuse de la mort

Je vois cet oiseau noir tourner autour de moi
Plus je me décompose et plus je me découvre
Complexe et pourtant simple, enivré par l'émoi
Ma charogne est une fleur qui maintenant s'ouvre

Sans envie, sans désir, je déborde d'amour
Pas cet acte physique, vide, sourd et futile
Mais cet élan vital qui cherche son parcours
Parmi tous ces humains, une quête subtile

J'espère qu'un beau jour, avant que ma carcasse
Ne flétrisse à jamais, je saurais retrouver
Le chemin de ma vie et retrouver la grâce
Ma plus belle épitaphe, amoureux du lettré

dimanche 26 février 2017

La mélodie du silence

Le silence envahit mon environnement
C'est un sourd vacarme qui ne fait que grandir
Tant de questions posées, envoyées dans le vent
Si peu de réponses, sauf mes propres soupirs

Le miroir ne renvoie que mon image abimée
Là où ses yeux portaient un message complice
Le froid, la platitude incarne l'isolé
Une absence d'échange engageant les supplices

Le silence est une musique irréelle
Mais qui fait la beauté des plus beaux requiems
Les notes de la vie ne sont que les voyelles
D'un poème infini pour finir en je t'aime

Mais le reflet du cœur souffre de cette absence
Et les pleurs de l'âme interrompent cette grâce
Coulant le long des mots alignés en cadence
Composition sourde immortalisant mes traces

Flux et reflux de l'amour

Il est difficile de déclamer je t'aime
A la plus belle amie, redoutant l'œil moqueur
C'est comme sauter dans le vide emplis de peurs
Mais c'est aussi le plus beau de tous les poèmes

L'amour fou se poursuit en subtile amitié
Instant où nos âmes se parlent sans mensonge
Le bonheur s'installe, quotidien, dans nos songes
Une éternité en prise à l'humanité

Mais quand celui-ci se rompt si soudainement
Cette immortalité se fracasse en morceaux
Ne reste alors plus que des débris abyssaux
Dont la dispersion lente empoigne le dément

L'espoir de ressauter un jour dans la falaise
Ne sait trouver raison et implore la fin
De cette existence sans but et sans écrin
Mon être tout entier est pris d'un sourd malaise

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 8/ (chapitre 10)

Cette littérature est certainement inspirante, mais il ne faut pas s'attacher au premier degré. Il faut aller plus loin, ce que l'auteur, consciemment ou inconsciemment, a voulu faire passer comme message de fond. Je me perds dans les batailles, les intrigues, mais je suis un fil ténu passant par le respect, la confiance, la défiance, les alliances, les quêtes solitaires.

Et c'est en particulier cette quête solitaire qui m'inspire le plus. Cette voie me semble la plus signifiante pour ma situation personnelle. Cette quête d'absolue, de connaissances, de partages, mais aussi ses déviances, quêtes de pouvoir et de connaissance du futur qui relèvent, si ce n'est d'un mauvais chemin, au moins d'une impossibilité matérielle et heureusement.

Je retiens le mantra de la peur. Je tente de le simuler par les gestes vers mon "ami" gris passif :
- Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.
Après un temps de réflexion, il me répond :- C'est une bonne voie. Mais regarde au-delà. C'est toi que tu dois découvrir et non pas te protéger de ta seule peur.

Je confirme sa remarque. Et je me replonge dans la lecture du roman. Bientôt l'heure de retourner dans nos "cellules" arrive, je range le tome 2 que j'ai fini et place le tome 3 dans mon casier.

De retour dans ma chambre, allongé sur mon lit, je me prête à une forme de recherche intérieure. Mais je sens que celle-ci ne me mènera à rien. Je pense savoir qui je suis. Mais je dois surtout savoir communiquer, et ce lieu me semble me l'interdire par toutes ses conventions et surveillances.

Mais comment sortir d'ici ? Ils ne me laisseront certainement pas sortir comme ça, avec un grand sourire devant, sans aucune entrave derrière. Est-ce le sens qu'il donne à sa phrase : 
- Reconstruire un autre monde, pas pour tout le monde, mais où la différence et le respect des pensées privées auraient leur place !
Un autre monde, où ce comguide ne deviendrait plus l'alpha et l'omega. Où les êtres humains communiqueraient, en sachant préserver leurs secrets, mais en leur laissant le choix de les divulguer à qui leur semblera de confiance. Un monde où nous ne sommes pas prisonniers de l'information formatée et qui devient de plus en plus claire pour moi comme un moyen de contrôle de la masse.

Mais comment faire pour sortir et surtout pour faire quoi, par quel moyen ? Avec qui ? Où ? Ce n'est pas ici que je trouverais la majeure partie de mes réponses. Il me faut réfléchir. Isolé dans mes pensées impénétrables depuis l'absence de ce comguide, cela me confère une puissance, une indépendance jusqu'ici que j'avais ignorées.

Mais je suis troublé aussi par ce qu'il m'a dit d'autre :
- Je n'ai pas tes capacités, tu as un espoir que je n'ai pas.
Certes, il veut m'aider, mais il semble que lui ait des limitations qu'il pense que je n'ai pas. Est-ce que d'autres pourront m'aider ? J'ai bien compris que certains gris actifs semblent répondre à des ordres des gris passifs pour les aider dans leurs actions dissimulées. Mais quel autre gris pourra m'accompagner, m'aider. Je ressens que la tâche qui m'est confiée ne peut s'accomplir seul. Ce serait même dangereux, un peu comme le délire du dieu vivant Leto. Je ne suis pas un dieu, ni un chef, et ce n'est pas le monde que je veux. 

Mon sommeil est agité, non pas mon corps, mais mon esprit, cherchant les différentes options, analysant les autres gris que j'ai croisés du regard pour voir si l'un ou l'autre pourrait être une source d'aide, de compagnonnage. 
Au matin, je n'ai pas vraiment des réponses, mais je sais que la discussion avec le gris passif portera sur ces concepts et ces questions. J'attends avec impatience le retour dans la grande salle commune...

Combat éternel à l'échelle de ma vie

Est-ce que je vole dans les cieux éthérés
A la recherche de l'idéal de ma vie
Est-ce que je plonge dans les entrailles noires
De mon enterrement sentimental impur

Quelle est la voie prise ? Construction maîtrisée
De mon humanité d'un esprit insoumis
Est-ce une voix, un cri ? Manteau d'un désespoir
Tout droit vers l'échafaud, percé par Excalibur

Ma bataille ne fait que las continuer
Prolongeant mes tendres années m'interrogeant
Sur la vie, sur ma vie, dans mon âme engluée
Portant avec l'âge des neufs engagements

Quelque soit le sort de cette lutte impalpable
Guerre fratricide, ne serais pas indemne
L'espoir me pousse à croire en un sort final viable
Où enfin je pourrais dire à nouveau je t'aime

Ego-Journal 23/

Face à mon refus d'imposer ma douleur aux autres, et à l'inverse ma volonté d'absorber les souffrances des autres pour les aider, je suis dans une schizophrénie caractéristique. Aider mais ne pas être aidé !


Papillon de nuit

Illusion d'un papillon de nuit, cherchant la lumière de l'amour
Réalisme d'un aliéné dont la folie de l'isolement en plein jour
Le rivage de mes sentiments est balayé par les bourrasques
Tempête dans mon crâne, fuyant les émotions et mes frasques

Mes pieds sont pris dans la nasse de ma perdition
Mes bras ne savent plus quoi tenir à par cette fiction
Mon corps halete, le vent entre dans mes poumons mêlant les embruns
Au sable de mon passé qui me harcèle et qui revient sans fin

Mon rythme s'est perdu dans les vagues ravageuses et puissantes
Se fracassant sur mes récifs, derniers souvenirs de mon amante
Mes yeux sont fermés, impuissant à observer ce monde
Mes oreilles sont sourdes aux appels d'une over-blonde

Le papillon cherche à battre des ailes pour s'envoler plus haut
A l'abri de ces remous, de ces remords, jusqu'à perdre son égo
Ses forces sont à bout, mais il persiste comme Sisyphe
Survivre et tenter de se sauver sont son avenir et son passif

samedi 25 février 2017

Désert 37/

Mon corps calmé, mon esprit est lui toujours profondément enfoui dans mes pensées. Qui suis-je ? Quel est ma voie, celle qui me correspondra ? Celle qui me permettra d'aborder cette immensité, tant minérale qu'humaine ?

Le sol sous mon corps est sec. L'eau de mes larmes et de ma transpiration a été totalement absorbée et je devine l'écoulement ayant alimenté la source souterraine. Je sens aussi que mon corps a soif, mais pas faim.

Avec un effort limité, sans interrompre cette recherche interne, j'absorbe quelques gorgées d'eau. Cette eau se répand en moi et fait l'effet d'une douche glacée qui m'aspire encore plus dans ma quête de connaissance.

Je laisse le flux s'opérer en moi, suivant l'eau s'écoulant dans tous mes organes, allant jusqu'à alimenter de manière virtuelle mon âme. Cette eau opère comme une chute, nettoyant tout ce qui recouvre mon être de ses impuretés. J'observe le limon s'effacer, laissant une entité propre et naturelle.

J'entrevois une partie de moi-même, dont je n'avais jusqu'ici jamais aperçu l'existence. Je décide de me remettre dans les dunes, sans utiliser les baies, pour essayer de garder ce regard clair et propre pour aborder mon existence et celle qui m'entoure.

Je crains à une impossibilité de rentrer en contact sans l'apport de cette drogue. Je tente de me raccrocher à ce point central que je découvre, unique et fondamental. Je laisse alors mes pensées et mon cœur s'associer à la multitude des sables m'entourant.

Je perçois d'abord de manière indécise cette présence extérieure. Elle est floue et son langage imparfait. Mais je suis ancré profondément et j'accepte de suivre les grains de sables, pour remonter vers les dunes, puis cet océan minéral. Le message s'affirme. La vision est plus claire, comme si les carreaux de ma vision était nettoyés. Je vois les mouvements, à la fois individuel, mais aussi collaboratif entre les dunes. Je comprends une part de la logique globale de ce flot de silice.

Ma perception atteint même des éléments jusqu'ici inconnus. Je vois ce refuge derrière moi, mais je vois aussi cet oasis étrange que j'ai rencontré par hasard dans mon voyage indécis. J'entraperçois d'autres oasis similaires, réparties de manière qui pourrait sembler anarchique mais qui relève d'une logique non humaine. Je vois également une forme de limite à cet océan. Je vois ainsi l'origine de mon périple, mais également d'autres lieux pouvant abriter d'autres communautés humaines. Je ne perçois pour le moment rien au-delà de cette limite, mais elle m'offre une forme de plan, de trajectoires possibles, qui pourraient assurer ma survie via ces oasis multiples.

Je ne sens pas de tension, ce fil qui me retient à moi-même. Au contraire, je sens que le fil est large et souple, et me permet de poursuivre mon exploration aux limites de cet environnement finalement borné. Je ressens les extrémités de ce désert, sans jugement. Celui-ci d'ailleurs m'invite à en découvrir ses bornes.

Je poursuis au fur et à mesure ce voyage éthérique, Je finis par revenir sur moi, avec calme et sérénité. Je suis enfin en phase avec mon environnement. Je n'ai pas encore trouver qui je suis, mais au moins je connais ce qui m'entoure, je le comprends. C'est sans doute le plus important.
Le principe général est de laisser venir ce monde extérieur près de vous, de l'observer, sans jugement, sans vous attacher à telle ou telle partie.
 Je retourne à l'intérieur, me nourris des baies et bois encore quelques gorgées, et décide cette fois volontairement d'aller m'allonger pour continuer cette exploration de mon être intérieur, dans un état d'équilibre et de paix. Mon sommeil sera conscient, je poursuivrais mon périple personnel.

Décompte absurde

Un deux trois c'est moi que voilà
Quatre cinq six tiens j'ai appris à compter
Sept huit neuf C'est un rythme échevelé
Dix c'est fini

Désillusion humaine

Mes espoirs s'envolent avant leur premier jour.
Mes rêves d'avenir sont fantasmagoriques.
Je n'ai même plus aucun désir artistique,
Tant je suis sûr de ne pas valoir le détour.

Si j'attends encore quelque temps pour mourir,
Outre le fait d'être pourri, sans volonté,
C'est parce que je veux voir le monde éclater :
Les hommes, en effet, puent la noire folie !

La meilleure chose serait d'exterminer
Les humains, ces êtres rampants, vils et cruels,
Et retourner enfin à la Loi Naturelle.
Dans la fureur, tachez, les bêtes, d'épargner...

Aucun homme ne mérite de nous survivre.
Ni femme, ni savant, ni artiste célèbre,
Ni qui que ce soit, ne doit échapper sur Terre
A la fin de cette humanité destructrice !

Folle danse

C'est une folle danse à l'envie répétée
Les galaxies suivent un ballet immuable
Où les couples parfois se font parfois instables
Mouvement infini ne saurait s'arrêter

Les étoiles tournoient centrées sur le trou noir
Finissant par se perdre en un vide absolu
Entraînant planètes, satellites, émus
Une course elliptique embarquant leurs espoirs

La vie sous toutes ses formes dans une valse
Interpénétrée, rythme endiablé et d'envies
Plaçant la survie de leur espèce à tout prix
Fragile équilibre, pour eux et leur comparses

L'humanité possède aussi son propre flux
Mais semble décalé, centrant l'identité
Au détriment du groupe et la fraternité
Attitude erratique au plancher vermoulu

Ego-Journal 22/

Mon isolement rejoint celui de mes deux personnages de mes deux romans écrits au fil de l'eau (Désert et Isolement ultra connecté). C'est une évidence, mais ce sont des allégories de mon existence. Mais je la ressens de plus en plus chaque jour. Je ne sais pour le moment où me conduiront  ces histoires, n'ayant aucune autre trame que mon propre subconscient.

Suis-je un aveugle seul dans un monde mal-voyant

Suis-je un aveugle seul dans un monde mal-voyant
Les intérêts de mes chromosomes semblables
Me sont si étrangers, les miens leur sont autant
Que je dois avoir une infirmité palpable

Suis-je un étranger de cet univers humain
Un héros impossible, amer et amoureux
Un zéro impassible, égoïste et peureux
Que je dois être né dans le mauvais écrin

Suis-je idiot ou génie éprouvant mes passions
Je ne veux comparer ne sachant quel repère
Ni supérieur et ni inférieur, désespère
De trouver à nouveau une semblable union

Fut-elle l'unique à me ressembler déviante
Et pourtant si vraie et mon âme sœur parfaite
Je ne vois l'avenir que comme une défaite
Mon handicap brisant toute fusion souriante


Et si l'amour m'était compté

Et si l'amour m'était compté
Serait-il un rêve ou un idéal sublime
Mais inaccessible tel le vent dans les cimes
Un sentiment inachevé

Serait-il une quête absolue et magique
Un chemin blanc même en été
Où mes traces ineffacées
Me mèneraient enfin très loin de ma logique

Serait-il la réalité
Le paradis sur terre embaumé par les roses
Une amie, une amante et mon cœur sans névrose
Âmes sœurs pour l'éternité

vendredi 24 février 2017

Le sable s'engouffre dans mes poumons noircis

Le sable s'engouffre dans mes poumons noircis
Par les cigarettes, au sein d'une tempête
Cette tornade aride émerge de mon cœur
Se mélangeant avec mon océan de larmes

Ce tabac blond est une érosion de ma vie
Une drogue subtile empoisonnant ma tête
Elle ne soigne rien, calmant mes sombres pleurs
Je suffoque d'amour, la perte de son charme

Mon corps de l'intérieur se détruit et pourrit
Pour me soigner il me faudrait être un ascète
Oublier les peines, les remords et la peurMe reconstruire enfin loin de tout ce vacarme

Je n'ose croire à ce rêve, si indécis
Mais ma raison s'accroche à cette pauvre quête
Comme une ancre jetée de ma barque en terreur
Passer du rouge sang ou noir morbide au parme

Mon cœur siffle à mes oreilles

Mon cœur siffle à mes oreilles, acouphènes
Un serpent au venin non mortel mais subtil
Il immobilise mon esprit, désespère
Donnant à ma vie un équilibre fragile

Mon sang le transporte dans tout mon corps si froid
Chaque cellule et ma raison y sont soumis
Mon âme à son tour est entouré d'un effroi
Comme un renard roux face à une souris

Refusant le combat, mes armes sont à terre
Non par lâcheté mais résigné à mon sort
Tel un condamné dans sa cellule de verre
Attendant l'injection lui imposant la mort

Un jour lèverais-je mes yeux vers d'autres cieux
Une nuit peut-être ce poison de s'enfuir
Mon avenir est flou, mon égo reste anxieux
L'espoir est faible de revoir ma flamme luire

jeudi 23 février 2017

La femme est l'avenir de l'homme

La femme est l'avenir de l'homme, son futur
La femme porte son passé et le transcende
La femme est son présent, son ciel est un azur
La femme est son repère aimante, douce et tendre

L'homme construit sa voie, engage des promesses
L'homme s'améliore, soignant ses émois sombres
L'homme respecte sa foie en sa déesse
L'homme se libère et s'envole, sort de l'ombre

Ce n'est pas un monde d'hommes, violant, rageur
Ce monde est féminin idéal et vivant
Ce monde n'est rien sans une femme, douleur
Ce monde est magique pour les chanceux amants

Mon monde ne connait plus quels chemins choisir
Mon monde n'a plus de racines pour survivre
Mon monde est un désert, douleurs et sans désir
Mon monde s'effondre tel un chalutier ivre

Je n'ai plus d'avenir, ma muse s'est enfuie
Mon passé me hante et me tourmente aux fers
Mon présent est vide, prisonnier de ses nuits
Mon amour confiné me maintient en enfer


Ego-journal 21/

Depuis que mon "ex" compagne a décidé de se séparer de moi, après promesses d'amitié sincère, il ne reste qu'une relation cordiale, à peine plus que celle que l'on accorderait à un voisin du même immeuble qui ne serait pas du même palier.

Cette situation me blesse énormément, car c'est comme une deuxième trahison. S'ajoutant à cela le sentiment irraisonné de me sentir coupable de tant de choses, dont jusqu'à la sensation de l'avoir violée sans le savoir, de n'avoir pas perçu les messages indicibles qui pouvaient signifier "non", même aujourd'hui sachant qu'à l'époque elle ne m'aimait plus.

Pour moi, le sexe sans amour n'a aucun sens, et je pensais que pour elle, il en était de même. A défaut de me sentir réellement coupable, c'est pour moi la première trahison, la plus dure sans doute à accepter.

Je ne peux qu'accepter ses choix, que ce soit la séparation ou les modalités de communication, par respect et par amour pour elle. Oui, malgré tout cela, je l'aime et je n'arriverais jamais à étrangler ce serpent douloureux de mes mains. Seule ma fin physique, dont je suis incapable d'être l'auteur, mettra fin à cet amour, si tant est qu'un autre monde n'existe pas après la mort.

Tous les jours, je erre dans cette multitude, comme un fantôme, invisible des autres. Mon corps ne montre rien, comme un animal blessé fait tout pour ne pas montrer qu'il est mourant pour éviter d'être la cible des prédateurs. Mon corps se meut, sans objectif, rythmé par des "obligations" professionnelles, ma raison m'obligeant à respecter mes engagements du passé. Mais pas une seule minute, pas une seule seconde, cet amour et la douleur associé ne s'absentent.

Si je suis plus âgé qu'à mes vingts ans, l'état dans lequel je me trouve est exactement le même, sans objectif ni avenir, me questionnant sur le sens de la vie. La différence est que cet âge m'a appris à assumer mes responsabilités et donc ne me conduit pas à la folie autodestructrice de mes jeunes années.

Mas je lutte toute la journée pour faire taire cet être en moi, ma réelle identité, pour assumer un rôle, comédie stupide et dénuée de sens, auprès de mes collègues. La simple question rituelle "ça va ?" me plonge dans une perplexité auquel j'ai du mal à répondre. Dire la vérité ne serait pas considérée comme convenable et adaptée, et donc je cherche toujours une façon détourner de répondre, presque innocente, pouvant être interprétée librement et de manière anodine, telle que "jusqu'ici, ça va".

Les médicaments que je prends me permettent de garder le contrôle de mon masque tragicomique, de laisser en sourdine cette solitude absolue, cette perte de repère totale du sens même de la vie. Mais je ne dois surtout pas oublier de les prendre à intervalles réguliers, sinon je sens monter en moi ma vraie personnalité, incontrôlable et puissante. Alors j'avale un cachet et je remets mon costume élimé.

Est-ce donc cela la vie ? Faire semblant ! Ne jamais être soi-même ? Si oui, pourquoi nous donne-t-on la vie ? A quoi sert-elle ? Alors oui, la créativité humaine peut être une réponse, tant morbides (bombe atomique, virus et autres atrocités idéologiques) que magnifiques (sculpture de Rodin Camille Claudel, poésie de Baudelaire, de Verlaine ou de Gérard de Nerval, les peintures de Van Gogh ou Delacroix, les livres de Victor Hugo, de Céline ou de Umberto Eco). Et c'est là une trace d'immortalité en quelque sorte, mais qui du coup rend la vie si courte et surtout dont les plus destructrices peuvent détruire à tout jamais toute traces.

Pourquoi ne peut-on pas simplement vivre ses sentiments, sans les cacher ? Pourquoi ne peut-on simplement ne pas être soi-même ? Tout ceci en respectant les autres bien sûr ! Pourquoi ?

Si

Si l'avenir venait à me rejoindre, ce serait sans doute un serpent chinois crachant du feu et tournoyant autour de moi. Il me brulerait enfin jusqu'aux entrailles et je serais enfin égal à moi-même, des braises ardentes brillant de tous leurs feux !

Si l'hivers venait à m'entourer, ce serait sans doute un glacier millénaires qui m'emprisonnerait dans un tombeau gelé. Il permettrait enfin à mon corps de ne plus souffrir, de ne plus bouger sans objectif, me donnant enfin une raison de rester immobile et contemplatif, infiniment statufié mais laissant libre place aux flots des mes pensées et de mes émotions, sans craindre une lutte avec cette chimie qui m'enserre.

Si le vent venait à m'emporter, ce serait sans doute un typhon qui me ferait tournoyer au dessus des flots majestueux de mes larmes répandues en océan. Je pourrais ainsi laisser libre cours à l'expression de cette solitude, de cette douleur, et mes larmes alimenteraient encore plus sa magnificence, donnant la pleine puissance à mon âme ainsi virevoltante.

Si l'amour venait à m'approcher, ce serait une illusion, un mirage du désert, qui me conduirait à m'enfoncer encore un peu plus profond dans ma prison mentale. Peut-être pourrais je ainsi en toucher le fond et remonter, ou au contraire m'y retrouver prisonnier, mais d'une certaine façon libéré, incapable d'éprouver quelques sentiments que ce soient.

Si la mort venait à me prendre, ce serait un voyage vers un monde nouveau et inconnu, ou tout serait possible, mais aussi rien. Je pourrais espérer enfin pouvoir vivre, ou bien me dissoudre dans l'espace, rendant mes particules aux étoiles ayant fait naître la vie, permettre le renouveau pour d'autres et pourquoi pas un monde meilleur.

L'oiseau bleu

L'oiseau bleu emporté par les vents ascendants
Ses espoirs de forêts vives et protectrices
Le sol filant sous ses ailes sans artifice
Soutient sa liberté, voyage vers l'avant

Il oublie ses peines, sa faim et son présent
Son vol majestueux émeut même l'artiste
Oubliant ses pulsions noires et destructrices
Le temps s'interrompt face au Soleil flamboyant

Son cri n'est pas douleur mais un appel vibrant
A la recherche de sa compagne et enfants

Sa quête est sublimée : il vit et il existe
Ne pouvant l'imiter, le poète s'attriste

mercredi 22 février 2017

Le monde se ferme devant mes yeux troublés

Le monde se ferme devant mes yeux troublés
Le brouillard envahit mon esprit et mon âme
J'erre dans l'univers de cette humanité
Plus aucune quête, survivant dans un drame

Faut il que je sois fou ou stupide, enterré
Comme un vivant mortel n'ayant plus un espoir
Abritant un cœur dans une chair putréfiée
Avançant sans savoir où il va, dans le noir

La foule autour de moi renforce ma prison
Cette solitude m'accompagnant toujours
L'amour vaincu avait su taire ce poison
Ses ailes m'ont quitté provoquant son retour

Je retrouve mes vingts ans avec plus de rides
Mais la souffrance et ma folie restent les mêmes
Malgré mes pleurs ma vie est un ouvrage aride
Et mes maux renaissent, phénix noir, aigle blême

J'ai goûté au bonheur au moins un long moment
Vingt cinq années parfois chaotiques mais belles
Je vais devoir payer jusqu'au bout du roman
Ce miracle accompli en damné immortel

Là le seul sourire qui s'offre à mon regard

Là le seul sourire qui s'offre à mon regard
Ne m'effraie pas même si celui-ci est froid
Ce visage a perdu toute vie, teint blafard
Aucune paupière ni lèvre ou même émoi

Aucune compassion mais un regard intense
Destiné à moi seul transperçant mes barrières
Dans ce désert humain, il me maintient en transe
qu'importe l'objectif, il ne date pas d'hier

L'ombre qu'elle porte peu à peu se rapproche
De mes sombres traces inexorablement
Un soir, je serais sous sa cape tel Gavroche
Perdant illusions d'être un jour un amant

L'infini s'ouvrira à mon âme défaite
Délivré enfin de mes souffrances, mon sort
Elle m'emportera tout, ma vie et ma quête
Je ne serais plus seul, pour seule amie la Mort

Ego-journal 20/

Et si le vent soufflait dans l'entre sens ? Et si les marées remontaient vers l'océan ? Et si mon cœur pouvait reconquérir mon amour éternel perdu ? Et si j'étais idiot ? Et si elle avait raison ?

L'avenir est un cours d'eau qui ne cesse de s'écouler, dont vous ne pouvez voir où va le flux ainsi devant vos yeux. Vous pouvez le suivre le long de la rive, mais cela restera votre présent. Au mieux verriez-vous le ruisseau se transformer en rivière, en fleuve et se jeter enfin dans l'océan, cette mort de toute chose. L'océan ne devrait pas me faire peur, car je suis poisson, mais d'eau douce, et non d'eau salée, même si mes larmes sont acides et salées.

mardi 21 février 2017

Parfois j’espère pouvoir écrire une de ces œuvres qui ravissent le peuple

Parfois j’espère pouvoir écrire une de ces œuvres qui ravissent le peuple
(J’entends par là les êtres humains). Mais je ne trouve rien à dire. Je ne sais que parler de moi, et encore si mal. J’aimerais écrire des choses qui intéressent, mais comment une entité (à peine construite, pour ne pas dire détruite) pourrait-elle intéresser une masse ?
C’est dommage car bien souvent je me dis qu’avec un peu de chance, je pourrais sûrement apporter un éclairage différent de cette pensée unique qui émerge de partout (d’ailleurs, j’en suis empreint, rien que l’expression le prouve). J’aimerais non pas imposer mon point de vue (qui y arrive ?) mais proposer un voyage dans ce que nous avons tous (normalement) : une âme, un cœur, un esprit. Ces trois entités constituent les seules réalités humaines auxquelles je crois.

Étrange vie

Étrange vie
           que celle-ci, qui fuit loin dans les étoiles mourantes. L'hiver se souvient d'un dégel et se rafraîchit la mémoire. L'espoir, dans un coin de la cheminée, s'active à rallumer les tisons d'un art déchu, déçu de sa solitude. En vain, les pages s'envolent. Le stylo retombe toujours à plat, et le livre dans l'oubli. L'ivresse poétique n'est plus de rigueur, passe maintenant le tabac, la télévision et le tempo : les 3 T. Parfois aussi quelques D... Mais silences, ne les tentons pas ! C'est interdit.

L'air noir,

L'air noir,
crasseux et vicié se répand dans mon âme désespérément abîmée. C'est un souffle permanent qui me ronge sans une pause ni un sursis. Je l'aspire dans mes poumons carbonisés, me délectant de cette souffrance inhumaine. Mon désespoir ajoute à ma perte une mélodie mortuaire qui sombre dans les gravats de mon esprit. L'hiver s'est installé dans mes veines et mon cœur déjà en oublie de rythmer ma presque vie. Combien de fois l'ai-je vécu ? Mais jamais si profond, si ancré !

Ombre parmi les ombres,

Ombre parmi les ombres,
mon esprit déraille et s'embourbe dans le désespoir le plus complet. Jeu fantasmagorique qui me fusille le plus petit espoir dès sa naissance.
L'avenir n'existe plus. Seul un passé lourd de tempêtes et de désertifications m'obsède aujourd'hui. Chaque jour est le même que le précédent, épopée d'une descente aux enfers cérébraux. Sans demain, il n'y a plus d'espérance ! Et je demeure sur mon calendrier à hier.
Je commence à ne plus savoir (ou vouloir savoir) qui je suis, où je suis. Mon 2e visage s'affiche de plus en plus nettement. Un visage buriné de colère, de folie et de peur. Je sombre... Non ! Je suis déjà, depuis longtemps mais j'en doutais encore, dans les fins fonds des abysses que peut comporter l'âme humaine. Absorbé par les limons d'une défécation sentimentale, mon cœur sent la m... Il pue également la charogne de mon corps.

Minutes qui s'égrainent et combats de titan (avant la séparation)

Minutes qui s'égrainent et combats de titan
se succèdent dans ma tête comme autant de coups de marteau que donne le forgeron pour donner belle allure à l'objet qu'il façonne.
Je me plains et pleure sur moi, nombrilisme insupportable qui m'accable. J'essaye de changer, d'opter pour l’optimisme mais toujours un vent nauséabond et putride vient souffler entre mes tempes raisonnantes.
Après le supplice de Tantale, le mien plus pervers encore car je ne suis pas seul impliqué, chaque fois que j'espère, mon désir s'envole dans la tourmente, et j'entraîne dans ma chute ( n'ai-je seulement un jour pas chuté ? ) l'être le plus magnifique qui soit à mes yeux charmés. Je creusais un trou pour moi, maintenant je le creuse pour deux.

Fumée lancinante s'échappant de mes doigts

Fumée lancinante s'échappant de mes doigts,
de mes lèvres, de mon cœur, de mon âme... Je ne sais plus où laisser vagabonder mon âme. Elle suit le courant vague d'un désert illuminé de peines et de désespoirs.
Et encore un éclair de plus se révèle de la mécanique : la vie s'illusionne de passe-temps que l'on s'efforce de rendre important.
Quand je prends mon stylo, j'ouvre devant mes yeux une fenêtre sur mon âme que je referme en posant le point final. C'est un monde tourmenté, noir et froid mais je l'aime. Il me porte plus loin et plus haut que cet autre, désespérément plat. Il est plus juste, moins absurde. Il est vivant. Lentement, s'entrouvrent de nouveaux horizons. Ils m'émerveillent malgré leur tristesse. Ils m'envoûtent. Je les reconnais et les parcours dans un silence respectueux. Je n'en oublie rien. Mes doigts caressent son étendue comme une plage de sable fin. Je m'y réfugie et refoule de toutes mes forces, celles qui me restent, cet autre monde qui n'est pas fait pour moi.
Je me diffère et j'en suis non pas heureux mais construit.

AmourE.T.

Dans une belle et ronde salle,
Se tient un doux couple jovial.
Le mâle, des ses douze bras,
Englobe sa superbe femme.

Dans une belle et ronde pièce,
Agglutinés avec mollesse,
Deux êtres font, heureux, l'amour
Avec des bruits rythmés et sourds.

Dans un bel et rond logement,
Leur orgasme est au fondement,
Et se traduit par un long jet
Provenant des trois yeux violets.

Et alors, bien liquidement,
Les deux formes se séparant,
Elles s'embrassent calmement,
Contentes, amoureusement.

Mon âme est fatiguée

Mon âme est fatiguée
Las de sa solitude
Mon cœur crie enragé
Du vide certitude

Mon miroir ne renvoie
Qu'une simple unité
Je n'entends que ma voix
Personne à qui parler

Et mes jours se succèdent
Mes pas me conduisant
Vers celle qui m'obsède
Cette mort qui m'attend

Sans aucun objectif
Je survie léthargique
Isolé et pensif
Absurde et non tragique

L'avenir s'est perdu
Avec ma muse enfuie
Le temps s'est suspendu
Prisonnier de la nuit

Et si le vent du soir emportait loin mes cendres

Et si le vent du soir emportait loin mes cendres
Ce qui me reste n'est qu'enveloppe charnelle
Mon âme a divorcé de ce corps temporel
Mon cœur est calciné par tant de douleurs tendres

Ma raison ne sait plus conserver l'unité
Un feu, non pas de joie, des enfers me consume
Chaque partie sensible est plongée dans la brume
Où l'avenir s'enfuit, pris dans cette fumée

Je vois en rêve le visage de l'aimée
Celle qui fut n'est plus, son absence me brûle
Attise les braises de cette solitude
Mon corps intact héberge un esprit dévasté

Une dernière fois si je pouvais voler
Face à mes idéaux, vivre enfin sans limite
Quête de l'absolu, toujours plus haut, plus vite
Et tel le fils d'Icare, au Soleil me brûler

Ma vie continuerait, portée par tous le vents
Sans jamais m'arrêter, cette immortalité
Offerte à mon amour le don d'ubiquité
Mes atomes portant l'éternel sentiment

Quel est ce monde ?

Les êtres humains sont ils tous malheureux
Ou font semblant d'avoir une vie simple et sourde
Ou certains ont vraiment vécu là amoureux
Quelle est cette danse où ma démarche est lourde

Tant de monde autour, combien sont ils vivants
Tant de couples main dans la main, font ils semblant

L'humanité est elle un amas dispersé
Ou une somme simple individualiste
Ou un produit des cœurs si idéalisés
Quelle est ma place dans ce corpus nihiliste

Tant de guerres, tant de souffrances en ce monde
Tant d'amours, d'entraides, comment il ne s'effondre

Je n'arrive pas à vivre une vie heureuse
Je ne sais pas faire semblant ou me mentir
Je ne peux pas vivre seul sans une amoureuse
Ni compter sur, aider l'autre, ne plus souffrir

Ce monde n'est pas mien, je ne comprends ses lois
Seuls mes idéaux font sens fondés sur ma foi

Je te regarde t'éloigner chaque jour un peu plus

Je te regarde t'éloigner chaque jour un peu plus
Comme une enclume au fond de la mer, je ne bouge plus
Mes lèvres souhaiteraient t'enlacer mais il y a trop de distance
Je sais que tu penses que je n'ai plus d'amour
Je sens aussi que c'est ce que tu souhaites sans détour
Malheureusement pour moi mon cœur ne saurait se calmer
Mais mes larmes sont pour moi et je me dois de les cacher
Depuis bien longtemps déjà hélas nos corps réunis ne se sont plus
Je n'ai pas eu la force de te rendre ta liberté
Aussi tu n'as pas hésité à t'en emparer
Mais si j'affirme que ce qui t'arrive m'importe peu
Rien n'est plus loin de la vérité à mes yeux
Tout ce qui te touche est plus important que ma propre vie
Et sans toi maintenant mon cœur et mon corps n'ont plus d'envie
Mais je ne veux plus te voir souffrir ou te savoir mentir
Je ne peux plus oublier ces moments où j'ai cru défaillir
Tu récolterais l'ombre de moi-même que tu serais gagnante
Aussi vis ta vie, adieu ma femme, ma mie, mon amante
Je creuserai un jour un peu plus que d'accoutumée
Et ce jour là tu n'auras plus à me supporter
Comme il disait : je t'aimais, je t'aime et je t'aimerais
Mais ce ne sera plus que dans ma tête, dans mes pensées

Ego-journal 19/

Il n'y a plus rien ni personne qui vaut le coup. Je me retrouve une fois de plus isolé. Je n'oublie pas mes fils, seules lumières de ma vie, ainsi que cette ancienne déesse qui m'a abandonné. Mais même pour eux, je ne suis pas certain, dans ces conditions, que ma présence puisse être bénéfique ! Bien sûr, cette expression "Je ne suis pas certain" signifiant exactement le contraire : "Je suis convaincu !"

Je n'ai plus hélas de doute sur mes qualités : d'esprit, pas grand chose, de génie encore moins, d'aptitudes trop limitées.
Que ce soit par l'écriture :

  • Ramassis d'écrits pleurnichards et égo-centrés (y compris celui-ci bien sûr, par excellence), n'apportant aucun plaisir ni réflexion à d'autres.
  • Ou amas d'écrits soit disant intellectuels, n'emplissant pas plus qu'un dé à coudre de discussion, digne de mat sup (maternelle supérieure, of course).

Que ce soit pour la vie de couple / famille :

  • Je ne suis pas un bon mari / compagnon, égoïste, fainéant et partiellement rancunier (sinon pourquoi serait-elle partie ?)
  • Mes excès (qu'ils soient sexuels ou non) sont incompris (et heureusement qu'ils le sont)
  • J'ai eu des amours de jeunesses, mais cet amour là, celui de l'adulte, était nouveau, entier, complet et sans doute trop extrême. Cette quête d'absolu est sans doute le plus lourd de mes défauts.
  • Je ne suis pas certain d'être un bon père pour mes enfants.
Que ce soit pour le théâtre :

  • Piètre écrivain, il est normal que le comédien soit aussi mauvais. Déjà le rôle que je joue au quotidien est de plus en plus mauvais, mais ce rêve qui traîne depuis que je suis tout petit s'évanouit dans mon désespoir, hors de portée, comme un souvenir amer, une rancœur de plus.
  • Jamais compris, j'aurais aimé être poussé, encouragé.
Je ne suis bon que lorsque l'on croit en moi, que l'on me pousse. Hélas, rien ni personne ne m'a encouragé. On me laisse trainer tout seul dans ma boue où je m'enfonce. Et l'abandon que je subie ne fait que renforcer cette absence de support, cet absence de communication, ne se maintenant qu'à un niveau de palabres cordiaux, ne fait que renforcer la dépréciation de moi-même, et ainsi l'abandon de tout espoir, de toute projection.

Et comme je suis conscient de ma médiocrité, jamais je n'oserais m'approcher à nouveau d'une autre femme. D'abord car cet amour actuel ne peut pas mourir, il est celui de ma vie, au sens premier. Et si je devais accorder quelques attentions, tendresses vers une autre femme, j'aurais l'impression au mieux de lui mentir, au pire de me mentir en jouant le rôle du "mari parfait".

Ma solitude est ma condamnation, ma névrose ma punition. J'ai eu une parenthèse de près de 25 ans, mais elle s'est refermée, et me revoilà à mon point de départ, qui était déjà un point de non-retour.


lundi 20 février 2017

Ego-Journal 18/

Créer ! Créer mais pourquoi ? Mais pour qui ?
Sans cesse, mon esprit assaille mon cœur de questions sans réponses ! Mon cœur saigne mais ne sait pas comment il doit se panser ! Mon âme et mon esprit s'envolent mais ne savent pas quoi penser !
Quel est le but avoué ou inavoué de cette quête ridicule ? Et si c'est une quête, qui est le passant qui en sera taxé ? Est-ce pour ce égo au centre de mon âme, désirant être reconnu, être aimé ?
Est-ce par besoin de créativité ? Est-ce pour la gloire, lumière blafarde comparée à mes espoirs ?
Pourquoi suis-je insatisfait ? Pourquoi je m'enfonce ? Pourquoi je creuse cet habitacle en planches serrées autour de moi, cette villa de vacances éternelles ?
Pourquoi ce stylo me plante son ancre dans mon cœur comme une seringue d'eau salée ? Pourquoi je l'enfonce encore et encore ? Pourquoi ?

Si le vent souffle dans mes cheveux

Si le vent souffle dans mes cheveux
C'est pour nettoyer toutes ces toiles
Qui hébergent tant d'araignées
Mon cerveau est devenu le caveau
De mon âme asphyxiée
Mon corps a réussi à immobiliser
Mon cœur afin me mieux le violer
Et l'étendard de la folie a disparu
Seul reste son ombre devant mes yeux monochromes
La couleur qui me reste est celle de mes veines
Alors d'un revers de main dans mes cheveux
Je souffle le vent de l'oubli

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 7/ (chapitre 9)

Dans la salle commune, le livre sur la table, je lis. Simultanément, un échange discret se met peu à peu en place entre moi et le gris passif. La nuit, mon subconscient m'ayant permis d'étendre mon vocabulaire secret et discret.

- Je me sens en danger
- Le danger est partout, mais il te fait continuer à te chercher
- Comment et quoi dois-je chercher ?
- Toi ! Qui tu es !
- Pas mon nom, je suppose. Mais quelle voie ?
- Non, quelle voix !
- Je me sens perdu, isolé.
- Tu l'es pour le moment, mais un autre avenir peut s'offrir à toi.
- Quel avenir ?
- Tu devras le trouver par toi-même.
- Vas tu m'aider ?
- Je le fais déjà.
- Et toi ?
- Je n'ai pas tes capacités, tu as un espoir que je n'ai pas.

A ces mots, silencieux, j'éprouve une solitude mais aussi et surtout une peine pour cet homme qui me regarde et veut m'aider, alors que lui-même ne semble pas pouvoir y parvenir.

Mais alors comment peut-il savoir ce que je peux faire ou pas ?

- De quelles capacités ?
- Ton empathie, ton intelligence et surtout que ta prison numérique se soit cassée jeune, te laissant ainsi tout l'avenir pour te reconstruire.
- Mais pour quoi faire ?
- Reconstruire un autre monde, pas pour tout le monde, mais où la différence et le respect des pensées privées auraient leur place !

Je comprends à peine le raisonnement. Mais je vois le lien avec le comguide, qui limite énormément les intimités. Mais c'est en même temps une telle avancée pour l'humanité, qui enfin se comprend. Pourquoi vouloir s'en débarrasser ?

- Le comguide n'est-il pas une avancée pour l'humanité : plus de guerre, plus de conflit, plus de malentendu !
- Mais à quel prix ! Peux tu aimer quelqu'un sans avoir la réponse immédiatement, ne laissant pas la place au temps nécessaire ?
- Mais autant savoir tout de suite !
- Et si ce n'était qu'une question de temps ?
- Mais si c'est toujours négatif ?
- Ta douleur devrait être ta propriété. Pourquoi priver l'humanité de l'espoir ?

Je comprends partiellement.

- Il me faut réfléchir.
- C'est bien ce sur quoi je compte...

Je me remets à lire le livre et découvre des rites, des forces surnaturelles, des possibilités de communions intergénérationelles, une liberté de penser et d'agir. Certes la guerre est présente, mais un espoir guide le héros. Cet espoir est sans certitude, et risqué, mais il est présent et s'affirme de jour en jour.

Je dois sans doute suivre le même chemin...

Mes rivages bleutés sont désormais falaises

Je la vois sans mes yeux
Je la respire au loin
Je la caresse en rêve
Je l'aime sans retour

Tant d'années comme un dieu
Le bonheur pour témoin
Ma déesse était Ève
Son cœur n'entend plus, sourd

Mes rivages bleutés sont désormais falaises
Ma vie est un cercueil, ensevelit vivant
Le ciel est nuageux, sans orage ou malaise
Je voudrais de mes mains aller là, de l'avant

Mes ongles écorchés
Je ne peux me sortir
De ce caveau mental
Mon cœur maintient l'étau

Mes rimes dénudées
Me font-elles pourrir
Mon essence vitale
Ou préserver ce flot

Mon encre est morbide, noire et sans un espoir
Le papier numérique est glacé, immaculé
Mes rêves s'effacent, je n'ai plus rien à croire
Mes doigts saignent tapant ces maux inachevés

L'outrage divin ne sera pas impuni

L'outrage divin ne sera pas impuni
Quoi Vous vous permettez les pires infamies
Au-dessus des lois vous vous croyez Que nenni
Il ne restera rien quand on aura fini

La folie meurtrière emplit les cœurs impurs
Elle siège sur un royaume déchu
Les larmes y semblent comme des vergetures
Et dans ce vacarme là seul l'amour s'est tu

L'idolâtrie noire a de plus en plus d'adeptes
C'est comme un malheur qui sans cesse se répète
Ici bas l'homme n'est pas vainqueur C'est la bête

L'espoir se désagrège un peu plus au matin
À la vue de ce vide infini et malsain
L'esprit l'âme et le cœur se perdent dans mes mains

La vie, sombre désir violent

La vie, sombre désir violent
qui n'en finit pas de me torturer les viscères. Je crois voir le phare au sommet d'une vague, mais l'écume bientôt me recouvre sans savoir si elle sera le couvercle de mon tombeau marin. Les fonds abyssaux, quand bien mêmes noirs et obscurs, je les trouve plus lumineux quant à leur finalité : m'éloigner des gens à qui ma présence représente le pire supplice que l'on ait inventé.
Écrire revient à une sorte de trace ultime des choses ou gens que je détruis, une sorte de stèle, de monument aux chers disparus. Mais bientôt aussi, j'aspirerai cette ultime et dernier vestige de mon passage destructeur auprès de moi. Et là, libre de tout souvenir, de tout bonheur, libre de tout sourire, je ne serai plus... Sauf peut-être Amour.

La ville oubliée

La ville oubliée
              s'est étendue à mes pieds jusqu'à l'océan des quantiques. Dieu les autres corrigent le bonheur à toute heure, idolâtrant chaque individu irisé d'un diable endormi. Coucou, fait-il, riant de son sourire agacé, grinçant de ses dents manquantes et nacrées. Fuis ! Ou meurs ! L'ivresse inhalée d'une bouteille me rappelle l'odeur pénétrante d'un souvenir d'été. Martelage de crâne, et scie mécanique sur mes tempes, l'orage gronde et éclate en rivières de son dans l'univers vide de mes sombres espérances exilées.

Le silence plane

Le silence plane
sur le monde englouti par les flots de peines. Pourquoi faut-il donc qu'ils viennent tous ? Ne peuvent-ils pas vivre ? Allez savoir l'oraison de l'or orangé !
Le sang afflue à son cœur comme les larmes à ses joues : Sont-elles plus vraies que nature ? Ou sont ce des comédiennes jouant Shakespeare en tenue d'Ève ? Ca fait si mal de vivre ! Alors pourquoi cet instinct de survie si ce n'est que pour souffrir plus ? Faut-il rougir des pensées que l'on a ? Il est un Napoléon à Waterloo : il a conquis des terrains en lui mais il a trouvé plus fort que lui, lui-même ! On ne peut lutter contre son ombre et sortir indemne. Elle est toujours plus rapide, toujours !
Bientôt, il va se retrouver seul... Sans barrières... Qu'adviendra-t-il de lui ? De ce soi névrosé, psychopathe, mégalomane, misogyne et égocentrique ! L'Oraison funèbre est proche. Silence...

L'enfant de Noël

L'enfant pauvre regarde à travers la vitrine
L'étalage alléchant de mets les plus diverses :
Caviar, pâtes en croûte, foie gras, terrine.
Tous ces plats n'iront vers ses chemins de traverse.

Alors il va plus loin, près d'une devanture
Où les plus beaux cadeaux partout sont exposés :
Jeu vidéo, peluche et petite voiture.
Tous ces jouets n'iront jamais nous l'amuser.

Il aperçoit soudain un être revêtu
D'une capeline rouge, grand barbu blanc :
Il ne croit pas ce que voient ses yeux si émus.

Il s'approche, espérant un miracle divin.
Mais le personnage le renvoie, tout tremblant,
Faute d'argent. Se meurt son rêve, pas sa faim.

Sombres soupirs divaguant sur les plaines orientales

Sombres soupirs divaguant sur les plaines orientales
et dévastées d'un royaume sans fin ni plaisir. L'Orage du zénith disparaît dans les limbes tracés de l'azur ignoré. S'il faut écouter les chants sibylliques des cavernes sculpturales je veux être sourd pour l'éternité. Quoi ! L'avenir ? L'énormité persuasive du monde querellé est à la mesure de l'ignorance passive d'un temps passé sur les mers intérieures. Le poète se rompt le cou sur les rimes insensées de sa vie désarticulée. Son cœur libre comme le vent voyage et parcourt les contrées les plus lointaines et pourtant si proches de son âme.

L'hiver naît partout, de l'espace entre deux mains, du silence entre deux cœurs, du froid entre deux bouches asséchées, de la mort entre deux parties de l'être vivant et souverain. Rien ne saurait faire renaître un printemps qui ne veut plus bourgeonner. Il faut le tuer tant qu'il est encore temps. Assassinons le avant qu'il nous suicide ! Tuons l'amour ! Ou c'est lui qui nous étranglera avec la corde jalousie ou nous noiera dans l'eau bourbeuse des doutes, rumeurs et infidélités. Tuons-le de peur qu'il ne survive ! Tuons le de peur qu'il nous fasse vivre, de peur qu'il nous force à vivre, à pleurer, a être libre de nos actes ! Tuons le pour être enfermé, pour être condamné ! Tuons-le pour notre mal, pour le bien ! Tuons le et tuons nous ! Amen !
                          Dieu n'est plus !

L'ACTE

Le silence pleure un être cher disparu.
Non, il ne pleure pas d'une tristesse amère,
Mais bien d'une joie immense, pure et nue,
Lui accordant le droit d'une vie éphémère.

Il accepte ce choix, le reconnaît meilleur.
Sa vie n'étant jonchée que de nombreux malheurs,
Ses illusions et son idée du bonheur
Pulvérisées, sa vie n'était plus que laideur.

Son acte n'est pas bon, il est juste le mieux.
Qu'importe les suites, il s'est offert sa chance :
Sortir de ses prisons, de son cœur orageux,
De son corps sulfureux, de son âme en errance.

Ainsi pourra-t-il échapper aux apparences,
A ce monde où l'amour se corrompt et se vend,
A ce monde où l'argent détient plus d'importance
Qu'un simple être humain ou que ses sentiments.

Les larmes d'Apollon coulent sur l'Iris

Les larmes d'Apollon coulent sur l'Iris
Flamboyant du Soleil levant
Au loin le temple joue
L'apparence appauvrie de l'hiver
Ne se situe que dans le restant
Du Monde, proche de l'Amazone...

L'automne pointait son nez

L'automne pointait son nez et les feuilles brûlaient doucement.
D'un pas alerte et délié, l'homme marchait, droit et posé.
Nerveusement, plongea sa main droite dans sa poche au côté.
Il se dirigea vers un portillon, s'arrêta un instant.

Un escalier s'élevait, qu'il gravit, pesant son poids à chaque pas.
Ses sens en éveil, il arriva près d'une porte qui l'attendait.
Elle se tenait là, impassible, près de la porte entrebâillée.
Les regards se croisent, un instant s'arrête et il reprend pas à pas.

Elle ne dit rien. Il passe son bras dans son dos, d'un coup sec,
Défait sa robe qui tombe dévoilant tout jusqu'à son sexe.
Il la jette sur le lit, se défait, l'embrasse. Alors l'amour commence.
Silencieuse au début, petit à petit ronronne, gémit, en transe.

Alors allongés l'un l'autre, se reposant, les deux amants sont épuisés.
Elle le regarde, de ses splendides yeux envieux, plutôt intéressée.
Lui, ne dormant que d'un œil, aperçoit ce regard étrange.
D'un bond, il se lève et entame une course tel un ange.

Mais trop tard, la femme se lève et d'un terrible coup de patte,
Ramène son mari peu chanceux et le dévore en commençant par la tête.
Une fois son repas terminé, elle se rhabille des pieds à la tête.
Elle descend les marches de l'escalier, ses yeux en agates.

Alors aussi sûrement que son ventre est plein, elle marche
D'un pas alerte et scandé, droite et posée, la femme marche.
Nerveusement, elle ravale une mandibule qui dépassait.
Et dame religieuse s'en retourne, car maintenant vient l'été.

dimanche 19 février 2017

La vitre de mon appartement s’ouvre sur la vie

La vitre de mon appartement s’ouvre sur la vie de la rue de mon quartier. J’y entends les bruits des enfants qui déroutent mon esprit de ses pensées usées. Cela commence par des cris suraigus, des rires qui éclaboussent le goudron comme une pluie d’été après une longue période de canicule. Les tons sont de manières indifférentes masculines ou féminines. Je les observe, conscient de leur inconscience juvénile. Et pourtant je ne suis pas sûr que les enfants soient aussi ignorants de ce qui les attend. Cela se poursuit par le bruit des pas sur le béton, tout comme des bottes mais avec le désordre propre au jeu. On pourrait presque toucher leur appréhension de devenir adulte, de prendre des responsabilités que les adultes ont rejetées, de voir la mort trop tôt. Lorsque je les vois ainsi se dissimuler les uns aux autres, je me demande lesquels ont déjà pris conscience de la finalité de cette maladie que nous leur avons donné, la vie. Je me rappelle ma propre histoire et cette sensation particulièrement insupportable de l’infini dissimulé entre mes doigts, de cette distance sans limitation simplement entre deux de mes doigts. Plus j’essayais de les faire se toucher, plus je réalisais de l’immensité de la distance sans mesure qui les séparait. Plus je tentais de sentir le contact de mes phalanges, moins mon corps se définissait par son enveloppe. Je me rendais ainsi compte que mon esprit avait beau être tout puissant dans mon âme, mon corps, ce char sans assaut, n’était pas tout puissant et se trouvait limité par une barrière dont ma peau ne pouvait constituer la seule fin. Je n’étais pas propriétaire de ce corps dont les propriétés me dépassaient très largement par des lois dites universelles. Et lorsque j’ai compris quelques années plus tard que ce qui était pour l’espace physique, l’était aussi pour l’espace sentimental, ce cœur a priori sans limite mais pourtant cantonné à des émotions préprogrammées ou autorisées, ce fut sans doute le début de mes efforts de reconquêtes de mon espace intérieur. A travers cette fenêtre, je conçois intellectuellement un monde qui réunirait les trois grâces, à moins qu’elles ne soient même la sainte trinité. Mon esprit observe et analyse les informations que lui transmettent mon corps et ses cinq sens, informations filtrées et adaptées par le canal de mon cœur. Aucune vérité ne saurait s’en extraire, mais une complexité d’images, des sensations impressionnées de chaleur humaine. Le prisme de mon âme s’éprend de ma vie comme le lit de la rivière laisse s’écouler son eau vers l’aval. Boueuse ou claire, le flux ne saurait s’interrompre, aucun barrage ne peut contenir indéfiniment sa force intrinsèque, régie elle-même par des règles bien supérieures. Et sans savoir si un jour mon esprit comprendra ce que représente la vie dans cet espace indiscret, sans discontinuer, mon humeur s’empare de mes jours et de mes nuits.

L'ombre large et puissante s'immisce dans les foyers

L'ombre large et puissante s'immisce dans les foyers incertains des rats de l'apocalypse. Ils ne savent pas où terrer leur peur démesurée et sans complexe écrase le reste d'humanité qu'ils cachaient. C'est un étrange bal auquel participe le monde inachevé d'un désert innocent. Les valses mortuaires succèdent aux rocks endimanchés des curés de la paroisse, laissant traîner leur bure sur le plancher recouvert de stupre. L'œil malicieux, l'orchestre italique aligne les airs viciés, l'instrument suprême, la faux, parcourant l'épaisseur des êtres avec facilité. Tourne, tourne et tourne encore! Tranche, tranche et tranche encore le fil de ses vies désarticulées, illusoires et perdues dans leur propre rêve de grandeur désavouée! Chacune d'elle n'offre aucune résistance, s'y étant préparée. C'est un spectacle décousu, sans costume ni masque, l'ombre s'y accorde avec délice et sera seule dernière lors du dénouement, du salut final.

Désert 36/

Comme d'habitude, mu par un automatisme ancré après ces semaines passées ici, mon corps s'approche des jarres, mon esprit contrôle les quantités.

Et je me retourne vers l'entrée étroite. La nuit est tombée. La Lune, en quartier descendant, se présente dans l'entrebâillement, comme un appel au réconfort, en même temps qu'un indicible désespoir. Mes pieds me portent dehors et me place à une distance satisfaisante de cet abri et mes jambes se croisent en position de méditation.

Je plonge mon regard intérieur sur moi-même, cherchant se point central, sur lequel je vais pouvoir m'ancrer sans me perdre. Je consolide les liens avec ce moi profond, cette identité que je veux inaliénable. Puis je laisse venir les étranges mouvements, pensées immatérielles de ces dunes environnantes.

Je pousse mon esprit à filtrer et à ne conserver qu'une vision d'ensemble. Je vois les dunes s'accumuler dans ce désert immense. Mais aucune compréhension d'ensemble ne se dégage. C'est comme une multitude d'humains où les intérêts peuvent différer. La société humaine tend à appréhender ces contradictions, avec plus ou moins d'efficacité et d'égalité. Mais je sens que cet ensemble est là plus cohérent qu'il n'y paraît.

Je prend une dune, puis l'autre, les compare, essaye de comprendre leur interactions et leurs individualismes. Je perçois une forme de logique, non pas rationnelle, au-delà des mouvements impliqués par le vent et les marées lunaires, mais une sorte d'organisation complémentaire. Chaque dune influant sur l'autre, partageant ses composants, ses grains de sable.

Je vois les éléments fondamentaux passer de l'un à l'autre. Je m'approche trop de l'atomicité et je sens mon fil tendu de ma conscience me prévenir du danger. Je m'en écarte doucement et reprend de la distance.

Je file de dunes en dunes, et constate que cette organisation, une forme de communauté dont le vent et les forces tectoniques constituent le véhicule de leur communication. J'appréhende, ou du moins je tente, de m'immiscer dans ce langage indicible. Ma compréhension est limitée, mais la logique inconsciente, ne passant pas par ma raison mais mon âme, s'éclaire peu à peu.

Je suis le chemin, tracé par le vent. Je suis les houles souterraines poussées par les forces tectoniques et la force gravitationnelle de la Lune. Je sens un discours, unis et dispersés. Il n'y a pas de discordances, même si les effets sont différents entre chaque dune.

Je prolonge mon voyage. Quel enseignement en tirer ? Pourquoi ce voyage ? Qu'est-ce que Helan m'encourage à chercher ?
Le principe général est de laisser venir ce monde extérieur près de vous, de l'observer, sans jugement, sans vous attacher à telle ou telle partie. Puis de les observer par essence, non par morceaux, mais par principe ensembliste, ce qui les rassemblent et non ce qui les rend unitaire.
 Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec le monde des hommes. Les forces externes sont similaires : la faim, le désir, le pouvoir, l'amour, ... Mais ce sont des éléments tellement personnels, comment les assimiler à cette logique d'ensemble ? L'humanité recherche le bonheur et à se prolonger dans le temps, que ce soit par la reproduction ou par l'envie indéniable de laisser des traces pour le futur, que ce soit en art, en architecture ou en savoir.

Voilà les points communs ! Bien sûr, nombreux sont réfractaires à ces aspects. Ou plus exactement, ils n'en tiennent que très peu compte et agissent autant pour les ignorer que pour assouvir leur propres objectifs, souvent contradictoires, avec ces objectifs communs. Faut-il chercher cette part d'humanité commune, encourager l'humanité à emprunter ce chemin irréel et pourtant fondamental ?

N'est-ce pas là le message que veut me faire passer Helan ? Au travers d'une allégorie du désert et de ses dunes, comprendre que les êtres humains sont autant de grains de sables qui interagissent sans savoir qu'ils font partis de dunes, les sociétés, elles-mêmes faisant partie d'un tout, l'humanité ?

Mais mon passé, le rejet de ma propre communauté remonte soudainement à la surface de ma conscience méditative. Le lien ancré me tire brutalement sur moi-même, interrompant toutes prolongations de ces réflexions. Je suis obligé de mettre fin à mon voyage passif. Je me sens épuisé, non physiquement, mais moralement. Le conflit qui s'opère en moi est difficile à cerner. Suis-je encore agressif ou psychologiquement trop lié à cette douleur de la séparation de mon écosystème humain ?

Je retourne dans mon abri. Je pleure à genoux sur le sol. Mes larmes ne sont pas de la haine, mais de la souffrance d'une âme qui n'arrive pas à s'ouvrir au futur, prisonnière encore de son passé.

Il me faudra lire encore d'autres rouleaux. Il me faut avancer. Je n'ai pas d'autres choix. Ce n'est pas ma survie physique qui est en jeu, mais la stabilité même de ma personnalité, ce qui fait de moi un être humain. Allongé maintenant par terre, mon corps est secoué par les saccades de mes larmes. Celles-ci sont si puissantes que ma respiration est difficile. Mon corps à son tour se fatigue. Je n'ai pas la force de me ré-alimenter. Je reste ainsi allongé, le corps transit d'une forme d'épilepsie émotionnelle.

Doucement, très doucement, je laisse mon âme exprimer ce qu'elle implore, je laisse les larmes couler le long de mon visage, celles-ci immédiatement captées par le sol, où je sais que par un jeu de filtration elles vont alimenter la source d'eau souterraine. Mes éruptions se calment, Mon corps sombre dans le sommeil, allongé là, sur le sol frais.

Ce chemin est dangereux, difficile mais surtout douloureux. je ne veux pas renoncer à qui je suis, et je sens bien que ce n'est pas la voie qu'Helan me propose. Mais je ne suis pas encore prêt. Je m'enfonce et disparaît dans mon subconscient.

Nuit d'été

Le vent se promenant
Parmi les dunes et forêts,
Recrée des sentiments
Doux, frais, voluptueux, secrets !

La mer, au loin, nous berce
D'une douce clameur salée !
Et ses senteurs disperses
Nous ouvrent les portes sacrées !

So why, baby, did you left him?

So why, baby, did you left him?
And why weren't you loving him?
Why is he now crying alone?
Tell him baby, why did you gone?
He had you, now he just has pain.
He was with you. Now is the rain
On his face and in his poor heart.
It was so nice now it's too hard.
He was feeling like a real man.
Now he's feeling like a deep shame.
In the past, he had a future.
About present, he's no more sure.
Baby, Why did you not killed him?
It may be better if you did
Rather this way he takes slowly.
He's loosing his mind surely.
He's got the power in him.
Yes ! Now, he just has to find it.

I look all around me

I look all around me.
I'm looking for answers.
And what I found, sister,
Despairing, is not free.

I only found, my dear,
Loneliness and, you guess,
Now it's where is my death.
Don't wanna see your tears!

I'm waiting someone
Can tell me why you're gone,
Why now I am alone.
Explanation : No one!

I only found, my dear,
This feeling : emptiness.
And that's where is my death.
Don't wanna hear your creams!

I never want 'hurt you.
So why did you to me?
And why did you left me?
I'm losing without you.

What did you said, my dear?
Don't care 'bout your grief.
Cause now comes my death,
I can have creams and tears.

He can't stop this mad dreams

He can't stop this mad dreams
Taken' his head this way.
He can't stop, his heart screams
When he thinks to your play.

He's always thinkin' 'bout
Your face, your smile, your kiss.
Damn! You did put him out!
And he did lost your leaps.

Baby, don't let him lone
In his world. It's so cold.
Baby, please, take your phone
And tell your love, like you told.

He's loosing his poor mind.
His heart clams tenderness.
Without you, he's so blind.
Call him before his death.

Baby, don't let him lone
In his world. It's so cold.
Baby, please, take your phone
And tell your love, like you told.

So baby, call him on.
He loves you, U know it.
Remember what you've done.
U can again feel it.

Baby, don't let him lone
In his world. It's so cold.
Baby, please, take your phone
And tell your love, like you told.

Baby, he'll never ever be alone.
His world will go back hot,
Baby, if U take your phone.
He will show you his love.

Baby, don't let him lone
In his world. It's so cold.
Baby, please, take your phone
And tell your love, like you told.

Ange ou démon

Mon bonheur attaché à celui de cette autre
Se veut une fusion, deux âmes libérées
D'entraves sociales, absorbant les pensées
Les lourdes souffrances, où nos deux cœurs se vautrent

Cette quête absolue est-elle une illusion
Où j'entraîne malgré moi ma tendre amoureuse
Dans des abysses las pour elle dangereuses
Suis-je le seul pouvant écouter ses sillons

Ange ou démon, que suis-je, amoureux ou bourreau
Ma quête est-elle unique et trop inaccessible
Fusse mon âme sœur, un absolu nuisible
Lors que mon intention visait les idéaux

L'ais-je enfermée dans ma recherche d'absolus
Prisonnière d'un cœur infini dépressif
Alors que je voulais nous guérir sans récif
Mon rêve est décédé, son amour est perdu

Devrais-je limiter mon existence au vide
Pour survivre malgré tout dans ce monde aride
N'être qu'un robot de plus, vivant mais livide
Perdre mon âme et mes rêves trop idylliques

Désert sentimental

L'amour est triste et gris, un silence inhumain.
Rien ne lui ressemble, il parait insondable.
Sujet des tragédies et toujours si soudain,
La mort le suit partout, compagnon misérable !

Si le silence sourd s'immisce, sans espoir,
Entre deux amoureux perdus dans leur passion,
Alors fatalité s'unit au désespoir,
Laissant écorchés vifs ces êtres d'exceptions.

Cette monotonie mentale en leurs regards
Sonne le glas mortel du feu incandescent.
L'incendie de l'amour, après ces grands ébats,
Ne trouve plus matière à demeurer ardent !

Les forêts secrètes une fois consumées,
N'offrent plus les attraits que l'on imaginait.
L'amour d'un jour s'éteint, s'envolant en fumée,
Le rêve cédant sa place aux larmes, aux regrets.

Le plus pur sentiment que l'on puisse éprouver,
Est taché de douleurs. Il respire un parfum
D'abandons et de pleurs, sinistre, ensanglanté...
Le poète, pourtant, le croit de sang divin.

À t'il tort ou raison ; nul ne saura jamais !
Mais lui, de tout son cœur, s'accroche à cette idée...