mardi 31 janvier 2017

Ma rose si rouge veut changer de couleur

Ma rose si rouge veut changer de couleur
De ce symbole amoureux
Elle se transmute dans un blanc de douceur
Et ceci me rend malheureux

Mais à tout prendre, ne vaut-il pas mieux souffrir
En silence au fond bien caché
Et mon âme à ses pieds et tout point lui offrir
Mon cœur restera là blessé

Et la voir tous les jours, lui perler d'amitié
La soutenir dans ses souffrances
Seront un baume pour ne pas être oublié
Je serais son ami d'enfance

Mon cœur dira oui et mon âme dira non
Deux âmes réunies en paix
Sauront dépasser ce douloureux abandon
S'embrassant, chastes, à jamais

O joie O bonheur O amour ennemi

O joie O bonheur O amour ennemi
N'ai-je donc souffert que pour être sans vie
Je vois le temps mort passer Il m'écrase
Je vois le temps qui me reste m'embrase
Je connais le futur je le discerne
Mais de joie aucune Rien que des peines
Un couteau me transperce froid dans mon cœur
Comme une larme précède l'autre dans la douleur
Je connais mon avenir mais pas sa date
Aussi ai-je peur Faut il que je hâte
Ma douleur en serait intense mais peut être moins
De toute façon je n'aurai pas de lendemain
Quel étrange dilemme Mon esprit voit les contradictions
Là où ma raison me parle mon cœur me dit non
Là où la petite voie m'invite au bonheur
Mon sang se glace et tue le rêveur
Pour d'autres l'oiseau serait colombe et candeur
Pour moi prend des reflets de Phénix destructeur
Je me retrouve dans mon avenir confiné
Dans mon passé comme si rien n'avait progressé
Je suis à mon point de départ avec mon ticket d'illusion en moins
Mais quelques bagages encombrant et douloureux en plus
D'où mon avenir m'appartenait je suis déjà loin

De ma fin jamais n'aurais été si près du but

Je ne comprends pas

Je ne comprends pas
Je ne saisis pas
Que voulez-vous dire
Pourriez-vous être plus précis
Le monde selon vous est mort
Mais moi je vis
Vous dites, la survivance est déchue
Je ne vous suis pas
Je ne suis pas vous je sais
Je sais ce que je ne sais pas
Quel monde Quels gens
Je suis seul
Parlez plus fort Je n'entends rien de ce que vous criez
Où est ce monde dont vous parlez
Où sont ces gens aujourd'hui disparus
Y a t il jamais eu un monde
N'y a t il jamais eu seulement quelqu'un
Que chuchotez vous
Qu'est ce que vos dents acérées sifflent
J'ai détruit ce monde
J'ai tué ces gens
J'aurai fait cela sans m'en souvenir
Mais quel être serais-je donc
Pouvez-vous me nommer
Pouvez-vous m'identifier
Allons, ne restez pas silencieux
Faites actionner vos cordes vocales
Insufflez de l'air dans ces fils vibratoires
Vous ne dites plus rien
Vous ne bougez plus
Vous n'existez plus
Qui, Qui pourra me dire
Qui pourra répondre à mes questions
Qui suis-je Qu'ai-je fait
Qui Qui Qui Qui Qui Qui

             Pas moi !

Lourd silence qui s'installe dans le vestibule de mes pensées,

Lourd silence qui s'installe dans le vestibule de mes pensées,
le souffle d'air envahit l'espace vide qu'occupaient mes souvenirs. Non, ils n’ont pas disparu. Ils se sont dispersés dans les recoins éloignés de mon âme. Ils sont là, tapis, dans l'ombre, attendant leur heure pour ressortir au grand jour et reprendre un pouvoir qu'ils n'ont jamais abandonné. C'est comme un jeu de cache-cache dément où le furet détruit ses cibles comme du carton, papier mâché d'inquiétude.
Je les entends qui veillent autour de moi, à côté de moi. Leur feu de camp me brûle insensiblement. Chaque jour, un peu plus carbonisé, des photos jaunies viennent se greffer à mes yeux fatigués, des mélodies alimentent mes pavillons sourds, des larmes se remémorent, en génération spontanée, des scènes que j'aurais aimé oublier.

Des corps, des regards, des lèvres, des cheveux se pressent et m'oppressent. Je voudrais les écarter mais elles sont en moi, je les crée. Rien ne saurait les faire disparaître. Seul moi, ce moi pourri, futile, prétentieux, ce moi là en se consumant flambera toutes ces vielles archives de mon cœur.

L'oiseau de feu se prépare à redécoller

L'oiseau de feu se prépare à redécoller
Il pointe de son bec le ciel rougi du soir
Ses yeux pétillent à la lumière irisée
Ses griffes sont serrées comme un dernier espoir

Il s'élance étendant ses ailes mordorées
A l'assaut du vent qui rugit pris de folie
Au dessus de cette plaine sans nouveau né
Plaine jadis sanglante aujourd'hui sans un cri

Elle fut théâtre de bouleversements
Maintenant si calme elle n'est qu'un cimetière
D'amours vaincues de peurs passées de sentiments
Le dernier soubresaut est celui-ci si fier

Cet oiseau vaguement volant virevoltant
Lâchant le vil linceul des émotions fanées
Sur cette plaine de son ombre recouvrant
Les sommets les vallons dans un soupir gêné

Et encore cette musique lente rentre dans mes neurones,

Et encore cette musique lente rentre dans mes neurones,
telle un serpent froid sifflant l’hallali de mes derniers instants. La mélodie est toujours la même, un sempiternel refrain qui ne change pour rien au monde. Je connais l’ensemble de ses paroles, de ses notes, de son tempo. C’est comme une leçon si bien apprise que je ne suis plus capable que de la répéter encore et encore, robot de mes sentiments congelés. Un hiver n’est rien lorsque l’âme s’est perdue dans un désert gelé d’espoirs déçus. Parfois je me réveille avec une envie subite de sortir de mon état. Cette poussée est souvent si soudaine que je n’ai pas le temps de la mettre en pratique, je suis rattrapé par le quotidien Mais lorsque l’espace ne me fait pas défaut et que le temps s’allonge suffisamment, je crois alors pouvoir m’échapper de ma condition pré-calculée. Hélas, le refrain me revient tel un boomerang et vient percuter mon cerveau déjà malade, brisant les faibles remparts d’une pensée bien trop fragile. Je me recroqueville alors, espérant comme un ange qui viendrait me délivrer de cette situation inextricable, car je n’en ai pas les clefs. Je suis mon geôlier et mon prisonnier. Mon âme refuse de trouver la combinaison qui ferait s’écrouler cette prison. Il faudra bien pourtant qu’un jour (ou l’autre) que je sorte de cet isolement. Non pas pour vous rencontrer, je n’en ai que faire, mais pour me visiter, me connaître et me maîtriser. Avant que de devenir humain, il faudrait que je devienne vivant…

lundi 30 janvier 2017

Désert 22/

Ma méditation se termine et je me dirige naturellement vers les ressources contenus dans ce lieu étrange et symboliquement bien construit. Ma nourriture et ma boisson avalée, je regarde à nouveau le message sur le mur.
Il vous faut rester humain
Certes, mais humain sans humanité autour de soi, ce n'est pas une vie que l'on peut trouver agréable. L'humain est un être sociable, dit-on. Mais il fait tout pour que cette socialisation soit faussée et pleine de sous-entendus qu'il m'est impossible d'appréhender. Tous ces visages souriants quant ils voudraient vous insulter, ou pire qu'ils vous maltraitent. Celui qui torture sourit, et pourtant il est certain que l'on est très loin de la fraternité si chère aux principes moraux de notre société.

Seul je suis, seul je reste. Je ne l'ai pas choisi, mais le fait est là. Rien ne peut changer cela. L'exil est dans le fond une forme de privation de faux-semblants, et d'une certaine façon une libération de mon être intérieur. Mon esprit vole et court plus vite. Certes mon cœur explose régulièrement en revoyant les traits de cette douce et tendre amie. Je ne peux lui en vouloir. J'étais, non, je suis si différent qu'il devait être impossible de vivre de cette façon, où l'absence de mot vaut plus que tous les discours mensongers et prometteurs.

Me recentrer ? Non, je ne le souhaite pas. Je ne m'intéresse pas à ma petite personne. Seuls les humains, les vrais, ce qui ne parlent pas ou peu, ou quand il disent quelques choses, ou l'écrivent, le font de manière réfléchie et riche de sens. M'isoler, je le suis déjà. Non, il me faut découvrir des personnes telles que Helan. Mais où les trouver ? Je ne peux pas partir de ce lieu sans avoir la moindre idée d'une direction, d'une piste, d'un espoir.

Dehors, le Soleil brule à nouveau. Ma transe a donc durer toute une journée. Je décide de retourner voir à nouveau cette stèle qui semble cacher peut-être un message qui pourrait m'aider.

J'ai beau faire le tour, l'ausculter sous tous les angles, effacer le sable, creuser avec mains le sol tout autour. Rien ! Aucune trace, aucune fissure, aucune serrure, aucun mécanisme ! Seule cette inscription gravée elle aussi avec finesse :
Vous trouverez, si vous arrivez à l'ouvrir, quelques traces de mes expériences
Mais c'est bien là le problème ! Comment l'ouvrir ? Je tourne autour, comme un lion en cage chercherait un moyen de sortir et de sauter au coup de son geôlier. Mon cœur s'accélère et mes pieds vont vite. La sueur coule le long de mes tempes, dans le creux de mon dos. J'entends même gorge pousser un hurlement, que je ne connaissais pas. Un hurlement ! Ou plutôt, si, je le connais. C'est celui que mon âme exprime mais sans bruit physique. L'onde vient du plus profond de mon ventre. Je tourne et tourne encore. A force, je grave à mon tour dans ce sol meuble un sillon, comme un message, mais qui n'aurait d'autre signification que... que ? Que la folie !

Je dois me reprendre ! Je dois me calmer ! Je hurle à nouveau, m'agenouille au sol et cogne avec mes poings ce sable cruel et sec. Je cogne et cogne encore. A chaque coup, mon ventre pousse un cri rauque et puissant. Je cogne jusqu'à ce que mon corps soit épuisé. Ma tête tourne, mes jambes me lâchent et je m'écroule sur le tapis de braises blanches. Je reste ainsi, ma respiration réduisant son rythme lentement. Mon esprit reprend petit à petit le contrôle de cet excès d'émotions. Je quitte la bête surprise et coincée par les chasseurs et leurs chiens aux dents agressives. Lentement, très lentement, mon corps se détend. Avec un effort énorme, je me traine jusqu'à l'abri. Dans un sursaut de survie, je saisie à pleine main des baies et bois plusieurs gorgées d'eau.

Comme un escargot trainant sa carapace lourde de ses passions, je me hisse sur la dalle servant de couche. Je m'écroule et plonge immédiatement dans un sommeil profond. Tout mon être s'enfonce et se calme dans une torpeur où la fraîcheur de ce lieu m'entoure d'un nuage réconfortant.

Voyage dans mes souvenirs émus

Voyage dans mes souvenirs émus, je me rappelle à ma souffrance. Elle ne m'a pas oublié et entretient cette sorte d'amitié qui nous lie. Nous avançons par moment sur des chemins parallèles, elle ne me tient pas la main. C'est inutile, je la suis.
La vie s'étend derrière moi comme un champ de détritus, décharge de mes pulsions passées. Mes espoirs recherchent nourriture au sein de ces déchets. Ma quête ne s’étend nulle part, oiseau de foi enchaîné à mon poignet. Ses griffes sont depuis fort longtemps émoussées, le fil des larmes lui tranchant ce qui lui en restent.
Mes mots se perdent dans les méandres de mon esprit, les plans n'étant plus mis à jour.



Tenir ces lettres là unies, entrelacées
Sans faiblir de la main mais mon coeur décimé
Accoler les mots les plus insensés sans peur
Empreints de sensualité et de terreur

Faire voguer librement les phrases sans fin
Engoncées dans mon âme asservie sans destin
Souffler un vent sanglant sur ce blanc parchemin

Créer une tempête inouïe d'émotions
Dans l'oeil du cyclone ressourcer ma fiction

Pour arracher de mon encre mes impressions

Solitude, la fleur sauvage

Solitude, la fleur sauvage.
Rien ne l'empêche de grandir.
Tous les terrains lui sont fertiles.
Ses pousses sont mues par la rage.

Elle est une mauvaise plante.
Parasite de nos passions,
Maîtresse de nos réactions,
Sans gêne, elle est parfois sanglante.

Nous rendant plus seuls que ne sommes,
Elle nous tient loin des amis.
Ses pétales nous éblouissent,
Font ignorer les autres hommes.

Épineuse elle blesse à mort.
Croisée une fois, on l'oublie.
Mais est présente en soi à vie,
Marqué au fer rouge, âme et corps.

Il ne sert à rien de pleurer,
Solitude est la fleur séchée,
Entre coeur et âme pressée.

Et moi qui ne sais que pleurer.

Désert sentimental

L'amour est triste et gris, un silence inhumain.
Rien ne lui ressemble, il paraît insondable.
Sujet des tragédies et toujours si soudain,
La mort le suit partout, compagnon misérable !

Si le silence sourd s'immisce, sans espoir,
Entre deux amoureux perdus dans leur passion,
Alors fatalité s'unit au désespoir,
Laissant écorchés vifs ces êtres d'exception.

Cette monotonie mentale en leurs regards
Sonne le glas mortel du feu incandescent.
L'incendie de l'amour, après ces grands ébats,
Ne trouve plus matière à demeurer ardent !

Les forêts secrètes une fois consumées,
N'offrent plus les attraits que l'on imaginait.
L'amour d'un jour s'éteint, s'envolant en fumée,
Le rêve cédant sa place aux larmes, aux regrets.

Le plus pur sentiment que l'on puisse éprouver,
Est tâché de douleurs. Il respire un parfum
D'abandons et de pleurs, sinistre, ensanglanté...
Le poète, pourtant, le croit de sang divin.

A-t-il tort ou raison ; nul ne saura jamais !

Mais lui, de tout son coeur, s'accroche à cette idée...

Je voudrais connaître entièrement mon aimée.

Je voudrais connaître entièrement mon aimée.
Je veux être sueur sur son corps dénudé
Pour connaître toutes ses formes élancées.

Je veux être la chaleur dans son corps en vie,
Circuler dans ses veines, dans sa chair intime,
Avoir ma connaissance d'elle approfondie.

Je veux être son amant pour la faire aimer,
Pour lui faire l'amour et apprendre à l'aimer,
Oublier ses défauts, garder ses qualités.

Je veux être son ami pour la soutenir,
L'écouter et la comprendre, la faire rire.
Je voudrais mon aimée, entièrement chérir.

Car je transpose en elle mon humanité,
J'ai besoin d'elle et son amour pour exister.
En quelque sorte, l'ensemble de nos désirs,
Nos passions, n'est là que pour cacher mon délire.

Et c'est consciemment, pour éviter de souffrir,
Que je m'enferme toujours plus dans mon martyr.
Oh bien sur, ce n'est pas blessure ensanglantée,

Mais ma solitude, ne puis la partager.

Fleur embaumée, avez-vous encore une âme

Fleur embaumée, avez-vous encore une âme
Vos parfums effacés Vos rêves agités
Le souffle du vent vous a là abandonner
Vie artificielle sans passion mais un drame

Vos pétales figées ne sont plus butinées
Par les vols gracieux d'abeilles amoureuses
Vos bourgeons sonnent une cloche malheureuse
Ce n'est pas le dur hivers qui vous a piétiné

Une lame tranchante a coupé votre tige
Une main autrefois douce a pétrifié
Votre sève à jamais, vous rendant estropiée
Aucun regard charmant votre âme qui se fige

Faut-il que vous l'aimez cette main amoureuse
Pour qu'aucun regret ne trouble votre beauté
Jamais ne se fanera dans ce cercueil doré
Sans odeur à humer, statufiée et glorieuse

La lumière me fuit

La lumière me fuit
Éblouissant ma vie partout m'accompagnée
Et la Lune me nuit
Elle était mon amie mais m'a abandonné

Les yeux les voient pourtant
Mas ma prison souillée de ses barreaux m'isole
Un masque m'étouffant
Cachant ces eaux salées coulant pour mon idole

La fleur embaume l'air
Mais d'un parfum pourri, ses pétales tombées
Ses racines en terre
S'apportent plus la vie, ses bourgeons abandonnés

Le vent, la pluie sont vifs
Mais c'est un torrent lourd, chavirant cette barque
Par à-coups successifs
Mon cœur par cet amour, bruler aux fers, sa marque

Désert 21/

Sortant de ma transe, je me rapproche des jarres et à nouveau nourrit mon corps, et d'une certaine façon mon esprit. Les mots de Helan résonnent encore en moi.

Apprendre, c'est savoir que l'on ne sait rien et que l'on ne doit jamais s'arrêter.

Je dois apprendre. Mais par quoi commencer ? Je n'ai aucun livre, hormis cette trace du passé respectable. Elle est un guide informel, mais c'est à moi de tracer le chemin de ma conscience. Que pourrais-je apprendre ?

L'idée est tellement évidente, que je n'ose la formuler. Ma voix, depuis longtemps éteinte dans cette désolante solitude, s'exprime avec une force que je ne lui connaissais pas : 

Je dois apprendre QUI je suis !
Oui, c'est par cela qu'il faut commencer. Connais-toi toi-même et alors seulement, tu pourras communier avec les autres, si tant est qu'ils en aient la capacité. Mais s'ils ne l'ont pas ? Peu importe...

Je décide de faire le tour de cette battisse construite de façon si intelligente et avec une conscience d'une grande qualité. Un premier passage ne me permet pas de discerner quoique ce soit de particulier. Mes pas me poussent à m'écarter légèrement et à agrandir ma vision de cet espace unique. Sur l'arrière, à l'opposé de cette entrée étroite, j'aperçois ce qui à première vue pourrait être une dune, mais il n'en est rien, car sa forme n'est pas arrondie, comme les seins d'une femme. Elle possède un aspect plus linéaire sur certains de ses flancs. M'approchant, j'enlève le sable qui s'est éparpillé dessus, au grès du vent. Une autre inscription y apparaît.

Je suis Helan. Si vous trouvez cet espace, c'est que vous avez décider d'emprunter un chemin difficile mais au combien riche et profondément humain. Vous trouverez, si vous arrivez à l'ouvrir, quelques traces de mes expériences, du moins celles que j'ai pu transcrire avec une intelligibilité, car les mots parfois ne sont pas suffisants à exprimer la pensée la plus pure. La lumière la plus vive n'est pas celle que l'on croit. Que votre voyage soit beau !
J'efface le sable qui entoure ainsi cette stèle, mais je ne discerne aucun signe d'ouverture, aucun mécanisme. Je ne vais tout de même pas détruire ce socle. D'autres pourraient venir plus tard et avoir besoin eux aussi de ces traces. Il me faut donc trouver la solution à cette énigme.

Je m'écarte mais ne vois aucun trou qui pourrait servir de clef ou de levier. Je ne distingue aucune séparation dans les éléments, comme si tout était un seul et même bloc de roche. Et pourtant, l'invitation est claire, il me faut l'ouvrir. Le Soleil est déjà haut dans le ciel, et la chaleur commence à devenir étouffante.

Je décide de retourner dans mon refuge, à l'abri des rayons brûlants, et me remet en position de tailleur, pour méditer à ce coffre emplit d'une connaissance d'un homme cultivé. Mes mains se posent l'une sur l'autre et je sens la chaleur, non pas du Soleil, mais de mon corps qui m'envahit, prend possession de l'ensemble de mes muscles, le sang affluant oxygéné à mon cerveau en pleine concentration. Mais est-ce que ceci me servira à me connaître ? Est-ce un test ? Est-ce un leurre ?

Ma respiration devient profonde et je m'habitue maintenant à cet état de transe, lente et profonde. Le temps passe, mon corps se repose, mes émotions passent sans que je les rejette, et mes pensées aborde cet environnement comme un infini que je serais capable d'observer.

J'avance à de longue foulée sans me languir

J'avance à de longue foulée sans me languir
L'avenir envahit le vide sans vieillir
Je me répands largement le long de ses berges
Et c'est en tant que poète que je m'immerge

Les minutes se meuvent au sein de mon âme
Dans un envol larvé mais néanmoins vénal
L'horizon irisé s'étend bien trop tranquille
Sur les plaies suppurées du souvenir subtil

Si la vie susurre ces sanglants secrets
Aux portes de l'empailleur aux privilégiés
Sans doute espère t'elle un soubresaut sacré

Qui prendrait à bras le corps leur vitalité

C’est souvent que j’observe cette feuille blanche luminescente à l’écran.

C’est souvent que j’observe cette feuille blanche luminescente à l’écran.
Je la fixe, me demandant ce que je vais bien pouvoir y écrire cette fois. En fait, ce que j’écris m’importe peu. Ce qui m’importe, c’est écrire. Écrire encore et toujours, en essayant de réveiller un tant soit peu cette masse gluante de gens autour de moi, cette masse informe qui refuse de réfléchir. Ils ne veulent surtout pas penser, c’est trop fatiguant, ça prend trop de temps.
Il faut bien vivre. On ne peut pas s’occuper de tout. On ne peut pas passer son temps à se morfondre, à réfléchir : il faut agir.
Certes, toutes ces remarques, je les connais. Je ne suis pas d’accord avec elles. L’homme se doit de réfléchir. Il a un cerveau, ce n’est pas que pour engendrer des bénéfices. C’est aussi pour se pencher sur des débats futiles. Ce n’est pas que pour réfléchir comment déplacer telle ou telle unité de développement ailleurs où c’est moins cher, mais c’est aussi réfléchir à ce que nous sommes, des êtres humains après tout.
Pour ma part, ma vie ne me convient pas. Je ne me sens pas de cette époque. Suis-je du passé ? Suis-je de l’avenir ? Je ne sais pas. Mais je ne suis pas de cette époque ! Comment rester insensible aux émotions ? Nous sommes humains et nous refusons de vivre nos émotions ! Nous sommes humains mais nous préférons rire de blagues bien grasses plutôt que d’évoquer des envolées poétiques.


Ma tête s’envole parfois au-dessus des nuages

Ma tête s’envole parfois au-dessus des nuages
Elle regarde autour d’elle espérant un signe
Mais rien de ce que vous pouvez faire ne changera ce étalage
Un sourire, un pleur, une blessure interne m’assassine

Vous pouvez me regarder de travers
Vous pouvez me traiter de jeune homme sans expérience
Vous pouvez me bannir de votre univers
Rien n’y fera je ne changerai pas ma démence

Je préfère vivre à 200 à l’heure, sans espoir d’un demain
Je préfère souffrir plutôt que de ne rien ressentir
Je préfère vous haïr plutôt que d’ignorer votre main
Pour moi la nuit commence plus que votre jour à luire

Les émotions se bousculent dans ma tête et je ne les ordonne plus
Je les suis du regard, de la plume, de ma larme
Je ne maîtrise plus rien de ce qui m’entoure
Je suis spectateur de ma propre déchéance, je suis, je serais mais je fus
Pour moi le passé va plus vite que mon avenir sans charme
De tout ce que j’ai pu vivre, ce qui fut vaut le détour

Pourtant je vais de l’avant, histoire de brouiller les pistes
Mais je ne mes fais aucune illusion, le passé est mon avenir
Je regarde ces fantômes du futur se refuser à moi
Leur voile virevolte autour de moi cherchant une prise
Mais je reste insensible à ces murmures sans vieillir
Je ne veux plus regarder mon cœur ni mon âme sans émoi

Je veux vivre et mourir car c’est le lot de tout être humain
Et je suis humain, même si je ne vous reconnais pas le droit
De vous prénommer humain à votre tour
Je veux aimer et souffrir car mon cœur ne voit pas plus loin
Je veux pousser mon ego au-delà de votre effroi

Là où votre chemin fait un large détour

Larmes de mon cœur, viens plus près.

Viens côtoyer ce moribond des sentiments, ce spectre d’un jour nouveau, celui qui verra les serpents de la bêtise m’envahir. Venez plus près encore, fixez bien mes yeux. Vous n’y verrez pas la moindre larme. Vous n’y verrez pas le moindre remord, juste quelques souvenirs, quelques traces de vielles gouttes salées, séchées, tombées depuis fort longtemps. Rappelez-vous ce temps où les papillons se réveillaient le long de mes veines, ils envahissaient mon corps, mon esprit, ma tête. Je volais toute la journée et encore plus la nuit. L’oiseau de nuit était mon compagnon favori. Il m’aimait telle un rapace aime son lapin favori. Maintenant, je ne suis plus capable de le maîtriser. Je ne connais plus mon terrier, ni le cocon qui pouvait permettre ma transformation. J’ai interrompu ma chrysalide pour des considérations qui me sont étrangères. Les règles de ce monde ne sont pas les miennes, je les réfute, mais je ne sais pas lesquelles accepter. Pourquoi ma transformation a t’elle étée interrompue, j’aurais pu devenir un être de sentiment, une âme en accord avec son cœur. Je ne suis qu’une coquille vide qui ère dans ce dédale d’êtres humains, ce paysage vide de sens. Chaque individu coure vers une destinée qui n’est pas la sienne mais celle imposée par le système. Qui verra enfin ce dont je parle ? Qui pourra enfin répondre à mes interrogations, à mes affirmations ? Qui pourra me dire si j’ai raison ou bien si vous avez tort !
Comment considérer cette humanité ? De toute façon, elle n’a pas longtemps à survivre ! L’homme a heureusement conçu la montre pour lui indiquer l’heure de sa propre disparition. Mais qui pourra lire cette heure ? Qui enfin pourra déchiffrer ces symboles étranges disposés en cercle autour de deux aiguilles n’avançant même pas à la même allure ?
Et si les horloges disparaissaient ? L’homme survivrait-il ?

La maîtrise du temps est illusoire : l’homme lui-même l’a inventé, pourquoi ne le maîtrise t’il donc pas ?

Trop souvent à mon goût, mon humeur est chagrine

Trop souvent à mon goût, mon humeur est chagrine
(et j'emploie ce mot volontairement, tout démodé qu'il soit). Je sens mes pas qui ralentissent, mon pouls qui ne sait plus battre la mesure, mes yeux qui n'osent plus regarder. Je ne veux à ces moments là qu'écrire, mais je ne sais quoi. J'ai des projets plein la tête, mais aucun ne voit le jour par peur, par faiblesse, par manque de courage, par paresse. Je voudrais pourtant écrire une œuvre qui fasse dire aux autres, oui, c'est quelqu'un. Je veux être quelqu'un. Mais dans ce monde de faux semblants, ce monde sans âme, comment pourrait-on être quelqu'un ? On peut "faire comme si". Mais on ne peut pas réellement être quelqu'un. Je ne sais pas combien de temps cette corde tendue et trop fine tiendra avant que je ne trébuche sur une dernière version de mes larmes abîmées. Je suis tellement perdu que je ne sais même pas quel style d'écrits je souhaite réaliser. Alors en attendant, j'écris ce journal, pauvre journal sans intérêt. Je l'écris au fil de mes doigts, sur cet écran d'ordinateur bien trop impersonnel !

Je plonge les mains tendues en avant

Je plonge les mains tendues en avant
Je voudrais rattraper ce collier de sentiments perdus
Je voudrais pouvoir l'égrener à ma guise
Je voudrais pouvoir compter ces perles
Je voudrais les faire admirer par les pêcheurs
Sentir leurs regards envieux, leurs mains désireuses
Voir leurs yeux avides de blancheur nacrée
Mais au lieu de lumière Je m’enfonce de plus bel
Dans ce marécage d’un subconscient trop pressant
Le poids de cette masse énorme sur mes épaules
Me fait sombrer un peu plus dans cet océan malin


Malin mais pas salin, la perte de connaissance
Empêche la souffrance
Les esprits pressurés ne sont plus perméables
Ni à la lumière, ni à la nuit, le gris prédomine

dimanche 29 janvier 2017

J'ouvre la fenêtre de ma conscience

J'ouvre la fenêtre de ma conscience
Et ce que j'y vois n'est que désert
Le sable vole partout s'infiltrant dans mes veines
Il inonde le moindre espace de solitude

J'ouvre la fenêtre de ma conscience
Et ce que j'y trouve n'est que mort
Une sensation de froid répandue dans mon cœur
Une vague submergeant mon esprit retranché

J'ouvre la fenêtre de ma conscience
Et ce que j'y sens n'est qu'amertume
Une pluie fine s'insinue profondément dans mes rêves
Elle draine mes espoirs dans le lit de mon âme

Je referme la fenêtre de ma conscience
Et ce que j'y laisse n'est que vide
Un abysse où mes émotions s'enfoncent à jamais

Un monde sans lumière sans avenir sans âme à venir

Réflexions

Sous le vent, les idées s'affolent. Elles s'envolent, et tel un torrent, s'effondrent sur les rochers de mes émotions. Je n'oublie pas de concilier mon âme, mon cœur et mon esprit dans des combats parfois semblants séparés, mais ayant toujours en commun cet être imparfait volant d'idées en idées, de peur en souffrance, de quêtes en illusion.

L’oiseau étend l’ombre de ses ailes

L’oiseau étend l’ombre de ses ailes
Sur le paysage raviné des souvenirs futurs

Galet après galet, l’espoir s’émousse emporté par le temps
Remonter le lit serait accepter la couche
De la camarde, gantée de cuir à l’approche de l’ombre

Botté de plomb, les émotions se cramponnent
A la moindre aspérité pour ne pas être emporté

Le vol noir circulaire guette la moindre occasion
Pour fondre, serres en avant, sur la charogne en
Putréfaction au fond de cet océan sans lumière

Les algues font croire à un paysage statique
Alors qu’il ne cesse de s’effriter

Déjà la côte est loin et le courant emporte
Les folies les plus gaies les joies les plus folles
Quelle sera la plage qui recueillera ces os brisés


Vogue l’âme sur les flots argentés

Vogue l’âme sur les flots argentés
Des pleurs amoncelés
Parcours les plaines sombres et boisées
Abritant des rêves inachevés
Ne te retournes pas, il n’est plus temps
Qu'importe le passé, va de l’avant
Tes chaînes sont lourdes et bruyantes
Ton allure sera lente
La Lune guidera tes pas, oiseau de nuit
Jusqu'à mon cœur qui ne te fuit
Oiseau moqueur, sombre rapace
Vois-tu ? Mon sang déjà se glace
Mon cœur n’a plus le temps de me réchauffer
Il est par trop occupé à pleurer
Mon ventre se noue à l’idée
Que mon âme et mon cœur isolés
Ne viennent dans cette forêt à pourrir
Forêt de larmes, forêt de souvenirs
Lentement l’aube se lève
Et tout comme la sève
Mon sang se remet en marche
Comme un sursis que j’arrache

Comme un vautour affamé

Comme un vautour affamé
Ma peine attend sagement son tour
Elle piétine ce cœur ardent, cet esprit futile
Elle le méprise et en fait son valet
De son coup déplumé, elle essuie mes larmes asséchées
De son bec crochu, elle embrasse mes lèvres nues
Son haleine de charognard
Ranime ce corps sans vie sans vaines
Mes mimes riment sur mes veines
Le sang qui s’écoule sur mon sein
Ne connaît ni le repos ni le frein
Il file sans une peur sans une gêne

L’aube se lève encore sur ce flot sanguin

L’aube se lève encore sur ce flot sanguin
Menant une ombre de vie jusqu’à ce cerveau
Son activité n’est pas aussi flamboyante
Que cet astre pour nous éternel et divin
Je n’ai toujours pas entrouvert mon noir tombeau
Et pourtant mon âme ne veux être vivante

Ce cœur oppressé ne sait plus combien de temps
Il a essayé d’aimer ne sait que saigner
Cette larme toujours prompte à venir glisser
Le long de cette face d’où s’enfuit le sang

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 2/ (chapitre 4)

Chapitre 4


Au matin, la porte une nouvelle fois ouverte, je me dirige vers la salle commune. Les beiges ne font plus attention à moi, car je suis sans doute un patient calme à leurs yeux. J'aperçois que le gris passif qui m'avait donné le papier hier me scrute avec discrétion. Je le regarde perplexe mais avec une forme de questionnement. A mon expression, il esquisse un sourire qui'il réprime immédiatement, sans doute de peur d'être vu. Je cherche encore à comprendre ce message.

Je me souviens de la blanche écume

Je me souviens de la blanche écume
Je me souviens des plages dorées
Je me souviens du regard que tu portais sur moi
Tendre douce câline
Non câline tu ne l'as jamais été
Je me souviens des crises de larmes
Je me souviens de la peur
Je me souviens d'un baiser
Je me souviens de ce temps qui n'est plus
Et qui ne sera plus jamais
Je me souviens de toi de moi de nous
De personne
Je me souviens d'un temps où j'étais heureux
Je me souviens d'un temps où j'étais malheureux
D'un temps où je savais pourquoi
Où je ne savais pas
Je me souviens de ce temps où nous étions ensemble
Je me souviens et tu ne te souviens pas

Je me souviens qu'il m'a fallu pleurer
Puis rire
Pour ne pas montrer que tu avais gagné
Je me souviens qu'il a fallu me taire
Alors que je voulais crier
Je me souviens qu'il a fallu que je vive
Alors que je voulais mourir
Je me souviens des promesses
Je me souviens des aveux
Je me souviens du temps passé
Chaque parole avait son poids
Où chaque geste était ma loi
Je me souviens de tout
Tu ne te souviens de rien

C'est la même histoire qui recommence
Sans fin
Sans fin dans ma tête
Tout au fond de mon âme
Perdue dans les méandres de mon esprit
Sans espoir de s'arrêter
L'Avenir me consume d'un passé
Trop vécu
Je ne sais pas
Je ne sais plus
Je me rappelle de cette nuit
Où tu fus près de moi
Je me rappelle de cette nuit
Où j'étais ton roi
Je me rappelle Je me rappelle
Je ne me rappelle plus
Parce que je ne veux pas
Parce que je ne peux pas
Parce que je ne dois pas
Tout s'efface tout s'évapore
Moi je demeure
Tu m'enlaçais Je t'embrassais
Maintenant je meurs
L'Amour est absurde
La vie l'est encore plus
Et pourtant Et pourtant

Il ne voudrait pas oublier

Il ne voudrait pas oublier
Tous ces moments fantomatiques
Qu'il passait, là, à tes côtés,
Mi éveillés, mi oniriques.

Il voudrait se remémorer
Uniquement le positif,
Mais toujours les mauvais côtés
Rendent son pauvre esprit captif.

Son amour lui maintient la tête
En dehors de l'océan noir
De ses pensées qui le harcèlent.
Combien de temps et quel espoir ?

Il ne saurait plus espérer
Retrouver ce bonheur, sa vie.
Il ne saurait pas t'oublier.

Toujours cette douleur surgit.

Tableau

La mer est agitée,
Les vagues déferlantes,
Les enfants amusés,
Mon pauvre cœur sanglant.

Un beau Soleil nous bronze,
Un doux vent nous caresse,
Le sable fin nous ronge,
Une douleur me presse.

On entend les oiseaux,
Le vent frais qui mugit,
Les pleurs de ces marmots,
Et mon râle ou mon cri.

La plage désertée,
Le calme retrouvé,
Mon corps abandonné,
Âme et coeur délaissés.

L'Aigle

L'Aigle du haut de sa montagne me contemple.
Il observe, attentif, le moindre de mes actes.
Je ne sais pas s'il sait que, sans aucun entracte,
De mon côté, j'admire ses ailes si amples.

J'admire ce pouvoir de liberté innée,
Cette faculté de voler où bon lui semble,
Tant de puissance dans ce cri rauque : J'en tremble !
S'il le sait, il doit me trouver bien pauvre et niais !

Mais le voilà qui prend son envol majestueux !
Virevolte dans les cieux selon les courants,
Il tourne et tourne encore autour de l'astre blanc.
Je le discerne mal, la Lune dans mes yeux !

Tant de beauté, tant de puissances réunies !
Et encore ce cri ! Mais pourquoi plonge-t-il ?
Avec un sifflement strident, sur moi, il pique !
Et d'un coup de bec, il m'arrache le coeur vif !

Flux et reflux

Jour après jour mon cœur dérive.
Il ne sait plus à quoi se fier.
Pour un temps, c'est le paradis.
Celui d'après suis fou à lier.

Loin d'elle ma vie perd son sens.
Mon esprit voyage en enfer.
Je ne sais plus à quoi je pense.
Et mon corps et mon cœur se perdent.

Au contraire en sa compagnie,
L'espace et le temps sont unis.
Mon cœur, mon corps et mon esprit
Sont rassurés bien qu'éblouis.

C'est une explosion de douceur,
Un déferlement de soupirs,
Un volcan de joie, de bonheur,
Des baisers à n'en plus finir...

Ses douces lèvres parfumées,
Mon coeur à ses pieds déposé !

Cruelle absence

Cruelle absence, abandon d'un amour
Ces nuits isolées, las, me laisse ma tendresse
Comme seule amie sourde à mes larmes détresses
Ce silence amoureux, m'attend comme un vautour

Mon sang coule sur ce clavier désespéré
Il rejoue les scènes et ne voit la lumière
Du papier à l'encre numérique vois hier
Ces jours parfois heureux, parfois même dorés

Mais cette encre est noire, tout comme mon cœur fou
Je ne peux empêcher ces larmes de couler
Un torrent de peines, l'espoir ne peut oser
Le retour de cette âme aux accents purs et doux

Les mots s'enchaînent tous sur ce papier brillant
L'opposé de mon être immonde, incompris
Ces bouteilles en mer sont noyés dans mes cris
De douleurs, tornade d'un esprit défaillant

Désert 20/

Je m'extirpe de mon sommeil hyperactif, et me dresse comme si une révélation s'apprêtait à m'être révélée. Je me dirige vers ce témoignage buriné et le scrute à nouveau de ce regard neuf et à peine encore éveillé.

Je commence à comprendre une partie du message :

Je suis Helan, architecte et philosophe. Dans ma collectivité, je construisais certes des choses utiles et j'aidais ainsi la communauté du mieux que je pouvais. Mais rien n'y personne ne me comprenait. Je restais seul quoiqu'il arrive. Je cherchais à communier avec une population où l'idolâtrie de l'individualisme empêchait toute pensée altruiste dénuée d'intérêts personnels. Je n'arrivais plus à communiquer, hormis et fort bien, dans le cadre de mes activités professionnelles.

Bien souvent j'ai essayé, via des jeunes esprits, de les former à une autre voie de pensée, une autre vision de la vie. Mais ils étaient eux-mêmes rattrapés par la "vie" et retournaient inévitablement vers ce train lancé à grande vitesse, alors que le mur était à portée de vue. Rien ne pouvait arrêter la folie de cette machine destructrice d'âmes.

Un jour, n'y tenant plus, j'ai pris quelques affaires, à manger et à boire. Je me suis lancé dans ce désert, pour en finir ou pour commencer ma nouvelle vie, celle qui aurait un sens. J'ai marché durant des jours et des nuits. Je suis arrivé par hasard dans un lieu où il y avait profusion d'eau et d'aliments, sous la forme des fruits d'arbustes.

Vous même, si vous me lisez, vous devez avoir, pour une raison ou une autre, traverser cette immensité où l'isolation n'est pas un deuil, mais une recherche de son moi profond. Le silence du désert est un soulagement aux brouhahas de cette folie humaine qui ne s'écoute plus.

Arrivez ici, je me suis dit que si quelqu'un arrivait ici, je pourrais, grâce à mes connaissances, construire un abri. Peut être pas un abri définitif, mais quelque chose d'utile, où il pourrait lui-même se retrouver, se reposer et méditer sur l'âme humaine et ce qu'elle a de spéciale.
J'y ai placé le strict nécessaire à la survie, en prenant soin de conserver une température relativement stable, tout comme les igloos préservent du froid. J'ai fait en sorte que le vent des sables et son flot de pierres volantes ne soient pas un danger mais une forme de renforcement de la structure.

Maintenant que vous êtes ici, si vous arrivez à me lire, il va falloir que vous décidiez de VOTRE vie. Ceci n'est pas le terminus. Ceci n'est qu'une pause pour vous redonner des forces et du courage. Ces mots sont aussi un témoignage d'un humain vers un autre humain. J'espère que vous saurez vous trouver dans cette immensité.

Mon travail est ici terminé. Je n'ai plus rien à y faire. Je dois continuer mon chemin et découvrir si d'autres communautés ont conservé ce lien d'empathie et de compréhension. Je vous laisse donc ce lieu, en espérant qu'il vous soit d'un réconfort.

Avant de partir, je voudrais vous mettre en garde néanmoins sur un point, qui m'a presque conduit à la folie. La solitude tend à tourner en rond dans ses pensées. L'isolation n'est pas le propre de l'homme. L'échange, fusse-t-il vif, est source de compréhension et d'apprentissage. Apprendre, c'est savoir que l'on ne sait rien et que l'on ne doit jamais s'arrêter. Je ne parle pas uniquement de sciences ou de lettres, mais aussi de ces émotions, cette morale non religieuse mais humaine, cette droiture qui rend fière de soi, le matin au réveil de l'humain que l'on est. Il vous faut rester humain, et ne pas devenir un de ses ermites errants, fous du désert, prêchant des inepties ou la fin du monde.
Je vous souhaite d'éviter ces pièges, de vous découvrir pour mieux découvrir les autres. Cet endroit n'est pas votre fin, mais le commencement d'un voyage dont vous ne connaissez qu'un seul objectif : vous.

Avec tout mon respect, Helan

Je m'effondre à genoux et en larmes devant ce message sans égal. Ainsi, je ne suis pas le seul à rechercher cette humanité. Ainsi d'autres que moi, bien plus instruits, ont su eux-mêmes trouver la force de se découvrir. Lui n'est pas parti contraint et forcé, mais la belle affaire ! Il ne tient qu'à moi de transformer cette exil abominable en voyage exaltant.
Saurais-je être à la hauteur de cette tâche ? Mes larmes ne cessent de couler sur le sol de pierre, produisant des bruits secs qui résonnent à mes oreilles. Ma vue est embuée. Quel sera mon avenir ?

Que j'aurais aimé rencontrer cet Homme ! Mais il est parti, laissant un cadeau sans retour à celui qui viendrait s'y réfugier. Mes larmes se calment mais mon cœur souffre à l'idée que je suis seul à nouveau, car c'est comme si cette rencontre gravée dans la pierre m'avait fait rencontrer un ami, et que celui-ci serait parti au matin, me laissant à nouveau à ma solitude.
Solitude ! Que de chemin encore à parcourir ! "La solitude tend à tourner en rond dans ses pensées."

Après un moment, long, pour me recentrer, me calmer, j'ouvre à nouveau les deux jarres et m'alimente et étanche une soif accrue suite aux larmes versées. Au sol, les traces salines dessinent une forme irréelle : le visage de ma belle et douce. La folie de cette séparation, de cet exil me reprend encore. Je n'en finirais donc jamais. Et pourquoi le devrais-je ? Après tout, ceci est aussi mon histoire. Bonne ou mauvaise. Non, bonne car les moments heureux ne disparaîtront jamais. Ces instants de grâce, fussent-ils simulacres unilatéralement, étaient pour moi une source de bonheur et de possibilité de fusion de deux âmes.

Je me place à nouveau en tailleur, mes mains l'une sur l'autre, face à cette lettre amicale et profondément humaine. Ma respiration reprend un rythme peu à peu régulier, mes muscles se détendent, et les images, les sons, les souvenirs de ma vie passée et actuelle flottent sur le fleuve de mon âme. Je les regarde avec une forme de regret, mais aussi avec une forme de remerciement. Ces événements, ces sensations, ces émotions sont ce qui m'ont construit, en termes d'acquis. L'inné doit lui encore se réveiller. Puiser dans le fond, cette force. Ma'appuyer sur la force tectonique de cette terre, la puissance rayonnante de ce Soleil et le calme doux et tendre de la Lune.

J’ai tiré les rideaux

J’ai tiré les rideaux Je regarde dehors
Ces gens volent légers dans ce ciel bleuté
Se croisent Se parlent et s’en vont d’un baiser
Dans mon reflet je ne vois hélas que mon corps

Le vent dans les ombres millénaires secoue
Les feuilles noircies qu’ils s’empressent de relire
Dévotion à leur âme entichée d’un soupir
Mes écrits s’étalent par terre dans la boue

Ma fenêtre s’ouvre sur un monde effacé
Par ces barreaux rouillés d’avoir las trop pleurés
Paysage irréel d’un Eden refusé

La vie s’exprime là dehors au grès du vent
Mon âme envie cette insouciance de ces gens
Rien ne s’envole tout s’enfuie même mon sang

Le matin mes yeux s’ouvrent sur un hiver

Le matin mes yeux s’ouvrent sur un hiver
Ils contemplent vides désirs et illusions
Cet espace si froid si grand et si pervers
Mes mains à l’embrasser sont givrées de lésions

L’avenir se perd là dans ce temps suspendu
Les traces qui y vont s’effacent sous la neige
Seules les blessures du passé crues perdues
Transpirent de cette peau qui se désagrège

Perdu dans ce vent sec sans aucun point de mire
Mes yeux fixent le néant comme un ami
Le gel les empêche de changer d’avenir
Mes doigts ne savent plus ni quoi ni quand écrire
L’encre s’est mêlée à mes blessures sans vie
Le gel s’empare de mon être sans désir

Alors de mes pagaies d’écritures sans fin

Alors de mes pagaies d’écritures sans fin
Je rame tentant de remonter par grand temps
Vers les côtes de ma jeunesse espoir d’antan
D’une île sans soucis où mon cœur n’a plus faim

Une île où les douceurs sont autant de caresses
Pour mon regard par trop souvent las embué
Une île au sable empli de plaisirs désuets
Qu’une tête enfantine ressasse sans cesse

Mais s’évanouissent mes forces dans les flots
Sombres où se côtoie l’eau de mes larmes mortes
L’encre de mes pages sans but et la cohorte
De mes sentiments lourds qui ne trouvent d’écho

Si ce n’est à travers ces falaises si raides
Où ma voix va cogner pour toujours rebondir
Quand ma plainte se tait le tic tac de surgir
Entre les quatre murs de ma chambre si laide

Vois cette larme lacérer mon visage

Vois cette larme lacérer mon visage
Ce n’est pas une larme haine mais une larme blême
Mon âme ne vit plus dans ce court métrage
Elle erre de blessure en blessure, de peine en peine

Elle ne connaît plus la joie, mais l’ennui
Le temps qui disparaît comme cette larme sur le plancher
Elle ne rêve plus de demain, son passé elle le fuit
Les douleurs ancestrales ressortent d’où elles s’étaient cachées

Mon cœur, depuis longtemps, se tient dans un mutisme
C’est comme une garnison en temps de paix
Elle ne demanderait qu’à se réveiller par patriotisme
Mais à quoi bon, elle n’a plus rien à sauver

Sans avenir, trop de passé, le présent reste un souvenir
Sans humour, trop de peur, l’esprit se cloître dans ses oubliettes
C’est comme une partie de cache-cache en délire
Où il n’y a que moi pour se cacher et Tout moi qui me guette

Une larme rouillée des pleurs révolus
Pointant un corps vermoulu
Dirigé par un esprit ne sait plus
S’en défendre, s’il l’a jamais voulu

samedi 28 janvier 2017

Désert 19/

Bien que n'ayant pas dormi, je me sens reposé. Mon corps est en pleine forme et mon esprit est plus clair, même si les émotions sont toujours fluctuantes et cette solitude bien réelle. J'entrouvre mes bras, me relève, un genou après l'autre. Debout, je contemple le Soleil qui renaît, laissant la Lune me quittait doucement dans le firmament d'un espace tout aussi vide et pourtant pleins d'étoiles et de planètes.

Je me dirige à nouveau vers cette construction, en me faufilant dans cette ouverture dont une fraîcheur se dégage. Tout comme la veille, je m'alimente et bois quelques gorgées d'eau.

Je m'approche de ces dessins sur le mur. Pas vraiment des dessins, mais un message, qu'il m'est impossible de déchiffrer. Mon esprit observe et prend du recul devant ces pages gravées à même la pierre. J'observe une logique de construction, mais rien de plus.

Ici, on aperçoit comme un élément présentant l'auteur. Là, un récit dont je ne comprends pas l'histoire. Et là ce qui pourrait être une forme de conclusion.

Je me concentre sur la partie annonciatrice du graveur inconnu. Je distingue une forme qui devrait être son nom, une forme de spirale entourée d'un triangle. Là, quelque chose qui devait décrire qui il était. Les symboles sont indescriptibles mais une forme d'intelligence évidente et de culture en transpirent. Ce devait être un homme cultivé. Que faisait-il ici ? A-t-il construit ce bâtiment ? C'est peu probable, l'intelligence des mains est bien plus difficile à obtenir que celle de la pensée. Mais peut-être son métier était-il en relation avec cet endroit ? C'est cela, il devait être architecte, ou bâtisseur, avoir une connaissance suffisante pour à la fois construire quelque chose de solide, de frais et qui résisterait aux assauts des tempêtes de sable.

Un dessin qui ressemble à un compas, me laisse à penser que je ne dois pas être loin de la bonne compréhension.

La partie qui décrit l'auteur présente énormément de dessins que je ne comprends pas. Il devait avoir une vie impressionnante pour avoir tant à dire sur lui. J'aurais aimé le connaître. Mais je ne connais même pas son nom. Je l'appellerais le bâtisseur, tant que je n'aurais pas mieux à me proposer.

J'essaye de lire les autres passages, mais la langue y est encore plus complexe. je n'arrive pas à déterminer ne serait-ce que des phrases.

Je prends un peu de recul et mes yeux enregistrent chacun des signes, essayent de retrouver les ressemblances, comme au jeu des paires cachées que l'on donne aux enfants. Je dois apprendre ce langage, tout comme un enfant apprend à parler, puis à lire et enfin à écrire. Mon regard essaye de couvrir l'intégralité de ce parchemin minéral. Je l'imprime dans ma mémoire. Il me fait percer ce mystère, ne serait-ce que pour comprendre s'il reviendra ou si ce lieu est abandonné depuis fort longtemps.

Je ressens, comme à chaque fois que j'ai absorbé ces baies bleu-noire, le besoin de m'allonger et de plonger dans un sommeil sans doute artificiel. Je me couche donc sur le lit de pierre, ayant encore dans ma mémoire visuelle tous ces cryptogrammes. Je m'enfonce dans ce sommeil qui ne m'effraie plus, ayant même une sensation de sécurité dans cet endroit.

Nous nous tenions la main

Nous nous tenions la main, elle ne la touche plus
Nous nous parlions, elle ne communique plus
Nous nous aimions, elle ne m'aime plus

Nous partagions des rêves, elle n'a plus que les siens
Nous partagions un avenir, il ne me reste rien
Nous nous soutenions contre vents et marées, le vide revient

Je la regarde amoureux, sa beauté infini et parfaite
Je l'écoute avec mon cœur, mais celui-ci est en défaite
Son absence est un désastre, la vie est ainsi faite

Mon respect absolu de son être sensible et intelligent
M'impose d'éviter de la contacter pour ne pas être indigent
Et de rester seul dans un monde où l'amour n'est plus un engagement

L'absolu qui m'habite m'interdit, de toute ma constitution
D'envisager un seul instant une autre histoire, une autre fusion
L'unique ne peut et restera unique, un univers sans passion


Citations de Cyrano de Bergerac (Edmond Rostand)


Non, merci! Non, merci! Non merci! Mais... chanter.
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers!
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!

-----------------

J'ai fait votre malheur! Moi! Moi!

Vous?... Au contraire!
J'ignorais la douceur féminine. Ma mère
Ne m'a pas trouvé beau. Je n'ai pas eu de soeur.
Plus tard, j'ai redouté l'amante à l'oeil moqueur.
Je vous dois d'avoir eu, tout au moins, une amie.
Grâce à vous une robe a passé dans ma vie.

-------------------

Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose!
Arrachez! Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tâche,
J'emporte malgré vous, et c'est...

C'est?

Mon panache.

---------------------

Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances. Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet, mais je suis plus soigné si je suis moins coquet; je ne sortirais pas avec, par négligence, un affront pas très bien lavé, la conscience jaune encor de sommeil dans le coin de son œil, un honneur chiffonné, des scrupules en deuil. Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise, empanaché d’indépendance et de franchise; ce n’est pas une taille avantageuse, c’est mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset, et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache, retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache, je dais, en traversant les groupes et les ronds, sonner les vérités comme des éperons.

Titre provisoire : l'isolement ultra connecté 1/

Chapitre 1

Ce matin, mon intra-réveil ne me réveille pas comme d'habitude. La musique douce est comme décalée, pas en phase avec mon état d'esprit. J'ai l'impression d'une fanfare d'un seul instrument, d'une autoroute en chemin de campagne, d'un océan sans vague. Cette sensation n'est pas agréable, mais pas non plus douloureuse. Je me dis qu'il doit y avoir une interférence quelconque. J'ouvre les yeux et je cherche le boîtier de commande sur ma table de nuit. Sa fluorescence me le signale. Dès que je l'ai saisi, sa luminosité change et bascule sur les boutons. J'appuie sur l'interrupteur. La musique s'arrête instantanément. Je regarde autour de moi, la lumière monte progressivement autour de moi. Je me glisse sur le côté de mon lit, les jambes hors de le couverture.
Une fois debout, je me dirige vers ma salle d'eau. Je rentre dans la douche. L'eau goutte au-dessus de moi, suinte le long des murs mais elle n'est pas projetée. Décidément, il faut que je fasse tout ce matin : éteindre le réveil matin, allumer la douche… Je passe ma main sur le détecteur de présence, ce qui déclenche le processus. Les fines gouttelettes embrassent l'espace de la douche. Je sens la chaleur de l'eau et le savon projeté qui parcourent tout mon corps. Puis ce n'est plus que l'eau de rinçage, comme une transpiration externe. Une fois le cycle terminé, un vent léger agite la cabine et sèche mon corps et mes cheveux. Je sors de la cabine et me lave les dents, puis me coiffe.

Qui a tué la femme du 4e?

Qui a tué la femme du 4e?


Personnage:

-L'Inspecteur Colombe: en imperméable, toujours des remarques sur son fameux flair.
-Le Capitaine Jacob: barbe, moustache et cheveux blancs.
-Watson: très digne.
-Harris: mal rasé.
-Madame Acaroni Patricia
-Monsieur Jacques Cuze
-Monsieur Aimé Pier


Décor:
Bureau d'un commissariat, 3 bureaux, au centre celui de Colombe, face au public, à droite celui de Harris et à gauche celui de Watson, tous les 2 en vis à vis, de profil. A gauche, porte du Capitaine Jacob, à droite, porte d'entrée du bureau. Au fond, 2 fenêtres. Watson dort sur son bureau, Harris est absent. Le Capitaine rentre par son bureau.

Voyage dans mes souvenirs émus

Voyage dans mes souvenirs émus, je me rappelle à ma souffrance. Elle ne m'a pas oublié et entretient cette sorte d'amitié qui nous lie. Nous avançons par moment sur des chemins parallèles, elle ne me tient pas la main. C'est inutile, je la suis.
La vie s'étend derrière moi comme un champ de détritus, décharge de mes pulsions passées. Mes espoirs recherchent nourriture au sein de ces déchets. Ma quête s'étend nulle part, oiseau de foi enchaîné à mon poignet. Ses griffes sont depuis fort longtemps émoussées, le fil des larmes lui tranchant ce qui lui en restent.
Mes mots se perdent dans les méandres de mon esprit, les plans n'étant plus mis à jour.
Comment puis-je tout seul aussi laid
Humour d'une humeur aussi lente
Je m'ébats contre les armées noires
De mon ennemi de fureur
Les maux s'entre-chevauchent
Perdant toute résonance l'eau gicle
Les sons sombrent amers vidés des crocs
Plus rien ne s'étreint au-delà de l'oraison
L'avide enferme l'écœurant
Comment puis-je tout seul osciller
Amour d'une humeur oscillante
Je me bats contre les rares émois
De mon esprit de ferveur
Les mots s'entre-chevauchent
Perdant tout raisonnement logique
Les sons sombres en mer vidé d'écho
Plus rien ne s'étend au-delà de l'horizon
La vie enferme les cœurs errants
La barque se soulève au fil des émois marins
Elle tangue à gauche, à droite
L'eau éclabousse ses planches vermoulues
Sa voile est affectée, le vent s'engouffrant
Déjà que trop sur les rebords de sa coque
Cinglant au passage les passagers
Tandis qu'un personnage plonge bien malgré lui
La barque s'en soulève d'autant plus
Plus légère, elle est de plus en plus secouée Plus légère et l'atmosphère de s'alourdir La barque n'aura bientôt plus de passager Que diable ! Quel diable ? Dieu est seul maître à bord !
La tempête augmente, les embruns pourrissent
Les os des survivants, les remous broient leur peau
Peau à peau, la barque prend l'os
Voilà qu'un naufragé ressurgit dressé devant
La barque éperdu
Ils avaient pied

Ignorer le doute
Quand l'esprit s'agite, le doute s'installant,
Le temps semble rompre son rail filant au loin
Des secondes viennent à se muter en vent
Tempête en mon âme agitée sans témoin
Ses vides temporels affectent l'existence
L'ennui apparaît et la vie disparaît
L'avenir se dissout me laissant en souffrance
Inconscient d'un passé sans gloire ni palais
Pour combler ses instants qui n'en sont plus je pense
Mon cerveau s'active dans ce vide insensé
Cherchant sans une pause à lui donner un sens
Afin de reprendre seul mon cours désaxé
Ronde effrénée d'un monde effrayé au sein
De tumultes qui n'ont cesse d'éclabousser
Du sang des innocents les visages éteints
D'orphelins sans espoir dans les rues pilonnées
Quand verra cette valse à rebours se stopper
Quand ses secousses cesseront de nous blesser
Quand ses remous sauront mourir sans nous convier
Quand son refrain fuira nos esprits barbouillés
La beauté, l'âme humaine, primeront-elles
Face aux données sans vies de notre économie
La lumière du cœur illuminera t'elle
Les sombres
Les sombres Les sombres Les sombres pensées de nos abyssaux esprits Montant sur mes mots endormis et maladroits Je tente de nier la mort de mes émois Je veux rallier à moi ces sentiments mouvants D'un extrême à l'autre, évitant l'effondrement Tenir ces lettres là unies, entrelacées Sans faiblir de la main mais mon cœur décimé Accoler les mots les plus insensés sans peur Empreints de sensualité et de terreur Faire voguer librement les phrases sans fin Engoncées dans mon âme asservie sans destin Souffler un vent sanglant sur ce blanc parchemin Créer une tempête inouïe d'émotions Dans l'œil du cyclone ressourcer ma fiction Pour arracher de mon encre mes impressions


Alors de mes pagaies d’écritures sans fin

Alors de mes pagaies d’écritures sans fin
Je rame tentant de remonter par grand temps
Vers les côtes de ma jeunesse espoir d’antan
D’une île sans soucis où mon cœur n’a plus faim

Une île où les douceurs sont autant de caresses
Pour mon regard par trop souvent las embué
Une île au sable empli de plaisirs désuets
Qu’une tête enfantine ressasse sans cesse

Mais s’évanouissent mes forces dans les flots
Sombres où se côtoie l’eau de mes larmes mortes
L’encre de mes pages sans but et la cohorte
De mes sentiments lourds qui ne trouvent d’écho

Si ce n’est à travers ces falaises si raides
Où ma voix va cogné pour toujours rebondir
Quand ma plainte se tait le tic tac de surgir
Entre les quatre murs de ma chambre si laide

Comme un vautour affamé

Comme un vautour affamé
Ma peine attend sagement son tour
Elle piétine ce cœur ardent, cet esprit futile
Elle le méprise et en fait son valet
De son coup déplumé, elle essuie mes larmes asséchées
De son bec crochu, elle embrasse mes lèvres nues
Son haleine de charognard
Ranime ce corps sans vie sans vaines
Mes mimes riment sur mes veines
Le sang qui s’écoule sur mon sein
Ne connaît ni le repos ni le frein
Il file sans une peur sans une gêne

Il fut un temps où mon cœur pouvait encore accepter ce désert inassouvi

Il fut un temps où mon cœur pouvait encore accepter ce désert inassouvi. Mais aujourd'hui je sens que ce cœur s’est éteint et ne veux plus battre comme il le faisait.
Que faire ? Je me ballade à vide dans cette vie…
Et si ? Et si je me replongeais dans ce courant qui était autrefois si fertile et si bruyant ?
J’ai si peur de cette immobilité que je n’ose courir plus vite que mon esprit ne m’y autorise.
Et pourtant cette dualité contraint mon âme à l’isolement. Où que je regarde, je ne vois aucun avenir, aucun compagnon de route, juste un chemin que je sais devoir finir bientôt.
A 45 ans, je n’ai rien fait, rien accompli que de vider la vie qui me portait. J’ai même le plus grand mal à tenter de retrouver le chemin des mots couchés sur mon clavier pour apprivoiser mon âme isolée…

Tant de questions

Pourquoi ce qui fut à quelques reprises
Une jouissance un plaisir d'un couple amoureux
Est devenu une barrière qui nous rend malheureux
A moins que tout cela soit du vent
Pour ne pas me faire voir que d'un autre tu est éprise

Maintenant je crois voir ces signes qui me disent
Que ton cœur et ton corps s'enflamment pour un autre
Et que ce bonheur que nous recherchions n'est plus ne notre
Et ma santé mentale se noie dans cette boue où tu me vautres
La sexualité n'est plus entre nous qu'un ensemble d'interdits

De nous deux je suis sensé être le plus muet
Mais de toutes ces lignes je ne vois pas le reflet

Pourquoi m'avoir ouvert un monde que tu voulais m'interdire
Pourquoi m'avoir laissé croire que ton cœur pour moi battait
Pourquoi ne pas m'avoir achever lorsque tu le pouvais
Ton refus avec ce petit rien qui me culpabilisait
Sont autant de justes poignards qui m'on fait souffrir

Mais je ne peux pas te voir dans les bras d'un rival
Aussi puisqu'il est déjà trop tard je dois partir
Prendre ma vie en main, Trouver ce courage sans désir
Qui me permettra enfin de pousser ce dernier délire
Lâche que je suis, tant que ma volonté s'emballe

Et dans un silence feutré vider les lieux, ne plus gêner
Et ne pas voir l'amour qui déjà sans doute s'est éloignée

Je voudrais rester encore dans tes bras, embrasser tes lèvres douces
Je voudrais communier la porosité de nos âmes indissociables
Mais je sens que je suis de trop et qu'il te faut inacceptable
Cette distance, ce rejet d'un être dévasté et instable
Afin de pouvoir apporter le terreau à nouveau ta fleur qui pousse

Et dans ce regret de m'éloigner de cette beauté infinie
Je me vois contraint de m'écarter de mon monde, de ma vie

Journal 5/

Le matin blême se lève, le froid est toujours présent. Ce n'est pas le froid climatique mais bien celui de mon âme qui se perd en conjectures.

Aurais-je pu, dû faire autrement ?. Est-ce que la partie était déjà perdue avant même que je ne l'entame ? Des remords, de petits rien qui ne font pas une haine de soi, mais une souffrance qui dit de soi que l'on aurait pu, dû faire mieux.

Désert 18/

Lentement, dans un état de conscience toujours aussi unifié, je m'éveille et observe le lieu où je me trouve ainsi enfermé. Je revois la table et le banc unis taillés dans le même bloc de roche. Je perçois les jarres, certaines fermées devant contenir des aliments, d'autres, éloignées, contenant de l'eau que j'ai bu avant de m'endormir. Et cette ouverture vers le monde extérieur, cruel et aride.

Je m'assis sur ce qui m'a servi de couche. Je ne vois riens d'autres. Dans cette pièce rectangulaire aux murs de pierre. Comment a-t-elle pu résister aux tempêtes et ne pas être ensevelie ? Je ne trouve aucune réponse logique.

J'observe les murs et je vois des traces gravées à la pointe d'un objet contondant. Je ne vois pourtant aucun objet de la sorte. A moins que... ? Sur la table, j'aperçois un objet longiligne. Je me lève, sans effort, mon corps ayant récupéré toutes ses capacités. Une fois assis sur ce banc froid, je saisis cet objet. Il ressemble à un couteau, ou plus précisément à une sorte de pointe sans tranchant. A quoi peut-il bien servir ? Les précédents occupants manifestement s'en sont servi comme d'un pinceau sculptural sur ces murs de roches.

Est-ce que quelqu'un arrivera soudain ici ? Suis-je vraiment seul ici ? Dois-je m'inquiéter ?

Et pourquoi m'inquièterais-je ? Je ne suis qu'une âme abandonnée dans le désert et ses dangers. Je ne fais rien de mal et je cherche à me découvrir dans cette immensité où la vie y est absente. Non, la vie n'y est pas absente ! Je vis ! Je suis là !

Mais pourquoi ce refuge ? Pour qui ? Construit par qui et quand ? Les murs semblent anciens. Le sable qui s'accumule autour de son périmètre aurait pu le recouvrir par n'importe quelle tempête récente. Mais les pierres semblent anciennes, une poussière de silice limitée s'est accumulée dans certains endroits mais en faible quantité. Aucun indice ne me permet de confirmer ou infirmer l'âge de ce refuge.

Je m'approche des murs comme un livre des voyageurs précédents. Les lignes et transcriptions me semblent sans signification. Je ne connais pas ce langage écrit. Certes les traits sont bien tracés, ils auraient bien pu être gravés il y a peu, comme il y a des siècles. Je les observe et je vois bien qu'un message y est inscrit à destination des autres vagabonds de ce monde dépeuplé, en dehors des êtres perdus arrivant ici sans doute au bout de leur force vitale.

Je me retourne et ouvre à nouveau la jarre des baies bleu-noire. Je saisis une nouvelle poignée et l'absorbe en les mâchant le plus lentement possible pour profiter de leur goût étrange. Ce goût n'est pas désagréable, mais ni sucré ni amer. Je referme la jarre et ouvre celle contenant l'eau, saisis la cuillère et bois plusieurs gorgées, là aussi lentement, pour hydrater ma bouche sèche et mes lèvres isolées. Pourrais-je un jour à nouveau poser celles-ci sur celles douces de ma belle et envoutante Aphrodite ? Serais-je à nouveau en capacité de caresser ses hanches, ses seins et de l'enlacer de mes bras désespérément sans rien à chérir ?

Mon corps réagit ! Tu te désolidarises ! Oui, je le sais. Je me reconcentre. Je me mets en tailleur à nouveau sur le sol, mais je ne m'y sens pas à l'aise. Je me relève et sort par l'étroite ouverture. Dehors le Soleil brille de tous ses feux et la chaleur est à son comble.

J'en profite pour faire le tour de cette étrange construction et ne voit aucune source, ni aucun arbuste qui auraient pu permettre d'alimenter les jarres ainsi disposées. Je reste toujours dans cette interrogation, perplexe et sans réponse. Je vois le visage souriant  mais aussi celui du rejet, de l'abandon de celle qui fut, est et sera mon unique âme sœur. Une larme tente de couler le long de mon visage.

Non ! Tu ne peux pas te le permettre, ne serait-ce que par respect pour le choix de la communauté. Si tu dois disparaître ici, dans cet océan de gravier, ce sera au moins avec l'honneur et ce panache dont Cyrano avait fait preuve !

Je me remets en tailleur dans le sable, sans aucune protection des rayons brulant, et je pose mes mains l'une sur l'autre, reprends conscience de ma respiration, de mes muscles, de mon cœur qui souffre, de mon âme abandonnée, et mon esprit observe de l'intérieur tous ses éléments constitutifs d'un individu, humain, avide d'amour et de vérité, en quête de son intégrité et de sa définition.

Déjà je ne sens plus les ondes brulantes, mon halo agissant comme une espèce de manteau blanc les reflétant et m'en protégeant. Le calme vient peu à peu. Les images, les pensées, les émotions coulent, non pas perdus dans ce sable avide, mais dans tout mon corps, agissant comme des aliments bien plus vitaux que cette nourriture terrestre. Je les observe et les regarde avec compassion, et douleur. Doucement, ma respiration prend un rythme circulaire, parcourant l'ensemble de mes muscles. Mes mains sont chaudes, dégageant une volonté de vivre, de souffrir certes, mais la vie n'est-elle autre chose qu'une souffrance permanente, une blessure originale, où notre premier cri est celui de la découverte de cette plaie béante qui jamais ne nous quittera. De cette plaie, parfois le pus s'écoule, mais pour moi, c'est plutôt une lymphe  translucide, une pureté qui se propage mais qui sans cesse se renouvelle, pour peu que je le souhaite.

Le temps passe, je vois, au travers de mes yeux mi-clos, le Soleil poursuivre sa course elliptique. Et bientôt, ma sœur, ma compagne de ma vie orpheline, la Lune reprend sa place et ses rayons me plonge encore un peu plus dans mes profondeurs, Et je reste là encore, observant l'astre que les autres considèrent à tort comme mort, comme dame digne de mon respect. Elle ne juge pas. Elle rayonne pour tous, et ignore si certains refusent son don.
Le rythme de ma respiration se ralentit encore, mes poumons et mon sang optimisés se suffisant de cet afflux. Mon œil se souvient des écrits sur les murs. Que signifient-ils ?
Et la nuit se poursuit ainsi, sans bouger, comme une statue vivante, le dernier humain dans ce désert.

Parfois une haine de mon âme me prend

Parfois une haine de mon âme me prend
Ligotant mon esprit à des charmes serpents
Mes mains gigotant une plume en gage de lance
Pour terrasser ce sentiment bas qui m’élance

Je fixe des yeux ou est-ce l’inverse
Cette tête triangulaire qui déverse
En moi ce venin tragique et perverse
L’espoir de devenir autre sans cesse

Est-ce mon corps qui subit cette froideur
Ou est-ce mon cœur enclin à la raideur
Est-ce ma main qui écarte cette terreur
Ou sont-ce mes doigts qui génèrent ce malheur

Comment évider cette enveloppe sourde
De mes émotions lâches et sans contours
Comment éviter à mon cœur ces détours
Qui m’enserre ignorant la nuit et le jour

Mes liens sont faits de larmes, de peurs et de sang
Mes pleurs abondent dès que mon âme s’éprend
Mes frayeurs s’enfoncent toujours plus en dedans
Evitant soigneusement de rencontrer l’amant

Lorsque les vents soufflent dans ma tête

Lorsque les vents soufflent dans ma tête
Ouragan dévastant les plaines arides
D’un univers qui s’isole
Tectonique des vagues à l’âme
Irruption de roches amères
La boue s’écoule comme autant de larmes
Elle brûle tout sur son sillage
Le paysage d’un mouvement conscient
S’assèche par absence de rencontre
Un désert provoqué où je m’enfonce
Par moment un cri voudrait sortir
Comme un appel vers une conscience amicale
Mais seul le sifflement strident dévale
Sur mes côtes noires de carbone
Mots après maux les idées s’envolent
Derniers soubresauts d’une volonté défunte
Et si le Soleil brille c’est une feinte
Pour que viennent picorer les charognards
Ma carcasse puante sans égard
Si ma place dans ce monde mouvant
N’a, n’est et ne sera jamais définie
Mon caveau lui est tout trouvé
Et mes doigts de m’y habituer
L’ivresse d’une vie que j’aurais voulue
Est déshydratée en une fournaise
De vices d’incompréhensions
Et d’amertumes ensanglantées

Visions

Plongeant son regard froid dans l'eau troublée,
L'homme voit des images du passé !
Il perçoit mal ces ombres de sa vie.
Il imagine un bien doux corps qui gît,

Là, à côté d'un jeune homme très beau.
Dans les traits purs de ce cher jouvenceau,
Il se reconnaît, lui, étant plus jeune :
Alors, il ne portait pas le linceul !

Il souriait dans les champs, poursuivant vite
Ces belles et si attirantes filles.
Il se voit soulevant sa douce robe,

Triomphant de sa virginité propre.
En même temps que son voile s'envole,
Sa vision se voile. Un vent la lui vole.

Souvenir

Il était assis au bord d'un étang.
Dans les eaux, il regardait fixement.
Son reflet miroitant le perturba.
Quel est donc ce vieil homme aux cheveux gras.

Il a l'air bien triste et bien seul, le pauvre.
Sa figure, affaiblie par les ans, morose,
Semble esquisser un sourire joyeux.
Se pourrait-il que cet homme soit heureux ?

Cela parait bien difficile à croire !
Il doit se rappeler un doux regard
Vieux de plusieurs années,
Oh ! et qui lui souriait !

Ma tendre, mon amour, ma vie,

Ma tendre, mon amour, ma vie,
O splendeur parmi les splendeurs,
Gardienne de mon cœur ravi,
Beauté unique, rose en fleur,

Sans toi, mon corps tremble d'ennui,
Avec toi, il tremble de joie,
Mon âme et mon cœur sont unis
De même au plus profond de moi.

Tu es ma Reine ! D'un baiser
Tu as conquis toutes mes terres.
Et ta flamme a tout consumé.

Je voudrais encore brûler
De ce feu plus doux que l'enfer.
Tout dépend de toi, mon aimée.

Je suis fou, fou à lier d'amour.
Avec toi, nuit me semble jour,
Et je désire plus que tout
Que tu règnes sur moi toujours !

Le Soleil de ma vie

L'aurore est venue, je suis ébloui.
Le Soleil m'ouvre ses bras éclairés.
Il réchauffe un corps rongé par la pluie,
Et réveille un cœur par d'ardents baisers.

L'aube est venue, et maintenant je vis.
Ah ! Comment aurais-je pu espérer
Qu'un beau jour l'amour serait mon ami ?
Que ses rayons blonds viendraient m'emmener ?

Comment aurais-je pu imaginer
Qu'un être tel que moi éveillerait
L'ombre même d'un infime intérêt ?

Encore moins que la belle Aphrodite
Se plairait en ma pauvre compagnie ?
Féminine, astre superbe, onirique !

Si belle ! Je ne m'en suis pas remis.
Pour m'assurer que ce n'est pas un fruit
De mes rêves, il me faudrait la vie.

vendredi 27 janvier 2017

L'aigle noir qui m'accompagne depuis mon enfance


Désert 17/

Maintenant ce n'est plus un simple amas de chairs et d'os qui avance, mais un être fusionné, qui pense, éprouve et est avide d'humanité et d'idéaux. Aucun de mes pas n'est inutile. C'est un chemin particulier, dans cette immensité, mais je suis encore plus grand que cet espace sans vie. Sans vie ? Non, je suis là et bien présent !

Mes pas sont légers et tendres avec ce sol qui n'est plus mon ennemi. Est-ce la fraîcheur de cette nuit qui m'entoure, mais je sens brûler un feu en moi qui ne me consume pas, même s'il en faudrait peu pour enflammer toute cette énergie en un brasier plus fort que l'enfer.

La Lune, mon amie, ma tendre compagne, m'observe de son regard cyclopéen et projette une ombre derrière moi, laissant ainsi mes douleurs s'évacuer au rythme de leur dépression. Je ne suis pas heureux, je ne connaitrais plus le bonheur, mais au moins je serais vivant, ou je tenterais de l'être.

Il est tellement plus facile de s'apitoyer sur son sort, de regarder ce nombril qui nous a nourri avant notre naissance. Mais ce cordon est bien coupé et il va falloir que l'enfant prenne son vrai visage.

Être adulte ? Non ! Car c'est une illusion, où le rythme des combinaisons de jeux de pouvoirs, des rites sociaux inutiles et d'une marchandisation de la vie qui ne vaut pas le moindre bout de papier ou de carte magnétique. Être responsable ? Responsable de moi ? Peut-être, mais surtout suivre son chemin, la voie qui est la sienne ! Lutter contre les vents absurdes d'une société individualiste pour mieux générer des esclaves. Vous dites, c'est inutile ? Qu'importe ! Je ne veux pas avoir au coin de l'œil, cette petite poussière qui vient salir son âme. Respecter ses principes, ceux qui devraient être communs à ce que l'on appelle l'humanité.

C'est un monde idéal qui n'existe pas ? Et pourquoi n'existerait-il pas ? Il suffirait de le vouloir, de renier ses faux-semblants et d'accepter notre complexité. Nous avons des besoins physiques (et en ce moment, plus que jamais, il me semble que ceux-ci sont importants), mais aussi des besoins philosophiques, amoureux et logiques.

Ce n'est pas un hasard si les plus grands hommes de l'histoire, pas ceux qui ont fait les guerres, mais ceux qui ont révolutionner la vision de notre monde étaient des individus d'une multitude incomprise ou peu considérée. Certains étaient des scientifiques, mais aussi des poètes, des philosophes, des amoureux, maudits pour la plupart du temps. Ils étaient souvent tout à la fois. Et nous ne percevons qu'une maigre partie de leur apport à notre humanité, bien que nous les enseignons.

Mais il y a aussi les menteurs, les voleurs, les violeurs d'âmes. Inventer des nouvelles théories pour des malaises de bipèdes pensants afin d'administrer facilement les médicaments qui leur semblent utiles. Mais on ne soigne que la machine, pas le moteur, la courroie, les engrenages qui font que cet individu souffre réellement. La médecine est nécessaire, mais nous oublions le principal dans notre société matérialiste, un cœur malade ne saurait être guéri par des substances chimiques.

Je vois défiler un certain nombre de noms de ces personnages illustres, personnages car ils relèvent plus du mythe que de la réalité, tant il est impossible d'embrasser une vie par un cours, serait-il de plusieurs années. Je marche, accompagné d'une certaine façon par ces êtres uniques. Je marche et mon corps me soutient.

Alors que la Lune tend à décroitre, et la chaleur de revenir, mes yeux discernent quelque chose qui n'est pas rond comme les seins d'une femme, mais de droit et dur, isolé lui aussi dans ce monde sec. Il n'est pas très loin. Faut-il y voir une aide ou un piège ? Je n'ai aucun moyen ni aucune raison de le décider. Alors mon corps et moi nous avançons vers ce qui ressemble à un cube, une maison sans fenêtre mais ce qui ressemble à une entrée. Elle est presque enseveli, mais son entrée et ses murs semblent solides.

Après environ une heure de marche, pour autant qu'il me soit possible de déterminer un temps qui passe, celui-ci n'ayant de toute façon aucune utilité dans ce lieu, j'y pénètre par ce trou étroit mais suffisant pour s'y glisser. Mes yeux, encore habitués à la nuit encore présente, j'aperçois plusieurs éléments à l'intérieur : des jarres fermées, une forme de banc taillé dans une pierre qui se prolonge par une table, et dans un coin, une surface plane ressemblant à un couchage. La température à l'intérieur semble stable, les murs servant certainement d'isolant.
Je m'approche d'une des jarres, et l'ouvrant, j'y découvre avec surprise d'autres baies bleu-noire. J'en saisi une poignée et les mâche avec précaution, ne sachant depuis combien de temps elles sont ici, et donc si elles sont comestibles. Je refermer la jarre et passe à la suivante où une sorte de cuillère de bois y est déposée. Je l'entrouvre et vois de l'eau. Je saisis la cuillère et m'en sert de louche pour boire quelques gorgées. Ainsi, je ne sais pas qui veut m'aider, ni quoi, si tant est que ceci puisse exister, mais si ce n'est pas la chance, c'est en tout cas un hasard incroyable. Mes pas, sans objectif particulier, sans repère d'aucune sorte, m'ont permis de me conduire ici.

Je ressens déjà l'effet des baies, tout comme dans l'oasis fantasmatique que j'avais croisée, et je décide de m'allonger sur ce qui ressemble le plus à une couche. Mon corps et mon esprit continuent à se mouvoir ensemble, et le calme les saisit tous les deux. Doucement et sans une once de peur, le sommeil reprend le contrôle de cette union étrange.
Les images se succèdent : le visage de ma belle, les reproches de la communauté, les souffrances de l'exil, mais aussi le vert des arbres de l'oasis, le goût particulier et agréable des baies bleu-noire.
Le silence autour de moi me fait respirer profondément et m'emporte un peu plus sur la barque d'un sommeil profond, les voiles des rêves levées au plus haut.

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