dimanche 24 septembre 2017

Beauté opaline

La Lune m'accueille dans ses bras charmants
Je me promène dans mes souvenirs d'antan
Comme si tout ceci était toujours mon présent

Sa beauté opaline est parfois voilée d'un nuage
Mes émotions explosant de toutes parts, en rage
Mon cœur à l'abandon, sur mon océan, un naufrage

Je cherche mon étoile, ma muse, mon éden
Je ne trouve que des larmes qui se promènent
Sur mes joues, j'ai perdu mon éternel hymen

Alors j'imagine que ce nuage prend les contours
De ma Roxane, endormie, cachant ses atours
Et moi de la voir s'évanouir à l'approche du jour


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 19

Chapitre 19

A peine arrivée dans la "chambre" du poète, celui-ci se lève et me fixe du regard, sévère. Je n'ai encore rien dit que déjà il me donne l'information que je redoutais. Je l'observe d'un air désemparé, attendant qu'il se décide à parler, ce qui, pour le moment, n'est pas le cas. Il a clairement retrouvé sa forme, puisqu'il se tient debout, sans se tenir, très droit, plus droit encore qu'il y a quelques années. Ses yeux brulent d'un feu de colères et de peurs. Je n'ose rien prononcer. je m'assois sur la chaise, les mains sur les cuisses, les yeux baissés, attendant son bon vouloir. Mais il semble que rien que je puisse dire ou faire puisse changer quoique ce soit.

Sauf que les deux gris-unis se mettent alors à mes côtés, et me relèvent de ma chaise. Ils me tiennent debout et se tiennent avec force attention dirigée sur le poète, force que je ressens profondément. Ils sont là, à me protéger et à imposer le respect au poète. Celui-ci essaye de résister mais j'aperçois alors ce que je ne pensais pas possible. Le poète finit par s'asseoir et ses yeux basculent des deux gris-unis à moi et inversement. Comment ont-ils fait cela ? Je regarde l'un d'eux.

samedi 23 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 18

Chapitre 18

Je me retire dans ma chambre, en sécurité. Je contacte Jean. Celui-ci me dit qu'ils progressent vite. Ils ont une idée qui leur est venue. Plutôt que d'essayer de contrôler les comguides des responsables du Conseil, s'ils leurs dirigeaient des flux d'informations erronées, des perturbations de signaux, un brouillage en quelque sorte, ce serait plus simple. Pas besoin de passer le pare-feu. Certes, le pare-feu bloquera la plupart des parasites, mais d'une part il en laissera passer, mais surtout il s'usera et provoquera une surchauffe de leur propre comguide et donc une incapacité à être totalement opérationnel.

Je trouve l'idée intéressante. Mais n'y-a-t-il pas risque que ceci les déstabilise et les conduise à agir de manière violente ou incohérente. Il me dit que c'est un risque en effet, mais cette incohérence sera aussi en leur défaveur. Avec nos espions, notre connaissance de leurs actions alors très visibles car peu réfléchies, il sera facile de les contrer et de faire éclater au grand jour le jeu de dupe aux yeux de la population de la Cité.

Ma muse adorée

Boucles blondes au vent
Parfum d'été charmant
Robe ou maillot de bain
Rouge à lèvres carmin

Douce voix enjôleuse
Harmonie cajoleuse
Regard profond ardent
Corps tendu vers l'avant

Les désirs non charnels
Mais d'une âme éternelle
L'esprit calme et brillant
La vie, le cœur vaillants

Un nuage soudain
Vient voiler au lointain
La Lune et son doux rêve
En volant la belle Ève

Lorsque la nuit est sombre
Il ne reste que l'ombre
Dans un dernier soupir
Mon plus beau souvenir

De ma muse adorée
Je ne peux que l'aimer



vendredi 22 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 17

Chapitre 17

Au matin, une fois mon repas pris, je décide d'aller rencontrer le capitaine. Il est occupé avec ses seconds quand j'arrive. Quand il me voit, il est un peu surpris, mais il finit son debriefing du matin avec son équipe. Ils parlent de mettre en place des surveillances plus lointaine en direction de la Cité, au cas où des espions tenteraient d'avoir plus d'informations sur nous. Puis il les quitte, avec le salut de rigueur et se dirige vers moi.

Toi aussi, tu penses que le Conseil ne va pas nous laisser tranquille aussi facilement ?

"Je me dis que c'est un peu trop beau... J'ai dû mal à croire que cette inspection, aussi rapide, fut un succès, autant que le collège veut bien le croire. Je me méfie. Pas toi ?"

Évidemment, je ne peux pas tout lui dire, mais je distille certaines informations.

Pile et Face

Pile

Nonchalante et si fière, envoutant tout l'espace
Attirant la lumière, elle cache sa face
Autour d'elle le temps se fige sans le voir
Le silence s'étend, on dirait un trou noir

Aucune violence, tous les sens en suspend
Elle est référence dans ce monde sans plan
Ni chaud, ni froid, l'ambiance est sereine et sans plaie
Quand on en prend conscience, elle reste à jamais

Tous ses gestes sont lents, assurés et précis
Aucun mot ne s'entend et sans aucun soucis
Son intention comprise emporte les plus forts
Les plus rétifs, sans crise et sans faire d'efforts

Son calme se répand sur tous ses compagnons
Le temps est son moment, le lieu ses environs
Rien ne peut la distraire, engagée dans sa danse
Et sans chercher à plaire, elle nous met en transe

Le seul bruit est celui de l'étoffe mouvante
Sous la Lune qui luit, qu'elle porte, charmante
Quand elle prend la main, on succombe à son sort
Maintenant sans demain, dansant avec la Mort


Face

Sous une pluie fine d'été, près de l'orchestre
Un arc-en-ciel sur ses cheveux en arabesque
Le temps s'enfuit près d'elle, emporté par les sens
Toutes ce décibels affirmant sa présence

Avec passions et joies et rires, elle surprend
Centre de nos émois et sur tous les écrans
Une moiteur féline entoure son aura
Elle nous prend, divine, au milieu d'un soutra

Elle ondule et tournoie, indécise et si belle
Rythmant avec sa voix ce petit jeu rebelle
Son pouvoir d'attirance entrainant les plus froids
Comme une délivrance où leur cœur est la proie

Elle prend l'attention de tous ses compagnons
Un futur de passions, jamais tournant en rond
Rien ne peut l'arrêter, envoutée par sa danse
Elle ne sait qu'aimer, notre âme mis en transe

Le bruit de ses talons, de sa robe émouvante
Le Soleil en fanion, sa force est exaltante
Nous prenant dans ses bras, on succombe à l'envie
C'est sûr demain sera ! dansant avec la Vie


jeudi 21 septembre 2017

Automatique : Sous la glace

Sous la glace, le vent brule les espoirs
Défilant selon le rythme cadencé d'une armée
Les égos se pavanant sur les champs élysées
Et pourtant l'esprit cherche son miroir

Figé et hors du temps, j'aperçois le ciel
Qui imprime son mouvement, cycle du Soleil
Au milieu une colombe vole sans pareil
Elle n'a aucune recherche de profit, d'esprit véniel

Derrière ma fine couche d'eau gelée
Je vois poindre à l'horizon les monts et vallées
Accumulant les émotions et les pensées
Et l'aigle tout la haut continuant de voler

Le courant souterrain draine les damnés
Moi je m'accroche de mes ongles à la surface
Je vis, je pleure, je ris, j'ai peur, sans grâce
Et mes mots sont des bulles sous la glace
Qui s'en vont, portés par le courant, puis s'effacent
Je résiste encore et toujours, à l'instant T


La fleur libre

La fleur se nourrit du sol fertile et humide
Elle s'émerveille aux chaux rayons du Soleil
Elle offre son nectar aux pollinisateurs
Ceux-ci nourrissant pour certains de leur doux miel
Les humains admirent la beauté, les senteurs
De cette fleur éclose à l'abri et timide

De sa vie nait d'autres existences si libres
De sa mort, se fondant dans la terre, sa mère
Naitront là d'autres sœurs tout autant sublimées
Elle vit maintenant, profitant sans chimère
De ceux qui l'entourent, donnant sans volonté
Sans espoir de retour, la vie est indicible

Et si elle est cueilli, mis dans un vase d'or
Elle éblouira la pièce de sa splendeur
Elle éveillera un esprit vers la douceur
Tous les sens activés, un temps sans la torpeur
Éphémère et pourtant un éternel bonheur
Son passé, un futur pour l'humain, sans remord


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 16

Chapitre 16

Petit à petit, les gris-unis cessent leurs chants et leur communion avec moi. Je reprends mes esprits, le contact avec le sol et l'espace qui m'entoure. Je suis rassurée. J'ai vécu un instant d'intense bonheur, des secondes éternelles et profondes. Et mes pensées reprennent leur mouvement. Je dois m'assurer que tout avance comme prévu. Je dois m'assurer que le capitaine et le chef ne seront pas un problème. Je dois diriger cette communauté vers la Cité blanche, sur un chemin de douceur, sans violence.

Ce qu'a vu le poète, ces douleurs, ces morts, je dois les éviter. Mais il me faut pour cela arriver à contrer ce Forest ! Il me vient l'idée, en attendant que Jean mette au point un contrôle possible de leurs comguides, et du sien en particulier, d'utiliser Charles-Maurice pour sonder les réactions à distance du Conseil. Il faut fournir une information qu'ils attendent mais qui permettent aussi de déterminer leurs intentions réelles, ou du moins de les anticiper.

mercredi 20 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 15

Chapitre 15

Je sors de ma chambre, suivie et précédée de près par mes deux gris-unis qui ne me lâchent plus d'une semelle. Je me dirige dans les couloirs, en direction de la cellule de désintoxication. Je croise des membres du centre au fil de mes pas. Certains ne me remarquent pas, d'autres affichent un air surpris, un court instant. Je me doute de l'image que je donne, bien malgré moi. Une reine entourée de sa garde marchant la tête haute, perdue dans ses pensées, celles conduites par ses responsabilités. Aussi, à chaque fois que je ressens cette impression fugace, j'applique une image de calme et de petite fille dans les pensées de mes compagnons, afin qu'ils oublient cette divagation. Ainsi, je retarde le plus possible le moment où il me faudra assumer ce rôle, celui de contrôler la communauté de manière passive et douce, pour les conduire sur le sentier de la Cité blanche.

Arrivée devant la porte de la cellule, je me demande comment sera le poète. La porte s'ouvre devant moi, ouverte par mon avant-garde. Je souris presque à cet excès de sécurité, mais je comprends les risques. La prudence est mère de toutes les vertus. Lorsque je rentre, le poète est assis, et non plus sur son lit, la chaise face à une autre chaise en face, la vitre blindée les séparant de quelques mètres. Il m'attendait. Je l'observe, tout en m'approchant de cette chaise laissée à mon intention. Il est encore faible, les yeux encore un peu embrumés, mais le dos est droit et sa respiration profonde et régulière. Jean ne s'est pas trompé. Il reprend vite des forces, même s'il n'a pas encore totalement expulsé ces excès de psychotropes. Je m'assoie face à lui, les deux gris-unis restant à la porte, moi, les mains posées sur mes genoux, dans une attitude de sérénité. Du moins, c'est ce que je voudrais qu'il pense.

S'asseoir et regarder

Corps désarticulés, passions superlatives
Égos démesurés, réflexions si plaintives
Peur du temps qui passe, peur du temps à venir
Tourbillons entrainant notre âme pour le pire

S'asseoir et regarder, non ce que les yeux voient
Laisser aller l'esprit sans s'attacher aux voix
Respirer par le bas, laissant les émotions
S'évacuer en haut, oublier les pressions

Tout est éphémère et tout interdépendant
Tout est une illusion, vérité d'un moment
S'asseoir et respirer, être soi pleinement
Uni à toute vie, et sans isolement

Inspirer l'univers, expirer son amour
Vivre le temps présent, ne prendre aucun détour
Donner sa maigre vie sans attendre un retour
Être un humain simple sans chercher les atours

Alors le corps, le cœur, son moi et sa raison
Marchent sur un chemin sans gouffre et sans démon
Un pas après l'autre, son être à l'unisson
De la vie, des humeurs, ressentir les frissons


mardi 19 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 14

Chapitre 14

Au matin, mon esprit encore dans le reste de mes rêves, je vois plus clairement une possibilité d'agir et de contrôler ces responsables qui dirigent la Cité depuis le Conseil. Il va me falloir l'aide et les conseils de Jean. Je lui demande de venir me rejoindre, de manière discrète. Il me dit qu'il est en train de faire les examens du poète et qu'il viendra tout de suite après.

A peine suis-je réveillée et assise sur mon lit, que la porte s'ouvre et un gris-unis m'apporte mon petit-déjeuner. Je le remercie. Je ne connais pas pour tous leur prénoms, et lui, bien que je le connaisse de vue, je ne le sais pas. Je le lui demande. Il me répond qu'on l'appelle André. Je le remercie encore, mais cette fois en utilisant son prénom.

Claustration - chapitre 15 (fin)

Chapitre 15

Ma dernière nuit. Je passe ma nuit d'abord à méditer sur ma vie passée, ma vie actuelle et ma vie future. Puis je me recentre sur mon moment présent. Je suis libre et serein. Mon corps est fatigué et me demande de se reposer. Alors je m'allonge et je laisse ainsi mon esprit s'envoler dans mes rêves. Je vois une prairie verte immense. Des fleurs la parsèment de leurs couleurs et de leurs odeurs. La chaleur du sol, réfléchissant celle du Soleil qui l'illumine, remonte au travers de mes pieds nus. La fraîcheur de l'herbe vient contraster avec cette ardeur de la terre.

Un peu plus loin, je vois une rivière. Je m'en approche et j'entends, au fur et à mesure que la distance diminue, de plus en plus distinctement. Un flot d'éclaboussure sur des rochers émoussés plantés en plein milieu du courant. Les volutes génèrent des éclaboussures qui viennent parfois atterrir sur mes pieds nus lorsque je suis tout près d'elle. Parfois une pensée me traverse l'esprit, un souvenir de ma vie passée. Elle se transforme en une feuille d'érable qui s'envole dans la brise légère qui m'entoure. La feuille, après quelques va et vient dans un ballet magnifique et circulaire, finit par tomber dans la rivière. La surface n'en est même pas agitée. La feuille se pose délicatement et suit le courant de l'eau, glissant autour des rochers et poursuivant son chemin, sans que rien ne l'arrête. Je la suis du regard.

Les vagues et la Lune

Lorsque la Lune, par un nuage est cachée
Il suffit d'attendre pour revoir sa clarté
Lorsque la feuille tombe au sol d'un ton jauni
Puis sa brune couleur composera la vie

Une larme coule mais elle disparaît
Par un rire, une main tendue, un mot si vrai
Rien ne dure toujours, mais il ne faut pas craindre
De vivre cet instant et arrêter de feindre

Sachant que tout s'efface alors reste le miel
Cette profondeur d'âme élevée vers le ciel
Et sans rien attendre, vous donnez votre amour
Non pas à une ou un, mais à tous tout autour

Détaché des vagues violentes sur le sable
Vous laissez l'écume se répandre, de marbre
Pour ne goûtez que les embruns, le vent marin
Comme tous vos chagrins, il a le goût salin

D'abord vous pardonnez les maux du temps passé
Puis vous n'avez plus peur de ce demain non né
Alors vous êtes là, ici et maintenant
Joie et solitude des mots impermanents

La mort n'est plus à craindre en prenant chaque instant
Comme le dernier d'un long voyage sans fin
Elle viendra un jour, telle une fleur fanée
S'en inquiéter ne la fera pas s'évader

Prenez votre bâton et marchez droit devant
Chaque pas est une victoire sur le temps
Votre égo déposé comme un trop lourd fardeau
Vous serez conscience, vivant vos idéaux


lundi 18 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 13

Chapitre 13

Alors que je me repose, j'entends dehors, devant ma porte, des éclats de voix. Je reconnais le chef qui voudrait entrer et me parler. Mais manifestement, les gris-unis ne le laissent pas faire, muets mais fermes. Je me réveille, me redresse sur le bord du lit. J'envoie un message aux gris-unis : laissez-le entrer, il ne partira pas tant qu'il ne m'aura pas vu. Aussitôt, la porte s'ouvre, laissant passer d'abord un des gris-unis, suivi du chef, furieux. L'autre gris-unis reste devant la porte, entrouverte.

Le chef hurle tant il est en colère. "Que signifie ceci ! C'est quoi ces "gris" qui gardent ta porte ? Ca veut dire quoi ?" Je lui réponds, sur un ton très calme, chuchotant presque, que c'est pour assurer mon repos. Je suis très fatigué après mes activités récentes. Il ne semble pas totalement satisfait, mais fait semblant d'y croire et reprend son calme pour aborder le vrai sujet de sa visite.

Claustration - chapitre 14

Chapitre 14

Les deux gardes n'osent pas me regarder. Ils se tiennent à mes côtés, de chaque part de ma chaise. Ils n'osent pas me parler, ni même échanger quelques mots que ce soient, même entre eux. Je sens leur tension. Pourtant, ils ne sont pas concernés. Je suis l'accusé, ils ne sont que des acteurs d'une pièce mal jouée par des acteurs fébriles, tel l'accusateur de la liberté. Eux sont des tierces personnages, en fond d'écran, sans effet sur le cours de l'histoire.

Pourquoi vous sentez-vous si mal à l'aise ? Vous n'êtes pas responsables de ce qui m'arrive... Je ne comprends pas votre gêne. Vous n'êtes pas concernés.

L'un des deux gardes se tourne légèrement vers moi. Il regarde son camarade. Celui-ci ne bouge pas. Il reprend sa position, droite, fixant le mur et cette lumière rouge toujours allumée. Ils restent ainsi un long moment. Le second tremble, sa main sur son arme de poing à sa hanche. Mais il n'a pas l'intention de l'utiliser, il est simplement pris de cette anxiété que je ne saisis pas, et ne veut pas la montrer. Il la combat de toutes ses forces. Le premier refait un quart de tour, non vers moi, mais vers son partenaire. Il le dévisage, toujours silencieux. Il reste ainsi de longues secondes.

L'égo est la prison de notre humanité

Le Soleil se lève, reléguant le passé
A des instants douleurs, pour ne garder que l'aube
Et ce moment présent, du pardon son humble ode
Inspirer, expirer, vivre là, avancer

Expirer ses émois, son égo, ses pensées
Inspirer cette vie, futur en construction
Ne jamais oublier, délaisser ses tensions
Être soi, dans le calme et la sérénité

Une fois recentré, là, sans but ni profit
Je me tourne à nouveau vers les autres, perdus
Je ne suis pas guide, j'utilise ma vue
Ma conscience ouverte pour éclairer la nuit

L'égo est la prison de notre humanité
Elle empêche d'aimer, d'aider, de pardonner
Elle fausse tous les jugements, embrouillés
Crée partout des tensions, là, sans réalité


dimanche 17 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 12

Chapitre 12

Un des gris-unis vient me réveiller, doucement, comme si j'étais une pierre précieuse. Il me soulève doucement et m'aide à me lever. Charles-Maurice et le poète sont arrivés et Jean me fait demander. Je suis debout, je reprends mes esprits. Je communique avec gris-unis, par la pensée.

Je vois toujours cette image de la Cité blanche, celle de mes enfants, mais aussi celle de cet homme sous son capuchon face à la tour centrale. Je ne sais pas qui sait. Il m'impressionne. Je ne saurais dire pourquoi. Je ne sais pas si ce sont des visions d'un futur ou de simples rêves. Quand dites-vous ?

Il prend une pause, communiquant avec ses semblables et me répond : "Ces images sont un futur possible, incertain, mais possible. Quant à l'homme sous le capuchon, vous savez mais vous refusez de le voir. Vous n'êtes pas prête. Pour le moment, il vous faut agir dans l'instant présent. On vous attend."

La beauté cachée

La beauté humaine se cache très souvent
Sous un fard, les yeux mats, se dissimulant
Sous une capuche, la tête recouvrant
Sous un lipstick rouge, les lèvres s'entrouvrant

L'émotion se déploie sous des draps de soie blancs
Sans faux pli, en douceur, comme un lac transparent
Pudique, insoumise, l'âme au soleil levant
Rien ne saura stopper ses longs pas de géant

Masquant son histoire, passé las révolu
Elle ne vit que pour son grand amour déchu
Et pourtant, un début de sourire confus
Efface la froideur d'un automne reclus

Les mains voudraient saisir l'être aimé en douceur
Mais elles n'attrapent que le vide des pleurs
Elles se raccrochent au plis du débardeur
Camouflant en soupirs ses plus terribles peurs


Automatique : Je suis seul dans mon monde

Tous ces sons, tous ces mots, toutes ces phrases
Autant de lames inondant mon être assailli
Je voudrais ne plus entendre, sauf les vagues
Je voudrais ne plus ressentir, sauf l'écume

Lorsque les mots dits mentent et sont tous sauf vrais
Lorsque les esprits oublient le passé pour un univers irréel
Lorsque les cœurs deviennent froids lors qu'ils étaient brulant
Lorsque les corps s'affrontent lors qu'ils s'unissaient

Toutes ces accusations sans fondement
Toutes ces suppositions contraire aux actions et au paroles
Je voudrais ne plus écouter, sauf le ressac
Je voudrais ne plus éprouver, sauf l'eau s'étalant sur le sable

Lorsque les amis d'antan, les personnes aimées nous torturent
Lorsque l'aide apporté au fil des années s'évanouit en un seul mot
Lorsque l'amour donné est effacé d'un revers de la main
Lorsque la famille construite au fil des épreuves se disloque

Je voudrais stopper le temps, ma bague à mon doigt pour l'infini
Je voudrais être vivant, enfin vivant, sans conflit
Je voudrais m'envoler loin de ce monde de l'oubli
Je voudrais mais je dois affronter les walkyries

Lorsque le sable crisse sous mes pieds pour me rappeler que j'existe
Lorsque le vent soulève mes cheveux pour me rappeler que j'éprouve
Lorsque la mer s'étale devant moi pour me rappeler que je souffre
Je suis seul dans mon monde, les yeux fermés, rêvant l'avenir


Claustration - chapitre 13

Chapitre 13

Les secondes passent, tel un vol d'hirondelle virevoltant à l'infini dans le ciel, en dessinant des courbes et des droites d'une harmonie collective parfaite. Les jurys me regardent mais ne savent plus s'ils regardent un accusé ou s'ils se regardent eux-mêmes. L'accusateur de la liberté tente de se reprendre mais reste cloué sur sa chaise. Il est comme aspiré vers les profondeurs de son âme, maintenu par ses pieds, sa conscience, sur la terre, tandis que sa tête s'étire vers le ciel, comme s'il était soumis à l'écartèlement psychologiquement. Mais il lutte, et finit, tant bien que mal, par se relever, s'appuyant de ses deux mains sur son bureau, vieil homme d'à peine quarante ans, obligé de se tenir aux meubles pour rester debout.

Il essaye d'ouvrir la bouche, mais les dents restent serrées. Il inspire rapidement, après une course de mille mètres à pleine vitesse, peinant à retrouver son souffle. Ses bras tendus, il repose tout son poids sur la table. Il ferme les yeux, se reconcentre, fait le vide et calme enfin petit à petit son rythme ventilé. Il rouvre les yeux, la bouche et sa voix, d'abord tremblotante, sort du fond de son larynx noué.

"Vous venez..."

samedi 16 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 11

Chapitre 11

A peine sont-ils partis, que chacun retourne à ses occupations, sauf le collège, hormis le poète qui est toujours dans la grotte. Même le chef est venu, après avoir attendu leur départ et s'être assuré qu'ils étaient bien repartis vers la Cité. Nous sommes dans une des salles de réunion du centre. Ils commentent tous à tour de rôle la visite. Pour le chef, aucun incident à déclarer. Ils n'y ont vu que du feu. Pour le capitaine, l'inspection a été réussie. Il a même eu les compliments du militaire venu l'inspecter. Pour Jean, hormis son inquiétude dont il m'a fait part mais qu'il tait durant la réunion, le technocrate était lui aussi content des indicateurs, de nos procédures et des limites raisonnables d'erreurs que nous avions maintenues.

Restent l'architecte et moi... Par la pensée, je lui demande de minimiser l'attitude de Monsieur Forest, sans pour autant cacher ce qui s'est passé. L'architecte prend donc la parole et indique que ce Monsieur Forest a fait preuve d'une certaine cruauté envers un des "patients", et que même lui a dû plier les genoux face à cet homme. Il n'y a cependant rien à craindre. Le poète a déterminé par ses prévisions que tout allait bien se passer pour nous. On me demande si j'ai pu sonder son cerveau. Je réponds de manière évasive mais tout en donnant quelques détails. J'ai pu pénétrer, grâce à l'action conjointe du "patient" et de l'architecte, à contourner les pare-feux de cet homme. Pour autant, je n'ai pas vu énormément de choses. Il venait pour savoir si nous représentions un risque, et il semble qu'il soit persuadé que non. Donc cela confirmerait les visions du poète.

Automatique : Le feuille s'envole, les idées restent

Le feuille s'envole, les idées restent
Les lettres s'enchainent en mots, en phrases
Ruisseau, rivière, torrents d'émotions
Pour se déverser dans l'océan de mon être

Le calme de la surface, réfléchissant la Lune
Masque les courants profonds et tectoniques
De mes pensées infinies et pourtant éphémères
De mon cœur crachant sa lave sous-marine

Au hasard d'un chemin, ma Lune se personnifie
Un visage aimé, un corps agile et vivant
Et mon ombre se répand un peu plus sur le sol
Perdant de vue la réalité de ce monde

Mes écrits sans valeur s'agglutinent dans les bas-fonds
Et deviennent le limon qui alimente mes démons
Parfois je me demande non pas pourquoi j'écris
Mais pourquoi certains me lisent

Faut-il que l'exhalaison des remords, de l'amour perdu
Est un parfum aussi puissant que les lotos
O, il m'arrive bien sûr de remonter à la surface
Aspirant une bouffée d'oxygène, ce poison naturel

Et du regard, tout d'un coup, voyant l'horizon tout autour
Je me prends à espérer de survivre et de ne plus couler
A tenter de rechercher le meilleur de moi même
Cette humanité absolue, cette douceur de vie

J'oublie même, ne serait-ce qu'une seconde, une éternité
Mes délires, mes fautes, mes manquements
Me pardonnant et tenter d'être vivant enfin
De goûter cet instant comme si c'était le dernier

La Lune fait sa révolution autour de la Terre
La Terre autour du Soleil, le Soleil autour du centre
Ce trou noir de la voie lactée, ombres et lumières
J'espère que ma révolution est plus utile

La révolution, c'est faire un tour sur soi-même
Revenant au point de départ, sans changement
Mais c'est aussi cette course qui finira
Par être absorbé in fine et réduit en atome

Si la fin est inconnue, l'important est maintenant
Demain viendra, peut-être, et on le saura assez tôt
Hier n'est plus, même si ce fut mes meilleurs moments
Alors je le garde par mes écrits, une vie s'échappant

vendredi 15 septembre 2017

Claustration - chapitre 12

Chapitre 12

Un jour, maintenant...
Quel jour nous sommes n'a plus aucune importance. Je suis maintenant. Mon dossier vide est vide comme le bol devant moi l'est. Il est plein de vide. Et je suis vide de plein. Les interactions qu'ils ont avec moi ne sont que des phénomènes passagers. Ils ne durent pas. Les chocs électriques finissent par s'arrêter. La noyade finit par s'arrêter. La douleur et la privation de sommeil finissent par s'arrêter. Moi, je reste. Je suis toujours là, en moi et face à eux.

Je ne veux plus dépendre de leurs temporalités. Je veux être ma temporalité. Je n'ai rien à avouer car ils n'ont rien à demander. Je n'ai rien à faire ici, car ma place est ailleurs. Je ne suis plus leur prisonnier, leur condamné en puissance, je suis un homme qui pense, respire, ressens et vit. Ce bol est moi. Vide et plein à la fois. On peut le briser, il ne sera plus le bol d'avant, mais ses composants seront les mêmes, même éclaté en milles morceaux. On peut le détruire, le transformer chimiquement ou par le feu, il sera alors devenu autre chose, mais il restera, non plus un bol mais autre chose. Le bois qui brule ne devient pas cendres. Le bois qui brule est bois. La cendre est cendre. La cendre ne peut redevenir bois, le bois n'est plus lorsqu'il est cendres. Tout ceci n'est que temporalité. Les atomes eux demeurent et resteront ainsi pour l'éternité.

Ils peuvent me torturer, me tuer même. Je resterais, dans ma temporalité. Ils peuvent remplir et vider le bol, le bol demeure, jusqu'à ce qu'il le casse.

Ballet pervers

Les hypocrites et les lâches se succèdent
Une ronde autour de chaises dont il manque une
Et je les vois courir, sans trace d'âme aucune
Se poussant des coudes, guerre d'égos sans trêve

C'est un jeu stupide, nauséabond, futile
Personne ne gagne, tout le monde s'y perd
Je refuse d'entrer dans ce ballet pervers
Je reste entier, debout, goûtant le temps qui file

Leur jeu politique n'a aucune logique
Faux-semblants, mensonges, coups bas et trahisons
Le désir de pouvoir, qui n'est qu'illusion
Hommes il sont, Hommes sans justesse ou éthique

S'il me faut perdre mon confort si matériel
Pour rester en accord avec mes convictions
Em mon humanité, ma liberté d'actions
Je resterais debout, la tête vers le ciel

Je suis libre et rien ne me fera leur céder
Mes genoux n'iront au sol que pour méditer
Fier, vous dites ? Oh non, simplement détaché
Des pressions factices, et libre de penser

jeudi 14 septembre 2017

L'automne gronde en moi

L'automne gronde en moi
Le vent secoue mes mortes émotions, fanées
Jaunies par le temps froid
Tels mes vieux cahiers emplis de peines passées

Mes maux tombent au sol
S'amoncelant, en compost pour d'autres futurs
Mes poésies s'envolent
Brunissant dans mon combat quotidien et pur

La lumière décroit
Tous les jours sous le Soleil mais m'illuminant
De la Lune la proie
Mes nuits sont des miracles où ma vie s'étend

Lettre après lettre, en mots
Je m'effondre vers l'hivers, espérant l'été
Ne plus être un égo
Mais arbre millénaire, racines plantées

Peu importe le vide
De mes branches dénudées si mon tronc survit
L'âme reste lucide
Et ma sève s'écoule, torrent de ma vie

Je puiserais, patient, 
Dans mon passé achevé tous les matériaux
Mon temps présent conscient
Pour rêver sans relâche de nouveaux joyaux


mercredi 13 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 10

Chapitre 10

Je laisse l'architecte suivre ce sale individu. Moi, je reste avec le gris-uni. Je lui demande comment il va. Il me répond : "Nous allons bien, mais vous, non !". Je suis surprise. Mais j'insiste sur ce qu'il a subi. Je voudrais savoir comment cela était. Était-ce comme avec Léto ? Il me répond qu'il n'a jamais eu à subir une attaque de Léto, mais au contraire une totale bienveillance en permanence. Il ajoute que pourtant, il sait, comme les autres le lui ont aussi confirmé, que cet homme n'a pas les capacités de Léto. Il n'était qu'en surface, n'agissant que sur les connexions électroniques, et pas sur le cerveau lui-même et ses liaisons synaptiques.

Je n'arrive toujours pas à m'y habituer, et pourtant, cela fait près de quatre années que je les côtoie, et très régulièrement, même. Ils forment une communauté dans la communauté. Ce que l'un ressent ou pense, les autres le savent immédiatement. S'il souffre, les autres le soutiennent. C'est ce qui a dû se passer ici. Je le lui demande. Il me répond que volontairement, pour ne pas éveiller les soupçons, et aussi pour savoir jusqu'où il pouvait aller, ils ont décidé de ne pas agir pour l'aider, tous en accord. Ils ont aussi agi ainsi car ils savaient que c'était la seule chance que je puisse pénétrer son système de défense, en le poussant à bout. D'ailleurs, ils trouvent que l'architecte a été courageux en s'exposant volontairement lui-aussi, pour me donner cette chance.

Je suis moi

Avant la moindre peine emportait mes pensées
Au-delà de mon être, ensevelit vivant
Dans un typhon, larmes intérieures, brulant
D'un brasier tel enfer, mon cœur en dépression

La vie en communauté était pour moi souffrances
Les échanges vides, sur le temps, les repas
Des poignards enfoncés dans mon esprit, trépas
Lors que la réflexion, philosophie, ma transe

Je me suis enfermé dans la logique pure
Tout en préservant les humains que je croisais
Empathie inviolable en oubliant mes plaies
Contre l'injustice et la société si dure

Aujourd'hui j'accepte mes révoltes et cris
Je me tourne vers l'autre, être vivant sensible
Passions, indignations, j'accepte d'être cible
Si je peux soulager, et pleinement en vie

Je refuse d'être ce robot qu'on attend
Je pleure et je ris fort, je suis ému, vivant
J'écris mon moi profond, sans peur du jugement
Anormal ? Soit ! Je suis ici et maintenant

L'amour est avec moi, tout autour de mon doigt
Mes mains et tous mes mots poussant mon idéal
Jusqu'au dernier souffle, sans jamais un rival
Je vis enfin, parmi les humains, je suis moi !


Claustration - chapitre 11

Chapitre 11

Ce 41ème jour fut long ! Je m'aperçois par la fatigue de mon corps, la faim de celui-ci lorsque je vide ce bol d'un rond parfait, que le temps imposé sur la table a dû être une journée entière, peut-être même plus. Nous devons en fait être déjà ce 42ème jour. Mon corps est fatigué, comme s'il avait travaillé plus de 24 heures sans s'arrêter. Mais mon esprit, lui, est reposé. Pendant cette longue journée, j'ai choisi de faire le vide, de ne plus penser, de ne plus être sur la durée, mais de n'être que chaque seconde, différentes à chaque fois. Chaque instant était mon instant, et non celui que l'on voulait m'imposer. Je fus, je suis et je serais.

A peine ai-je le temps de finir mon bol, que la porte s'ouvre à nouveau, l'accusateur est devant la porte et m'observe. Je me lève, avec difficulté, mon corps répondant mal à mes stimuli nerveux. Je le regarde dans les yeux, toujours avec cette douceur et cette quiétude, sans défit mais affirmation de moi-même. Il se retourne et crie : Encore !

mardi 12 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 9

Chapitre 9

A notre approche, Monsieur Forest ne bouge pas d'un centimètre. Il reste immobile, les mains croisés derrière son dos. Il fixe l'architecte, comme à son habitude, il m'ignore totalement, moi qui marche un pas derrière lui, en signe d'infériorité de ma fonction. Les salutations d'usage passées, l'architecte demande ce que veut voir ou faire Monsieur Forest.

Celui-ci dévisage l'architecte, puis lui répond qu'il voudrait voir un des patients qui fut remis dans sa cellule hier, suite à l'incident. L'architecte lui dit que c'est possible mais qu'il faudra faire attention car c'est un sujet potentiellement violent. Il lui suggère d'être accompagné par un des gardes, car celui-ci étant toujours en confinement, les autres gardes sont à leur poste de surveillance et d'aide au médecin. Monsieur Forest refuse. Il n'a pas besoin de garde. Et certainement pas de celui qu'il avait hier.


Claustration - chapitre 10

Chapitre 10

Nuit du 40ème jour ! En fait, même la lumière éteinte, je reste ainsi, assis devant mon bol, le dos droit, la tête regardant les jours passés s'effacer les uns après les autres. Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Je vois les efforts qu'ils font pour m'obliger à faire ce que je ne peux pas faire. Comment le pourrais-je ? Et comment peuvent-ils le croire ? Comment avouer ce que l'on ne sait pas ? Comment définir ce qui n'existe pas ? Comment être ce que l'on n'a jamais été ?

Qui je suis ? Je suis ce bol. Vide et plein à la fois ! Vide car il ne contient rien, aucun aliment. Plein, car il est fort de promesses, d'avenirs, de nourritures à venir à nouveau. Vide car je n'ai aucun élément où me raccrocher. Les jours et les nuits sont fictifs, mon corps le sait. Il comprend que le rythme des éclairages ne suivent aucune horloge naturelle. Vide car je n'ai aucune pensée sur quoi écrire d'autre.


Automatique : Icône, beauté et féminité

Icône, beauté et féminité
Pourquoi les femmes ne sont-elles pas le centre du monde ?
Elles le sont pour moi, même si je m'en tiens éloigné

Amante, mère, amie, sœur
Pourquoi l'homme est-il si pressé et si orgueilleux ?
J'ai voulu être patient et attendre pour qu'elle m'aime à nouveau

Magnificence quand elles jouent sur les volutes de leurs vêtements
Pourquoi le style des hommes est si sobre et gris ?
J'aurais voulu qu'elle puise dans les artifices pour se mettre en valeur

Intelligente, fine et subtile
Pourquoi l'homme est-il si rugueux, si primaire ?
J'aurais voulu être plus tendre, entendre les non-dits, comprendre le silence

Complémentaire et différente
Ma Roxane, pourquoi fallu-t-il que je ne la comprenne pas ?
J'ai tout essayé et plus encore, mais je l'ai perdue à jamais

Suis-je triste ? Non, car elle est libre, enfin
Suis-je seul ? Non, j'ai mes souvenirs et ma vie est ici et maintenant
Je regarderais tous les jours cette bague que je porterais à jamais

Un regret ? Celui de ne pas avoir pu l'aimer comme elle le voulait, si j'avais su
Un espoir ? Qu'elle soit heureuse, enfin, et découvre le vrai amour à son tour
Moi, je l'ai découvert et je le garde au fond de moi, dans mes rêves

Je ne vis pas dans le passé, je suis le produit de mon passé
Je ne vis pas dans l'isolement, je m'ouvre au monde par mes mots
Je ne suis pas seul, mes mots et mes pensées m'accompagnent

Est-ce que je veux être heureux ?
Comme dit le Koan, vouloir est du désir, être est de l'égo
Retirer les deux, il reste cette joie simple, la vie


lundi 11 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 8

Chapitre 8

A peine arrivée au centre, Jean m'attrape par la manche et m'attire dans une des salles annexes. Il est inquiet. Déjà, je ne suis pas revenu avec Charles-Maurice. Pourquoi ? Ensuite, il enchaine sans me laisser le temps de répondre, ce qui m'arrange car je cherche une explication plausible, sur son idée initiale, qui a été rejetée, de modification des comguides de manière profonde et accélérée. Il pense que c'est pourtant la seule façon de mettre à bas cette organisation des responsables, et en particulier celui-ci, Monsieur Forest. Il ne lui fait pas confiance. Il l'a vu hier soir sortir dans le jardin, dans un coin sombre et discuter manifestement avec quelqu'un, sans savoir qui. Mais ce n'était pas un des membres du comité d'inspection, ça, il en est sûr !

Je le calme, tout d'abord, ayant trouvé ma réponse, en lui disant que la séance a été rude pour le poète et qu'il fallait que quelqu'un se charge de lui. Charles-Maurice était le mieux placé, il connait le poète et est manifestement suffisamment intelligent pour savoir gérer les problèmes qu'il pourrait avoir, le soigner, lui apporter la nourriture. Bref, Charles-Maurice est une nounou parfaite pour notre cher ami.

Claustration - chapitre 9

Chapitre 9

40ème jour... Un bol de gruau m'ait apporté, posé à côté de ma natte. Assis en tailleur, je mange. Pendant que je mange, je prends conscience de ce bol qui se vide, et de moi qui me remplit. Je saisis la viduité qui est mienne et qui se transforme dans la viduité du premier. Depuis que j'ai pu me laver, mon esprit est plus fier. Je me tiens droit. Je ne veux plus donner cette image de moi, courbé, subissant malgré moi et sans résistance, toutes ces chose que l'on me fait. Je me tiens droit et je respire profondément.

Une fois fini le bol, plutôt que de le reposer, je le garde poser dans mes mains, mes mains posées sur mes cuisses. Je me tiens droit et je regarde le bol. Mon cou me fait mal, tordu vers le bas. Je le redresse et je garde l'image de ce bol dans ma tête. Ce bol s'est moi, vide ou plein. Je suis ce bol, plein et vide. Je revois les images, les souvenirs des chocs électriques, de la noyade la tête enfoncée dans un sac de jute, je revois les yeux perçants noirs de mon bourreau, je revois l'absurdité de cette demande d'aveux que je ne peux honorer, ne sachant pas ce qui m'est reproché. Je suis conscient de tous ces instants et je les oublie, un instant.

Mon éternel amour

Regarder son âme, scruter ses émotions
Rejeter son égo, Apprécier son corps
Face au lac de son moi, la surface, un décor
Les impuretés s'en vont avec les tensions

Le dos droit, la tête redressée, mains posées
Le souffle est lent comme l'eau glissant sous le vent
Le lac est le même, l'eau se renouvelant
Aucune ondulation ne vient nous perturber

La chaleur du Soleil, la douceur de la Lune
Nous sommes éveillés à notre permanence
Dépassant les saisons, nous sommes la présence
Et nos épreuves sont un océan de dunes

C'est là que je ressens l'amour, mon éternel
Sans fin et sans espoir, mais pur comme ce lac
Même le temps m'oublie, la montre sans tic-tac
J'aime, c'est évident, de toutes la plus belle

Je n'ai aucun regret des souvenirs émus
Mon corps se souvenant de ses ondulations
Mon cœur qui accueillait son regard en passion
Ma vie au plus profond, cet amour continue


dimanche 10 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 7

Chapitre 7

Passé la colère, je me mets en connexion avec le poète du plus profond que je puisse. J'ai demandé à Charles-Maurice de se tenir dans un coin de la pièce et de ne pas bouger et de ne rien dire ni même penser. Le poète quant à lui s'assoit sur son tapis, construit par nos artisans à son intention. Il se met dans sa médiation, inspirant profondément les émanations des champignons, cette substance qui semble l'aider à améliorer ses visions.

Les premières images sont bien celles de la Cité blanche, notre but ultime. Ca, c'est le futur lointain. Je lui demande de se concentrer sur le futur plus proche. Il voit les hommes arrivés hier, l'inspection générale, tant militaire que scientifique. Il voit l'individu nommé Forest, mais sans savoir lui aussi quel est son rôle. L'information qu'il est l'un des responsable de la Cité centrale est évidemment éminemment importante. Mais tout ceci est le passé.

Montre moi le futur, le plus immédiat...

Claustration - chapitre 8

Chapitre 8

39ème jour. Au petit matin, c'est à dire lorsque la lumière s'allume, on m'apporte un bol de gruau, posé à terre, près de ma natte. Je m'assois en tailleur et je prends cette nourriture, mon corps réclamant d'assouvir ses besoins naturels. Une fois le bol terminé, je le pose et je le regarde avec attention. Non pas comme un concentration aiguë, mais comme une vision au-delà de sa réalité. Il est vide, il était plein. Il sera sans doute à nouveau plein plus tard. Mais maintenant il est vide, et c'est moi qui suis plein, plein de lui. Et finalement, je serais vide, vide comme lui. Ce bol est le premier échange de ma journée. Un don, un réception, sans qu'il n'ait aucune intention, détaché de la vie, et pourtant soutenant ma vie.

Le regard perdu

Le regard perdu dans la nature magnifique
Environnante et douce éveille en moi un rêve
Une pensée profonde de la vie sans oblique
Une éternité folle embarquant mon Ève

Le lac reflète mon cœur sans un froncement
Le calme est partout en moi et autour sans fin
Le Soleil inonde mon âme, firmament
D'un jour nouveau après la Lune et son parfum

Le ciel sans nuage au-dessus des ma tête
La terre sous mes pieds, me présente un cosmos
Mes yeux voient le visible à jamais obsolète
Mes espoirs se perdent dans cet azur précoce

Je voudrais m'envoler, me métamorphoser
Devenir un autre, pouvoir être inconscient
Enfin débarrassé de mes noires nausées
Pour ne conserver que mon être, égo absent


samedi 9 septembre 2017

Automatique : Souvenir d'une bague

L'amour, ce sentiment merveilleux et indicible
L'amour, ce rêve impossible et pourtant parfois réel
L'amour, cette communion de deux âmes éternelles

L'ivresse des corps ne compte pas dans cet endroit là
L'ivresse des mots ne peut exprimer ce que l'on vit là
L'ivresse de la vue ne peut rendre compte de ce que l'on ne peut que deviner
L'ivresse des sentiments perdus dans un tourbillon sans mesure

L'amour, ce voyage vers l'infini, dont la fin n'est pas connue
L'amour, ce train que l'on prend, sans savoir quelle est la destination
L'amour, ce partage des bagages de la vie pour un temps indéfini

Tous les artistes ont essayé de saisir cet instant
Ces marbres blancs des amants enlacés
Ces photos d'un baiser dans Paris
Ces musiques d'hymne et de passions, de tendresse et d'illusions

L'amour, cet océan sans fond que peut-être un jour on trouvera
L'amour, cet azur libre et léger qui peut-être un jour nous étouffera
L'amour, cette terre fertile où fleurissent les fleurs, un jour peut-être de sa tombe

Les poètes, avec l'argile, avec les mots, avec la musique
Veulent toucher du doigt cet état de grâce
Les allégories, les alexandrins, les rimes amour et toujours
Mais à la fin, il ne reste qu'un souvenir, précieux, comme une bague


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 6

Chapitre 6

Au bout d'une heure, Monsieur Forest ressort de la chambre du dirigeant principal. Il ne dit pas un mot au conseil des dirigeants, qui pourtant attendaient un retour. Non, il se dirige immédiatement vers la sortie. Nous le suivons, l'architecte, le garde et moi. Nous passons les contrôles en sens inverse.

Il est déjà tard. Le capitaine propose aux nouveaux arrivants qui se sont retrouvés dans le jardin intérieur du bâtiment de prendre leurs quartiers qu'ils ont préparés à leur intention pendant leur visite et de les rejoindre au mess des officiers pour le repas. Pour les gardes qui les accompagnent, le capitaine propose qu'ils rejoignent les autres gardes, mais précise que leurs dortoirs est attenant aux quartiers qui leur a été alloués. Le militaire apprécie l'efficacité du capitaine. Le technocrate n'est pas mécontent de pouvoir se reposer un peu dans sa chambre. Pour ce qui est de Monsieur Forest, celui-ci ne montre aucun signe. Il s'enferme dans ses quartiers et puis, plus rien.

Claustration - chapitre 7

Chapitre 7

38ème jour, jour de ma naissance ! Je me réveille, sans les gardes cette fois. Je vais à la table et saisis une feuille de papier. Ils veulent que j'avoue ce que j'ignore, aucun problème. Je commence donc ma lettre ainsi :
Par la présente, j'avoue :
Et dessous je dessine un trait zigzaguant, frénétiquement, recouvrant la quasi totalité de la page. Je laisse juste assez de place pour signer. Je ne peux pas mettre de date, je ne la connais pas. Peu importe, j'inscrit ce que j'ai décidé qu'il soit :
38ème jour
Je repose la feuille bien en évidence, et je retourne sur mon lit, pour continuer de me reposer et attendre les gardes.

Ego-Journal 78

Aujourd'hui, j'ai appris plusieurs choses. Et ces choses, petit à petit, changent ma vie. Elles peuvent paraître futiles, ou inutiles, mais elles me semblent fondamentales, en tout cas, pour moi.

L'une concerne la notion de réincarnation, avec ce qu'elle peut avoir comme divergences de points de vue. L'autre est le principe de la conscience, alimentée par la mémoire, semblant contradictoire avec l'effacement des phénomènes (ku) dans la pratique du Zen.

Série de Haïku 25

L'eau chaude jaillit
De la montagne enneigée
Réveillant l'esprit

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Le corps essoufflé
Se calme par la pensée
Enfin l'unité

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Assis je contemple
Les infinis, grands, petits
Mon être est mon temple

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L'égo éphémère
Rejoint pensées, émotions
Le présent s'éclaire

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La vie est durée
Être vivant, c'est l'instant
Une infinité

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Deux dates nous troublent
La naissance bien connue
La mort, comme un doute

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Entre vie et mort
Il y a le temps imposé
Venant du dehors

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Pendant chaque instant
Est notre temps sans contrainte
Il est nous, sans fin

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Goûtez votre vie
Chaque dernière seconde
Trouvant sa magie

vendredi 8 septembre 2017

Automatique : Beauté minérale

J'ouvre les yeux et je t'aperçois près de moi
Tes longs cheveux dévalant sur ton visage endormi
Tes yeux, enfermés tel un bijou dans un écrin
Derrière tes paupières aux cils ondulés

Tes lèvres, roses et closes, sans force ni volonté
Appelant un baiser léger comme un colibri
Mais le vent de ses ailes pourrait t'éveiller
Aussi je ne bouge pas, extatique devant ce tableau

J'entrevois sous tes cheveux ta nuque
Et ce sang qui bouillonnent dans tes veines
L'épaule nue et tout le bras comme un écho
D'une beauté minérale, marbre blanc magnifique

Les ondulations des draps sont des vagues
D'une mer douce et calme, sans fracas
Où pourtant j'aimerais me noyer, dans ses abysses
Mais je reste les pieds dans le sable sec

La lumière du Soleil vient s'épancher sur ce lit
Il dévoile la vérité, l'esprit exhumé
Cette peinture amoureuse est une nature morte
Et de visage, et de cheveux, il ne reste qu'un oreiller


Claustration - chapitre 6

Chapitre 6

37ème jour ! Les gardes me ramènent à la chambre de torture. Déjà assis, l'accusateur tient à la main la feuille de papier barré d'un grand X. Il est prostré dans la position du penseur de Rodin, tenant la feuille d'une main, l'autre tenant son menton. Il ne détourne même pas la tête lorsque je rentre et que je suis à nouveau installé sur la chaise aux filaments douloureux, anguilles mécaniques déversant leurs poisons électriques dans mon corps affaibli. La faim tenaille mon ventre, mais je ne veux pas fléchir.

Je n'ai rien fait ! Je m'adresse, avant que les gardes n'aient terminé la préparation, directement à l'accusateur, l'interpellant. De quoi suis-je donc accusé ? Que me reproche-t-on ? Pensez-vous vraiment que ces excès de violences changeront la moindre chose puisque je ne sais pas de quoi il s'agit ?

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 5

Chapitre 5

Comme nous nous y attendions, le militaire inspecte chaque partie du bâtiment, quant à ses systèmes de surveillances et de sécurités. Il inspecte les hommes, les armes, l'organisation. Il se renseigne sur les évolutions prises par les dirigeants suite aux incidents survenus il y a quatre ans. Le capitaine lui explique de son côté ce à quoi il a procédé comme changements, avec ajouts de capteurs et d'alertes, la mise en place de bracelets électroniques qui permet de situer à tout instant chacun des patients. Pour le reste, il indique que c'est avec les dirigeants eux-mêmes qu'il faut voir. Ce à quoi répond le militaire que c'est le rôle de Monsieur Forest.

Pour sa partie, le technocrate inspecte les laboratoires et les résultats d'analyses, les modifications de codes apportées (celles que nous ne cachons pas). Il constate les mesures d'écarts-types et confirme ce qu'il savait déjà, à savoir que tout est réalisé dans les règles. Jean lui demande s'il veut voir les progrès fait sur les individus sur lesquels sont réalisés des expériences, mais il répond que c'est Monsieur Forest qui en a la charge.

jeudi 7 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 4

Chapitre 4

Au petit matin, ce rêve de Léto me hante encore. Ce sourire... Comme s'il voulait me dire : ne t'inquiète pas ! Et pourtant, je ne suis pas à l'aise. Mais je ne peux pas non plus dire que le poète a tort. Cette force d'une image soude une communauté et la renforce. D'ailleurs, lorsque nous recevons de nouveaux arrivants, c'est bien par les images de cette cité blanche pure et sereine, libre qui les attirent, mais c'est le mythe de Léto et de ses exploits, y compris même de sa retraite pour nous laisser trouver notre voie qui constitue souvent l'élément déterminant dans leur adoptions complètes de notre démarche et leur intégration dans la communauté.

D'ailleurs, alors que je mange mon repas du matin, Charles-Maurice me rejoint et entame une discussion au sujet de Léto. Il veut en savoir plus. Il veut comprendre qui il était, ce qu'il a fait, ce qu'il pensait. Je suis un peu gênée par toutes ses questions. Pour la plupart, je réponds des banalités, des éléments que n'importe qui raconte. Mais je n'en rajoute pas, comme peuvent le faire certains. Je ne peux pas faire cela à Léto. Je ne serais pas digne de la confiance qu'il a placé en moi si je déformais la réalité de sa vie. Mais je ne peux pas dire non plus ses interrogations, ses doutes et sans doute les raisons de son choix de s'évader de notre communauté. Alors que je tourne en rond sur le sujet, le poète se rapproche de nous deux. Et tout naturellement, sentant que je commence à m'impatienter, il prend le relais et entreprend de répondre aux questions du jeune homme.

Claustration - chapitre 5

Chapitre 5

34ème jour ? J'ai tout juste le temps de me réveiller que les gardes m'emmènent à la chaise de fer et de cuir. Sans même attendre, je vois déjà qu'il branche les câbles à la machine située à quelques mètres de moi. En face de moi, il n'y a personne. Le fauteuil est vide.

Je m'attends à ce que rentre d'un moment à l'autre l'accusateur de la liberté rentre et s'assoit face à moi, dans sa position des mains croisées, pensif ou incisif. Mais il n'en est rien, je sens plutôt une décharge électrique envahir tout mon corps, par mes pieds, mes poignets. La décharge m'a prise au dépourvue. Ainsi c'est une machine à courant électrique. Mais pourquoi me faire cela ? Dans quel but ? La douleur était minime. Un chatouillis, certes envahissant tout mon corps, comme un conducteur parfait des poignets aux chevilles, en passant par les épaules, le torse, les genoux...

L'oiseau rêveur

L'oiseau au sol voudrait reprendre son envol
Il regarde le ciel, les nuages défilant
Il voit les cimes des arbres comme un auvent
Et non leurs frondaisons se mouvant en corolles

Il entend ses frères et sœurs tous chantonnant
La vie renouvelée à ce Soleil levant
Il voudrait accompagner cet hymne avec élan
Mais aucun son ne sort de son cœur délirant

Il voudrait tournoyer, profitant du vent chaud
Pour monter toujours plus haut, sans effort, sans peur
Mais il reste figé sans qu'un espoir n'effleure
Son plumage éclatant, couleur pourpre en émaux

Une aile torsadée, un torse tourmenté
Il sent sa vie couler, pénétrant l'autre monde
Dans un dernier sursaut, ses rêveries fécondes
Le font voler là où aucun ne put aller

   

mercredi 6 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 3

Chapitre 3

Le jour suivant, le premier rapport des éclaireurs me parvient, comme convenu, en scrutant leurs comguides. Ce sont bien des mineurs en quête de Nickel. Pour le moment, ils font des sondes à différents endroits pour déterminer les possibilités de filons à exploiter. Leur déplacement tend à les éloigner de notre espace. Mais le collège considère qu'il ne faut surtout pas relâcher la surveillance, toujours sans se faire remarquer. L'ordre est transmis, ainsi que l'information que demain, un nouveau groupe de deux éclaireurs viendront les relever.

A l'ordre du jour du collège, il y a aussi l'autre rapport, celui en provenance de la Cité cette fois. Les corrections que nous avons envoyées sont déjà diffusées et déployées sur l'ensemble de la population. Il est trop tôt pour déterminer si les effets attendus seront au rendez-vous, mais en tout cas, c'est la preuve que les responsables de la Cité continuent à nous faire confiance. Cependant, alors que cela fait des mois qu'il n'y a plus eu aucune visite de contrôle, un des gardes affecté au service des actions spéciales pour les responsables nous informe qu'une délégation se prépare à rejoindre le centre médical. Je lui ai demandé de qui il s'agissait, mais le garde n'a pas su me répondre. Le secret est bien gardé. Les individus sont inconnus de nos espions. Ils forment un groupe de trois personnes.

Claustration - chapitre 4

Chapitre 4

32ème jour ? Lorsque la lumière se rallume et que les gardes viennent me chercher, comme une routine absurde qui s'est installée, j'observe que la feuille d'hier soir n'est plus sur mon bureau. Quelqu'un a dû venir la prendre pendant que je dormais aussi profondément que possible. Ce sommeil, avec la bouillie que l'on me donne comme repas, sont les seuls éléments bénéfiques de ces instants qui n'ont plus de durées définies. C'est un ilot privé où mon corps se réfugie, à l'abris de cette chaise de fer.

Une fois dans la salle, lumière aveuglante comme hier - mais était-ce hier ou ce matin ? -, je suis attaché à mon trône de fer. Je m'imagine avoir des responsabilités, recevoir des personnes qui viennent requérir mon jugement ultime. Je m'imagine être doué pour la validité de mes analyses et la justesse de mes décisions. Je m'imagine aveuglant de ma justice parfaite mes sujets, tout comme ce spot m'aveugle, même mes paupières fermées. Je me réfugie dans ces rêves, délaissant le décompte du temps. Le temps n'a plus d'importance. Hier n'est plus et je ne sais pas ce que sera demain. D'ailleurs, je ne sais même plus si hier est hier, ou si demain est demain. Je ne sais que l'instant présent, cette chaise froide, ces liens de cuirs me maintenant immobile, cette éclair dans les yeux brulant mes nerfs optiques.

Le reflet de la Lune

Pourquoi se projeter dans le passé absent
Il ne reviendra plus, il n'est plus, souvenirs
Surtout si ces pensées sont regrets, déplaisirs
On ne construit contre les marées et le vent

Pourquoi se projeter vers un futur non né
Il sera mais n'est pas, il sera le produit
De notre temps présent. Quand la lumière luit
C'est maintenant, elle n'est de rien le reflet

Pourquoi craindre la mort quand la vie est ici
La durée importe peu, seul l'instant présent
Une seconde de bonheur, d'un cœur souffrant
Est une éternité, saisir son temps, sa vie

Même un raisonnement est temporalité
Un avant, un après, au milieu il est soi
Il ne s'agit pas de tout effacer, ses joies
Ses peines, ses désirs, son égo, ses idées

Mais d'observer que ce ne sont que des moments
Que des phénomènes, le reflet de la Lune
Lorsque nous sommes là et totalement nus
La Lune elle-même, bel astre permanent


mardi 5 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 2

Chapitre 2

Ce matin, nous recevons un rapport de nos espions à la cité. Enfin, je reçois le rapport, puisque c'est moi le véhicule. Je convoque le collège à la grotte, comme nous le faisons à chaque fois, depuis que le poète ne peut plus se déplacer hors de la grotte.

Je leur explique le message. Les images montrent des troubles, résiduels certes, mais répétitifs au sein de la population de la cité. Les forces de maintien de l'ordre sont obligées d'intervenir et de procéder à des arrestations temporaires. Tous sont relâchés au bout d'un moment. Il semblerait que nos modifications des comguides sur la population, via une re-programmation externe (c'était l'idée de Jean de ne pas chercher à implanter de nouveaux comguides mais de modifier le logiciel qui le composait afin de toucher au plus vite et au plus grand nombre l'ensemble des personnes) commence à porter ses fruits. Les personnes sont relâchées car le fonctionnement est nominal lorsque les examens sont procédés. Rares sont ceux qui sont envoyés chez nous.

Claustration - chapitre 3

Chapitre 3

30ème jour. Les gardes viennent me chercher dans la pénombre de ma cellule. Ils me conduisent à la chaise de fer. Je connais la procédure et me laisse faire. Cette fois, la pièce est dans le sombre, sans lumière. Je ne vois même pas le fauteuil que je sais être devant moi. Je reprends mon compte de respirations. Je n'ai rien d'autre à faire, vu que je ne sais pas quoi faire d'autre.

Les minutes, les heures ? Je ne sais plus, je perds le compte de mes respirations, m'assoupissant peu à peu dans le fauteuil de fer. Je suis éveillé, mais les yeux sont fermés, n'ayant rien à regarder. Ma conscience est ouverte, écoutant les bruits de ma respiration. Je me concentre dessus, n'ayant aucun autre repère que moi-même. Mes pensées affluent dans ma tête comme des torrents d'eau violents. Chacune se suivant, sans pourtant suivre de raisonnement construit. Mon arrestation, mes conversations, doubler quelqu'un dans une file, mon incarcération, ma cellule, mes repas, mes jours ou mes nuits sans distinction réelle... Je me perds dans cet océan en furie, ma barque ballotée comme une coquille de noix. Je ressens le froid de la chaise, la puissance du cuir qui me tient fixé à celle-ci.

lundi 4 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 1

Chapitre 1

Plusieurs années se sont écoulées depuis la prise de la prison médicale. Léto a disparu le jour même. Personne ne la plus jamais revu. Même Alex et Jérôme n'ont pu le retrouver. Le collège de direction s'est formé avec les membres suivants : Moi, Juliette, comme successeur de Léto par ses capacités et son humanisme, le poète pour ses visions, Jean pour l'encadrement des scientifiques et des médecins, le chef et le capitaine pour les gardes et l'architecte pour organiser les besoins de la communauté, comme la nourriture, l'eau, les outils...

Chacun occupe des endroits différents. Jean est au centre, avec le capitaine. Ils gèrent le centre et les arrivés des nouveaux "malades" en provenance de la Cité. Il est important que les responsables de la Cité ne sachent rien de la situation ici. Aussi, le protocole extérieur est maintenu, tout comme les rapports, fictifs, envoyés vers la Cité. Mais en fait, une fois arrivés, les "malades" sont pris en charge, non cette fois pour être des sujets d'expériences, mais pour tenter de les soigner. Souvent, l'ablation du comguide est nécessaire. Je fais l'aller-retour entre la grotte et le centre, je m'occupe alors avec Jean de les aider à se retrouver, à communiquer sans cet outil et à intégrer la communauté. Quand ils sont prêts, ils rejoignent, en fonction de leur compétences, les forces de travail appropriées. Le capitaine assure l'interface avec les gardes extérieurs qui amènent ces individus déviants, sans que personne ne puisse déceler le moindre défaut d'organisation.

Claustration - chapitre 2

Chapitre 2

29ème jour. Le lendemain l'accusateur de la liberté revient, accompagnés de gardes, dans ma cellule. Il inspecte la pile de papiers, vierge. Puis il se retourne vers moi. Il reste ainsi, toujours son regard noir perçant planté comme une lame dans mon ventre qui se noue. Je sais que je ne dois pas parler sans autorisation. Je suis assis sur mon lit. J'attends.

Il fait un signe aux gardes. Ceux-ci s'approchent de moi, me mettent des menottes et m'emmènent hors de ma cellule, avec une attention presque d'une mère pour son enfant, me tenant, non par la main, mais par mes chaines. Ils me conduisent, suivi de près par l'accusateur, dans le couloir. De couloirs en couloirs, les lumières changent d'aspects. Certaines, comme celles des cellules sont des faisceaux puissants, éclairant de manière forte le couloir, pour ne laisser aucune ombre. D'autres sont de simples globes luminescents, dont la lumière tamisée tranche avec les premières. Puis ce sont des lumières spartiates, simples, éclairant juste ce qu'il faut pour deviner où l'on pose ses pieds.

dimanche 3 septembre 2017

Automatique : La poésie efface le temps

La poésie est un chemin direct de l'âme de l'auteur
Vers une autre âme via les yeux perdus entre les lignes noires
Sur des pages blanches s'enchaînant comme des vagues
D'émotions et de douceur, parfois tempêtes

Le calme de la lecture, au milieu de la nature éternelle
Dont le temps dépasse notre propre existence
Tranche parfois avec les profondeurs torturées
Des droites parfaites ondulant au cours des mots

Transporté, le cœur qui reçoit ainsi des émulsions
De sentiments, de réflexions, de dérisions
Peut voir l'infinité d'un temps qui s'est effacé
Lire est un temps passé mais le livre lui est un temps fixe

Quand nous regardons une étoile, nous voyons son temps passé
Mais lorsque nous déchiffrons les non-dits d'un manuscrit
Le temps s'efface et l'être-auteur devient intemporel
Lors que son temps s'est effacé et ne reviendra plus

Cette intemporalité est l'âme elle-même, le moi profond
Non soumis aux phénomènes d'une discussion
Et l'invité(e) se voit convier à partager ce non-moment
Tout en laissant libre le rythme de l'échange

Écrire ou lire, l'instant présent disparaît
Et laisse place à une liberté sans égale
Une place à l'entièreté des individus
Le passé, le présent et le futur s'effacent


Ego-Journal 77

En référence à un post de Jean-Jacques SOLLIER :

37 ans ont passé... Qu'est-ce qui a changé??? Posons-nous les bonnes questions....
 Et pourtant!!!
SI JEUNESSE SAVAIT, SI VIEILLESSE POUVAIT...
QUAND JEUNESSE VOULAIT SAVOIR, VIEILLESSE POINT NE VOULAIT...
19/03/1980, la colère de  (JEUNESSE) Daniel Balavoine face à (VIEILLESSE) François Mitterrand.

Malheureusement, et ce n'est que mon point de vue :
La génération de Daniel Balavoine (dont je pense faire partie) n'a pas tenu ses promesses, le post baby boom, et donc les personnes actuellement "aux fonctions" (notez que je n'ai pas écrit "au pouvoir"), élevés dans un esprit post "68", libertaire, plein d'espoirs, ont virés de bord. Cette génération a conduit notre société à un individualisme forcené et un consumérisme assumé et vanté aussi bien qu'un dictat des chiffres en tous genres (économiques, rentabilités, dette des états, optimisation des coûts, ...).

Claustration - chapitre 1

Chapitre 1

Un jour, une nuit, je ne sais plus, je fus arrêté par les services du maintien de la liberté. Le chef d'inculpation était des conversations controverses qui tendraient à nier l'évidente fiabilité des décisions publique juste de la communauté. Je me rappelle avoir été surpris de mon incarcération préventive car il me semblait juste de questionner le bien fondé de certaines lois, une en particulier.

Elle restreignait la publication d'œuvres de sciences-fictions, sous prétexte qu'elles remettaient en cause notre société actuelle en transposant de manière fictive celle-ci dans un futur ou un monde en apparence différent, par le biais d'exagérations sans fondement. Pour ma part, si je pouvais comprendre que certaines étaient effectivement en opposition directe avec nos règles justes et fiables, d'autres étaient de pures inventions de l'esprit et nous offraient l'occasion de nous plonger dans un imaginaire artistiques et parfois de nous faire réfléchir sur des possibles futurs et les aménagements de nos règles justes et fiables à considérer dans ce cadre proposé.

Complémentarité et Dualité

Dualité, femmes et hommes, différents
Et pourtant réunis parfois par un amour
Mais aussi séparés parfois par désamour
Semblables, l'un de l'autre étant le complément

Jumellité parfois, amours saphiques, douceurs
Amours masculins, tous tendresses infinies
Pourtant si semblables, mais sans antinomie
Différents aussi mais tous deux adorateurs

L'amour est peut-être plus simple si semblables
L'amour hétérogène est incompréhension
Différences, désirs, don de soi, possession
Chacun son univers, parfois intarissable

Deux êtres uniques, quelque soit leur génétique
Unis ou désunis, difficultés d'aimer
Harmonie mutuelle ou silences peinés
Complémentarité en danger pathétique

L'éternité est mise à mal par les années
Le couple uni n'est plus, deux âmes face à face
Deux corps se détournant, un amour qui s'efface
Reste un doux rêve, d'un passé suranné


samedi 2 septembre 2017

Automatique : Relève toi !

O toi le désespéré, relève toi !
O toi à l'âme perdue dans les méandres de l'illusion
O toi au cœur arraché et projeté dans les abysses
O toi à la raison qui flanche et se déconstruit
Relève toi !

Le serpent siffle et ondule, ton sable sous le ventre
Ses écailles éraflent l'épiderme de ta vie
Mais le serpent n'a qu'une tête
Attrape le et d'une main décidée, repousse le
Relève toi !

Les cauchemars se mêlent à la réalité
Comme des tempêtes soulevant la neige éternelle du mon Fuji
Mais la neige retombe et recouvre, majestueux
La montagne de ton moi profond
Relève toi !

Ses blessures laissent suinter le sang sacrificié
Les rocs se fracassent sur ta carcasse écrasée
Mais le vent dévoile la Lune opaline
Elle vient épouser tes larmes, diamants révérés
Relève toi !

Demain porte un futur dont tu ne connais rien
Demain est un jour nouveau, une nuit nouvelle
Demain est un espoir pour ton unité intemporelle
Toi, le désespéré, rassemble cœur, corps, âme, raison et ton moi profond
Et relève toi !


Les cinq sens de l'amour

Une robe d'été virevolte en mon rêve
Elle ondule avec charme et douceur si lascive
Pudique, naturelle, elle tourne si vive
Un tableau de Van Gogh dont la danse est sans trêve

Le parfum mélangé au musc et sa sueur
Réveille souvenirs d'autres temps effacés
La prairie et ses fleurs inondent mes pensées
L'odeur d'une chevelure, d'un cou m'effleure

Les mouvements de cette Ondine rafraichissent
Les pores de ma peau par le vent provoqué
Mon épiderme frôle avec peur le sacré
Œuvre de Camille Claudel tel un derviche

La poussière et l'herbe s'envolent tout autour
Jusqu'à mes lèvres entrouvertes en extase
Mélange de sucré salé, ma vie en phase
Goût d'un tendre baiser sans futur d'un amour

Et son champ se mêle aux frottements de son corps
Sur l'étoffe qui la recouvre, bruissements
Mon cœur à l'unisson de tous ces mouvements
Les quatre saisons de Vivaldi en accord


vendredi 1 septembre 2017

Les mots

L'ivresse des mots s'envole au-dessus des nuages
Elle emporte les sons au limite de l'atmosphère
Là où le bruit se tait, comme pour honorer le silence

Les lettres se croisent et s'entrechoquent dans un ballet aérien
Les capitales droites et sévères se mêlent aux formes arrondies
Les lignes se succèdent comme autant d'éclairs orageux

Et pourtant le calme prévaut dans cette immensité
L'encre peut sécher, l'encre peut se dissoudre
Rien ne saurait disperser cette unité symbolique

Au-delà de la montagne au sommet opalin
La terre tourne toujours mais les vers se figent
Éblouis par le spectacle troublé des étoiles

Les étoiles ne brillent presque plus, en l'absence de dispersion
Et la nuit profonde de l'univers entoure de ses bras
Ses phrases mal agencées dans un cocon infini

Elles reprennent alors leur liberté et poursuivent leur chemin
La voie lactée n'est plus une limite, elle est un commencement
Les mots ont alors un sens et une intention, les mots sont


Sa route

Prendre en main sa route, chaque pas un futur
Un pied devant l'autre, l'avenir est présent
Emportant avec soi ses souvenirs d'enfant
Hier est déjà loin, il faut franchir le mur

D'un rythme décidé, comme les vers d'antan
Cheveux flottant au vent, regard tout droit devant

Les choix viendront en temps et en heure, serein
Les croisements seront des opportunités
D'autres nobles marcheurs partageront le thé
L'amitié se fait jour comme un bel écrin

D'un accord superbe, comme les rimes riches
Torse redressé, fier, cœur battant, hémistiche

Naturel et sans frein, loin du bruit des cités
Préserver l'éthique, le respect pour la vie
Pour le droit de choisir, refuser les conflits
Construire son chemin avec humanité

Douces consonances, comme les grands poètes
La chaleur du Soleil, la nuit fraîche et secrète

Mais sans se retirer du monde environnant
Partager sa vision et aider son prochain
Prendre la main tendue, ignorer le dédain
Des bien-pensants fermés à tout étincellement


Série de Haïku 24

L'univers tournoie
Je suis comme lui son centre
J'affirme ma voix

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Cet isolement
N'a pas de réalité
Car je suis vivant

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La peur et le doute
Sont noumènes éphémères
Telle cette voûte

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Les étoiles brillent
D'un passé si révolu
L'illusion vacille

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Une douleur naît
D'un événement passé
Prisonnier suspect

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Repousser les maux
Par les mots, les mains, les yeux
Oubli du tombeau

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Pourquoi avoir peur
De la mort inévitable
Vivez avec cœur

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Vivez maintenant
N'attendez pas ce demain
Pour aimer vraiment

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L'eau sort de la terre
Se frayant un dur chemin
Plongeant dans la mer

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La feuille d'automne
Est semblable à nos pensées
C'est le temps qui grogne

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Inspirer la vie
Expirer tous vos soucis
Trouver l'infini

La bougie

Quand la bougie brule, sa lumière étincelle
Énergie de la vie, espoir d'un avenir
Éclairant le monde, son chemin, son sourire
Et les doux visages qu'enfin je descelle

Qu'elle s'éteigne, son potentiel se maintient
Elle est et demeure, sa flamme est temporelle
Mais son intention reste enfouie, incorporelle
Un futur possible, un chant qui va et vient

Une simple étincelle elle éveillera sa foi
Révélant son pouvoir latent à tous les hommes
Préservez là des vents des passions si difformes
Tant qu'elle est, elle peut briller sans fin, sans loi

Une fois consumée, il ne restera rien
Si ce n'est souvenir d'un reflet, que le noir
Sans qui elle ne peut exister, son prétoire
La nuit attendra le prochain feu arthurien


jeudi 31 août 2017

Ego-Journal 76

Depuis quelques temps, je me reconstruit avec mes défauts et mes qualités. Je tente de percer les secrets de mon moi profond. Ayant perdu mon centre de gravité qui était ma Roxane, je me dois de retrouver mon équilibre pour flotter dans cet univers étrange qui m'entoure, remplis d'astres brillants mais aussi de sombres espaces vides.

Je réapprends à vivre, à ne plus me retirer dans ma coquille, pour me préserver des fous autoguidés de cette société inhumanisée. Je fais de multiples assauts contre moi-même, pour mettre en brèche les défenses construites pendant des années, qui ne s'ouvraient que pour mon âme sœur évaporée.

Une bougie dans le vent

Une facilitée pour écrire mes maux
Mes rêves, ma folie d'une vie à l'épée
Mon monde intérieur gris fonce, gris clair, blessé
Enchainement de sons, d'images et de mots

Tant de difficultés dans le monde irréel
Où la vie est absente, absorbée par les codes
Autant de chaines aux pieds, ma raison s'érode
Fatiguée de lutter pour éviter le gel

L'égo prédomine caché sous la raison
Pour tous ces gens, humains hélas robotisés
Niant leur sentiments, règles pour les briser
Faux semblants, comédie humaine sans passion

Alors je me masque, je suis pure logique
Ne comprenant rien à leurs fiers sous-entendus
La seule vérité, les équations ardues
Mais mon cœur reste ouvert, mon âme est sans oblique

Le respect de l'autre, libre arbitre inviolable
Profond empathique, je veux aider partout
Pour tous mais incompris, on me qualifie fou
Anormal, associable alors qu'eux sont de sable

La marée les emporte alors que je demeure
Leurs mots sans sens aux vents s'éparpillent perdus
Les miens s'agrègent et forment une œuvre nue
D'eux, il ne reste rien. Plus je vis, plus je meurs

Plus je meurs, plus je vis, mon égo rassuré
Enfin unifié, je souris à ma vie
Le temps présent n'est qu'un instant d'une bougie
Dans le vent, même éteinte, elle demeure sacrée

Elle conserve sa capacité : briller !
La nuit s'illumine dans mes lignes croisées
Imparfaites, grises, ma forêt déboisée
Mais exister, vivre ! Les douleurs oubliées...


mercredi 30 août 2017

Etoile noire

Une étoile noire s'empare se l'espace
De mes illusions, de mes doutes, mon égo
Le vide devenu, il ne de reste de place
Que pour mon moi ultime, abandonnant mes mots

Le froid de l'univers réchauffe tout mon être
Vide je suis, je peux enfin me re-remplir
D'une énergie neuve, ne plus jamais paraître
L'absence de reflet promettant l'avenir

Mes oripeaux enfin exhalant mon ivresse
Je peux me libérer, plongeant dans le néant
Mes yeux connaîtront sans doute encore l'averse
Mais cette eau purifiée fait de moi un géant

Dont les pieds d'argile hébergent milles roses
Toutes semblables, trace infinie d'un amour
Dont le parfum bleuté transfigure ma prose
Dans cette nuit sans fin, elles portent le jour

Aucune puissance ou pouvoir, un souvenir
Comme seul repère en la singularité
Qui m'entoure et endort l'ombre de mes désirs
Conscience décuplée d'intemporalité


mardi 29 août 2017

Automatique : Lorsque les montagnes s'élèvent au-dessus des nuages

Lorsque les montagnes s'élèvent au-dessus des nuages
Le vent devient sourd et l'horizon montre une mer blanche infinie
Le regard se tourne de toute part et oublie les marécages de la vie
Les pieds ancrés sur ces solides rochers, la nature n'a plus son visage

Plus aucun lac où regarder son égo désassemblé
Plus aucune prairie où s'allonger et rêver au passé
Plus aucune maison où se terrer, lapin avec sa montre enfermé
Plus aucune fleur pour l'amour rouge sang évoquer

Les yeux perdus dans l'immensité d'un Soleil couchant
A moins que celui-ci ne soit le signe d'une Lune se dressant
La plume trace des traits mal-assurés par le froid pressant
L'esprit se perd dans une infinité de pensées perdues dans le temps

Plus aucune main à baiser, plus aucune lèvres à goûter
Plus aucun mot doux dans ce silence gelé
Plus aucune plongée dans l'iris ouvrant sur l'âme aimée
Rien que le vide d'un espace plein d'avenirs non nés

Et pourtant ce lieu n'est pas un cimetière mais un éden
Il renferme les graines présentes d'une reconstruction
Ici et maintenant, l'esprit libre enfin et sans pression
Le corps à l'unisson de mes composantes, de ma vie la fontaine


En quête de ma vie

Remuant ciel et terre en quête de ma vie
J'en oublie le moment présent seul véritable
Inspirer, expirer, quoi de plus désirable
Le reste est un vent doux qui s'étend dans mon lit

Les souvenirs fondent, neige si merveilleuse
Les espoirs fleurissent, la chaleur de mon autre
Envahit le temps et l'espace, miens et vôtres
L'automne efface enfin la peine délicieuse

Voler de pensées en désirs, sans avenir
Mais vivre tel un fou selon la société
Rejetant l'égo et ses codes insensés
Insensibles et flous, et vivre à en mourir

Unifié enfin retrouvant là ma source
Un torrent d'émotions, de raisons et d'éthiques
Ni dieu ni maître mais l'amour comme chapitre
Libre arbitre et bonheur en conducteur pour tous

Si cela me coûte quelques larmes salées
J'en accepte le prix, non comme un sacrifié
Mais ce qu'un cœur humain devrait toujours défier
Le mépris, la haine pour le pardon sacré


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