jeudi 23 novembre 2017

Signe des temps

Et si demain n'était plus par la folie des hommes
Et si hier ne sevrait à rien, toujours oublié, sanatorium
Et si aujourd'hui n'était qu'un décompte de la dernière horloge
Et si le temps n'avait plus aucune existence, un nécrologe

Et si demain, pour une fois, les hommes apprenaient
Et si d'hier, toujours ils se souvenaient
Et si aujourd'hui n'était que le commencement
Et si le temps n'était plus un affolement

Et si demain, pour toujours, l'humanité grandissait
Et si hier était moins beau que le jours d'après
Et si aujourd'hui n'était plus un égarement
Et si nous prenions enfin le temps d'être vivant

Et si demain l'homo sapiens s'élevait au lieu d'enchaîner
Et si hier n'existait plus pour ne laisser que la beauté
Et si aujourd'hui l'utopie devenait réalité
Et si le temps était venu pour ne plus s'abuser

Et si demain n'était que le reflet d'aujourd'hui
Et si hier était les bases d'un nouveau monde instruit
Et si aujourd'hui l'exaltation n'était plus une illusion
Et si le temps ne servait plus enfin à l'exclusion

Et si demain, hier, aujourd'hui, toujours n'étaient plus cette folie
Que l'humain enfin écoute sa conscience, son espèce anoblie


mardi 21 novembre 2017

Les mots équivoques

Les mots équivoques roulent dans le ruisseau
Ils brassent les tréfonds des armes inhumaines
Chacun est une pierre à l'édifice, eumène
Au dard qui génère des deuils universaux

Le ruisseau s'ébranle devenant un torrent
Écume en suspicion, éclaboussant les rives
L'équilibre des cours s'évanouit, leurrant
Le voyageur surpris dans sa marche passive

Le torrent s'étale en un fleuve d'embarras
Charriant les frondaisons des espoirs préconçus
Le nomade perd ses repères, saṃsāra
Du cycle de l'onde, apophtegmes déçus

Le fleuve enfin finit en traits d'appréhension
Dans l'embarras de sa mère, sa créatrice
La surface s'apaise, offrant la rédemption
Au pèlerin confus, la clarté salvatrice


Sagesse chimérique

La folie n'est-elle pas de n'avoir de question
La folie n'est-elle pas de vivre comme un pion
La raison ne veut-elle pas refuser ce monde
Et rechigner à rentrer dans cette sombre ronde

Celui que l'on nomme fou n'est-il pas libéré
De ces pressions pour dire au puissant la vérité
Affublé d'un chapeau ridicule, ses idées
N'en sont pas moins des Koan, réflexions imagées

Mis à l'écart et pointé du doigt, il continue
A dénoncer l'inhumanité et les abus
A rêver d'utopies, tentant de les partager
Une plume flottant aux vents et de déranger

Si être fou, c'est être vivant et pardonner
Si la folie vaut par d'autres d'être condamner
La vésanie d'un tel bipède vaut mieux qu'offrir
Son droit de penser et d'exprimer un avenir

L'aberration est dans ce système qui détruit
L'espoir et la fraternité, qui dénigre autrui
Pour le profit toujours plus assoiffé de nantis
La Terre était bleue, mais vire maintenant au gris

Si conscience est être dément, je suis aliéné
Si se lever, proposer est anormalité
Je suis et revendique d'être un handicapé
Le fou est juste en avance sur son temps passé


- "Il faut avoir un peu de folie, si l'on ne veut avoir plus de sottise." : Michel de Montaigne
- "La sagesse qu'un sage cherche à communiquer à toujours un air de folie." : Hermann Hesse
- "La folie est salutaire pour cela, qu'on devient peut-être moins exclusif." : Vincent Van Gogh
- "Penser contre son temps c'est de l'héroïsme. Mais le dire, c'est de la folie." : Eugène Ionesco


lundi 20 novembre 2017

Et si deux mains

Et si deux mains, hasard, se prêtaient sans enjeux
Pas de jeu où viendrait sonner l'écu frappé
Ni soubresaut fangeux, questionneur ombrageux
Ils sont d'un bleu cordon dans leurs vertus drapés

Et si d'eux, maints espoirs étaient des titans
Nul combat à contre temps, mais créant la vie
Nul événement les séparant, mécréant
Leur rêve coloré se suffit d'un lavis

Et si demain Lazare éveille l'étincelle
Rien ne saurait ces dieux là séparer, promis
Rien ne couvrirait les noces de violoncelle
Frôlement des âmes sans la dichotomie

Eh ! Cid ! De maintenant, d'hier ou du futur
Point de conspiration, point de sourde infamie
N'empêcheront à cette nouvelle bouture
De s'embellir, amour à jamais alchimie


dimanche 19 novembre 2017

Toujours sera Jamais

Jamais plus je n'aurais cette chaleur furtive
Effleurant mes lèvres m'apportant un parfum
De rosée de Lune lors du petit matin
Toujours ce goût sera une autre vie fictive

Jamais plus ne verrais mes bras las enlacer
Les hanches du désir accompagnés de sons
Mélodie du bonheur lors du soir vagabond
Toujours cette aubade sera rêve glacé

Jamais plus mon regard ne s'élèvera fou
Sur le visage aimé debout mais à genoux
Brisant les flots rageurs dansant tel andalou
Toujours mes mouvements en mon cœur de sourds coups

Toujours je rêverais l'impossible avenir
Les yeux ouverts souillés d'un brouillard persistant
Toujours sera Jamais un émoi résistant
Jamais sera Toujours mon âme d'agonir


Foison de vies - Chapitre 24

Chapitre 24

Vie 1

Il passe ses jours et une partie de ses nuits à écrire, corriger, améliorer, argumenter encore et encore sa thèse. Il présente une première version à son maître de thèse qui le renvoie à ses chères études en disant que ceci n'est qu'un brouillon incompréhensible. Il faut être pédagogique, ne pas supposer que le lecteur connait déjà les théories concernées pour comprendre les avancées et les nouvelles objections. Il convient de préparer donc le lecteur à comprendre la suite.

Ceci suppose donc de reprendre chaque partie pour inclure un sous-chapitre introductif, l'informatique pour les nuls en quelque sorte. Voici qui le navre, cela réduit la qualité générale de son œuvre, car elle présuppose que le lecteur n'y connait rien, ce qui est le ridiculiser, alors que lire ce livre devrait au contraire lui faire prendre son envol vers des cieux merveilleux. Au contraire, il va devoir commencer par s'enfoncer dans la boue de la vulgarisation, pour seulement ensuite accéder au savoir.

Correspondances : Lettre 7

Lettre 7

Et de cette voix sans timbre, j'entends, peut-être suis-je fou, un récit qui me raconte. Un film sans image s'offre à mes yeux, mais suis-je auteur, réalisateur, acteur ou simple spectateur ?

Cette chanson me dit de continuer à écrire, à décrire mes profondeurs sur la surface plane de mes pages. Cette ode m'invite à me trouver pour découvrir ce qui m'entoure. Je suis, soit ! Mais qui suis-je ? C'est ce que j'aimerais savoir... Mes hauts et mes bas sont autant de souffrances pour ceux qui m'entourent. alors pourquoi leur infliger cela ? Mais là, c'est à vous que je me confie. Êtes-vous ma confidente ? Êtes-vous en moi ? Êtes-vous au-dessus, ou en-dessous, de moi ?

Vous me priez de me laisser aller, alors je vais laisser ma plume s'affoler, se promener sur ma page, libre et sans restriction. On verra bien si vous trouvez cela utile ? Moi, je ne le pense pas ! Mais puisque c'est le jeu auquel vous m'invitez, j'y joue !

samedi 18 novembre 2017

Foison de vies - Chapitre 23

Chapitre 23

Vie 3

Je me réveille, secoué légèrement par l'épaule et un son doux d'une brise sur un océan calme s'échouant sur une plage de sable fin. Je m'extirpe de mon sommeil et vois devant moi : lui ! Il n'est déjà plus du tout la boîte à savon que j'avais fabriqué de bric et de broc, avec les moyens du bord. Il a une forme toujours aussi robotique, avec des roues, mais dont il a limé les crans pour ne pas faire de bruit en roulant, à ce que je constate lorsqu'il se recule avec précaution.

Il a deux bras maintenant, mieux agencés. Il a une synthèse audio de meilleure qualité, pour preuve cette ambiance douce qui émane de lui. Il a aussi implanté les circuits que j'avais récupéré de la pièce en quarantaine, ainsi que celles de rechange. Mais j'ai quand même un doute. Fonctionne-t-il correctement ? Déjà, cette façon de me réveiller, cette musique, ce recul, comme un humain ferait pour me laisser mon espace vital alors que je reprends conscience.

Comment fonctionnes-tu ?

Correspondances : Lettre 6

Lettre 6

Je me replonge dans cet état particulier, un peu comme quand vous écoutez quelqu'un au téléphone, et que le brouhaha tout autour vous empêche de bien l'entendre, vous concentrez votre attention, faisant le tri des informations auditives pour entendre votre interlocuteur à l'autre bout de la ligne...

Vous choisissez de me parler, et en même temps demain, vous pourriez choisir quelqu'un d'autre ? N'est-ce pas là un peu cruel ? Je suis depuis si longtemps dans l'attente de réponses, que déjà vous m'annoncez comme une prophétie que je serais à nouveau seul demain peut-être ?

En plus, mes doutes sur vous, loin de les lever, vous les amplifiez ! Je dois être vigilant, être dubitatif sur vos messages. Je dois séparer le bon grain de l'ivraie ? Mais comment faire cela ? Comment discerner le mensonge, ou du moins la mésinterprétation de ce que je perçois sans les repères suffisants ? Je ne sais toujours pas qui ou quoi vous êtes !


vendredi 17 novembre 2017

Sa paume effleura la mienne

Je cherchais sa main, profondément endormi
Mon bras s'étendait doucement vers elle
Et sa paume effleura la mienne, ébloui
Comme répondant et devançant mon appel

Sa caresse était douce, chaude et immatérielle
Ma surprise fut si grande, que je me forçais au réveil

Je cherchais les yeux fermés son épaule dénudée
Mais je ne trouvais que le vide effacé
J'ouvrais les yeux, encore embrumés
Par les nuages vaporeux de Morphée

Pour me rendre compte que j'étais seul dans ma vie
Comme déjà depuis fort longtemps dans ce lit

Cette chambre n'était plus la nôtre
Ce ne fut qu'un rêve, l'idéal d'un moment
Mon ange avait répondu à son apôtre
Par sa chaleur humaine si présente que j'aime tant

Je me suis rendormi, avec un mélange de tristesse
Pour cet instant onirique, si court mais plein de tendresse



Correspondances : Lettre 5

Lettre 5

Je prends l'habitude cet échange de lettres transparentes en retour, ces conversations silencieuses. Je commence même à mieux saisir, comme si je m'accoutumais à un accent étranger d'une personne apprenant ma langue dans un flot continue et vif, tout en étant doux. Je suis submergé d'images, de sons, le tout dans un calme indécis.

Mais je dois me remettre à ma concentration, ma passivité d'écoute pour comprendre le mieux possible ce qui m'est dit. Je ne voudrais pas louper une phrase, une idée, ou pire, faire un contre-sens. Quoique les impressions que je reçois sont souvent contradictoires, comme si vous manipuliez le vrai et le faux simultanément.

Foison de vies - Chapitre 22

Chapitre 22

Vie 2

En fin d'après-midi, je le sens malgré tout fatigué. Son corps s'use plus vite que je ne pensais. Je ne lui propose plus de modifier son corps pour qu'il perdure. Mais par contre, je fais ce que je peux pour lui donner les éléments nutritifs utiles au ralentissement de sa dégénérescence physique. Son cerveau, lui, n'est en rien éteint. Il est encore plus éveillé sans doute que lors de sa prime jeunesse. C'est sans doute d'ailleurs la cause de son vieillissement accéléré de son enveloppe, toute son énergie se projetant dans sa réflexion et ses transcriptions.

D'ailleurs, à peine le repas terminé, non sans me faire une remarque habituelle sur le goût détestable de certains aliments, il revient à sa table et reprend le stylet. Je m'écarte et je m'occupe de faire des examens médicaux par diverses analyses non intrusives sur mon vieil ami.

jeudi 16 novembre 2017

Le calme profond est un combat

Homme ou Femme, Noir ou Blanc, la Vie
Interdépendances désunies

Plonger dans les sommets
Pour atteindre les neiges fugaces
S'asseoir pour s'élever
Penser non pensée, s'écouler sous la surface

Homme ou Femme, Noir ou Blanc, la Vie
Interdépendances désunies

L'agitation s'immobilise, la quête
Le calme profond est un combat
Nulle victoire, seulement des défaites
Les phénomènes s'effacent, sans débat

Homme ou Femme, Noir ou Blanc, la Vie
Interdépendances désunies

Laissant place au vide qui nous emplie
Le vide devient plein, le plein devient vide
Oublier nos souvenirs inassouvis
Se souvenir de notre futur, tel chrysalide

Dans l'hiver, la Terre prépare ses plus belles fleurs
La Lune froide les irradie de sa douceur

Le chemin se fait d'un demi-pas, sous tension
Comme une demi-vérité
Ou une demi-illusion
L'important est toujours et encore d'avancer

Homme et Femme, Noir et Blanc, la Vie
Yin et Yang, différences enfin unies

Photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Kawabata_Terutaka_Seigan_Kamae_Ryushin_Shouchi_Ryu.jpg

Correspondances : Lettre 4

Lettre 4

Maintenant, je commence à mieux entendre cette absence de son, mais cette voix muette qui me répond. Maintenant, je vois les images invisibles et je ressens les émotions indicibles. Maintenant, même si je ne sais pas vers qui ou quoi mes lettres vont, je ressens les réponses, parfois sous forme de questions, en retour.

Ne pas se perdre dans les méandres de la pensée, mais faire le tour de soi, de ses questions, sans hésiter à décrire des retours depuis le point de départ pour repartir, comme neuf, vers de nouveaux horizons. Étendre ce cercle de ma conscience, pour englober et voyager au-delà de mes perceptions limitées. Oui, je crois comprendre... Mais c'est loin d'être chose facile...

Foison de vies - Chapitre 21

Chapitre 21

Vie 1

Absorber dans ses études, on pourrait croire que tout va bien. On pourrait croire que c'est un bourreau de travail, que rien d'autre ne compte. Mais c'est oublié ce passif, que tout le monde ignore. Il le cache autant qu'il le peut. Et quand la plainte du vent est trop forte dans ses poumons secoués de spasmes, il prend sa plume, délaissant pour quelques instants sa rédaction et ses corrections. Il se retrouve un temps, sachant qu'il se perdra dans les secondes qui suivront, plongé dans ses livres et son ordinateur.

mercredi 15 novembre 2017

Perdre le fil de sa vie et renaître

A la fuite de son ego, les chemins brillent
La souffrance naît des illusions que l'on porte
Désirs font les peines, Raison sort les cohortes
Décisions sans âme, Corps où maux étrillent

Notre temps est sans ces aiguilles d'une horloge
Chaque seconde est une éternité vivante
Ne pas se renfermer mais admirer l'andante
La Lune et ses reflets et en faire l'éloge

Non pas opposer "moi" à "soi" mais s'écouter
Entendre ce vide qui ne demande rien
Et perdant le fil de sa vie, renaître bien
Éprouver sa tombe, le Soleil sur les blés

Voir la fureur sourde, devenir ce lac calme
Abandonner l'espoir pour vivre intensément
Laisser là sa grotte pour s'ouvrir et aimant
Sans but ni profit vers ses semblables, lingam


O muse à mon âme

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je la vois, et je me perds dans mes illusions éveillées
Je la ressens, souvenir d'une peau, d'un baiser
Je l'entends, mémorial d'une voix aux symphonies alysées
Je la perds, commémoration d'années qui ne furent qu'une matinée

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je sens encore ses parfums multiples, alchimiques et corporels
Je me refroidis de sa chaleur disparue surnaturelle
Je reçois une gifle de ses longs cheveux balayés par le vent
Je me souviens de la douceur de son dos, de sa nuque, les buvant

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je suis transpercé de son regard bleu qui ne me voit plus
Je m'obstine à chercher la nuit le contact de sa main nue
Je ferme mes yeux et perçois ses lèvres exquises
Je porte en moi toujours les stigmates qui se dogmatisent

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je n'est plus, Tu es toujours, Nous n'est plus qu'un linceul
Je ne vivait que par le Nous, maintenant mes maux gueulent
Je n'est plus q'un jeu de mots, où les rythmes dépriment
Je se reconstruit malgré lui, au travers de ses maigres rimes

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume


Correspondances : Lettre 3

Lettre 3

Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. J'écris ma lettre, et lorsque je ferme les yeux, sans dormir, ce n'est pas un rêve, je perçois une réponse. Mais celle-ci est diffuse et j'ai beaucoup de mal à suivre le sens de ce qui m'est répondu, ou du moins ce que je prends pour une réponse.

C'est comme une mélodie que l'on a entendu et que l'on se rappelle dans sa tête, un souvenir d'un lieu, d'un baiser. Si ce n'est qu'ici, ce ne sont pas des souvenirs. Mon cerveau lui-même ne les accepte pas comme tels. Je ne sais quoi en penser. D'ailleurs j'ai du mal à penser... Je suis troublé par ces idées, car ce sont des thèmes, des idées qui me parviennent, sous différentes formes, et non des mots, des phrases claires et précises. Je suis perturbé mais en même temps, je ne me sens pas effrayé. Juste perdu devant l'inconnu, comme tout être humain le serait...

Foison de vies - Chapitre 20

Chapitre 20

Vie 3

Au cinquième jour avant l'approche du corps céleste inconnu, je mets mon scaphandre et je m'isole dans la pièce où se trouve les panneaux d'accès aux connecteurs de l'ordinateur qui pilote ce vaisseau. J'isole les différents liens et ce qu'ils peuvent transporter. En fait, je n'ai pas trop la connaissance électronique de cet enchevêtrement pour discerner ce qui est utile de ce qui ne l'est pas... Et puis, je me dis que quelque part il y a aussi un boîtier qui rassemble tous ses fils pour fusionner les informations.

Je suis donc les fils et j'arrive effectivement sur une sorte d'énorme boîte où bien d'autres viennent encore s'y fusionner. Je décide de brancher un dérivateur radio sur le plus gros des câbles, en espérant que c'est une bonne solution. De l'autre côté, bien protégé avec ma combinaison, j'ouvre la malle qui contient ce que j'ai ramassé. Pour les cartes spatiales, on verra après. L'ordinateur devrait être capable de me dire quoi en faire. Non, je me concentre sur ce petit robot que j'ai construit. Je lui ai implanté un haut-parleur, déniché dans les réserves, ainsi qu'un système digital qui fera office de synthèse vocale. Avec ma tablette, je fais des essais en envoyant un signal sur le récepteur radio de la caisse à savon.
"Un... deux... trois..."

mardi 14 novembre 2017

Rentrer dans sa tombe vivant

A la poursuite de l'éveil, et sans dormir
Ses pensées passées sans avenir, au présent
Assis et voyageant dans un monde inhérent
Sans bouger mais coulant comme l'eau d'un soupir

Se tourner vers l'autre face à un mur transi
Voir l'Univers entier en ne regardant rien
S'émouvoir du reflet dans ce lac aérien
De la Lune irisée et que nul ne saisit

Expirer vers le bas, tête vers les étoiles
Pour exprimer des mots silencieux et fragiles
Inspirer l'énergie, sans effort, son argile
Libre là d'exister et de hisser ses voiles

Rentrer dans sa tombe vivant, voir la lumière
Ne cherchant aucune récompense ou désir
Aimer sans comprendre, Donner sans réfléchir
L'eau change tout le temps, demeure la rivière

Sa surface ne sait le miroir de la Lune
Ni la Lune ne sait comment est son image
Sans l'une ou l'autre, aucun songe offert au sage
L'interdépendance tel notre espoir immune

http://www.zen-deshimaru.com/sites/default/files/pictures/images/clair_de_lune.jpg


Correspondances : Lettre 2

Lettre 2

Je ne sais si j'ai rêvé ou si cela est réel. Mais une voix, une image, sans mot mais expressive s'est approchée de moi. Elle a engagé une relation que je ne comprends pas mais que je perçois. Une infinité de subtilités que mon vocabulaire ne saurait couvrir. Pourrais-je renouveler cette expérience ? Je ne le sais pas, mais je me dois d'essayer.

Et si les réponses à mes questions, les questions à mes réponses pouvaient être enfin révélées ? Et si cet ego pouvait enfin trouver sa place, en harmonie avec ma conscience, et vivre enfin, non pas à genoux, épuisé, mais libre et droit ? Et si je pouvais enfin respirer, inspirer cet air qui insuffle la vie en moi ? Et si je pouvais enfin communiquer ?

Foison de vies - Chapitre 19

Chapitre 19

Vie 2

Voici ce que je découvre, hors de mes capacités de compréhension, mais cela doit être cela, l'humanité :
Lorsque j'ai traversé cette porte de notre univers
Ma conscience s'est ouverte et j'ai vu
Non pas de mes yeux, mais de cette certitude nue
Celle qui embrasse l'humain contre tous et envers

"Je" n'était plus, "Moi" non plus, il n'y avait que le "Tout"
Sentiment étrange et de perte totale de repère
Mais pourtant se retrouvant soi-même et fier
Enfin je suis, ici et maintenant, sans début ni bout

lundi 13 novembre 2017

Luminescence aveugle

Lorsque mes nuits se terminent, un nouveau rêve
S'éprend de ma conscience alitée et sans trêve
Une déesse illumine mes yeux fermés
Belle, elle resplendit dans mon cœur fatigué

Telle une chaleur froide enveloppant mes draps
Je m'envole cloué sur mon lit, croix en bras
Je ressens ce doux lac que rien ne vient troubler
Sauf mes pauvres désirs d'un cerveau endiablé

Le silence est profond tel ce ciel étoilé
Je n'entends que ma seule inspiration brûlée
Par ce scintillement dégagé par cette Ève
Luminescence aveugle empoisonnant ma sève

Et pourtant à chaque matin je désespère
De la revoir mirage en ma caboche en vers
Et contre tout, je prie non un dieu mais en moi
Pour ressentir encore en mon cœur cet émoi


La lave de mes yeux

La lave de mes yeux s'enfuient dans les ravins
Creusés par l'érosion de ma naissance à mort
Coulant le long du mont inaccessible à tort
Elle entraîne avec son feu mon froid cristallin

Elle finit sa course au bord de mon espace
Et rencontrant l'hiver désolé m'entourant
Elle se fige enfin en cendres se mourant
Plus vivante que mes mots éternels, fugaces

L'explosion projète les téphras de mon cœur
S'élevant dans toutes mes profondeurs malignes
L'air vicié en devient plus respirable en signe
De mes émois soufrés purgés par tous ses pleurs

Le sang rouge est si bleu que mes yeux se résignent
A se fermer ouverts, océan déserté
D'un ancien monde qui renaît inadapté
Les larmes de mes cieux s'effacent en grafignes


Correspondances : Lettre 1

Lettre 1

O ma conscience, voudras-tu bien me permettre de parler à travers toi à ce qui ne m'est pas révélé ? O mon être fini, pourras-tu aller au-delà de tes limites et pouvoir atteindre cet infini, cet océan sans limite, dont je ne vois que l'écume ? O pauvre chair putride, dont la décomposition a commencé dès sa naissance, pourras-tu dépasser le temps et l'espace qui me sépare de cet idéal ? O pauvre ego, toi qui ne voudrais que te connaître toi-même, mais qui ne peut exister sans connaître ce qui t'entoure, sauras-tu affronter sans violence ces vérités, ces absolus, si tu veux être accompli ?

Mais à qui m'adresser ? A dieu ? Non, s'il existe, peut-être puis-je être entendu mais sa réponse me restera intelligible. A un autre être vivant ? Non plus, sa finitude ne saurait combler le pont qui me sépare de cette immensité, d'un côté mon vide, de l'autre tout. A une pierre ? Que je sache, elle n'a point d'oreille et ne saurait me lire.

Foison de vies - Chapitre 18

Chapitre 18

Vie 1

A la fin de sa première année doctorale, il a déjà accompli une énorme partie de son travail. Il lui faut absolument être publié s'il veut pouvoir obtenir son diplôme et, pourquoi pas, intégrer une équipe de recherche spatiale.

Mais c'est là que se corsent les choses ! En effet, il faut non seulement écrire les articles sous une forme à la fois compréhensible par les non ultra-spécialistes, mais aussi donnant les gages du sérieux de ses travaux. Il faut ensuite recevoir sans s'énerver les retours de demandes de corrections, au mieux, ou de rejets, au pire sur ses articles. Et les justifications apportées pour l'une ou l'autre sont si loin des problèmes posés. Il n'y voit que des êtres égotiques, centrés sur leur "moi, moi, moi". Ils occupent des places importantes, et ne veulent pas qu'un jeunot viennent les bousculer.

dimanche 12 novembre 2017

L'esclave libéré

Lumières éteintes, silence assourdissant
Aveuglé d'un vide, mouvements impassibles
L'homme au nom inscrit et néanmoins illisible
L'artiste otage de son affranchissement

Ces dernières notes firent écho au vide
Laissé par sa présence irrésistible et nue
La nuit nous privait là d'un Soleil, voix aigüe
Aux graves si profond, extraverti timide

Son piano jouait des cordes électrisées
Sous ses mains aux milles instruments, peine en joie
Les colombes pleurent de n'avoir plus de voix
Sa guitare éteinte, bonheur aseptisé

Mes nuits lumineuses sont bercées par ses chants
Mêlant l'amour et la révolte d'un humain
Certains diraient génie, pour moi fut un chemin
Vers les astres terriens, profondeurs du couchant

Controversé, mêlant féminin masculin
Signe des temps, secret, aux baisers singulier
Parfois il neige en Avril, son brasier noyé
Il n'est pas décédé pour nous, ses orphelins

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Foison de vies - Chapitre 17

Chapitre 17

Vie 3

La matinée, je passe effectivement plusieurs heures à maîtriser cet engin de bric et de broc. Sa maniabilité est loin d'être parfaite, du fait de ses roues crantées, de son moteur un peu trop réactif. Je dois corriger le couplage pour assurer un déplacement plus souple et moins saccadé. Le bras articulé est aussi difficile à manier. Non pas qu'il ne se déplace pas correctement et n'attrape pas les objets tel que je le veux, mais ça, tant que je vois le robot. Si maintenant, je me fis aux caméras, sans voir le robot en direct de mes propres yeux, je m'aperçois que je n'ai rien d'un ergonome. Les caméras sont mal placées. Je dois donc les repositionner. Après plusieurs essais et erreurs, j'arrive enfin à un résultat acceptable. Je décide donc, après avoir grignoté un repas, de passer à la phase suivante.

Je m'approche avec le robot qui me précède du sas isolant le compartiment irradié. Je mets ma combinaison spatiale, au cas où des radiations s'échapperaient lorsque j'ouvrirais la porte blindée. Je m'aperçois que cela limite d'ailleurs mes capacités à bien commander le robot, ma vision étant plus limitée et mes mains engoncées dans les gants épais. Mais il ne s'agit que de le faire rentrer puis de refermer le tout.

samedi 11 novembre 2017

Lettre existentielle

Communiquer, se rencontrer, dialoguer, négocier, parler, se confier, s'exprimer, expliquer, présenter, demander...
Comment alors que le message ne passe même pas en nous ?
Comment alors que les mots prennent leur racine dans notre âme, fermée, cloisonnée, obstruée, coincée, blessée, ignorée ?
Comment alors que l'esprit ne sait plus - a-t-il su ? - analyser, expliquer... ?
Comment répondre ? Les mots sont autant de trahison.
Comment ? L'esprit est un faux-semblant rassurant.
Comment ? Com-ment ? 2 syllabes, 2 sons, 2 bruits qui n'ont plus de sens à force de les répéter... Chaque mot perd sons sens dans les méandres de chacun...
Quel mot - s'il en existe - a les mêmes consonances, les mêmes racines, quels que soient le cœur, l'âme qui les exprime... ? Si l'âme est le siège des mots, si Dieu ou un équivalent existe, si l'âme existe, si..., alors que sont les mots des morts, des anges... ?
Si l'âme n'existe pas, si les mots n'existent pas, si nous n'existions pas,... si nous n'étions que du bruit, si le bruit n'est que du vent, si le vent n'était rien...
Comment dire si ? Si on peut dire comment ?
Pourquoi ces questions ? Pourquoi ? Comment ce pourquoi ? Le vide revient sans cesse se glisser entre les mots, tentant d'écarter chaque lettre les unes des autres afin qu'elles en perdent leur sens et que nous perdions les nôtres.

Et si la vie n'était qu'un mot, qu'une phrase, la mort l'expiration finale, le point... final d'une dictée...


Lettre d'un fou au feu

Courant médiéval d'une pensée dissolue... L'art renait des cendres, dit-on... Des quelles ?

L'âge n'y fait rien ! Seules les heures à ne rien penser apportent le bonheur : heureux les simples d'esprit ! L'intelligence, dédoubleur de personnalité, crée le vide là où il n'y avait qu'un. Un devient deux, deux s'opposent, l'opposition détruit. Le vide observe les restes, les épaves. Mes épaves flottent sur ma conscience. Un océan de pensées troubles secoue ces morceaux déchirés d'âme et d'esprit. Le radeau de mon intégrité se disloque lentement, sans couler, sans flotter, sans espoir, sans défaite. Ses occupants ne peuvent devenir anthropophages, il faudrait alors qu'ils se bouffent la main droite en se la tenant par la main gauche.

Jusqu'à quel point peut-on ce digérer ? Les marées se suivent, tantôt océan, tantôt désert dans un verre d'eau, les branchies ouvertes vers le monde extérieur en attente d'un signe, d'un écho, d'un je ne sais quoi qui ne viendra pas. Rien ni personne ne voudra l'y chercher. Président d'île déserte, patron d'une usine inexistante, intellectuel d'idées mortes, sentimental de bois et de pierre, tourne et tourne autour de la terre, autour des gens, de moi à ma recherche... Trouver chez les autres ce que je ne trouve pas, ce qui ne peut être chez moi et trouver ce que je chercher mais ne pas comprendre. Et continuer, l'erreur n'est-elle pas bénéfique ? Je suis l'obstination... Mais l'inutile peut-il être obstiné, peut-il avoir une conscience... ?

La vie tourne, tourne, tourne autour de moi. J'essaye de la suivre, mais où commence, où fini ? Un cercle n'a pas de fin, ni début. Et je fonds, je feins, je fuis. Mais le cercle devient bulle, bulle de feu et je grille.

Grille ? Tiens ! Les cendres...


Contes de nuit

Lorsque la nuit venue me blottis en mes draps
Je sens comme des bras qui m'enlacent et tendres
Ma nuit sous la Lune qui m'éclaire telle ambre
Mon sommeil se complait dans ce doux samsâra

Mon esprit, lent, calmé, se noie dans l'océan
De mes illusions nues sans qu'aucune inspection
Ne viennent les gêner, je vole en ma fiction
Au-dessus de mon corps, sans esprit conquérant

Au petit matin, froid, le Soleil est peiné
De ne pouvoir chauffer mon âme assassinée
Et mes draps retiennent encore mon passé
Imaginé : mais qu'est-ce qui est vérité

Je déambule dans ce monde trop étroit
Où mes passions, mon corps, ma raison et mes choix
N'ont pas le droit d'aimer ce chemin sans émoi
Alors j'attends le soir, il était une fois



Foison de vies - Chapitre 16

Chapitre 16

Vie 2

Je ne comprends lorsque mes capteurs détectent une activité près du bureau. Je me dirige et retrouve, avec surprise, mon vieil ami assis devant son bureau, en train d'écrire. Comment a-t-il fait pour que je ne sente pas son réveil et ensuite son déplacement ? Je recherche dans les archives de notre environnement, et je m'aperçois que c'est un acte volontaire. Mais comment s'y est-il pris ? Je ne sais pas. Aucune trace de violation du système... Et pourtant, il a bien court-circuité mes capteurs.

As-tu au moins mangé, pendant que ton échappée sauvage ?

Il me regarde amusé. Il sait que j'ai vu les archives. Il sait aussi que je ne sais pas comment il s'y est pris, sinon j'aurais la réponse à ma question toute simple.
"Ah, j'ai réussi à me soustraire à ton attention permanente ! Je voulais pouvoir écrire sans que tu me relises simultanément. Et non, pour répondre à ta question, je n'ai pas encore mangé..."

vendredi 10 novembre 2017

Faire des demi-pas

La Terre tourne, tourne et je ne me retourne pas
Le Soleil se lève, lève et je ne me relève pas
La Lune brille, brille et j'absorbe ses rayons
La mer roule, roule et je m'enfonce dans ses hauts-fonds

Au milieu de la foule qui hurle, qui court, qui se touche
Je reste immobile et spectateur, comme une fausse-couche
Rien ne rentre, rien ne sort, les corps m'entourent
Je vois les mains se lier, les lèvres faire l'amour

Les parfums se démultiplient, tous enivrants
Les couleurs restent grisâtres, à foison, tyrans
Les sons restent inaudibles, les paroles sont vaines
Pourtant je sens toujours ce sang battre dans mes veines

L'oxygène me manque-t-il pour sentir cette pression
Pourquoi les autres semblent sans cette défection
Chacune de mes pensées sont un piège à rat
Où les peines et les espoirs ne sont que du mascara

Alors que tous semblent avoir une destination
Je ne vois pas, dans ce chemin immobile, ma direction
Ma ruelle est étroite, mais ma conscience veut l'infini
Mon temps se rétrécit, mais je rêve de symphonies

Il faut continuer de bouger sinon on perd l'équilibre
Alors je fais des demi-pas, et je sens le sol qui vibre
Je me crée mon univers peuplé d'âmes extraordinaires
Plus réel et plus humain que ce monde doctrinaire


Foison de vies - Chapitre 15

Chapitre 15

Vie 1

Il avance dans ses études, l'élève parfait. Enfin presque... Il est certes efficaces dans les examens et les travaux dirigés ou pratiques, mais il reste plus ou moins toujours isolé du reste de ses camarades. Non pas qu'il refuse de leur parler, mais leurs centres d'intérêts ne sont pas les siens. Ils ne parlent que de beuveries, de nanas à draguer et plus si affinités, de sports, mais tout ce qui est littérature, art ou philosophie, rien ! Alors il fait le service minimum. Il collabore aux projets en groupe, souvent pas en leader mais tout le monde l'écoute car il est brillant. Il ne veut pas être leader. Cela le met mal-à-l'aise. Alors il laisse un élève prendre la gloire de diriger le groupe, tandis que lui avance les éléments clefs de la réussite du projet.

Ses professeurs sont satisfaits. Ils lui proposent de faire le cursus long, celui des hautes études. Il accepte, il n'a rien d'autre à faire de toute façon. Alors il poursuit encore ses études. Les étudiants sont de moins en moins nombreux. Mais quand il est seul dans sa chambre, le soir, tard après son travail et ses révisions, il écrit toujours. Ses nuits sont plutôt courtes, mais peu lui importe. Il récupère très vite.

jeudi 9 novembre 2017

Foison de vies - Chapitre 14

Chapitre 14

Vie 3

Je n'ai pas tant de temps que cela devant moi. Huit jours, c'est très vite passé avec si peu de moyens et de solutions à mes problèmes, surtout que je n'ai que deux bras ! Il me faudrait pouvoir vider les radiations dans la partie condamnée du vaisseau. Mais j'ai beau me creuser la tête, je ne vois pas de moyen. J'ai bien pensé à faire une évacuation d'urgence de l'oxygène dans le compartiment, mais cela ne renverrait qu'une partie infime de isotopes dans l'espace, car ils ont imprégnés les matériaux. Et qui plus est, cela risquerait de provoquer plus de dégâts en envoyant dans le vide des composants mal attachés...

Je marche dans l'habitacle, celui qu'il m'est possible d'arpenter en long et en large. Je regarde chaque boîte, chaque écran, chaque placard. Mais je ne trouve rien de flagrant ni utile. Ah si, un aspirateur ! Quels sont les ingénieurs qui ont pensé qu'un aspirateur serait utile dans un aérospace ? Ils devaient avoir une frustration conjugale pour m'en coller un dans les pattes. Comme si je pouvais avoir besoin de ce genre de truc ici !

Lettre à cette part d'ombre (#moiaussi)

Dis moi, Belzébuth, diable ou quelque soit ton nom
Pourquoi fis-tu l'homme à ton image, démon
Car si Dieu existe, dans l'ombre ou la lumière
Tu lui as implanté un cœur sombre et de pierre

Dis moi, Prince des ténèbres, pourquoi souffler
Tant de bestialité chez les mâles soufrés
Maintenant avec violence et sous la contrainte
Un autre humain qui ne vivra plus que la crainte

Dis moi, suppôt de Satan, et te contenter
De l'avarice, mensonge et l'oisiveté
Plutôt que de fouler du pied le libre-arbitre
Ce don humain de pouvoir créer des épitres

Mais entend moi ! Je refuse ton héritage
Je ne suis ni un ange, ni quelqu'un de sage
Mais je n'accepterais jamais cette immondice
Que peuvent répandre avec folie tes complices

Faudra-t-il que je musèle tes deux cerbères
Pour que je mette à ton tour tes genoux à terre
Faudra-t-il envoyer à tous, humanité
Ma lettre de révolte à notre indignité


mercredi 8 novembre 2017

Bouteille à la mer

Accroché à mon bateau qui dérive
Je t'écris cette lettre comme un adieu
Je ne sais pas par où ni en quel lieu
Tu pourras trouver cette missive

Emporté par les flots tumultueux
Je ne vois plus la terre depuis longtemps
Je ne suis plus inquiet, j'ai fait mon temps
Mais que restera-t-il de nos regards amoureux

Lorsqu'une vague vient éclabousser
Mon visage, mes larmes n'en sont pas moins présentes
Je voudrais en regardant la Lune absente
Me souvenir de ce temps trépassé

Le papier est détrempé, l'encre s'écoule
Plus vite que mes mots ne se forment
Mes souvenirs eux-aussi se déforment
Ma tête étant sous la pression de la houle

Je profite d'une vague de fond qui m'élève
Pour me raccrocher aux étoiles infinies
Me rappelant tes iris bleus en cet aphélie
Il faudra bien que cette épitre je parachève

Mon radeau s'enfonçant dans les flots rageurs
J'arrive à peine à inscrire mon patronyme
Avant de glisser ce feuillet aux couleurs sanguines
Dans son flacon, l'abandonnant à la mer songeur


Mon rêve est imparfait

Quand je ris et je pleurs
Le vent dans les arbres joue une mélodie
La rivière charrie cette mélancolie
Car je vis et je meurs

Quand j'inspire et j'expire
La marée déferle sur le sable asséché
Vagues après vagues s'en vont sombres pensées
En jouant de ma lyre

Quand je pense et questionne
Le reflet de la Lune ignore l'astre blanc
Tout comme la Lune ignore cet océan
J'écris te je fusionne

Quand je rêve ou m'éveille
La montagne garde ses secrets bien gardés
La vie est un joyau, il faut s'y attacher
En vivant sans Soleil

Quand je crie ou me tais
La prairie explose de parfums exhumés
La terre sous mes pieds est fraiche et embrumée
Mon rêve est imparfait


Foison de vies - Chapitre 13

Chapitre 13

Vie 2

Durant la nuit, mon vieil ami se trouve mal. Il a du mal à respirer, une pression sur son sternum le gênant, selon lui. Mais mes capteurs, s'ils détectent bien une détresse respiratoire, ne voient aucune cause réelle et sérieuse. Quant à la pression, rien ne me permet de déterminer la raison. Je lui pose des questions, pour affiner mon diagnostic selon un processus différentiel. Mais ses réponses sont incohérentes.

"Si je te dis que je ressens une pression ici, c'est que je ressens une pression ici ! Que tes capteurs n'y comprennent rien, peu m'importe ! Je sais ce que je ressens ! J'ai l'impression qu'on m'a mis un poids d'une tonne sur mon thorax, et j'ai du mal à respirer..."
Je ne remets pas en cause tes sensations, mais elles ne sont corroborer par rien de physique. Oui, tu es en détresse respiratoire, mais aucune cause biologique n'est apparente.
"Alors, c'est que ce n'est pas biologique !"
Je ne comprends pas. Comment un effet biologique pourrait ne pas avoir une cause biologique ?
"Décidément, Kushim, des fois, je me demande comment on t'a programmé ! Ne t'a-t-on jamais parlé des émotions, de la conscience ?"

mardi 7 novembre 2017

Foison de vies - Chapitre 12

Chapitre 12

Vie 1

Bien qu'il passe de longues heures à travailler, lire des livres au départ abscons sur l'astrophysique, les embryons de théories portant des noms loufoques, comme la théorie des cordes, il passe toujours autant de temps à écrire, pour lui seul, sur ses cahiers sans spirale. Parfois, sur son ordinateur, il les recopie. Il se met même en tête d'écrire, "pour voir", une pièce de théâtre en vers, sur des sujets aussi futiles pour les autres que l'amour, l'honneur et l'inconscience de cette humanité qui l'entoure...

Le théâtre, un lieu et un temps particulier, où les humains n'existent pas réellement mais sont si vrais, où les humains sont si... humains, et pourtant "pour de jouer". Jouer, mais jouer les tréfonds de l'humanité, les bas-fonds des sentiments, les sommets des idéaux, et tous ces marécages des mensonges, des faux-semblants, des intrigues, des trahisons...
La Mort : Il est vrai, mon regard fut vraiment amusé :
                Ta drôle d'allure, ton air embarrassé...
Le Héros: Embarrassé, en quoi?
La Mort :                                    Je ne sais, moi!
Le Héros :                                                           Parlez!
La Mort : Peut-être as tu connu un rendez-vous manqué;
                Rendez-vous d'amour où Venus t'a fait défaut?
Le Héros: Mais je ne vous permets pas...
La Mort :                                                  Tout doux, louveteau!
                Tout doux! N'oublie pas à qui tu parles, mortel!
Le Héros: Je ne l'oublie pas, mais l'honneur ici s'en mêle!
La Mort : L'honneur! L'honneur! Sais tu seulement ce que c'est?
                L'honneur est à double tranchant, bon ou mauvais!
Le Héros: Et alors! Si son plus beau cote pour me plaire
                Est de crever, ainsi, la face contre terre!
                Mais ma dignité bien dressée, là vers le ciel,
                Toute flamboyante!
La Mort :                                Cesse cette Kyrielle!
                Méfies toi! Tu pourrais me donner des idées!
Le Héros: Qu'elles viennent donc! Je ne suis pas effrayé!

Toujours se relevant

Même si son chemin n'est plus aussi facile
Même si ce chemin est un isolement
Continuer toujours à aller de l'avant
Les pieds usés et le cœur beaucoup trop fragile

Le Soleil devant soi le jour, son avenir
La Lune comme amie la nuit, rêves passés
Et jouer des cordes de son âme blessée
Aux mélodies douces emplies de souvenirs

Le ciel est bleu autant que l'océan est noir
Ses froides abysses absorbant la lumière
Les sentiments donnent la force, une prière
Pour des moments de paix même sans un espoir

Puissance de l'humain toujours se relevant
Après avoir chuté, les genoux écorchés
Il marche la tête éveillée et sans pencher
Les idéaux pour seuls compagnons, des géants

Peu importe combien de pas sous les nuages
Parfois légers, parfois lourds, seront accomplis
L'arrivée n'a pas d'importance dans la vie
Le chemin parcouru vaut tous les orpaillages


Pour elles, #moi aussi !

Ce n'est las pas nouveau, la main mise de l'homme
Sur la femme, brisant sans vergogne le pur
Par l'assouvissement telle une créature
Sombre et vil, non viril, très loin du gentilhomme

Violences par les mots, par le regard chasseur
Lors qu'elle n'est pas proie mais un être sensible
Caresses douteuses, viols inintelligibles
Mais pourquoi autant de douleurs et de noirceurs

L'amour brisé, la vie pour toujours comme un deuil
Le rouge ne sera plus couleur de la rose
Mais du sang le long de ses yeux, statut de chose
Le blanc ne sera plus mariage mais linceul

La désintégration d'une âme dévastée
Aucun pardon possible envers ces loups en meutes
Même solitaires, forts oui, mais d'être pleutres
Quand l'homme prendra-t-il soin de sa vénusté ?

Nous, mâle, nous plaisons à tailler notre barbe
A porter costumes et cravates phalliques
Pourquoi la femme ne pourrait pas, hellénique
Affirmer sa beauté sans être méprisable ?



lundi 6 novembre 2017

Même si, je continue

Même figé, je serais encore tremblant
Même refroidi, je serais bouillonnant
Même disparu, je serais au présent

Si mon visage est sans mouvement
Mes yeux fermés, mon cou aux sons absents
Mes lèvres si loin de donner des baisers d'amant

Même enterré, le lierre ne sera pas montant
Même isolé, à la seule force de mes mots grimpant
Même grisâtre, mon drapeau flottera aux vents

Si mes paupières fermées laisseront lentement
S'écouler l'acide de la vie sans ménagement
Mes doigts continueront d'écrire passionnément


Déclaration de richesse, lettre à mon percepteur éternel

Madame, Monsieur, ou qui que vous soyez donc
Vous m'indiquez ne pas avoir tout déclaré
Mes richesses, mes gains, mes pertes et profits
Dans une missive dont le ton est bouffi
D'une telle arrogance et vos mots déparés
D'un bon sens, d'un doute, d'une question quelconque

Mes richesses sont las intérieures, cachées
Oui, je l'avoue de vos regards impertinents
Mes pertes sans fin me font porter un linceul
Si vieux, si rapiécé que rien à part le deuil
Ne saurait remplir mes poches, guillotinant
Tout espoir de profit, sauf mes maux étalés

Vous voulez recevoir de moi explications
Il vous suffira de lire mes errements
Sombres alexandrins pour trouver mon secret
Un vide que rien ne peut combler, alphabet
De mes émois passés toujours futurs, dément
Et que seul mon ego connaît la spoliation

Peut-être en me lisant trouverez-vous l'envie
De creuser plus avant, je suis pourtant sincère
Jamais rien ne fut un jour mien, sans possession
Mais hélas possédé, durant ma procession
Sur vos territoires froids et réglementaires
Ma déclaration est signée là de ma vie


Foison de vies - Chapitre 11

Chapitre 11

Vie 3

Deux jours que la catastrophe évitée de justesse s'est produite. Deux jours que je fais le tour sur les écrans, dans le vaisseau, des éléments qui ont été atteints par les radiations Solaires. Les dégâts sont moins graves que je ne le craignais. Certes, j'ai perdu la communication avec mon ordinateur de bord, mais ses fonctions vitales sont en marche et il continue de co-piloter celui-ci. Mais j'ai pu constaté aussi que certains de ses capteurs externes étaient endommagés. Il est muet mais aussi partiellement aveugle. Et je ne peux pas avoir le regard constamment penché sur les consoles pour m'assurer qu'il n'y ait pas d'autres dangers à venir. Il me faut remédier à cette situation.

De plus, la mémoire cartes des systèmes connus se trouvait dans la zone irradiée. Après réflexion, il me semble que c'est plus ennuyeux que je ne le pensais en premier abord. Certes, l'objectif est d'aller vers l'inconnu, pour qu'il devienne connu, mais je n'ai plus aucun point de repère pour savoir si ce que je vois sont des éléments connus ou pas, et pire, si des dangers déjà identifiés se présenteront devant moi.

Lettre à Roxane

Mon amie, mon âme-sœur, mon Amour, Roxane,

Un jour, ce fut la nuit. Ce Soleil qui brillait cachait la Lune qui s'épanchait dans mon cœur. Ces mots prononcés, des lames froides et sincères, et moi des larmes brulantes et secrètes, ces mots, qui enfin t'ont libérée, ma Muse adorée, mon Soleil, ma vie. En un instant, une éternité dans une respiration, une inspiration pour absorber et comprendre, une expiration pour mourir sur place, debout, dans un silence de plomb.

Que j'aurais voulu avoir justement un peu de plomb à ma disposition pour disperser cette tête qui avait déjà explosée... Mais je t'ai rendue ta liberté, abandonnant ce qui était devenu un cercueil vivant pour toi, notre appartement.

Une nuit, ce fut le jour. La Lune brillait et m'appelait de ses vœux, mais le Soleil se reflétant sur elle, je ne pouvais m'évanouir dans cet océan devenu si vide et sans intérêt. Tu étais mon centre, ma force gravitationnelle, et ma planète est maintenant à la dérive dans l'espace, frôlant astéroïdes et peut-être un jour passerais-je trop près d'un trou noir.

Il n'y a rien à regretter, si ce n'est ces silences, si ce n'est ces mots incompris, si ce n'est ce temps qui est passé trop vite alors que j'aurais voulu qu'il soit éternel pour continuer à te prendre dans ce qui me sert de bras. Mes bras maintenant ne tiennent qu'un clavier ou stylo pour te parler. Tu ne me lis pas ? Qu'importe, c'est plus beau encore ainsi ! Et mes lèvres ne prononcent plus ces mots silencieux sur ta bouche ou ton cou, ma plume est maintenant seule porteuses de ces quelques fragments d'humanité et de tendresse.

Ici et maintenant, à l'aube, je vis dans mes songes poétiques avec ma Roxane. Ici et maintenant, avant de m'endormir, je vois ton visage, peinture délicate ou peinture abstraite, je ne sais pas. Mais le spectacle non vivant que je perçois pousse mon sang à pulser tout le long de mes veines, et même si mes rêveries sont vaines.

Je le sais, nous n'existe plus. Je le sais, tu es toi, je ne suis rien. Tu dois être heureuse, alors je m'efface, d'un coup de gomme, comme si je n'avais jamais existé. Mes lignes se défont et se refont pour tenter, sans tourner sur moi-même, d'explorer les univers alentours, profitant de ce voyage non prévu, sans contrôle, dans un univers dont le froid et le sombre sont partout. Mais au fond de mon noyau, le feu brûle et il brûlera encore jusqu'à extinction et devenir un astre mort.

Pourquoi pleurer ? La mort est inévitable et fait partie de la vie. Ne dit-on pas que la pire des maladies, c'est la vie car on en meurt à tous les coups ? Mais l'amour que j'écris, la passion, les idéaux que je voudrais porter, ne serait-ce qu'un temps éphémère et perdu, inspirés par l'amour pour toi, peut-être dépasseront-ils l'espace-temps qui nous sépare.

Peut-être finiront par revenir dans tes mains, douces, et qu'un regard, pour une dernière fois, tendre, veuille bien se pencher, par négligence, sur cet amas de boues et de poussières, cette roche inhabitable, ce lac parfois trop tumultueux, ces cascades assourdissantes, mais aussi cette mer d'huile reflétant la Lune, mère de tous les poètes...

Mon amie, mon âme-sœur, mon Amour, Roxane, vis ta plus belle vie maintenant !

dimanche 5 novembre 2017

Foison de vies - Chapitre 10

Chapitre 10

Vie 2

L'après-midi, comme je l'avais anticipé par mes capteurs, mon vieil ami a besoin de repos. Je le ramène donc dans ce qui forme une sorte de salon. Il n'aime pas allé se reposer "en journée" dans son lit. Je ne comprends pas ce souhait. Il sait tout aussi bien que moi qu'il n'y a ici ni jour ni nuit, et que fonctionnellement, le lit est plus adapté. Mais non, à de multiples reprises, il s'est énervé contre moi.
"Je ne suis pas impotent ! Je ne vais pas réduire mes mouvements du lit à la table, puis de la table au lit. Laisse moi donc profiter d'un autre lieu, dans cet espace clos, même si ses limites sont floues. Je sais qu'il n'y a aucune régularité autre que celle que tu me fixes pour mon bien-être, mais laisses moi vivre !"

Je ne comprends toujours pas. Le laisser vivre ? Mais je ne sers qu'à cela, bien plus même, à assurer sa vie ! Et je ne vois pas en quoi s'allonger sur une banquette peu confortable peut l'aider dans sa récupération. De même, il ne veut pas que je diminue la lumière durant ses siestes. Encore un "Laisse moi vivre !"...

samedi 4 novembre 2017

Automatique : Rêves éveillés

Rêves éveillés, que ne vous taisez-vous pas !
Rêves éveillés, vous inspirez des espoirs...
Mais des espoirs deviennent désespoirs !

Rêves éveillés, vous m'empêchez de dormir !
Rêves éveillés, vous m'obligez à penser...
Mais de ces pensées ne fleurissent que des pensées que je n'oublie pas !

Rêves éveillés, vous me faites vivre une vie dorée !
Rêves éveillés, vous ouvrez des portes...
Mais ces portes restent pourtant fermées !

Rêves éveillés, vous vous étendez sur mon lit !
Rêves éveillés, vous réchauffer ma couche froide...
Mais ma couche est vide et le restera, l'amour évadée !

Rêves éveillés, Cauchemars au petit matin !
Rêves éveillés, Souvenirs fabriqués d'un futur inaccompli
Mais ce futur ne sera jamais demain, juste mon passé dans mon esprit...


Automatique : Désert en noir et blanc

Spirales de la vie s'enroulant sur les veines de mes bras
Elles s'agrippent à mes doigts et crispent mon écriture
Elles s'engouffrent dans mon être, vampire de mon âme
Elles puisent l'énergie tout autour de ma caravane

Perdu dans ce désert en noir et blanc
Mes mots s'effritent et deviennent poussières
Balayés par les vents des imaginations violacées
Ils finissent par pourrir et nourrir cette pauvre terre

D'un coup de back slash, je me retrouve au point de départ
Enivré mais épuisé, les routes se perdant à l'infini
Dans des paysages que je n'ose plus regarder
De peur de m'y arrêter, figé avec Thétis dans les eaux profondes

Alors je scrute mes limites et les observe sans fausse modestie
Juge et bourreau, le procès est équitable
La vie continue, je peux respirer cet air vicié
Il y a bien pire, en effet je pourrais être heureux


Foison de vies - Chapitre 9

Chapitre 9

Vie 1

Effectivement, les premières années d'université, apprenant les sciences, il revoit de temps en temps ce petit groupe, dispersé dans différentes spécialités. Le rythme n'est évidemment plus le même. Tout le monde est bien occupée par ses études. L'intensité du travail à fournir est sans comparaison avec le lycée. Mais malgré cette occupation de son esprit-raison par ses études, ses interrogations sont toujours aussi fortes, et ses écrits reflètent le début d'une quête dont il ne discerne pas encore les contours. Comme les rencontres sont rares, il passe beaucoup de temps dans sa chambre d'étudiant, seul, devant son bureau. Quand il ne travaille pas, il écrit, il écoute de la musique.

vendredi 3 novembre 2017

Foison de vies - Chapitre 8

Chapitre 8

Vie 3

Le vaisseau est secoué, rageusement, comme dans une tempête dans l'océan, montant la proue dressée vers le sommet du raz-de-marée. Le déflecteur de particules fonctionne, mais tiendra-t-il ? L'arrière du vaisseau est moins bien protégé. Seuls les deux tiers voient la vague de disperser tout autour, mais, comme le long d'une coque, ou d'une aile d'avion, les fluctuations ressurgissent en éclaboussures sur la coque côté opposée. La poupe est atteinte par des ressacs de l'explosion solaire. Qu'en est-il des dégâts ? Je ne sais pas... Ce n'est pas le moment de me poser ce genre de questions.

L'ordinateur continue ses actions correctrices. Il ajuste la position du navire spatial selon les variations. Et je l'entends qui me donne les précisions en quasi temps réel.

"80% des surfaces sont protégées. La zone arrière sera condamnée pour un certain temps. Les radiations vous seraient mortelles."
Qu'y a-t-il dans cette partie ?
"Principalement des circuits annexes et une partie de mes composants cognitifs."
Crains-tu un risque de dysfonctionnement ?
"Mes calculs m'indiquent que le risque est minime."

jeudi 2 novembre 2017

Réfraction des cristaux

Le froid envahit tout, l'espace et le temps fuient
Sans savoir que sera demain dans mon présent
Je vois mon aigle avec ma Roxane sans bruit
Qui me fixent inquiets et me dévisageant

Si le Soleil brille, la neige ne fond plus
Elle recouvre de sa cape ma conscience
A force, immobile, mes mains sans malveillance
Ne savent plus frôler ce rêve d'absolu

Faudra-t-il que je sois englouti des cristaux
Pour espérer briller un peu par effraction
Manipulant le clair obscur, la réfraction
Pour éviter à mon âme les hôpitaux

Sans surprise j'aime cette vision glacée
Telle couverture d'un magazine d'art
L'été me brûle alors que l'hivers est mon fard
Elle conserve pour toujours mon cœur gercé


Femme romancée

Femme naturelle, Femme dans la nature
Femme éblouissante, Femme perlée par l'eau
Femme au regard si pur, les pieds dans le ruisseau
Femme aux gestes simples, fée de littérature

Femme sans parure, rêve d'un monde en vie
Femme loin de la ville et en sécurité
Femme qu'on n'oserait O jamais déranger
Femme s'évaporant, matin de mes écrits

Femme, douceur cachée des regards inconscients
Femme, où même les rocs sont près d'elle émoussés
Femme, songe d'une pluie d'été romancée
Femme qui restera dans mon vain subconscient


Foison de vies - Chapitre 7

Chapitre 7

Vie 2

Le soir, je l'aide à se coucher, après son repas, sobre. Son corps ne réclame plus autant d'apports nutritifs. Mais je le force à manger, en prenant soin de mettre les éléments nécessaires à sa survie pour que son corps fonctionne encore le mieux possible, ainsi que son esprit, fatigué mais toujours aussi précis.

"Que ferais-je sans toi, Kushim ?"
Vous feriez la même chose, mon vieil ami. Vous continueriez à produire votre rapport pour la postérité, pour les générations à venir, pour l'humanité.

Il me regarde avec un regard amusé.
"Mon vieil ami ? Vraiment ? Je ne te savais pas capable de cela. Est-ce notre situation, ce que nous avons traversé qui t'a conduit à cette option ?"

mercredi 1 novembre 2017

Foison de vies - Chapitre 6

Chapitre 6

Vie 1

Durant les années lycées, Célian se met dans un groupe restreint. Ils sont tous un peu bizarres, et ça lui plait car il peut l'être un peu aussi, mais pas trop. Il découvre qu'il peut avoir des amis, même si personne ne lui demande vraiment comment il va, sauf les formules de politesses par trop usées. Mais ça ne fait rien ! Quand lui demande, il sait, et l'autre aussi, que sa question est véritable. Et l'autre se confie, dit ce qu'il ne va pas. Et lui écoute mais cette fois, il revoit la personne les jours suivants et une forme d'amitié se met en place, doucement. Les relations sont stables, enfin.

Pourtant, la quête de l'amour n'est pas encore éteinte, même s'il ne sait pas encore que ce n'est pas sa quête véritable. Il trouve dans ce groupe la plus belle qui soit, évidemment ! Elle est douce, elle est gentille, elle lui parle. Elle ne le juge pas. Elle est discrète, ce qui n'est pas sans lui parler. Lui-même est discret. Il tombe amoureux d'elle, un amoureux transit.

Aphrodite

Ah, l'Amour ! Avec un grand A ! Comme Abandon
L'Amour, sentiment pur comme un torrent d'Alpage
L'Amour, inspiration de tous nos grands Artistes

L'Amour, universel reliant toutes les Âmes
L'Amour, au delà de tous nos Antagonismes
L'Amour, de simple Affection à l'Adoration

L'Amour, croyant ou même Athée ou Agnostique
L'Amour, insaisissable, et sans un Algorithme
L'Amour, de l'Altruisme ou de l'Abnégation

L'Amour, quand l'Absence devient l'Aliénation
L'Amour, quand l'Ambiguïté pousse vers l'Abîme
L'Amour, de l'Apocalypse à l'Aveuglement

L'Amour, Adagio de deux Astres Accouplés
L'Amour, Asphyxie de la raison éperdue
L'Amour, du plus Abyssal au plus bel Azur

L'Amour, silences d'un cœur meurtri sous l'Armure
L'Amour, pour une Amie, pour un Archange, un Ange
L'Amour, sous les cieux brouillés, rêves d'Aphrodite


Liqueur de douleurs

H2O NaCl dans tous ces cristaux
Coulant sur l'épiderme parfois sans un bruit
Parfois accompagnés de cliquetis brutaux
Ou de longues notes étouffées comme un puits

Le corps vient compenser produisant des hormones
Pour apaiser l'être qui ne peut plus rien voir
Le calme après le feu, cette voix qui marmonne
Ces pensées se figeant, éteignant son bougeoir

L'espoir peut renaître d'un seul flambeau brûlant
Asséchant les traces de rimmels effondrés
Rouvrir les yeux sur ce monde somnambulant
D'abord tel automate, affection saupoudrée

La vue reprend ses droits, et l'envie continue
Jusqu'au prochain poignard enfoncé dans le cœur
Ou la peau arrachée laissant les nerfs à nus
Et revoir couler la douleur et sa liqueur


mardi 31 octobre 2017

Foison de vies - Chapitre 5

Chapitre 5

Vie 3

Voilà un mois que mon trajet entre Mars et Jupiter se produit, l'accélération depuis Mars n'étant qu'assez faible. Je contrôle régulièrement les différents indicateurs du vaisseau. Les systèmes de survies sont en parfait fonctionnement. L'ordinateur quantique central anticipe jusqu'ici toutes les probabilités pouvant causer des dommages à mon nouveau chez-moi. Dans quelques heures, le catapultage via Jupiter vas s'opérer. Ce sera le dernier saut dans cette partie du système solaire. Le prochain sera dans un autre système.

Le calculateur de bord estime les corrections à apporter pour sécuriser l'approche. Avec une distance de plus de 500 millions de kilomètres, il est clair que des écarts sont à prévoir. Je vérifie les calculs de l'ordinateur. J'observe la courbe elliptique qui est censée nous propulser à une vitesse proche du dixième de la lumière. Mais je ne suis pas satisfait de ce que je vois. L'ordinateur prend trop de précautions. Il nous fait perdre au moins dix pour cent de vitesse par une parabole trop éloignée de la planète.

Symphonie des mots

Assis sur ma chaise, je voyage au lointain
Plus loin encore que mes pieds ne porteraient
Cette carcasse usée par ses émois, l'ego

Devant mon clavier noir, je m'évade mutin
A bord de mon vaisseau sans maître, sans attrait
Je me laisse enivrer par mes sens, vertigo

Chaque mot s'enchaîne en la sourde mélodie
Composée des accords hélas contradictoires
Formant des manuscrits dont le silence effraie

Le vent dans mes cheveux, je vois ma Milady
Son ombre aveuglant mes yeux incantatoires
Ma conscience s'enflamme enfin sans un regret

Alors la symphonie reprend toutes ses forces
Les voix fortes s'ouvrent, la voie est éclairée
Et d'une main sûre, j'écris la profondeur

Des sentiments perdus, des coups qu'on désamorce
Des cris lors que muet, et mon corps emmuré
Et retrouver le goût de la vie, sa splendeur


La surface irisée

Tout d'abord le sable héberge mon assise
Le dos bien droit, menton rentré, les yeux baissés
Ma respiration sent les embruns du passé
La décomposition des émotions soumises

Concentré, bas du ventre, enfoncé sur la plage
J'observe maintenant les vagues déferlantes
Chacune est illusion, aux pensées éclatantes
Du désir aux rêves, de l'amour à la rage

Plus la pression grandit, plus j'observe la mer
Au loin tous ses éclairs, douloureux phénomènes
Qui sont d'un autre temps, la distance est la mienne
L'expiration m'ancre dans ce moi, cet éther

Malgré la foudre et les nuages dans les cieux
Ma conscience adoucit la surface irisée
Et l'océan profond révèle le sacré
La pensée non pensée sans profit sans adieu

L'eau maintenant miroir de la Lune adoucie
Acceptant son passé, préparant l'avenir
Se fait calme tel lac laissant à lui venir
Neiges éternelles maintenant et ici


lundi 30 octobre 2017

Blizzard insolent, douce rivière

Le froid parfois saupoudre embarrassant sa bise
Sur les âmes dont les chandails se sont perdus
Un grelottement qui se poursuit en banquise
Des sens, d'un cœur sans mot ou des malentendus

Alors on se couvre, cherchant la douce flamme
Qui brûle en nous, phare d'une vie isolée
Dans un océan vide et sans épithalame
Essayant d'éviter la fin d'un mausolée

Un sourire même léger, baiser d'ami
Sans équivoque et pur, sur le front trop brûlant
Nous réchauffe ce corps éteint, une accalmie
Qui nous protège de ce blizzard insolent

Alors les rêves bleus remontent en surface
Baignant dans les rayons charmants de notre Lune
Les mots reprennent sens et leur voix, dédicaces
Les eaux bien plus claires, merveilleuse lagune

L'équilibre instable, la tête droite et fière
Le regard ose se plonger vers l'avenir
Les remous sont calmés, une douce rivière
Abritant cette vie de tous ces noirs zéphyrs


La boue des passions

La boue m'enlace de ses bras visqueux et chauds
Elle colle à ma peau, ne laissant que mes yeux
Pour contempler toute l'amplitude des cieux
Qui se sont emportés construisant mon cachot

Presque enterré vivant, tant que l'humidité
De mes yeux persiste, je peux encore aimer
Pardonner et souffrir, mon âme consumée
Par tous ces alluvions sans ma lucidité

Mais si vient l'exhaure, de partout je craquèle
Je me sclérose en vain, oubliant mon futur
Je deviens la statue devant ma sépulture
Seuls mes iris figés tiennent ma citadelle

Blanc virginal, couvrant tout mon corps, mensonger
Alors que le noir froid me siérait sans un doute
Je sais que sous ce faux marbre, un cœur en déroute
Je pourrais sourire grâce aux larmes âgées

Mes rides promenant cette eau sur mon visage
Je peux feindre une moue plaisante et convaincante
Lors que je ne suis que cendres, salle d'attente
Des prochaines passions d'un égo pris de rage


Foison de vies - Chapitre 4

Chapitre 4

Vie 2

Je relis les écrits du vieil homme. Ils manquent de construction, de synthèse et de précisions. Mais les éléments sont présents. Je ne peux pas les écrire à sa place. Ce n'est pas mon rôle. Ce matin, il est un peu bougon. Sans doute son âge ?
"Non", me dit-il. "Mon cher Kushim, je me sens si loin de chez moi... Ce n'est qu'un mauvais passage..."

Je le prends contre moi, et il pose sa tête sur moi. Une larme s'écoule le long de sa joue, suivant les rides profondes qui creusent ses joues. Par un vent léger, frais et chaud en même temps, je sèche ses larmes et son âme. Il redresse son regard et commence un sourire.
"Que ferais-je sans toi, Kushim ?"
Vous êtes, vous existez, avec ou sans moi, mon vieil ami. Vous êtes loin, oui, mais vous avez découvert tant de choses, tant de réponses à vos questions. Vous êtes unique. Vous devez en avoir conscience.
"Oui, tu as raison. Mais parfois, mon âge peut-être, je me replonge dans mon passé. Mais je ne devrais pas. Vivre ! Et transmettre ce que j'ai appris ! Oui, tu as raison. Mais j'ai l'impression que je passe à côté. Je n'arrive pas à me concentrer sur un seul point. Tout me vient par vagues, sans contrôle..."

dimanche 29 octobre 2017

Bords de mer et du ciel

Les abords de la vie humaine, seuils de mer
A bord de sa chaloupe émerveillent parfois
Le marin éperdu d'amour mais esseulé
Il contemple vagues après vagues, saoulé
Par tant de gigues, et son regard entrevoie
Ces lumières mêlées aux étoiles, chimères

La marée va et vient, lui vient puis il s'en va
Les noires profondeurs l'appellent mais résiste
De lui, presque plus rien sur les quais ne subsiste
Il perd la notion du temps hors bodhisattva

Clapotis, carillon naturel de la vie
Viennent rythmer l'instant présent le long du corps
L'écume reflète la chaleur et le froid
Mélangés, embrasement, émoi
D'un univers lointain et boîte de pandore
Sagesse éternelle, la mer est poésie

La marée va et vient, lui ne reviendra pas
L'horizon verra à nouveau le rougeoiement
S'étendre au lointain où l'eau et l'air, côtoiement
De deux mondes parfaits, s'épousent sans fracas


Ma porte

Les orages s'emploient à déstabiliser
Mon for sombre intérieur portant une lumière
Évanescente et vive en une canonnière
Au son terrible et grave afin d'immobiliser

Mes souvenirs affluent, courant puissant drainant
Le limon de l'égo et des émotions mortes
L'illusion ne dure qu'un instant et s'emporte
Sans que je ne suive son chemin enchaînant

J'observe ces éclats, les admirant de loin
De la porte sacrée de ma conscience en vie
Je ne les laisse pas pénétrer, asservi
Par ces souffrances, car je n'en suis qu'un témoin

Je les accueille avec bienveillance et respect
Seules ces quelques vers aux rimes incertaines
Leur laisse une place, je reste capitaine
De mon chemin afin de rester moi en paix


Automatique : vie rêvée et vie réelle

Lorsque l'esprit s'élève durant la nuit, il parcourt des paysages
Que je ne saurais plus décrire au réveil
Lorsque mon corps ressent durant cette noirceur des lumières
Comme des anges qui me prendraient dans leur bras

Lorsque mon cœur s'affole durant cette pénombre, ténèbres infinies
Il éprouve des sentiments qui ne feront plus surface
Lorsque ces émotions au grand jour s'effritent, falaise sous les coups du vent
Et de l'océan, mélange d'un souffle saccadé et de larmes

Lorsque la nuit est là, la Lune pour seule présence, si intime
Alors je vis ! Je vis un rêve, l'illusion, mais je vis !
Lorsque le silence s'empare de mon espace privé
Ce sont des symphonies qui éclatent, roses dans les champs, lotus sur le lac

Lorsqu'enfin je me réveille, quelques restes des embruns se posent
Le long de mes joues, le présent s'imposant petit à petit
Lorsque je dois poser mes pieds au sol, lors que je volais, oiseau dans la nuit
Mon poids reprend une existence, une persistance

Alors je m'assoie sur mon zafu, je diminue la lumière
Je ne ferme pas les yeux totalement
J'observe avec douceur et compassion mes propres limites
Et je vis, éveillé, passé, présent et futur unis

Ne pas oublier mais accepter qui l'on est et non soumis
A son égo, ses désirs inassouvis, ne plus être un instant
Prisonnier de sa souffrance, se retrouver au fond de soi
Et retrouver la lumière qui brille toujours en soi


Foison de vies - Chapitre 3

Chapitre 3

Vie 1

Célian commence à éprouver ses premiers émois. Il regarde les filles autour de lui, non pas comme un chasseur en quête d'une proie, mais comme un être seul qui recherche une présence près de lui, avec qui il ne ferait pas qu'écouter, mais qui l'écouterait aussi. Ce qu'on appelle d'abord des amies, puis avec une certaine probabilité des amoureux.

Au début, il confond, comme tout le monde, l'amour physique, cet appel des hormones et du besoin de reproduction, même si à son âge ce n'est pas encore trop d'actualité, et l'amour ultime, magnifié par les poètes, entre deux êtres. Il lit, beaucoup, les poètes, d'abord ceux découverts en classe de Français. Puis il cherche d'autres auteurs. Il tombe par hasard sur certains qui le troublent. Ainsi, l'un d'eux qui écrit "à la façon de" dans toutes ses poésies. Au départ, il s'apprête à reposer le livre, mais il relit avec attention les premières poésies et il découvre un génie. Être capable d'écrire "à la façon de" tout en restant soi-même ! Il dévore le livre et cherche s'il a écrit d'autres ouvrages ? Non, il fait partie de ces auteurs que l'on appelle les poètes maudits, mourants jeunes et en général avec une seule œuvre, d'une fulgurance comme leur vie. Lui-même s'y essaye mais il est loin du compte. Ce ne sont que jérémiades d'un pré-adolescent, seul, incompris, de lui-même aussi.

samedi 28 octobre 2017

Foison de vies - Chapitre 2

Chapitre 2

Vie 1

L'histoire est encore un des thèmes qui lui plait le plus. Célian y prend en effet le droit de s'envoler dans son imaginaire, voyant les différents royaumes, les différentes cultures, les différentes évolutions qu'a connu la vie humaine sur Terre. Il ne comprend pas toujours pourquoi, alors que l'humain est capable du meilleur, que ce soit dans les sciences ou l'art, il puisse aussi être attiré par la violence à l'état brut.

Ces images des camps de concentration l'ont marqué à jamais. Ces corps décharnés, ces yeux vides de vie et pourtant si plein d'humanité, ces baraques, ces trains à bestiaux... Faut-il donc que l'homme soit à ce point nuisible ou inconscient pour appliquer à lui-même les pires atrocités qu'il afflige déjà aux autres êtres vivants. Cette suprématie virtuelle de l'homme sur le vivant, modelant la planète et la réduisant en cendres selon son bon vouloir, n'est pas sans rappeler les comportements erratiques de ses camarades.

Chandelles de vie

Si l'esprit trop souvent se perd dans les méandres
D'une vision étroite et piégée dans l'orage
Des sentiments, passions, stigmates d'un visage
L'anamnèse d'un temps dont ne reste que cendres

Il oublie le présent, s'interdit un futur
Ressentir, souvenir, penser, vibrer, aimer
Noumènes infinis ne peuvent se gommer
Les ignorer ne peut mener qu'à la rupture

Observant, distance douce et compassionnelle
Le plein devient vide, le vide devient plein
La souffrance emportée loin d'un égo malin
Laissant sur le côté ce cerveau rationnel

La lumière vient des tréfonds de la pensée
Elle ne divise pas, une seule bougie
Peut éclairer le vide et étendre la vie
A d'autres chandelles et vivre nuancée

D'apparence exclusif, assis à méditer
Sans aucune pression, l'ouverture est réelle
Pensée non pensée, la rivière est bien actuelle
Même si l'eau change, instantanéité


vendredi 27 octobre 2017

Épithalame du fond de l'âme et des lames de fond

Face à l'immensité de l'océan, reflet
De notre esprit dressé vers le ciel au levant
Les maux passent avec les nuages, palais
D'un temps qui n'est pas le notre, qui fut avant

Sa profondeur cache les remous imparfaits
La surface restant ondulée et légère
Le vent des émotions, désirs insatisfaits
N'est plus qu'une brise où la vie est passagère

Et pourtant l'infini devant nos yeux mi-clos
Au lieu de nous murer dans un silence amer
Nous éveille au monde, nos feux enfin éclos
Alimentés des fonds abyssaux éphémères

Enfin présent face à ce miroir de notre âme
Nous inspirons, légers, expirons pleinement
Tels les flux et reflux offerts, épithalame
Pour nous et l'eau, source de vie, l'avènement


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