mercredi 27 décembre 2017

La vague vient se jeter sur la plage illuminée

La vague vient se jeter sur la plage illuminée
Elle se répand comme caresse sur ma bien-aimée

La nuit, le jour, tout se mélange et le Soleil et la Lune brillent
L'espoir prend ses racines dans mon ventre à l'abandon
Tout comme la vie naît, attachée par un cordon
Je vois des lumières et des nuages qui me déshabillent

Le vent s'empare de mes pensées, m'emporte vers les cieux
La folie s'efface et laisse place à ce lac silencieux

La marée délivre mes émotions de leur prison
Cette cage de fer et de sang où je perds ma raison

Lentement le rythme des flots se calme et la surface est miroir
Doucement le reflet de mon âme se multiplie au fil de l'espoir

Pourquoi vivre si ce n'est pour aimer
Pourquoi respirer si ce n'est pour s'exprimer

L'ego se tend comme une ancre qui voudrait m'attacher
Empêchant ma barque de prendre son voyage céleste
Mes voiles se gonflent et l'aquilin me pousse hors du funeste
Les courants me détachent et voient mes larmes s'épancher

Et l'azur s'éclaire de mille joies, de mille puretés
L'horizon est un avenir que je construis avec volupté

L'hiver disparaît, le printemps renaît, l'histoire reprend son cours
Le temps n'est qu'une illusion, seul maintenant est mon parcours

Voler, voguer, rêver, aimer
Rire, prier, sourire, briller

La vague vient se jeter sur la plage illuminée

Mes souvenirs se font des plus légers, alchimie du bonheur
Je ne confonds plus la souffrance et l'ignorance
Je prends le temps de pardonner les offenses
La musique à mes tempes résonne comme mille tambours
Elle bat la mesure d'une symphonie d'amour
Mes maux se font mélodies sans fin et sans douleur

Les ressacs voudraient me plonger dans les abîmes
Mais je tiens mon gouvernail au cœur de cette pantomime
Je lutte contre mes propres tourbillons d'humanité perdue
Et je me tiens à mon bastingage pour ne pas être abattu

Les rochers affleurent sur l'étendue de ma vie
Je manque à chaque seconde d'être asservi
Mais je tiens ma plume et j'inscris ma poésie

Alors mes mots virevoltent et s'affolent dans le ciel
Alors mes phrases forment de gigantesques arc-en-ciels
Alors mes sonnets se fondent dans l'existentiel
Alors mon parchemin ne conserve que l'essentiel

Les lettres se font déliés doucement
Le papier absorbe mon isolement

Et je crie ma joie de vivre
Et je chante pour que le pur m'enivre

Je me redresse sur mes pieds
Et je regarde les étoiles briller

L'espace infini s'étend devant moi
Mon sang est mon âme qui flamboie
Je la tiens entre mes mains
Uni, masculin et féminin

Demain je serais à nouveau humain


(Sur L'été des 4 saisons de Vivaldi 
interprété par 
Classical Concert Chamber Orchestra & Ashot Tigranyan)

samedi 23 décembre 2017

Mes mots

Mes mots
Coulent sur le papier
Comme un torrent terrifié

Mes mots
S'évadent en vain
J'peux pas le nier

J'voudrais tant exister
J'ai plus le temps
Je me tairais

Mon cœur est prisonnier, la dictée
De mon geôlier, Sans un regret

Mes maux
Si j'les criais, hein
Sans brailler

Mes maux
L'amour, les peines
Ce sont mes équipiers

Et parfois, je ploie
Sous les coups de plumes sans espoir
Sur ma trajectoire

Et chaque mot
Comme un brancardier
Vient me sauver, Me soigner

Mes maux
S'attachent à mon corps
Sans me gracier

Mes mots
Se dressant mais pour quel brasier ?
Brisés

J'ai toujours mes rêves sourds
Un cauchemar hébété
Mes émotions sont ma lyre, illimitées

Mes mots
Ils n'expriment plus rien
Je pensais pourtant ne jamais oublier

Mais où sont mes mots
Qu'ils vivent leur chemin
Démystifiés, Loyaux

Mes nouveaux mots
Seront peut-être plus tard beaux

Mes maux
Je préfère les oublier
Et mes charniers
Seront mes flambeaux

Mes mots
Déversez-vous en flots

Mes Mots

Chanson inspirée de "Hey Joe"
Musique interprétée par Lexy Lexey
Compositeur : Billy Roberts
Texte : 251

vendredi 22 décembre 2017

La Lune brille

Texte : 251
Sur la musique : La nuit je mens (Reprise instrumentale de David Starosta)
Compositeurs : Alain Bashung, Édith Fambuena, Jean-Louis Piérot

Les nuages déchaînés S'abattent sur mon cœur D'un gris foncé Dans la torpeur Je me débats contre le vent Je suis à bas, Je suis dément Je suis aveugle Ce cauchemar sans oubli M'enfouit dans son passé Et mes mains d'arracher ma vie Et mon sang de couler Rivière rouge La Lune brille Loin au-dessus de mon cœur souffrant La Lune brille Et je suis fourbu J'ai mes yeux qui fourmillent de reliques Vertiges d'un jour ton amour Vestiges d'un jour mon amour Je plonge en enfer Tout illuminé Tes reproches Ils m'ont tous hanté J'aurais voulu oublier, J'aurais voulu A l'abri du monde Dans ma caboche m'isoler, me cacher Mais tes flammes de me tourmenter Bûcher de pleurs Ou feux grégeois hors de mon temps Étincelles folles Oriflamme sans espoir La Lune brille Loin au-dessus de mon cœur souffrant La Lune brille Je me torpille J'ai mes yeux qui fourmillent de reliques Vertiges d'un jour ton amour Vestiges d'un jour mon amour La tornade déchaînée Tel un marteau-piqueur Vient gangrener Mais sans rancœur Je m'échine contre le temps Je suis à bas, je suis dément Je suis aveugle La Lune brille Loin au-dessus de mon cœur souffrant La Lune brille Et je suis fourbu J'ai mes yeux qui fourmillent de reliques Vertiges d'un jour ton amour Vestiges d'un jour mon amour La Lune brille Loin au-dessus de mon cœur souffrant La Lune brille Et je suis fourbu J'ai mes yeux qui fourmillent de reliques Vertiges d'un jour ton amour Vestiges d'un jour mon amour


mercredi 20 décembre 2017

Estuaire du passé

Je resterai loin de vos chemins goudronnés
Voudrai voir un autre matin là s'éveiller
Pouvoir cet air si frais à pleins poumons humer
Vivre le long de mes ruisseaux inhabités

Je m'oublierai à terre allongé et damné
Voudrai sentir l'herbe folle me captiver
Enfin perdre mon temps sans jamais regretter
Exister partout, sans nulle part où aller

Je me tiendrai debout, la tête redressée
Voudrai entendre ma voix ici chuchoter
Demain là s'esclaffer, ou ma ire crier
Aimer chanter l'espoir ou bien me révolter

Mais me laisserez-vous ainsi me disperser
Vouloir apprivoiser mon âme qui, glacée
Est emportée au loin aux vents de liberté
Ego, fond de cales, toujours bien enchaîné

Et d'un simple canot, caravelle évadée
Avoir un lent repos qui, comme une épopée
Est au cœur d'un typhon qui veut la fracasser
Désir d'un avenir contre vents et marées

Être enfin apaisé, ma langue déliée
Suffit à exprimer mes émotions cachées
Au bord de l'estuaire aux limons arrachés
Bonheur, moment présent, et ne rien oublier


mardi 19 décembre 2017

Mon mirage

Seul, mais qui ne l'est pas
Seul, je m'envole au loin
Seul, ne vois que mes pas
Tes bras de moi disjoints

Les vagues refoulant le sable de ma cour
Leurs clapotis tonnant sur ma peau en plein jour
Ce chemin sans détour
Ton regard de velours

Seul, toi, tu ne l'es pas
Seul, je ferme mes points
Seul, voici mon combat
Tes mains sont mes témoins

Le vent s'engouffre dans mes mots trop silencieux
Ma voile déchirée m'emporte vers les cieux
Ce voyage d'adieu
Tes yeux si merveilleux

Seul, un sang qui s'en va
Je n'irais pas plus loin
Seul, en haut de mon mât
Je rêve dans mon coin

Danse, en transe, et j'avance
Cours, toujours, troubadour
Je vis, je crie, 
Je vis, je prie
Je meurs, je pleure, 
Douleur, bonheur

Emporté par la vie
Déboussolé sans préavis
Mon bateau de tanguer au fil des flots vieilli
Voyage sans finalité pour mes désirs inassouvis
Tribulations d'un mal-aimé ne voulant plus être asservi

Le chœur me donne les ailes
La Lune entonne si belle
Ce chant à marée montante
Pour une odyssée vivante

Seul n'est plus qu'apparat
Mon âme et mon cœur joints
Sans plus aucun effroi
Mes yeux offerts au loin

Demain n'est plus hier
Maintenant, là, j'espère
Demain n'est plus hier
Mon mirage m'éclaire
Demain n'est plus hier


samedi 16 décembre 2017

Sakura

La splendeur des couleurs
La nature en douceur
Le rêve d'une fleur

A l'abris des rayons
Au Soleil, médaillon
Appliqué sans tension

Magie d'un kimono
Mêlé au vent mélo
Mouvements minimaux

Oubliant le passé
Ouvrager sa pensée
Onirisme prisé

Un trouble léger
Univoque et caché
Un mystère rêvé

Ravissement de l'âme
Recueillement profane
Reflet d'idéogrammes

vendredi 15 décembre 2017

La nuit blanche laissera sa place au flambeau

L'hiver voudrait tout recouvrir de sa nuit blanche
Il voudrait éteindre les flammes par ses gelées

La bourrasque ne me gène plus, je tiens bien enfoncé mon chapeau
Ma tête reste ainsi protégée et je peux lever mon regard
Sur ce monde qui se présente à moi comme un nouveau départ
Le vent emporte les désillusions qui me collaient, il ne reste que ma peau

L'hiver ne saurait m'empêcher de tenir une rose par ses hanches
Le feu est bien protégé, comme firent les premiers hominidés

Qu'il pleuve ou qu'il neige, je resterais droit, et d'avancer
S'il vient à grêler, je saurai me protéger de ces larmes d'acier
Mes pas s'enfoncent et laissent une trace de mon passé
Rien ne les effacera, m'évitant de tourner en rond, cercle vicié

L'hiver laissera la place un jour à un futur qui tranche
L'antre de mon âme saura à nouveau accueillir et brûler

De ce paysage uniforme sortiront des roseaux de couleurs
Entourés par des lotus aux parfums infiniment entêtants
Le temps accélèrera, la vie s'éveillant à la douceur
Chaque seconde une éternité où les rêves sont combattants

Lit versatile où l'avenir se construit au présent sans revanche
La rivière de lave portera l'espoir et le limon de ma fragilité

mardi 12 décembre 2017

L'ami(e)

L'ami(e), presque inconnu(e), est une âme à découvrir
L'ami(e), presque abattu(e), est une main à tenir

Peu importe si l'on ne se connait que de si loin
Peu importe si l'on n'a que lu ou entendu sans voir
Peu importe si l'on n'a pas touché ni soufflé

L'ami(e), un voyage inédit, 80 jours ne suffiront pas
L'ami(e), un livre, une bibliothèque ne le contiendrait pas

Peu importe, le temps s'est arrêté lorsque nous fumes disjoints
Peu importe, il reprendra son cours, tombant dans l'égrisoir
Peu importe, la vie ainsi polie sera à nouveau insufflée

L'ami(e), prends soin de toi, prends ma main qui tremble
L'ami(e), soit un phœnix, même brulés, nous serons ensemble


jeudi 7 décembre 2017

O majestueuse solitude

O majestueuse solitude
Ton parfum est entêtant
Tes regards parfois charmants

O illusoire solitude
Ton chemin est si abrupt
Tes tranchées sont si occultes

O révérende solitude
Ton destin est infini
Tes traces sont insomnie

O bienfaisante solitude
Ton glamour est sans pareil
Tes atouts sont sans soleil

O pénétrante solitude
Ton néant est l'univers
Thébaïdes en dessert

O étrangère solitude
Ton absence est fin d'un monde
Théophane sans faconde

O mon intime solitude
Ton aura est protectrice
Tes hanches sont rédemptrices

O ma compagne solitude
Ta fureur est ma caresse
Tes rires sont allégresses


lundi 4 décembre 2017

Onde scripturale

Devant mon bureau, mon papier étalé
Attend la plume qui viendra l'enlacer
Les lettres penchées à la lecture indue
Forment les mots qui s'échappent en mue

L'esprit se tait
Le cœur renaît

Pas une rature ne viendra froncer
Sa structure vierge de tout énoncé
L'onde scripturale crée vents et marrées
L'harmonie affronte les cris, la nausée

L'esprit défait
Le cœur refait

Parfois sur la page survient des épaves
Des traces humides rouges ou bien laves
Est-ce mon sang coulant, ou sont-ce mes larmes
Assoiffé, absorbant, seul reste le charme

L'esprit surfait
Le cœur méfait

Surface d'hiver, blanc nacré et glacé
Il porte pourtant la chaleur trépassée
D'une vie inspirant tout cet air vicié
Pour l'exprimer l'espoir d'être là gracié

L'esprit savait
Le cœur rêvait


dimanche 3 décembre 2017

Déployer son envergure

L'oiseau voudrait s'envoler mais ses ailes sont mazoutées
L'oiseau regarde le ciel comme un appel sans limite
Mais il n'arrive pas à déployer son envergure qui s'effrite
Il cherche à nettoyer les impuretés collées à sa peau souillée

Et ses camarades, eux-aussi cloués au sol, semblent indifférents
Ils semblent se complaire dans cette immobilité subie
Ils ne se posent pas de question, ni tentent, telle la source qui jaillit
De s'élever vers les cieux qui sont pourtant leur environnement

Lui se retrouve amaigri, diminué de ses capacités innées
Il voudrait se rebeller, il alerte par tous les moyens possibles
Mais ses mots restent de simples sifflets de vents, impassibles,
Les autres restent prostrés, ne bougeant que leurs pattes damnées

Et pourtant, chaque Lune, chaque levé de Soleil est un appel
Une envie profonde de s'élancer vers l'Éden naturel
De répondre à sa fonction, son instinct, son éveil, son pluriel
Sa persévérance sera peut-être récompensée, son désir intemporel


jeudi 30 novembre 2017

Limbes nacrées

Frêle esquif balancé par les vagues soufrées
Cherchant à retrouver son port d'attache en vie
Il erre dans les flots et les limbes nacrées
Qui l'entourent, tambours de sombres peccavis

Sa coque résonne et le marin déraisonne
Parfois un javelot scintillant tonne, enfer
Donnant un si maigre repère qu'il frissonne
A l'idée de perdre le cap de sa chimère

Il s'accroche comme un fou à sa moite barre
Sa sueur s'écoulant plus fort que les embruns
Il navigue aveugle dans ses pensées, hagard
Scrutant le moindre signe, échappant en défunt

S'il tient encore une heure ou deux, un jour de plus
Peut-être rejoindra-t-il les côtes d'azur
Où le vent est doux, chaud comme un lent stimulus
Sur sa peau, caresse d'un espoir sans censure


mercredi 29 novembre 2017

Rester immobile et voyager

S'envoler au-dessus des nuages de l'incompréhension
S'éloigner des montagnes de discordes
S'étirer comme un chat, de tout son corps
Et se tenir droit comme un sphinx sans appréhension

S'évader par-delà les horizons de son intellect
Soupeser ses 21 grammes entre ses mains
Les pouces sans montagne ni ravin
Conscient de son temps, infini et sans affect

Ne rien oublier mais sans aucune prison
Avancer sans bouger, observer et se concentrer
Rester immobile et voyager sans s'arrêter
Penser, réfléchir, méditer, vivre sans terminaison

Sourire et pleurer, comme si c'était la première fois
Aimer et pardonner, comme si sa vie en dépendait
Écrire et lire, comme si l'esprit vagabondait
Parler et écouter, comme si c'était la dernière fois


Faire un demi-pas, puis un autre

Lorsque la passion nous dévore
Lorsque l'esprit perd sa raison
Lorsque le corps s'effondre sur lui-même
Lorsque l'ego déforme notre vision de nous-même
Lorsque nos décisions sont engluées d'hypnotisme aveugle

Faire une pause, laisser aller l'eau qui coule
Être sa rivière reflétant la Lune
Et nulle part ailleurs, ni hier, ni demain
Sans objectif, sans recherche de gains quelconques

Lorsque les souvenirs nous font sombrer
Lorsque le futur nous immobilise
Lorsque la peur, de la mort, de la vie, des autres
Lorsque les désirs affluent tels bourrasques sur les abords du port
Lorsque notre barque ne voudrait que s'évanouir dans l'horizon

Faire un demi-pas, puis un autre
Arpenter son chemin, pas celui dicté par d'autres
Observer sans conflit qui nous sommes
Un parlement d'entités diverses aux avis parfois contradictoires

Lorsque les senteurs d'antan réveillent des démons
Lorsque le goût d'une madeleine nous éloigne
Lorsqu'un chant nous emporte au-delà des plus haut sommet
Lorsque la peau d'une main amie dans la notre nous réchauffe le cœur
Lorsque la vision d'une nuit aux étoiles elliptiques nous sidère

Ouvrir cette assemblée à vivre tous les instants
Sans excès et avec respect, toujours vers les autres
Être enfin, sans limitation de nos sens, esprit, émotions
Comprendre la réalité de l'impermanence


samedi 25 novembre 2017

Évolution n'est pas Révolution

L'évolution est une utopie qu'il nous faudra réaliser
Par le manque, nous serons contraints à nous hausser
Notre ego devra enfin baisser fanion, nouvelle humanité

La révolution n'est pas une solution car elle est sans fin
Elle ne mène qu'au point de départ, nos cœurs défunts
Parler de révolution n'est que l'illusion d'un parfum

L'avenir se prépare aujourd'hui, non par déception
Mais par la raison et la conscience de notre désertion
De notre déclin pour notre propre perpétuation

Et si demain n'est pas, les survivants rêveront d'étoiles
Mais n'auront que du bois à brûler et de simples toiles
Pour abriter les restes d'une espèce qui fut son propre squale

Et si demain devient, les étoiles pourront rester neutres
Nos enfants pourront dessiner l'avenir de leur feutres
Sans chercher à survivre sur une planète que l'on calfeutre


L'oiseau libre, l'homme sauvage

L'oiseau s'élève dans les aires, plongeant dans les nuages
Il est aveugle mais il sait quelle est sa route
Pourquoi voudriez-vous qu'il soit perdu ?

Et vous le regardez mais il vous échappe

L'oiseau profite des vents ascendants pour s'offrir un voyage
Il s'efface au dessus des flots blanchâtres de la mer et sa houle
Pourquoi voudriez-vous le voir déçu ?

Et vous l'enviez de sa liberté sans une tâche

L'oiseau s'effondre sur la Terre lorsque les hommes ragent
Il est touché au flanc, ses plumes ensanglantées en déroute
Pourquoi vouliez-vous le voir déchu ?

Et vous l'attrapez pour en faire vos agapes

L'oiseau ne volera plus, il n'aura plus ce regard sauvage
Il est enfourné, tourne-broche et la graisse qui coule
Pourquoi cette schizophrénie suraiguë ?

Vous rêvez de planer mais vous manquez de panache


jeudi 23 novembre 2017

Signe des temps

Et si demain n'était plus par la folie des hommes
Et si hier ne sevrait à rien, toujours oublié, sanatorium
Et si aujourd'hui n'était qu'un décompte de la dernière horloge
Et si le temps n'avait plus aucune existence, un nécrologe

Et si demain, pour une fois, les hommes apprenaient
Et si d'hier, toujours ils se souvenaient
Et si aujourd'hui n'était que le commencement
Et si le temps n'était plus un affolement

Et si demain, pour toujours, l'humanité grandissait
Et si hier était moins beau que le jours d'après
Et si aujourd'hui n'était plus un égarement
Et si nous prenions enfin le temps d'être vivant

Et si demain l'homo sapiens s'élevait au lieu d'enchaîner
Et si hier n'existait plus pour ne laisser que la beauté
Et si aujourd'hui l'utopie devenait réalité
Et si le temps était venu pour ne plus s'abuser

Et si demain n'était que le reflet d'aujourd'hui
Et si hier était les bases d'un nouveau monde instruit
Et si aujourd'hui l'exaltation n'était plus une illusion
Et si le temps ne servait plus enfin à l'exclusion

Et si demain, hier, aujourd'hui, toujours n'étaient plus cette folie
Que l'humain enfin écoute sa conscience, son espèce anoblie


mardi 21 novembre 2017

Les mots équivoques

Les mots équivoques roulent dans le ruisseau
Ils brassent les tréfonds des armes inhumaines
Chacun est une pierre à l'édifice, eumène
Au dard qui génère des deuils universaux

Le ruisseau s'ébranle devenant un torrent
Écume en suspicion, éclaboussant les rives
L'équilibre des cours s'évanouit, leurrant
Le voyageur surpris dans sa marche passive

Le torrent s'étale en un fleuve d'embarras
Charriant les frondaisons des espoirs préconçus
Le nomade perd ses repères, saṃsāra
Du cycle de l'onde, apophtegmes déçus

Le fleuve enfin finit en traits d'appréhension
Dans l'embarras de sa mère, sa créatrice
La surface s'apaise, offrant la rédemption
Au pèlerin confus, la clarté salvatrice


Sagesse chimérique

La folie n'est-elle pas de n'avoir de question
La folie n'est-elle pas de vivre comme un pion
La raison ne veut-elle pas refuser ce monde
Et rechigner à rentrer dans cette sombre ronde

Celui que l'on nomme fou n'est-il pas libéré
De ces pressions pour dire au puissant la vérité
Affublé d'un chapeau ridicule, ses idées
N'en sont pas moins des Koan, réflexions imagées

Mis à l'écart et pointé du doigt, il continue
A dénoncer l'inhumanité et les abus
A rêver d'utopies, tentant de les partager
Une plume flottant aux vents et de déranger

Si être fou, c'est être vivant et pardonner
Si la folie vaut par d'autres d'être condamner
La vésanie d'un tel bipède vaut mieux qu'offrir
Son droit de penser et d'exprimer un avenir

L'aberration est dans ce système qui détruit
L'espoir et la fraternité, qui dénigre autrui
Pour le profit toujours plus assoiffé de nantis
La Terre était bleue, mais vire maintenant au gris

Si conscience est être dément, je suis aliéné
Si se lever, proposer est anormalité
Je suis et revendique d'être un handicapé
Le fou est juste en avance sur son temps passé


- "Il faut avoir un peu de folie, si l'on ne veut avoir plus de sottise." : Michel de Montaigne
- "La sagesse qu'un sage cherche à communiquer à toujours un air de folie." : Hermann Hesse
- "La folie est salutaire pour cela, qu'on devient peut-être moins exclusif." : Vincent Van Gogh
- "Penser contre son temps c'est de l'héroïsme. Mais le dire, c'est de la folie." : Eugène Ionesco


lundi 20 novembre 2017

Et si deux mains

Et si deux mains, hasard, se prêtaient sans enjeux
Pas de jeu où viendrait sonner l'écu frappé
Ni soubresaut fangeux, questionneur ombrageux
Ils sont d'un bleu cordon dans leurs vertus drapés

Et si d'eux, maints espoirs étaient des titans
Nul combat à contre temps, mais créant la vie
Nul événement les séparant, mécréant
Leur rêve coloré se suffit d'un lavis

Et si demain Lazare éveille l'étincelle
Rien ne saurait ces dieux là séparer, promis
Rien ne couvrirait les noces de violoncelle
Frôlement des âmes sans la dichotomie

Eh ! Cid ! De maintenant, d'hier ou du futur
Point de conspiration, point de sourde infamie
N'empêcheront à cette nouvelle bouture
De s'embellir, amour à jamais alchimie


dimanche 19 novembre 2017

Toujours sera Jamais

Jamais plus je n'aurais cette chaleur furtive
Effleurant mes lèvres m'apportant un parfum
De rosée de Lune lors du petit matin
Toujours ce goût sera une autre vie fictive

Jamais plus ne verrais mes bras las enlacer
Les hanches du désir accompagnés de sons
Mélodie du bonheur lors du soir vagabond
Toujours cette aubade sera rêve glacé

Jamais plus mon regard ne s'élèvera fou
Sur le visage aimé debout mais à genoux
Brisant les flots rageurs dansant tel andalou
Toujours mes mouvements en mon cœur de sourds coups

Toujours je rêverais l'impossible avenir
Les yeux ouverts souillés d'un brouillard persistant
Toujours sera Jamais un émoi résistant
Jamais sera Toujours mon âme d'agonir


vendredi 17 novembre 2017

Sa paume effleura la mienne

Je cherchais sa main, profondément endormi
Mon bras s'étendait doucement vers elle
Et sa paume effleura la mienne, ébloui
Comme répondant et devançant mon appel

Sa caresse était douce, chaude et immatérielle
Ma surprise fut si grande, que je me forçais au réveil

Je cherchais les yeux fermés son épaule dénudée
Mais je ne trouvais que le vide effacé
J'ouvrais les yeux, encore embrumés
Par les nuages vaporeux de Morphée

Pour me rendre compte que j'étais seul dans ma vie
Comme déjà depuis fort longtemps dans ce lit

Cette chambre n'était plus la nôtre
Ce ne fut qu'un rêve, l'idéal d'un moment
Mon ange avait répondu à son apôtre
Par sa chaleur humaine si présente que j'aime tant

Je me suis rendormi, avec un mélange de tristesse
Pour cet instant onirique, si court mais plein de tendresse



jeudi 16 novembre 2017

Le calme profond est un combat

Homme ou Femme, Noir ou Blanc, la Vie
Interdépendances désunies

Plonger dans les sommets
Pour atteindre les neiges fugaces
S'asseoir pour s'élever
Penser non pensée, s'écouler sous la surface

Homme ou Femme, Noir ou Blanc, la Vie
Interdépendances désunies

L'agitation s'immobilise, la quête
Le calme profond est un combat
Nulle victoire, seulement des défaites
Les phénomènes s'effacent, sans débat

Homme ou Femme, Noir ou Blanc, la Vie
Interdépendances désunies

Laissant place au vide qui nous emplie
Le vide devient plein, le plein devient vide
Oublier nos souvenirs inassouvis
Se souvenir de notre futur, tel chrysalide

Dans l'hiver, la Terre prépare ses plus belles fleurs
La Lune froide les irradie de sa douceur

Le chemin se fait d'un demi-pas, sous tension
Comme une demi-vérité
Ou une demi-illusion
L'important est toujours et encore d'avancer

Homme et Femme, Noir et Blanc, la Vie
Yin et Yang, différences enfin unies

Photo : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Kawabata_Terutaka_Seigan_Kamae_Ryushin_Shouchi_Ryu.jpg

mercredi 15 novembre 2017

Perdre le fil de sa vie et renaître

A la fuite de son ego, les chemins brillent
La souffrance naît des illusions que l'on porte
Désirs font les peines, Raison sort les cohortes
Décisions sans âme, Corps où maux étrillent

Notre temps est sans ces aiguilles d'une horloge
Chaque seconde est une éternité vivante
Ne pas se renfermer mais admirer l'andante
La Lune et ses reflets et en faire l'éloge

Non pas opposer "moi" à "soi" mais s'écouter
Entendre ce vide qui ne demande rien
Et perdant le fil de sa vie, renaître bien
Éprouver sa tombe, le Soleil sur les blés

Voir la fureur sourde, devenir ce lac calme
Abandonner l'espoir pour vivre intensément
Laisser là sa grotte pour s'ouvrir et aimant
Sans but ni profit vers ses semblables, lingam


O muse à mon âme

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je la vois, et je me perds dans mes illusions éveillées
Je la ressens, souvenir d'une peau, d'un baiser
Je l'entends, mémorial d'une voix aux symphonies alysées
Je la perds, commémoration d'années qui ne furent qu'une matinée

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je sens encore ses parfums multiples, alchimiques et corporels
Je me refroidis de sa chaleur disparue surnaturelle
Je reçois une gifle de ses longs cheveux balayés par le vent
Je me souviens de la douceur de son dos, de sa nuque, les buvant

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je suis transpercé de son regard bleu qui ne me voit plus
Je m'obstine à chercher la nuit le contact de sa main nue
Je ferme mes yeux et perçois ses lèvres exquises
Je porte en moi toujours les stigmates qui se dogmatisent

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume

Je n'est plus, Tu es toujours, Nous n'est plus qu'un linceul
Je ne vivait que par le Nous, maintenant mes maux gueulent
Je n'est plus q'un jeu de mots, où les rythmes dépriment
Je se reconstruit malgré lui, au travers de ses maigres rimes

O muse à mon âme, sauras-tu calmer la puissance de mes embruns
O muse de mon cœur, sauras-tu apaiser la violence de l'écume


mardi 14 novembre 2017

Rentrer dans sa tombe vivant

A la poursuite de l'éveil, et sans dormir
Ses pensées passées sans avenir, au présent
Assis et voyageant dans un monde inhérent
Sans bouger mais coulant comme l'eau d'un soupir

Se tourner vers l'autre face à un mur transi
Voir l'Univers entier en ne regardant rien
S'émouvoir du reflet dans ce lac aérien
De la Lune irisée et que nul ne saisit

Expirer vers le bas, tête vers les étoiles
Pour exprimer des mots silencieux et fragiles
Inspirer l'énergie, sans effort, son argile
Libre là d'exister et de hisser ses voiles

Rentrer dans sa tombe vivant, voir la lumière
Ne cherchant aucune récompense ou désir
Aimer sans comprendre, Donner sans réfléchir
L'eau change tout le temps, demeure la rivière

Sa surface ne sait le miroir de la Lune
Ni la Lune ne sait comment est son image
Sans l'une ou l'autre, aucun songe offert au sage
L'interdépendance tel notre espoir immune

http://www.zen-deshimaru.com/sites/default/files/pictures/images/clair_de_lune.jpg


lundi 13 novembre 2017

Luminescence aveugle

Lorsque mes nuits se terminent, un nouveau rêve
S'éprend de ma conscience alitée et sans trêve
Une déesse illumine mes yeux fermés
Belle, elle resplendit dans mon cœur fatigué

Telle une chaleur froide enveloppant mes draps
Je m'envole cloué sur mon lit, croix en bras
Je ressens ce doux lac que rien ne vient troubler
Sauf mes pauvres désirs d'un cerveau endiablé

Le silence est profond tel ce ciel étoilé
Je n'entends que ma seule inspiration brûlée
Par ce scintillement dégagé par cette Ève
Luminescence aveugle empoisonnant ma sève

Et pourtant à chaque matin je désespère
De la revoir mirage en ma caboche en vers
Et contre tout, je prie non un dieu mais en moi
Pour ressentir encore en mon cœur cet émoi


La lave de mes yeux

La lave de mes yeux s'enfuient dans les ravins
Creusés par l'érosion de ma naissance à mort
Coulant le long du mont inaccessible à tort
Elle entraîne avec son feu mon froid cristallin

Elle finit sa course au bord de mon espace
Et rencontrant l'hiver désolé m'entourant
Elle se fige enfin en cendres se mourant
Plus vivante que mes mots éternels, fugaces

L'explosion projète les téphras de mon cœur
S'élevant dans toutes mes profondeurs malignes
L'air vicié en devient plus respirable en signe
De mes émois soufrés purgés par tous ses pleurs

Le sang rouge est si bleu que mes yeux se résignent
A se fermer ouverts, océan déserté
D'un ancien monde qui renaît inadapté
Les larmes de mes cieux s'effacent en grafignes


dimanche 12 novembre 2017

L'esclave libéré

Lumières éteintes, silence assourdissant
Aveuglé d'un vide, mouvements impassibles
L'homme au nom inscrit et néanmoins illisible
L'artiste otage de son affranchissement

Ces dernières notes firent écho au vide
Laissé par sa présence irrésistible et nue
La nuit nous privait là d'un Soleil, voix aigüe
Aux graves si profond, extraverti timide

Son piano jouait des cordes électrisées
Sous ses mains aux milles instruments, peine en joie
Les colombes pleurent de n'avoir plus de voix
Sa guitare éteinte, bonheur aseptisé

Mes nuits lumineuses sont bercées par ses chants
Mêlant l'amour et la révolte d'un humain
Certains diraient génie, pour moi fut un chemin
Vers les astres terriens, profondeurs du couchant

Controversé, mêlant féminin masculin
Signe des temps, secret, aux baisers singulier
Parfois il neige en Avril, son brasier noyé
Il n'est pas décédé pour nous, ses orphelins

By Zarateman - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38129278

samedi 11 novembre 2017

Lettre existentielle

Communiquer, se rencontrer, dialoguer, négocier, parler, se confier, s'exprimer, expliquer, présenter, demander...
Comment alors que le message ne passe même pas en nous ?
Comment alors que les mots prennent leur racine dans notre âme, fermée, cloisonnée, obstruée, coincée, blessée, ignorée ?
Comment alors que l'esprit ne sait plus - a-t-il su ? - analyser, expliquer... ?
Comment répondre ? Les mots sont autant de trahison.
Comment ? L'esprit est un faux-semblant rassurant.
Comment ? Com-ment ? 2 syllabes, 2 sons, 2 bruits qui n'ont plus de sens à force de les répéter... Chaque mot perd sons sens dans les méandres de chacun...
Quel mot - s'il en existe - a les mêmes consonances, les mêmes racines, quels que soient le cœur, l'âme qui les exprime... ? Si l'âme est le siège des mots, si Dieu ou un équivalent existe, si l'âme existe, si..., alors que sont les mots des morts, des anges... ?
Si l'âme n'existe pas, si les mots n'existent pas, si nous n'existions pas,... si nous n'étions que du bruit, si le bruit n'est que du vent, si le vent n'était rien...
Comment dire si ? Si on peut dire comment ?
Pourquoi ces questions ? Pourquoi ? Comment ce pourquoi ? Le vide revient sans cesse se glisser entre les mots, tentant d'écarter chaque lettre les unes des autres afin qu'elles en perdent leur sens et que nous perdions les nôtres.

Et si la vie n'était qu'un mot, qu'une phrase, la mort l'expiration finale, le point... final d'une dictée...


Lettre d'un fou au feu

Courant médiéval d'une pensée dissolue... L'art renait des cendres, dit-on... Des quelles ?

L'âge n'y fait rien ! Seules les heures à ne rien penser apportent le bonheur : heureux les simples d'esprit ! L'intelligence, dédoubleur de personnalité, crée le vide là où il n'y avait qu'un. Un devient deux, deux s'opposent, l'opposition détruit. Le vide observe les restes, les épaves. Mes épaves flottent sur ma conscience. Un océan de pensées troubles secoue ces morceaux déchirés d'âme et d'esprit. Le radeau de mon intégrité se disloque lentement, sans couler, sans flotter, sans espoir, sans défaite. Ses occupants ne peuvent devenir anthropophages, il faudrait alors qu'ils se bouffent la main droite en se la tenant par la main gauche.

Jusqu'à quel point peut-on ce digérer ? Les marées se suivent, tantôt océan, tantôt désert dans un verre d'eau, les branchies ouvertes vers le monde extérieur en attente d'un signe, d'un écho, d'un je ne sais quoi qui ne viendra pas. Rien ni personne ne voudra l'y chercher. Président d'île déserte, patron d'une usine inexistante, intellectuel d'idées mortes, sentimental de bois et de pierre, tourne et tourne autour de la terre, autour des gens, de moi à ma recherche... Trouver chez les autres ce que je ne trouve pas, ce qui ne peut être chez moi et trouver ce que je chercher mais ne pas comprendre. Et continuer, l'erreur n'est-elle pas bénéfique ? Je suis l'obstination... Mais l'inutile peut-il être obstiné, peut-il avoir une conscience... ?

La vie tourne, tourne, tourne autour de moi. J'essaye de la suivre, mais où commence, où fini ? Un cercle n'a pas de fin, ni début. Et je fonds, je feins, je fuis. Mais le cercle devient bulle, bulle de feu et je grille.

Grille ? Tiens ! Les cendres...


Contes de nuit

Lorsque la nuit venue me blottis en mes draps
Je sens comme des bras qui m'enlacent et tendres
Ma nuit sous la Lune qui m'éclaire telle ambre
Mon sommeil se complait dans ce doux samsâra

Mon esprit, lent, calmé, se noie dans l'océan
De mes illusions nues sans qu'aucune inspection
Ne viennent les gêner, je vole en ma fiction
Au-dessus de mon corps, sans esprit conquérant

Au petit matin, froid, le Soleil est peiné
De ne pouvoir chauffer mon âme assassinée
Et mes draps retiennent encore mon passé
Imaginé : mais qu'est-ce qui est vérité

Je déambule dans ce monde trop étroit
Où mes passions, mon corps, ma raison et mes choix
N'ont pas le droit d'aimer ce chemin sans émoi
Alors j'attends le soir, il était une fois



vendredi 10 novembre 2017

Faire des demi-pas

La Terre tourne, tourne et je ne me retourne pas
Le Soleil se lève, lève et je ne me relève pas
La Lune brille, brille et j'absorbe ses rayons
La mer roule, roule et je m'enfonce dans ses hauts-fonds

Au milieu de la foule qui hurle, qui court, qui se touche
Je reste immobile et spectateur, comme une fausse-couche
Rien ne rentre, rien ne sort, les corps m'entourent
Je vois les mains se lier, les lèvres faire l'amour

Les parfums se démultiplient, tous enivrants
Les couleurs restent grisâtres, à foison, tyrans
Les sons restent inaudibles, les paroles sont vaines
Pourtant je sens toujours ce sang battre dans mes veines

L'oxygène me manque-t-il pour sentir cette pression
Pourquoi les autres semblent sans cette défection
Chacune de mes pensées sont un piège à rat
Où les peines et les espoirs ne sont que du mascara

Alors que tous semblent avoir une destination
Je ne vois pas, dans ce chemin immobile, ma direction
Ma ruelle est étroite, mais ma conscience veut l'infini
Mon temps se rétrécit, mais je rêve de symphonies

Il faut continuer de bouger sinon on perd l'équilibre
Alors je fais des demi-pas, et je sens le sol qui vibre
Je me crée mon univers peuplé d'âmes extraordinaires
Plus réel et plus humain que ce monde doctrinaire


jeudi 9 novembre 2017

Lettre à cette part d'ombre (#moiaussi)

Dis moi, Belzébuth, diable ou quelque soit ton nom
Pourquoi fis-tu l'homme à ton image, démon
Car si Dieu existe, dans l'ombre ou la lumière
Tu lui as implanté un cœur sombre et de pierre

Dis moi, Prince des ténèbres, pourquoi souffler
Tant de bestialité chez les mâles soufrés
Maintenant avec violence et sous la contrainte
Un autre humain qui ne vivra plus que la crainte

Dis moi, suppôt de Satan, et te contenter
De l'avarice, mensonge et l'oisiveté
Plutôt que de fouler du pied le libre-arbitre
Ce don humain de pouvoir créer des épitres

Mais entend moi ! Je refuse ton héritage
Je ne suis ni un ange, ni quelqu'un de sage
Mais je n'accepterais jamais cette immondice
Que peuvent répandre avec folie tes complices

Faudra-t-il que je musèle tes deux cerbères
Pour que je mette à ton tour tes genoux à terre
Faudra-t-il envoyer à tous, humanité
Ma lettre de révolte à notre indignité


mercredi 8 novembre 2017

Bouteille à la mer

Accroché à mon bateau qui dérive
Je t'écris cette lettre comme un adieu
Je ne sais pas par où ni en quel lieu
Tu pourras trouver cette missive

Emporté par les flots tumultueux
Je ne vois plus la terre depuis longtemps
Je ne suis plus inquiet, j'ai fait mon temps
Mais que restera-t-il de nos regards amoureux

Lorsqu'une vague vient éclabousser
Mon visage, mes larmes n'en sont pas moins présentes
Je voudrais en regardant la Lune absente
Me souvenir de ce temps trépassé

Le papier est détrempé, l'encre s'écoule
Plus vite que mes mots ne se forment
Mes souvenirs eux-aussi se déforment
Ma tête étant sous la pression de la houle

Je profite d'une vague de fond qui m'élève
Pour me raccrocher aux étoiles infinies
Me rappelant tes iris bleus en cet aphélie
Il faudra bien que cette épitre je parachève

Mon radeau s'enfonçant dans les flots rageurs
J'arrive à peine à inscrire mon patronyme
Avant de glisser ce feuillet aux couleurs sanguines
Dans son flacon, l'abandonnant à la mer songeur


Mon rêve est imparfait

Quand je ris et je pleurs
Le vent dans les arbres joue une mélodie
La rivière charrie cette mélancolie
Car je vis et je meurs

Quand j'inspire et j'expire
La marée déferle sur le sable asséché
Vagues après vagues s'en vont sombres pensées
En jouant de ma lyre

Quand je pense et questionne
Le reflet de la Lune ignore l'astre blanc
Tout comme la Lune ignore cet océan
J'écris te je fusionne

Quand je rêve ou m'éveille
La montagne garde ses secrets bien gardés
La vie est un joyau, il faut s'y attacher
En vivant sans Soleil

Quand je crie ou me tais
La prairie explose de parfums exhumés
La terre sous mes pieds est fraiche et embrumée
Mon rêve est imparfait


mardi 7 novembre 2017

Toujours se relevant

Même si son chemin n'est plus aussi facile
Même si ce chemin est un isolement
Continuer toujours à aller de l'avant
Les pieds usés et le cœur beaucoup trop fragile

Le Soleil devant soi le jour, son avenir
La Lune comme amie la nuit, rêves passés
Et jouer des cordes de son âme blessée
Aux mélodies douces emplies de souvenirs

Le ciel est bleu autant que l'océan est noir
Ses froides abysses absorbant la lumière
Les sentiments donnent la force, une prière
Pour des moments de paix même sans un espoir

Puissance de l'humain toujours se relevant
Après avoir chuté, les genoux écorchés
Il marche la tête éveillée et sans pencher
Les idéaux pour seuls compagnons, des géants

Peu importe combien de pas sous les nuages
Parfois légers, parfois lourds, seront accomplis
L'arrivée n'a pas d'importance dans la vie
Le chemin parcouru vaut tous les orpaillages


Pour elles, #moi aussi !

Ce n'est las pas nouveau, la main mise de l'homme
Sur la femme, brisant sans vergogne le pur
Par l'assouvissement telle une créature
Sombre et vil, non viril, très loin du gentilhomme

Violences par les mots, par le regard chasseur
Lors qu'elle n'est pas proie mais un être sensible
Caresses douteuses, viols inintelligibles
Mais pourquoi autant de douleurs et de noirceurs

L'amour brisé, la vie pour toujours comme un deuil
Le rouge ne sera plus couleur de la rose
Mais du sang le long de ses yeux, statut de chose
Le blanc ne sera plus mariage mais linceul

La désintégration d'une âme dévastée
Aucun pardon possible envers ces loups en meutes
Même solitaires, forts oui, mais d'être pleutres
Quand l'homme prendra-t-il soin de sa vénusté ?

Nous, mâle, nous plaisons à tailler notre barbe
A porter costumes et cravates phalliques
Pourquoi la femme ne pourrait pas, hellénique
Affirmer sa beauté sans être méprisable ?



lundi 6 novembre 2017

Même si, je continue

Même figé, je serais encore tremblant
Même refroidi, je serais bouillonnant
Même disparu, je serais au présent

Si mon visage est sans mouvement
Mes yeux fermés, mon cou aux sons absents
Mes lèvres si loin de donner des baisers d'amant

Même enterré, le lierre ne sera pas montant
Même isolé, à la seule force de mes mots grimpant
Même grisâtre, mon drapeau flottera aux vents

Si mes paupières fermées laisseront lentement
S'écouler l'acide de la vie sans ménagement
Mes doigts continueront d'écrire passionnément


Déclaration de richesse, lettre à mon percepteur éternel

Madame, Monsieur, ou qui que vous soyez donc
Vous m'indiquez ne pas avoir tout déclaré
Mes richesses, mes gains, mes pertes et profits
Dans une missive dont le ton est bouffi
D'une telle arrogance et vos mots déparés
D'un bon sens, d'un doute, d'une question quelconque

Mes richesses sont las intérieures, cachées
Oui, je l'avoue de vos regards impertinents
Mes pertes sans fin me font porter un linceul
Si vieux, si rapiécé que rien à part le deuil
Ne saurait remplir mes poches, guillotinant
Tout espoir de profit, sauf mes maux étalés

Vous voulez recevoir de moi explications
Il vous suffira de lire mes errements
Sombres alexandrins pour trouver mon secret
Un vide que rien ne peut combler, alphabet
De mes émois passés toujours futurs, dément
Et que seul mon ego connaît la spoliation

Peut-être en me lisant trouverez-vous l'envie
De creuser plus avant, je suis pourtant sincère
Jamais rien ne fut un jour mien, sans possession
Mais hélas possédé, durant ma procession
Sur vos territoires froids et réglementaires
Ma déclaration est signée là de ma vie


Lettre à Roxane

Mon amie, mon âme-sœur, mon Amour, Roxane,

Un jour, ce fut la nuit. Ce Soleil qui brillait cachait la Lune qui s'épanchait dans mon cœur. Ces mots prononcés, des lames froides et sincères, et moi des larmes brulantes et secrètes, ces mots, qui enfin t'ont libérée, ma Muse adorée, mon Soleil, ma vie. En un instant, une éternité dans une respiration, une inspiration pour absorber et comprendre, une expiration pour mourir sur place, debout, dans un silence de plomb.

Que j'aurais voulu avoir justement un peu de plomb à ma disposition pour disperser cette tête qui avait déjà explosée... Mais je t'ai rendue ta liberté, abandonnant ce qui était devenu un cercueil vivant pour toi, notre appartement.

Une nuit, ce fut le jour. La Lune brillait et m'appelait de ses vœux, mais le Soleil se reflétant sur elle, je ne pouvais m'évanouir dans cet océan devenu si vide et sans intérêt. Tu étais mon centre, ma force gravitationnelle, et ma planète est maintenant à la dérive dans l'espace, frôlant astéroïdes et peut-être un jour passerais-je trop près d'un trou noir.

Il n'y a rien à regretter, si ce n'est ces silences, si ce n'est ces mots incompris, si ce n'est ce temps qui est passé trop vite alors que j'aurais voulu qu'il soit éternel pour continuer à te prendre dans ce qui me sert de bras. Mes bras maintenant ne tiennent qu'un clavier ou stylo pour te parler. Tu ne me lis pas ? Qu'importe, c'est plus beau encore ainsi ! Et mes lèvres ne prononcent plus ces mots silencieux sur ta bouche ou ton cou, ma plume est maintenant seule porteuses de ces quelques fragments d'humanité et de tendresse.

Ici et maintenant, à l'aube, je vis dans mes songes poétiques avec ma Roxane. Ici et maintenant, avant de m'endormir, je vois ton visage, peinture délicate ou peinture abstraite, je ne sais pas. Mais le spectacle non vivant que je perçois pousse mon sang à pulser tout le long de mes veines, et même si mes rêveries sont vaines.

Je le sais, nous n'existe plus. Je le sais, tu es toi, je ne suis rien. Tu dois être heureuse, alors je m'efface, d'un coup de gomme, comme si je n'avais jamais existé. Mes lignes se défont et se refont pour tenter, sans tourner sur moi-même, d'explorer les univers alentours, profitant de ce voyage non prévu, sans contrôle, dans un univers dont le froid et le sombre sont partout. Mais au fond de mon noyau, le feu brûle et il brûlera encore jusqu'à extinction et devenir un astre mort.

Pourquoi pleurer ? La mort est inévitable et fait partie de la vie. Ne dit-on pas que la pire des maladies, c'est la vie car on en meurt à tous les coups ? Mais l'amour que j'écris, la passion, les idéaux que je voudrais porter, ne serait-ce qu'un temps éphémère et perdu, inspirés par l'amour pour toi, peut-être dépasseront-ils l'espace-temps qui nous sépare.

Peut-être finiront par revenir dans tes mains, douces, et qu'un regard, pour une dernière fois, tendre, veuille bien se pencher, par négligence, sur cet amas de boues et de poussières, cette roche inhabitable, ce lac parfois trop tumultueux, ces cascades assourdissantes, mais aussi cette mer d'huile reflétant la Lune, mère de tous les poètes...

Mon amie, mon âme-sœur, mon Amour, Roxane, vis ta plus belle vie maintenant !

samedi 4 novembre 2017

Automatique : Rêves éveillés

Rêves éveillés, que ne vous taisez-vous pas !
Rêves éveillés, vous inspirez des espoirs...
Mais des espoirs deviennent désespoirs !

Rêves éveillés, vous m'empêchez de dormir !
Rêves éveillés, vous m'obligez à penser...
Mais de ces pensées ne fleurissent que des pensées que je n'oublie pas !

Rêves éveillés, vous me faites vivre une vie dorée !
Rêves éveillés, vous ouvrez des portes...
Mais ces portes restent pourtant fermées !

Rêves éveillés, vous vous étendez sur mon lit !
Rêves éveillés, vous réchauffer ma couche froide...
Mais ma couche est vide et le restera, l'amour évadée !

Rêves éveillés, Cauchemars au petit matin !
Rêves éveillés, Souvenirs fabriqués d'un futur inaccompli
Mais ce futur ne sera jamais demain, juste mon passé dans mon esprit...


Automatique : Désert en noir et blanc

Spirales de la vie s'enroulant sur les veines de mes bras
Elles s'agrippent à mes doigts et crispent mon écriture
Elles s'engouffrent dans mon être, vampire de mon âme
Elles puisent l'énergie tout autour de ma caravane

Perdu dans ce désert en noir et blanc
Mes mots s'effritent et deviennent poussières
Balayés par les vents des imaginations violacées
Ils finissent par pourrir et nourrir cette pauvre terre

D'un coup de back slash, je me retrouve au point de départ
Enivré mais épuisé, les routes se perdant à l'infini
Dans des paysages que je n'ose plus regarder
De peur de m'y arrêter, figé avec Thétis dans les eaux profondes

Alors je scrute mes limites et les observe sans fausse modestie
Juge et bourreau, le procès est équitable
La vie continue, je peux respirer cet air vicié
Il y a bien pire, en effet je pourrais être heureux


jeudi 2 novembre 2017

Réfraction des cristaux

Le froid envahit tout, l'espace et le temps fuient
Sans savoir que sera demain dans mon présent
Je vois mon aigle avec ma Roxane sans bruit
Qui me fixent inquiets et me dévisageant

Si le Soleil brille, la neige ne fond plus
Elle recouvre de sa cape ma conscience
A force, immobile, mes mains sans malveillance
Ne savent plus frôler ce rêve d'absolu

Faudra-t-il que je sois englouti des cristaux
Pour espérer briller un peu par effraction
Manipulant le clair obscur, la réfraction
Pour éviter à mon âme les hôpitaux

Sans surprise j'aime cette vision glacée
Telle couverture d'un magazine d'art
L'été me brûle alors que l'hivers est mon fard
Elle conserve pour toujours mon cœur gercé


Femme romancée

Femme naturelle, Femme dans la nature
Femme éblouissante, Femme perlée par l'eau
Femme au regard si pur, les pieds dans le ruisseau
Femme aux gestes simples, fée de littérature

Femme sans parure, rêve d'un monde en vie
Femme loin de la ville et en sécurité
Femme qu'on n'oserait O jamais déranger
Femme s'évaporant, matin de mes écrits

Femme, douceur cachée des regards inconscients
Femme, où même les rocs sont près d'elle émoussés
Femme, songe d'une pluie d'été romancée
Femme qui restera dans mon vain subconscient


mercredi 1 novembre 2017

Aphrodite

Ah, l'Amour ! Avec un grand A ! Comme Abandon
L'Amour, sentiment pur comme un torrent d'Alpage
L'Amour, inspiration de tous nos grands Artistes

L'Amour, universel reliant toutes les Âmes
L'Amour, au delà de tous nos Antagonismes
L'Amour, de simple Affection à l'Adoration

L'Amour, croyant ou même Athée ou Agnostique
L'Amour, insaisissable, et sans un Algorithme
L'Amour, de l'Altruisme ou de l'Abnégation

L'Amour, quand l'Absence devient l'Aliénation
L'Amour, quand l'Ambiguïté pousse vers l'Abîme
L'Amour, de l'Apocalypse à l'Aveuglement

L'Amour, Adagio de deux Astres Accouplés
L'Amour, Asphyxie de la raison éperdue
L'Amour, du plus Abyssal au plus bel Azur

L'Amour, silences d'un cœur meurtri sous l'Armure
L'Amour, pour une Amie, pour un Archange, un Ange
L'Amour, sous les cieux brouillés, rêves d'Aphrodite


Liqueur de douleurs

H2O NaCl dans tous ces cristaux
Coulant sur l'épiderme parfois sans un bruit
Parfois accompagnés de cliquetis brutaux
Ou de longues notes étouffées comme un puits

Le corps vient compenser produisant des hormones
Pour apaiser l'être qui ne peut plus rien voir
Le calme après le feu, cette voix qui marmonne
Ces pensées se figeant, éteignant son bougeoir

L'espoir peut renaître d'un seul flambeau brûlant
Asséchant les traces de rimmels effondrés
Rouvrir les yeux sur ce monde somnambulant
D'abord tel automate, affection saupoudrée

La vue reprend ses droits, et l'envie continue
Jusqu'au prochain poignard enfoncé dans le cœur
Ou la peau arrachée laissant les nerfs à nus
Et revoir couler la douleur et sa liqueur


mardi 31 octobre 2017

Symphonie des mots

Assis sur ma chaise, je voyage au lointain
Plus loin encore que mes pieds ne porteraient
Cette carcasse usée par ses émois, l'ego

Devant mon clavier noir, je m'évade mutin
A bord de mon vaisseau sans maître, sans attrait
Je me laisse enivrer par mes sens, vertigo

Chaque mot s'enchaîne en la sourde mélodie
Composée des accords hélas contradictoires
Formant des manuscrits dont le silence effraie

Le vent dans mes cheveux, je vois ma Milady
Son ombre aveuglant mes yeux incantatoires
Ma conscience s'enflamme enfin sans un regret

Alors la symphonie reprend toutes ses forces
Les voix fortes s'ouvrent, la voie est éclairée
Et d'une main sûre, j'écris la profondeur

Des sentiments perdus, des coups qu'on désamorce
Des cris lors que muet, et mon corps emmuré
Et retrouver le goût de la vie, sa splendeur


La surface irisée

Tout d'abord le sable héberge mon assise
Le dos bien droit, menton rentré, les yeux baissés
Ma respiration sent les embruns du passé
La décomposition des émotions soumises

Concentré, bas du ventre, enfoncé sur la plage
J'observe maintenant les vagues déferlantes
Chacune est illusion, aux pensées éclatantes
Du désir aux rêves, de l'amour à la rage

Plus la pression grandit, plus j'observe la mer
Au loin tous ses éclairs, douloureux phénomènes
Qui sont d'un autre temps, la distance est la mienne
L'expiration m'ancre dans ce moi, cet éther

Malgré la foudre et les nuages dans les cieux
Ma conscience adoucit la surface irisée
Et l'océan profond révèle le sacré
La pensée non pensée sans profit sans adieu

L'eau maintenant miroir de la Lune adoucie
Acceptant son passé, préparant l'avenir
Se fait calme tel lac laissant à lui venir
Neiges éternelles maintenant et ici


lundi 30 octobre 2017

Blizzard insolent, douce rivière

Le froid parfois saupoudre embarrassant sa bise
Sur les âmes dont les chandails se sont perdus
Un grelottement qui se poursuit en banquise
Des sens, d'un cœur sans mot ou des malentendus

Alors on se couvre, cherchant la douce flamme
Qui brûle en nous, phare d'une vie isolée
Dans un océan vide et sans épithalame
Essayant d'éviter la fin d'un mausolée

Un sourire même léger, baiser d'ami
Sans équivoque et pur, sur le front trop brûlant
Nous réchauffe ce corps éteint, une accalmie
Qui nous protège de ce blizzard insolent

Alors les rêves bleus remontent en surface
Baignant dans les rayons charmants de notre Lune
Les mots reprennent sens et leur voix, dédicaces
Les eaux bien plus claires, merveilleuse lagune

L'équilibre instable, la tête droite et fière
Le regard ose se plonger vers l'avenir
Les remous sont calmés, une douce rivière
Abritant cette vie de tous ces noirs zéphyrs


La boue des passions

La boue m'enlace de ses bras visqueux et chauds
Elle colle à ma peau, ne laissant que mes yeux
Pour contempler toute l'amplitude des cieux
Qui se sont emportés construisant mon cachot

Presque enterré vivant, tant que l'humidité
De mes yeux persiste, je peux encore aimer
Pardonner et souffrir, mon âme consumée
Par tous ces alluvions sans ma lucidité

Mais si vient l'exhaure, de partout je craquèle
Je me sclérose en vain, oubliant mon futur
Je deviens la statue devant ma sépulture
Seuls mes iris figés tiennent ma citadelle

Blanc virginal, couvrant tout mon corps, mensonger
Alors que le noir froid me siérait sans un doute
Je sais que sous ce faux marbre, un cœur en déroute
Je pourrais sourire grâce aux larmes âgées

Mes rides promenant cette eau sur mon visage
Je peux feindre une moue plaisante et convaincante
Lors que je ne suis que cendres, salle d'attente
Des prochaines passions d'un égo pris de rage


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