jeudi 29 décembre 2016

La ville s'assombrit

La ville s'assombrit
Et je me perds dans ses ruelles
Chacune possède sa vie
Et c'est comme un appel

Mes pieds suivent leur vœu
Sans savoir où ils vont vraiment
Ils prennent plaisir à ce jeu
Chacun l'autre doublant

Les portes succédant
Aux portes hélas toujours closes
Mes pas jamais ne s'attardant
Je voudrais mais je n'ose

Quelque soit mon chemin
La ville demeure étrangère
A ma souffrance et mon chagrin
Je suis un solitaire

Nouveau jour Nouveau rêve éteint

Nouveau jour Nouveau rêve éteint
Je marche dans ma vie absent
Je vois des visages en sang
Des enfants qui pleurent de faim

Mon cœur s'étreint d'une douleur
Mes bras sont trop courts pour aimer
Tous ces pauvres gens délaissés
A leur offrir n'ai que mes pleurs

Je regarde passer le temps
Ma poussière emportant l'espoir
Mes larmes deviennent torrent
Je ne sais plus quoi faire encor
J’attends que revienne le soir
A nouveau embrasser mon corps

dimanche 25 décembre 2016

Je regarde épuisé les sourires brillants

Je regarde épuisé les sourires brillants
Aux yeux de ces passants
Je contemple ces gens
Émerveillé tant de vie pour si peu de temps
Ils déambulent dans les rues flânant
A la quête d'un rêve à chaque instant

Ils sont là partout et ailleurs même chez moi
Ils sont là je les vois
La chaleur de leur joie
Leur pouvoir de vivre et aimer me donne froid
Ils déambulent tout autour de moi
A la quête d'une reine ou d'un roi

Ils chantent crient et rient et je les entends tous
Des mots des chants d'amour
Que ne suis-je pas sourd
Leurs voix s'envolent Un oiseau au petit jour
Ils déambulent dans mon cerveau lourd
A la quête d'une plaie en vautours

Et ce sont eux qui me regardent amusés
De mes larmes salées
Se tenant aux aguets
Ils attendent ma chute afin de témoigner
Je déambule dans tous leurs papiers
A la quête d'une scène viciée

L'apocalypse n'est pas pour demain.

L'apocalypse n'est pas pour demain.
Elle naît pour deux mains non entrelacées, désabusées par les remords pestiférés. C'est un déluge dilué, vient! Je le sais pour l'avoir vu. Si les plaines assombries par un Soleil absent prolifèrent, c'est la faute aux rats de l'espoir qui se multiplient tel un carnage élégiaque, soupir d'une autre génération perdue. Si les oiseaux volent moins haut, c'est qu'on leur a coupé les ailes du bonheur pour leur donner des branchies afin de côtoyer les abysses de la mort. Les plages fines voient ainsi s'échouer des pélicans, des albatros goudronnés, des dauphins déchus. La glace les entoure et s'empare d'eux quels que soient leurs remparts face à la désolante solitude inévitable des profondeurs ignorées de l'astre éteint.
Qui a éteint la lumière? Dieu, par son infinie bonté. Pour mieux voir dans le noir, il nous a fait aveugle des douleurs étrangères. Quel soulagement! J'ai cru un instant qu'il restait un espoir!

vendredi 23 décembre 2016

Mes larmes viennent agrandir la marée noire

Mes larmes viennent agrandir la marée noire
Qui s'empare de mon corps désarticulé
Les passions mazoutées ne savent que déchoir
L'âme empoisonnée se répand tel un déchet

Je suis un dépotoir oublié sur les plages
Une pourriture délaissée n'importe où
Ma décomposition terminale emménage
Dans les recoins obscurs de mon cœur en remous

Un cri semble voler au loin comme un long râle
Ses échos prennent vie au fond de mon esprit
C'est une douleur que j'aurais fait taire mal
Et qui reviendrait démultipliée aigrie

Je fuis Je pleure mais mes pieds sont enlisés
Je ne puis plus bouger Tout mouvement demeure
Un supplice inhumain Je suis l'inhabité
Un désert salé qui vivait maintenant meurt

Le crâne édenté me fixe d'un lourd regard

Le crâne édenté me fixe d'un lourd regard
Son sourire équivoque ajoute à ma douleur
Il se joue de moi Mes yeux ne voient plus hagards
Cette danse macabre a perdu ses couleurs

Sa sourde voix rauque m'injurie moi l'amant
Le ridicule de ma peine est démontré
Il me dit Je suis la mort Tu es le dément
Quel hasard Nous nous devions de nous rencontrer

Toi l'apparence Moi la vérité Unis
Tes efforts sont vains Tu ne peux pas m'éviter
Où que tu portes tes yeux Je suis là Furie

Il y aura toujours un miroir une glace
Une flaque où tu verras se refléter
L'image de ta vie cette pauvre carcasse

mardi 20 décembre 2016

Et si la vie c'était l'oubli

Et si la vie c'était l'oubli
Et si le temps c'était avant
Il faudrait voir dans nos espoirs qu'un au revoir

Et si l'amour c'est être sourd
Si la détresse est mon espèce
Voir l'éclosion de l'illusion des relations

Et si l'hiver était ma mer
Vagues gelées de mes idées
Face à l'oubli ls je pourri et je m'enfuis

Le(s) ver(s)

Elle me regarde, je devine son désir
Elle rampe vers moi, ventre à terre
Elle remonte doucement le long de mes jambes
Comme une caresse elle glisse sur moi
Enfin elle m'avale et me digère
Mon corps coincé dans cette boîte
Le ver est ma dernière compagne
Dans cette mort qui ne sera plus petite

Ma prison douce amer

Ma prison douce amer
Me préserve précieusement
De mes fulgurants sentiments
Me plongeant dans l'hiver

Ce stylo sur mon âme
Se déchaîne ventre avalant
Mes futurs mes espoirs galants
Signant mon épigramme

Gelant mes illusions
Je protège ma caravelle
Sabordage d'Emmanuelle
Violant mes effusions

Sentier sinueux de mes sentiments

Sentier sinueux de mes sentiments
Silence saturé de mes pensées
Senteur systémique de mes souffrances
Sirène soumise de mon passé

Futur inconnu tapis dans le froid
Frissons de mon squelette dispersé
Foulard bandé sur mon esprit étroit
Fictions émasculées et sans excès

Vent s'évanouissant dans ma volonté
Violence dévalant sur ma vie volée
Vague avalant toutes mes vérités
Vase engloutissant mes rêves vérolés

dimanche 18 décembre 2016

La nuit noire étend ses bras sur les deux amants

La nuit noire étend ses bras sur les deux amants
Et c'est comme une histoire
Que je me raconte ainsi non innocemment
Comble du désespoir

Les amants éperdus et perdus dans leur âme
Volent leurs deux soupirs
Comme autant d'échardes retirées dans les larmes
Vu sous des dessous pires

Les paumés partagent leur corps pour quelque espoir
Perdre l'isolement
Est leur souhait le plus cher mais il faut les voir
Là se prêter serment

Comme une étoile pleure avant que de mourir
Ils possèdent un charme
Qui m'émeut Peintures mêlant drame et désir
Comme autant de ces femmes
Comme au temps de ces flammes

Combien Combien de temps me reste t-il encore

Combien Combien de temps me reste t-il encore
Combien Combien de peurs de peines et de pleurs
Combien de Soleils se lèveront en dehors
Combien se coucheront ensanglantés rêveurs

Quelle heure sonnera à l'horloge macabre
Quel ami viendra me voir encore une fois
Quel vent soufflera dans les cimes de ces arbres
Quel air vicié sera dans mon lit avec moi

Où les époques se termineront un jour
Où iront les traces débiles s'entasser
Où la terre verra pousser les fleurs d'amour
Où ma poussière ira ainsi déshydratée

Qui refermera les pages de ce roman
Qui daignera enfin m'oublier dans ma tombe
Qui pourra me lire en laissant faire le temps
Qui osera m'aimer parmi tous ces décombres

Quand me pardonnera t-on de vivre et mourir
Quand ne serai je plus visé par ces compteurs
Quand se stoppera ce long et cynique rire
Quand pourrais je être autre qu'un poète un menteur

Pourquoi l'éternité ne serait elle mieux
Pourquoi faut-il un nom au bas des œuvres d'art
Pourquoi faudrait-il un juge et pourquoi un dieu
Pourquoi vivre au sein de tous quand tout me sépare

vendredi 16 décembre 2016

Où commence mon rêve et où finit ma vie

Où commence mon rêve et où finit ma vie
Quelles sont les bornes de ma lâche existence
Me faut-il pleurer et mourir sans préavis
Ou imaginer vivre avec cette souffrance

L'Allégorie ratée d'un amour inventé
Se perd dans les couloirs insensés de mon âme
J'avais un parfum d'espoir Il s'est éventé
Dans les méandres de mon noir cerveau infâme

Les jours s'épuisent un à un au fil du coeur
Comme autant de soupirs ou de lamentations
Dans la bouche sèche salée et sans rancoeur
De condamné que je suis à ma délation

C'est une vague à rebours dont l'écume blanche
Seraient mes sentiments L'eau polit mes passions
Comme autant de galets au sein d'une avalanche
Pour me reconstruire il me faut la création

Qu'est ce qui Tabac ainsi ?

La fumée s'élève et je la suis du regard
C'est cette petite mort que j'admire au fond
Ce suicide lent et paisible tôt ou tard
Aura raison de mon coeur servile au démon

Je la suis mon esprit s'envole par-dessus
Les villes du désir par-dessus les montagnes
De l'oubli au-delà de mes amours vaincues
Il vole et me vole l'espoir créant mon bagne

Et cette odeur roussie qui me pique les yeux
Et cette cendre âpre qui me brûle la gorge
Et cette douleur qui rend mon corps plus fiévreux

Mon trouble interne est à l'image des volutes
S'échappant du brasier de cette sombre forge
Je me perds Je m'envole Est ce qu'encor je lutte

mardi 13 décembre 2016

Les notes s'enchaînent

Les notes s'enchaînent, entraînant mon fol esprit dans sa course échevelée perdu dans les prémisses d'un retard, lapsus d'un moine hilare. Les vents d'automne mugissent dans l'oreille interne des sourds paradisiaques essoufflés de cet air surabondant. L'espoir s'envole au-dessus des cimes décimées de l'Orient oublié. La vie renaît un soir de pleine lune subrepticement agencée par l'horreur superficielle d'un nain diaphane. Le rouge se transmet de génération en génération, ne sautant jamais une étape de procréation, le meurtre étant son adepte inconditionnel. L'ivresse s'empare des rescapés, le temps fuit et file par delà les montagnes de l'espoir, découvrant l'illusion au sein d'une clairière verte et abandonnée où gisent les cœurs solitaires massacrés. Le voile s'estompe emportant la nudité macabre de la Lune tant convoitée. La Camarde sourit de ses belles dents déracinées. La peur succombe à l'effroi. Le râle dévale une dernière fois.

L'imbécillité de l'humain étonnera

L'imbécillité de l'humain étonnera
Toujours mon regard noir incrédule enfantin
Comment peut-il vivre tout en rêvant demain
Comment ce fou peut-il soutenir un débat

La Vie l'Amour la Mort Cela est bien futile
Lorsque l'on pense à la misère de ce monde
Les rires les joies les plaisirs deviennent sombres
Devant les jeux mortels de ce démon subtil

La folie de l'homme est de se croire quelqu'un
Intelligent n'en est pas pour autant divin
Il se croit supérieur mais en fait il n'est rien

Poussière il était et pourriture il sera
Vous croyez peut-être que l'on vous pleurera
Voyez la Nature chante Bon débarras !

L'oiseau étend ses ailes

L'oiseau étend ses ailes
Ses pattes en avant, il se pose lentement au sol
Son regard pointe autour de lui
Il observe la nature et son spectacle
Moi je ne bouge pas
Sans doute pour ne pas l'effrayer
Il s'approche lentement, avec méfiance
Je ne bouge toujours pas
Son long cou s'avance vers moi
Un frémissement prend mon corps
Ce n'est rien, il a l'habitude
Ce n'est pas un vers de cette pourriture
Qui va déranger ce charognard

dimanche 11 décembre 2016

L'oiseau sombre, de ses ailes sans couleur

L'oiseau sombre,  de ses ailes sans couleur
Vient surplomber mes cendres encore chaudes
De ses serres, il extirpe un corps non calciné
C'est mon coeur trempé de larmes et de douleurs

De son bec, il déchiquette soigneusement
Ce morceau de chair encore moite
Du sang s'en écoule, une vieille blessure
Qui se réouvre après tout ce temps

Il éparpille les lambeaux au gré du vent
Comme l'espoir d'une guérison s'est dispersé
Mes restes pourrissent et nourrissent tout ce peuple
Souterrain, cette masse grouillante

L'exhalaison qui s'en échappe est un parfum
A nul autre semblable, seule la mort
Et l'abandon générant de telles effluves
C'est alors seulement que je redeviens un

Hiver, fier ami qui chaque année

Hiver, fier ami qui chaque année
Me rend une petite visite,
Hiver, ami cher qui chaque fois
Me refroidit de son humour caustique

Hiver, simple mais éternel ami qui durant toute ma vie passé
S'est réjoui de mes engelures sentimentales
Hiver qui me soufflait le froid
Quand mon coeur réclamait des braises ardentes

Hiver qui me brûlait par sa glace
Lorsque mon âme cherchait sa tranquillité
Hiver qui me regarde toujours de travers
Espérant que mes pas trébuchent
Plongeant ma face à ses pieds, enfouie dans la neige

Hiver qui se réjouit de cette brèche
Par laquelle son vent glacial s'engouffre
Et pétrifie mon âme lentement...

Hiver, tiens-toi bien! Regarde qui vient!
Le Printemps te pousse de ses bourgeons
Peut-être sauvera-t-il une partie
De mon âme, de mon cœur engoncés...

samedi 10 décembre 2016

Ainsi va la vie

Ainsi va la vie, Ainsi la vie s'en va
Et si vient l'envie, Ici l'enfant se bat
Quand souffle le vent, Pourquoi l'espoir s'essouffle
Quand file le temps, Dans quoi l'émoi s'engouffre
Est-ce là ma vie, Voile sans aucun mat
La mer de l'oubli voit mon cœur qui ne bat
Quand souffre l'enfant, Ses appels au secours
Nul ne les entend, Mer d'huile sans recours

Si les vers

Si les vers associent l'hivers soumis et fiers
A l'été qui fut, a été, larme effacée
Si la rime se perd, se vide et par abyme
En donnant corps à contre temps aux cris absents

Si l'encre se répand, ventre affamé et tendre
Un lac amniotique, ressac d'amours en vrac
Simuler une vie rêvée via le papier
Est-ce là le dernier pugilat de mes bras

Si les lignes se font digues laissant les signes
En tranchées, avenir glacé, les mots hachés
Dissimulant l'effroi dément dans son couvent
Est-ce l'assaut contre mes maux pris en étau

Si le stylo porte l’ego toujours plus haut
Un sabre fendant le marbre de mes palabres
Sillon gravé d'un jardinet où le passé
Fertilise l'église d'une âme insoumise

jeudi 8 décembre 2016

L'encre glisse le long de mes veines peinées.

L'encre s'étend dans tout mon corps, le fait mourir, le fait pleurer, larmes noires ou bleues se répandant sur le papier. L'encre suit mes doigts et moi je suis cette encre. Le papier est mon double, mon miroir mais qui est le reflet de quoi ? Qui pousse l'autre à avancer ?
La vie s'écoule le long de mes stylos, s'interrompt à chaque cartouche. En ceci, la vie, la mort existent pour l'écriture mais la renaissance, la résurrection sont phénomène courant.
L'espace n'est pas bidimensionnel, tout comme la vie, les dimensions évoluent avec les sentiments, s'approfondissent et disparaissent au cours des lignes tout comme la vie au cours du temps.
Un jour néanmoins le point final fait irruption, l'encre est un chat dont les vies sont en nombres indéfinies. Je la caresse, parfois elle ronronne, parfois elle égratigne mais elle retombe toujours sur le papier le point en dernier, ou son dernier mot voire inachevé.

Vivre avec cette tare peut être incomprise - incompréhensible - mais c'est la seule manière de voir sa vie passer, s'accumuler, évoluer... C'est vivre au futur et au passé à la fois, au futur par son lecteur, au passé par son sujet. Parfois le temps se recroqueville, passé - présent - futur quand le lecteur est l'auteur, la sensation fait alors perdre pied et peut, parfois, démobiliser...

mardi 6 décembre 2016

Vivre mais vivre quoi

Vivre mais vivre quoi
Se demander pourquoi
Vivre mais vivre où
Remise en question de tout

Vivre mais vivre avec qui
Vivre mais pour faire quoi

Vivre en souriant de demain
La veille n'est plus que chagrin
Vivre en aspirant cet air
Qui nous entoure et nous enterre

Vivre mais vivre quelle vie
Vivre mais vivre de quoi

Vivre en clignant des yeux
Pour moins voir les miséreux
Ou vivre à s'en faire pleurer
A force de les regarder

Vivre mais vivre d'envie
Vivre mais vivre dans quoi

Vivre en criant plus fort
Pour couvrir ceux du dehors
Vivre en devenant muet
Pour se taire par respect

Vivre mais vivre d'oubli
Vivre mais vivre d'émoi

Vivre en serrant dans ses bras
Ce qui ne nous appartient pas
Vivre en donnant tout autour
Notre seul bien notre amour

Vivre mais vivre sa vie
Vivre mais vivre sa voie

Vivre en cachant dedans
Notre âme, nos sentiments
Vivre en brillant par l'esprit
Pour améliorer sa vie

Vivre mais vivre ici
Vivre mais vivre là-bas

Vivre en voyageant
Pour se perdre dans le néant
Vivre dans l'écriture
Pour vivre au futur

Vivre mais vivre à l'écrit
Vivre mais vivre à l'étroit

Vivre par son coeur répandu
Son âme telle un pendu
Vivre au fil des mots
Mais vivre grâce à ses maux

Vivre et mourir sans un pli
Un bout de carton pour toit

Vivre tout le long de sa vie
Page après page du bout de ses doigts

La vie reprend ses droits

La vie reprend ses droits
Ou est ce la mort qui montre du doigt
L'espoir ensommeillé resurgit
Et ses douleurs inassouvies

L'hiver envahit les corps endurcis
Et le coeur se réouvre vidant sa vie
Les feuilles tombent les enfants aussi
Leur âge importe peu la terre les engloutit

Certains crèvent d'une faim illégitime
D'autre de faim sans fin d'abîmes
D'envies sans raison déraison sans envie
D'humeur par manque d'amour d'humour sans ami

L'esprit s'enferme refusant d'analyser
L'aliénable tendance que l'on ne peut réprimer
L'invincible déception de l'âme paralysée
Du désir d'ouverture quand les portes sont supprimées

Et le silence de se répandre
Les émotions sales de se pendre
La faux de tout suspendre
Et le faux de s'étendre

lundi 5 décembre 2016

La pluie souffle sur mes chaussures

La pluie souffle sur mes chaussures
Elle rigole de mes vomissures
Elle assèche mes larmes sans futurs
Elle désagrège toute mon ossature

Le vent inonde mes territoires
Il disloque tous mes écritoires
Il brûle mes yeux m'empêchant de voir
Il précipite en poussière mes espoirs

L'ouragan depuis son centre m'observe
Ça ensevelit toutes mes réserves
Ça calcifie sur place tous mes rêves
Je ne voudrais pas qu'un autre m'en préserve

dimanche 4 décembre 2016

Son visage

Son visage laisse apparaître les muscles et les ligaments de sa mâchoire. Les lèvres absentes ne masquent pas les dents et les racines. Son œil, de profil, est comme exorbité, mais pourtant est bien enfoncé dans son orifice. Son crâne n'est pas masqué par des cheveux mais des plaques de ci et de là le couvrent, en métal de différentes couleurs. Son attitude n'est pas menaçante?
Qui est ce double que je vois en fermant les yeux ?

samedi 3 décembre 2016

Le sabre

Le sabre fend le vent Alizé des tourments
Ces bottes ralenties Marécages des vies
Le masque détrempé Embruns d'amours morts nés
Le soldat s'est perdu Brouillards des rêves nus

La main voudrait toucher sa cible du passé
Mais l'ennemi s'enfuit Le corps perd ses appuis
L'esquive du bassin efface l'assassin
Le fourreau se remplit mettant fin au défit

vendredi 2 décembre 2016

L'ivresse des mots

L'ivresse des mots
L'Everest des maux
L'absynthe des sentiments
L'absence des gens aimants
Les fachos de la pensée unique
L’échafaud de mon âme cynique
Le cantique de la morale
Le quantique de ma dorsale
L'horizon des jours meilleurs
La raison d'un fou rêveur
Les solutions à l'emporte pièce
L'élocution de la horde en liesse
Le labyrinthe de mon cerveau
Le rat bilingue de mon caveau
Vous me suivez, le voulez vous ?
Vous me subissez, le pouvez vous ?
L'historique de ma vie s'efface
L’hystérie de mon esprit m’enlace
La cavalerie fonce sur mes remparts
La cabale se rit au fond de mon art
La visite et l'oubli de mes remords
Ma vie grisée hourdit même ma mort

L'oiseau reprend son vol

L'oiseau reprend son vol sur mes terres arides
Son ombre me surprend et m'isole insipide
L'hiver sur ma geôle se répand et le vide
Indolent consume mes souvenirs livides

Ses griffes acérées n'ont plus rien à saisir
Mon cœur s'oublie hélas condamné à pourrir
Lardé des coups anciens voraces, de flétrir
Et son bec de percer mon amour et mes rires

Son cri fige ma vie d'un avenir perdu
Mon regard refuse de fixer ce son cru
Mes mains tremblent, dément, espérant un salut
Rien ne l'arrêtera avant d'être repu

jeudi 1 décembre 2016

Si le vent valse

Si le vent valse sur ces volets
Grinçant, cinglant, glaçant ce chalet
Il faut y voir la faux du valet

Ce serviteur soutire un soupir
De l'occupant contraint à croupir
Dans ce cabanon sans devenir

Le sourire édenté du grognard
Répond au désespoir du bagnard
Faux si lissé dans son noir placard

L'oubli chasse la terre entassée
Révélant au martyr son passé
Épitaphe d'un cercueil scellé

Le lierre de ma vie

Le lierre de ma vie toutes les nuits s'étend
Il enserre mon lit, épais drap le couvrant
Mon oxygène aspiré par ses descendants
Mes rêves sont ligoté, au matin exempts

Le jour entrave mes pas, pesant de son poids
Le trajet de ma vie est limité en choix
Ratant les changements, retardé par ma croix
Il se répand partout assourdissant ma voix

Il n'a pas de saison, éternel et mutable
Et je perds ma raison, enfoncé dans mon sable
Terreau de sa racine aux ramifications
Infinies, autant que mes absentes passions

S'agrippant aux aspects ridés, aux illusions
D'un mur érigé autour de mes émotions
Il draine toute mon âme et ma force vitale
Et sur ses bourgeons mon cœur s'effrite et s'empale

L'homme volant

Lorsque l'homme volant
Vient percuter la vitre
De sa vie, un chapitre
S'ouvre désespérant

Ses ailes se déploient
Mais l'air fendu abîme
Sa raison, son intime
Prend le pouvoir et croît

Les nuages galants
Sont en dessous des cimes
Empêchés qu'ils s'arriment
Portés par les courants

Au loin le Soleil blond
Ne peut être une cible
Les côtes sont invisibles
Alors il tourne en rond

Ivre d'envies

Ivre d'envies avilies
Souffrant l'enfer sans les fers
Amour amer désespère
Cerveau avide asservi

Va la vie

Va la vie, prend ton train et dévale
Va la vie, oubli tes remords froids
Si l'hivers me prend dans ses bras pâles
Mon âme se chauffe à mes émois

Va la vie, croque donc cette pomme
Va la vie, l'amer goût se dissipe
Si pourtant l'oiseau noir brûle Rome
L'odeur âcre en mon cœur ne s’agrippe

Va la vie, regarde devant toi
Va la vie, derrière toit s'enfuit
Si le fil enchaîne en toi tes joies
Ariane attend où le jour luit

Vois ta vie, ne tient qu'à toi de vivre
La vie va, ne revient sur ses pas
Si l'envie pourtant ne rend plus ivre
Ton esprit reprendra son combat


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