mercredi 23 août 2017

Étoile polaire

Attrapes moi lorsque je m'effondre sans fin
Rattrapes moi quand mon cœur bascule soudain
Portes moi si mon corps perd pied sans lendemain
Supportes moi quand ma raison me rend dément

Étoile polaire, tu portes bien ton nom
Me guidant dans mes nuits bien que dans ma prison
Ton éclat pétrifie ma propre exhalaison
Un jour peut-être je fondrais d'amour profond

Jusqu'à ce matin l'air que j'inspire sera
Plus chaud que celui que j'expire sans tes bras
Plus humide en raison de mes yeux Niagara
Plus silencieux qu'un vent éteint sans ton aura

O que mon étoile brille encore et toujours
Même si je ne peux plus revoir ses atours
Qu'elle illumine enfin d'un bel et tendre amour
Son univers, ses bras d'un autre cou autour


L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 18

Chapitre 18

En milieu de matinée, tout est prêt. L’ex-soldat, Vincent, après avoir reçu ses dernières consignes du chef en terme de stratégie et de l’architecte en terme de positionnement, est parti au devant de la cohorte, revêtu d’une tenue impeccable. Avant de partir, on pouvait deviner à sa moue son dégoût pour ces insignes à nouveau portés, mais sa mission imposait ce subterfuge.

Dans le même temps, les hommes du chef, renforcés par les gris violents, soit près d’une vingtaine d’individus plus ou moins armés, se tiennent prêts, dans les fourrés et les buissons environnants. De chaque côté, pour les diriger, le chef et l’architecte. Même moi, je ne vois rien, à part cette petite clairière, à l’abri des regards et à mi-chemin de la montagne sur sa hauteur, à proximité de notre plaine de défense.

mardi 22 août 2017

Planète isolée : Chapitres 63, 64 et 65

Chapitre 63

Mon bras gauche me fait mal. Mon visage également... De ma main droite, je tâte mon bras. La plaie ne saigne pas, elle est sèche. Je fais de même pour mon visage et même constatation. J'approche ma main de mon nez, l'odeur est caractéristique. Oui, je me souviens. Le ougla fonçant sur moi, moi tendant les bras le plus possible pour le tenir le plus à l'écart. Deux éclairs... Puis l'humain qui m'allonge, m'essuie et me fait mâcher les feuilles anesthésiantes. Puis le jus acide qui a cicatrisé mes plaies, ma main sur la sienne... Et plus rien...

J'ouvre les yeux. Il fait encore nuit, mais le soleil ne va pas tarder à se lever. Je vois pointer l'aube au-delà de plaine. Je me redresse. Mon ventre me tire un peu, mais j'arrive à m'asseoir. Allongé à côté de moi, l'humain est profondément endormi. Il a su être efficace. Certes, il a dû tirer deux fois, mais la bête à deux pas de moi est belle et bien morte, définitivement. Bien sûr, ce n'est pas la seule. Il faudra que je répare ce réflecteur. J'observe l'humain, d'une force physique si faible comparativement, mais d'un courage à mon égal. Il a également su être efficace et, je dirais même compassionnel vis-à-vis de moi, et de ma fille.

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 17

Chapitre 17

Le chef et l'architecte rentrent dans la grotte. Rapidement, ils trouvent leur place. L'architecte s'est placé entre moi et le poète, à ma droite. Le chef s'est placé en face de moi, entre Jean à ma gauche et le poète. Le décor est planté. L'histoire peut commencer...

  • Le chef : Alors c'est ici que tu te réfugiais... Je me doutais bien que vous aviez trouvé un endroit hors de mon regard.
  • Jean : Ce n'était pas par défiance...
  • Jean, nous savons tous, le chef compris, pourquoi nous avons choisi de ne pas l'inclure jusqu'ici dans nos travaux et les échanges associés. Chef, J'ai délibérément choisi cette grotte pour me permettre d'avancer avec plus de sérénité sur les suites à donner quant à ce fameux pouvoir... Jean, le poète et l'architecte ont accepté ma demande.
  • Le chef : Et ? Quelles sont vos conclusions ?

lundi 21 août 2017

Série de Haïku 23

Nos pensées s'écoulent
Comme la pluie sur le toit
Sans qu'il ne s'écroule

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Nos passions s'étalent
Comme la vague à la plage
L'eau sentimentale

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Notre solitude
S'évanouit, vide est tout
Tout est finitude

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L'esprit détaché
Perçoit la sincérité
De l'infinité

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Planter en son centre
Le dos et la tête droits
La vie en son ventre

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Penser sans pensée
Retrouver l'originel
L'âme est encensée

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Sur ses fondations
Construire l'humanité
Vivre en compassion

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Ni isolement
Ni privation, ni raison
L'éveil du dormant


Automatique : Dernier regard

Dernier regard sur un paysage mêlant montagne et mer
Vagues et sommets
Vents salins et brumes des crêtes
Silence des clapotis le matin
Bruits de rires et de nages sportives l'après-midi

Derniers instants de douceur dans un endroit rocailleux
Mais non déplaisant
Le Soleil au matin se dressant fier sur la lisière des eaux calmes
Le soir cette douceur invitant à la promenade
La chaleur d'une compagnie familiale

Dernières pensées de calme et de paix
Au grès du souffle marin caressant les voiles
Demain déjà nous retournerons à la ville
Demain déjà le futur se représentera
Mais c'est demain, je vis aujourd'hui

Laissons à demain, encore une journée
Les pressions, les difficultés
Noumènes non instanciés
Laissons les se réaliser ou s'évaporer
Je respire l'air du moment, avec douceur

Planète isolée : Chapitres 60, 61 et 62

Chapitre 60

Le ougla ! Il se rapproche ! Je le sens, ses sens aiguisés ont détecté une faille. Il rampe sur le sol, se rapprochant sans bruit de sa proie. Mais quelle proie ? Ma mère ? L'humain ? Je ne sais pas. Je ne sais plus où ils se situent. J'ai bien entendu des bruits de pas, pas aussi lourds que d'habitude, ceux de l'humain, mais aussi des pas plus légers mais autant que ma mère sait faire. Elle est réveillée ! C'est certain ! Comment les prévenir ? Ont-ils perçus mon signal ?

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 16

Chapitre 16

A peine suis-je entré dans la grotte, que les effluves de champignons sur les murs me saisissent. Dans l'espace assez réduit, se trouvent déjà le poète et Juliette, Jean me précédant. L'architecte est occupé avec le chef, et je ne peux pas attendre son retour. Il me faut éviter cette vision du Golgotha inversé. Les préoccupations de Jean sont valides, mais il ne sait pas encore à quel point.

Nous nous asseyons au centre de la pièce, sur des sortes de tapis de paille. Décidément, notre communauté est de plus en plus productive. Voilà maintenant que nous fabriquons même des objets de conforts... Je souris à cette idée. Une communauté paisible et qui construit son avenir... Mais quel avenir ?

dimanche 20 août 2017

Deux ruisseaux

Deux lents ruisseaux qui se croisent et se mélangent
Leurs eaux différentes se joignent, communion
Sans vague et sans fracas, elles goûtent l'échange
Leur chemin faisant, se fondent, nouvelle union

Ruisseaux en rivières, puis rivières en lac
Lac en torrents, torrents alimentant un fleuve
Fleuve se versant dans l'océan élégiaque
Ses larmes s'échouant sur la rive à l'épreuve

Le fracas exprime ses émotions passées
Déjà demain sera calme et sérénité
Hier n'est plus, emporté par le courant blessé
Le Soleil réchauffe ses profondeurs nuitées

L'eau est la vie, chemin bleu ininterrompu
D'un azur si parfait, transparente et miroir
D'une Lune éclatante, amicale et vêtue
D'une aura fragile, pour nous et notre gloire

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 15

Chapitre 15

Alors que les éclaireurs approchent du lieu convenu pour l'intervention, je vois les hommes du chef, ainsi que lui-même, s'apprêter à passer à l'action, au signal. Je me concentre alors sur les trois gardes. Sans difficulté, comme avec l'homme du chef il y a quelques minutes, je prends possession de leur centre nerveux, je les immobilise. Je les sens tomber à terre. Aussitôt, nos compagnons se précipitent. Les ordres sont clairs et ils les appliquent consciencieusement. Ils les attachent par les mains et les désarment. Je relâche légèrement mon étreinte. Ils se lèvent, aider et soutenus par les épaules, mais semblent toujours engourdis. Je ne veux courir aucun risque. Ils entament la remontée du pierrier, chacun d'entre eux bien encadrés, d'une part pour les aider à avancer et ne pas tomber, d'autre part sous la pression d'une arme ostensiblement pointée sur eux.

samedi 19 août 2017

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 14

Chapitre 14

Je me réveille à l'aube. J'ai l'esprit encore emprunt de mes rêves. Je sais ! Enfin, je crois... Je vois Juliette qui s'approche de moi avec de la nourriture et une boisson en guise de petit-déjeuner. Le poète est aussi à mes côtés. Ils me regardent tous les deux avec une question non formulée. Mais elle est présente, pressente. Je mange et bois sans rien dire. Je ne veux rien dire. Pas maintenant... Tout en me nourrissant, je sens la présence dans la grotte principale du chef, entourés de Jean et de l'architecte. Je ressens une tension. Il doit évidemment se poser des questions... Je pénètre son comguide, de manière furtive, et j'écoute, comme un espion le ferait, sans se faire remarqué. Je m'étais promis de ne pas le faire, mais mon absence se doit d'avoir une explication. Je me connecte simultanément à l'architecte et à Jean. Je ne pensais même pas en être capable, me connecter ainsi à plusieurs individus, de façon discrète, tout en observant leurs pensées et leurs échanges.

Planète isolée : Chapitres 57, 58 et 59

Chapitre 57

Une fois de retour dans mon campement, je me dépêche. Je sais que j'ai deux vies sous ma responsabilité... Je suis même étonné de cette pensée, mais je la ressens profondément. Ce n'est pas pour ma seule survie. C'est pour elles aussi ! Je fais le tour de mes équipements. Je sélectionne ce que je peux emporter maintenant. S'il le faut, je reviendrais pour le reste. Le cuiseur ? Oui, il peut m'être utile. Quelques pièces comme des miroirs que je détache de mon vaisseau avec mes propres outils... Des restes de mon appareil de faisceau... Je ne sais pas si je pourrais coupler les différentes technologies, mais qui ne tente rien...

Automatique : Recevoir bien plus que nous ne donnons

Les vagues se fracassent sur les rochers
Mais la mer n'est pas violence
Le vent fait se plier les arbres
Mais le vent n'est pas haine

La terre s'ouvre sous les bâtiments
Mais la terre n'est pas rancœur
La pluie inonde les villages
Mais la pluie n'est pas vengeance

Nos mots peuvent blesser
Fracassant les âmes sensibles
Nos sentiments peuvent être de marbre
Induisant des remords, des peines

Nos mains peuvent tordre ou caresser
Ces actions peuvent être terreur
Nos pensées peuvent être en décalage
Et provoquer des souffrances profondes

Savoir reconnaître que nous sommes un tout
Une entité multiple et connecté
Que notre moi profond ne désire rien
Et que par là-même il est humilité

Prendre conscience du temps présent
Avancer pas après pas sur son chemin
En relevant les compagnons assoupis
C'est recevoir bien plus que nous ne donnons


L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 13

Chapitre 13

Le cauchemar se poursuit... Je vois des montagnes de cadavres gisant à mes pieds. Je ressens l'odeur de pourriture des corps en décomposition. L'exhalaison me suffoque presque, mais je me tiens debout, face à ce Golgotha de mes errements. Et tout autour des fidèles qui se prosternent devant moi, psalmodiant des mots intelligibles mais dont le sens lui est parfaitement compréhensible. Tel un dieu vivant, un dieu de mort, je suis partout, je suis en tout. Et une file sans fin mène encore et encore d'autres dépouilles à mes pieds. Tant de visages inconnus, tant d'humains qui n'ont plus d'humanité ! Je n'arrive même pas à discerner si ce sont des hommes, des femmes ou des enfants. La masse informe grandit sous mes pieds et je m'élève de plus en plus haut. J'ai les bras en croix, mais je ne suis tenu par aucune planche, et je ne suis pas un sacrifié. Je suis.

vendredi 18 août 2017

Ego-Journal 75 : INFLUENCE SUR LE COMPORTEMENT DE L'ÊTRE HUMAIN (discussion engagée par Mohamed Lachmi)

Discussion entamée par Mohamed Lachmi sur Poésie & Littérature ici
https://plus.google.com/u/0/107353796043051674552/posts/gYc8QwmcXjj
Mohamed Lachmi 
JE VOUDRAIS SAVOIR, SELON VOUS QUI A LE PLUS D'INFLUENCE SUR LE COMPORTEMENT DE L'ÊTRE HUMAIN :       
1--- LE CERVEAU 
2---LE COEUR 
3---L'ÂME 
4 - L'ESPRIT. 
La plus plausible est dans les sentences de grandes et sages personnes telles que le Dalaï-lama, Conficius ou encore le prophète Mohamed,(pssl).

Automatique : Les vies qui nous animent

Le vie défile sous le clavier
Une musique d'ambiance à peine entamée
Le cliquetis n'est pas sans rappeler
Les clapotis des vagues
Vagues à l'âme mais sans remous

Le vent souffle, pensées perdues
Pensée absente et pourtant pleinement là
Le reflet de ses émotions sur son continent
Se perd dans l'infini qui nous entoure
L'unité se fait doucement sans à-coup

Le corps droit et posé symboliquement
La tête élevée vers le ciel
L'univers se fond en nous et nous en lui
Les noumènes se dissolvent
L'eau change mais la rivière demeure

La non pensée devient pensée
Le rien devient tout
L'action devient l'inaction
L'inaction devient l'action
La pluie nous réchauffe et nous entoure

Les remords, les paresses, les envies
S'effacent dans cet océan sans fin ni début
Notre esprit se tait et admire
Ne rien vouloir permet de tout recevoir
Tout donner, ne rien conserver pour soi

Au plus profond de soi nous trouvons
Sans chercher, sans demander
Au plus profond de soi nous sommes
Hier n'est plus, demain n'est pas encore
Le temps s'efface et il ne reste que nous

Unis par cette flamme universelle
Ces raisonnements qui nous séparent
Ces émotions qui nous dispersent
Ces corps qui nous rassemblent
Ces vies qui nous animent


Planète isolée : Chapitres 54, 55 et 56

Chapitre 54

Je sens mes forces revenir. Mes défenses immunitaires sont moins sollicitées. Mon corps se reconstruit patiemment. L'étoile de vie est refermée. L'humain ? Une sœur ? Suis-je sauvé par un de nos vaisseaux ? Je ne ressens pas encore l'usage de mes sens... Seule une douleur importante pointe sur mon ventre, l'effet de la fermeture de l'étoile de vie, par le mécanisme du rassembleur. Si je sens cette douleur, c'est que les anti-douleurs ne m'ont pas été administrés. Je ne suis donc pas accompagné par ma communauté... C'est l'humain qui a fait tout cela. Il aurait pu moins me donner des calmants ! Mais en même temps, qu'en sait-il ?

Je recherche mon enfant dans ma conscience... Oui, elle est là, toute proche, et bien en vie ! Elle dort... Je ne vais pas la réveiller, pas maintenant. Moins elle reste éveillée, plus son cocon durera dans sa fonction car elle consommera moins d'énergie. Cet humain, comment a-t-il su ? Je ressens un goût dans sur ma langue. Deux ou trois fruits différents... Ce sont des fruits revivifiants... Son choix a été judicieux. Là encore, qu'est-ce qui a pu l'informer ? Ma fille ? Je ne le pense pas... Même si je devine qu'elle a trouvé un moyen de communiquer avec cet être blanc. Mais comme elle ne savait pas et le cocon empêchant la conscience profonde libérée des distances, elle n'a pas pu recevoir les conseils de la prêtresse.

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 12

Chapitre 12

Chacun s'occupe à ses travaux. L'architecte déploie les pièges à animaux, fait remplir notre réserve de nourriture, prêt pour un siège s'il le fallait. Il l'a fait déplacée vers la grotte de secours, au cas où nous devrions nous replier. Il y fait entreposer également les jarres de terre cuite contenant l'eau fraîche. Le chef, à l'extérieur, s'occupe des dernières défenses sur la plaine devant le pierrier et commence à mettre ne place le piège qu'il a conçu vis-à-vis des éclaireurs qui marchent de travers et qui nous croiseront a priori durant la fin de journée. Jean, quant à lui, a fini le premier bilan des membres de la communauté. Il semble rassuré, même si les événements de cette nuit l'ont perturbés. Il se rapproche de moi, suivi de Jérôme et Axel.

jeudi 17 août 2017

Série de Haïku 22

La Lune n'est q'une
Mille bols la reflétant
Elle demeure une

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Les remous violents
Provoquent là l'écume
Reste le courant

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Qu'importe le torrent
Et ses reflets déformés
Nuages ou vents

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Nos sens voient l'effet
Notre impermanence
Tout n'est que reflet

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Vivre en notre cœur
Sans illusion et sans peur
La Lune pour sœur

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Retrouver son moi
Non son égo déformant
Maître de ses choix

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Nos pensées multiples
Sont autant de bols aux reflets
De notre être unique

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Savoir discerner
Notre permanence émue
Noumène incarné

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On ne peut saisir
Son propre reflet de soi
Mais voir son sourire

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Nos pensées, passions
Sont des éclats de nous même
Notre compassion

Planète isolée : Chapitre 53

Chapitre 53

Je me réveille au son de mon alarme. Deux heures se sont passées. Je suis un peu encore étourdi, engoncé dans mon sommeil et des rêves évanouis. Je regarde devant moi. La femelle bleue est toujours immobile, sauf son torse qui se soulève et s'abaisse selon sa respiration. Ce rythme est rapide, et asynchrone. Je me lève, toujours un peu engourdi. Je soulève la couverture qui recouvre son corps. Comme je m'y attendais, la nécrose s'accélère. A ce rythme, elle mourra avant cette nuit.

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 11

Chapitre 11

Je reste ainsi, en quelque sorte à son chevet. Le poète est toujours en transe, combattant son démon interne. Même s'il est affaiblie, je l'ai peut-être dimensionné un peu trop fort. Pourtant, il faut une réaction efficace et forte pour secouer l'être humain et provoquer ce changement brutal dans son cerveau. Mais comment se changement s'effectue-t-il ? Est-ce juste la peur de mourir ? Est-ce autre chose ? D'autres personnes avant moi ont eu peur de mourir, y compris mes compagnons lorsque nous nous sommes retrouvés acculés dans le couloir, face à la sortie et aux gardes armés. Et pourtant, aucun n'a été modifié...

Et si ce n'était pas la clef ? Si je m'étais trompé ? Pourtant, en remontant dans ma mémoire, les instants qui ont précédé mon contrôle réversible, ce sont bien des moments de douleurs et de peurs, avec cet instinct de survie qui m'ont poussés vers cet état. Mais est-ce que je confonds cause et conséquence ? Suis-je dans le vrai ? Plus je regarde mon ami le poète, plus je doute. Mes larmes coulent doucement le long de mes joues, sans heurt, sans violence. Ce sont des larmes de peines, pour lui, de compassion. Que lui ais-je infligé ? Pourra-t-il seulement s'en remettre ?

mercredi 16 août 2017

Rose, Noumène

A ma Rose écarlate, azur d'un doux passé
Je ne vis que pour le souvenir d'un parfum
Qui continue, si bel atour, à m'imprégner
Flux et reflux dans mes pensées, ses doux embruns

Sa couleur éveille mon regard éperdu
Ses pétales, douces comme une soie de Chine
Revêtues d'or, Phébus, scintillent, ambigües
Dans un silence athée, et pourtant me fascine

Son goût m'est interdit, mes lèvres engourdies
Seule ma mémoire me livre sa passion
Je plonge avec douceur dans ses fols rêveries
Revivant un instant, ce noumène, fiction

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 10

Chapitre 10

Dans mes rêves, mon cerveau analytique se plait à réunir les données absorbées. Il les assimile et les assemble dans un diagramme compréhensible. Je saisis les différentes parties, les interactions, les connexions établies avec un comguide, telles que voulues au départ par le pouvoir en place. Elles assurent effectivement un échange non masqué, sans déformation, sauf trouble comme mes camarades ou pour moi, entre les êtres humains. D'une certaine façon, elle assure la paix et la sérénité entre les humains. Mais elle est partiellement détournée, avec ces messages d'informations en continue, qui déforment la réalité objective, mais dépassant nos capacités naturelles d'analyse. Ainsi, le pouvoir en place contrôle la civilisation en imposant des points de vue, des façons de concevoir les choses et les événements. Les liaisons synaptiques déroutent l'apprentissage naturel, en imposant des souvenirs, des savoirs, sans participation du sujet à son absorption.

Noces de porcelaine inachevées


Le masque s'est brisé sur mon âme amoureuse
Un vase d'une vie sur le sol, rêves morts
Porcelaine blanche d'une rive enjôleuse
Mille morceaux, autant que de jours, mille trésors

Voyage désiré éternel sans forfait
Soudainement figé, atterré, immobile
Promesses effacées, rien n'est jamais parfait
Quelques mois précédents l'émoi d'années d'argiles

Vingt printemps, vingt étés, vains souvenirs, vains pleurs
Le kaolin blanchi par le temps, le silence
N'a pas su produire les noces du bonheur
La porcelaine s'est rompue à l'évidence

Aucun savoir faire ne saura recoller
Les morceaux des âmes séparées éclatantes
Mon cœur conserve en lui sa propre éternité
Sans espoir mais sans peur, l'avenir sans amante

Cette céramique précieuse conservée
Avec un grand respect d'un doux roman qui fut
Mais dont les pages se sont figées incarnées
Demeurera dans mon cœur à jamais ému


A ma muse, ma Roxane

mardi 15 août 2017

Planète isolée : Chapitres 51 et 52

Chapitre 51

Au petit matin, machinalement, comme si cela faisait plusieurs semaines que j'étais ici et que j'avais moi-même conçu l'organisation de ce campement, je me dirige vers les réserves et mange deux fruits au goût horrible et quelques baies douces et sucrées. Cela fait disparaître cette exhalaison des fruits. Je ressens aussi une effervescence dans mon esprit, comme si ces baies accélèrent mon esprit. Je reprends vite conscience de la femelle bleue, toujours allongée sous sa couverture, immobile.

Je saisis deux des fruits acides qui semblent la soigner et je m'approche d'elle. Son souffle est à nouveau court et sifflant. Je retire la couverture et je vois à nouveau ce que je comprends être comme une nécrose de ses organes, cette couleur bleue foncée, tirant sur le noir. Avec les gants et le couteau, je coupe en deux les fruits et je presse au dessus des organes, répartissant le mieux possible le jus ainsi obtenu. La même réaction chimique se répète. Une fumée s'échappe au contact des organes et petit à petit, chacun d'entre eux reprennent leur couleur d'un bleu clair.

Son manuscrit

S'émouvoir, se mouvoir, le pouvoir, le devoir
L'envie et le profit, les conflits, la survie
Les désirs, les plaisirs, l'avenir, le sourire

Défaillir ou s'enfuir, trahir, se recueillir
Asservi, ébahi, l'amnésie, l'eau de vie
Le savoir, le prétoire ou perchoir, sans espoir

Tout ceci se mêle dans notre état d'esprit
Brouillant nos repères comme un signal flétri
Se ressourcer en soi, vivre ses rêveries
Exister, éprouver son propre manuscrit

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 9

Chapitre 9

Le soir approchant, le chef vient vers moi. Jean et le poète sont occupés à continuer leurs analyses des membres de la communauté. Je vois leur progression avec des individus qui, après leur entretien, se mettent à une activité particulière. Je vois des personnes ramener de la terre glaise, et allumant un feu, fabriquer des poteries comme il y a mille ans. J'en vois d'autres partir et revenir de la nourriture de toutes sortes : fruits, baies, feuilles, ... Je vois aussi des pièges en bois être construits, sans doute pour capturer de petits animaux. Notre communauté se met en place bien plus vite que je ne le pensais.

Cependant, j'en vois aussi qui sont installés dans un espace, assis, à ne rien faire, suite à l'entretien. Ceux-ci prennent du temps et ils sont loin d'avoir couvert l'ensemble de la communauté. L'architecte, quant à lui, toujours près de moi, comme s'il voulait me protéger, donne des ordres d'aménagements intérieurs, décide des lieux où les différents foyers de feu sont placés, des emplacements pour dormir, travailler. Il organise une sorte de ville à taille réduite dans les grottes multiples de cette montagne. Certaines sont mêmes non accessibles depuis la principale et les personnes concernées doivent escalader la pente abrupte pour les atteindre. Il a vraiment bien repéré les lieux avant de nous faire venir ici. Des vasques d'eau, construites à partir des premières poteries, sont entreposées dans le fond de la grotte principale, près des réserves de nourritures.

lundi 14 août 2017

L'isolement ultra connecté : la survie - Chapitre 8

Chapitre 8

L'architecte revient avec un groupe de trois personnes. Il leur fait signe d'attendre quelque peu en arrière.
  • L'architecte : Je t'ai trouvé ces trois là. Ils sont volontaires pour tes expériences. Pour le lieu, je pense que cette salle-ci (désignant une grotte inoccupée sur la gauche) devrait être un endroit parfait, à l'écart mais en même temps proche de tous... Et j'ai pu parler avec Jean et le poète qui te rejoindrons dans quelques instants...
  • Je te remercie. Présentes les moi, s'il te plait.
  • L'architecte : Voici Jérôme, que tu connais déjà il me semble, Axel et Juliette. J'ai pensé qu'avoir une femme dans le groupe serait intéressant.
  • Oui, Jérôme, je m'en rappelle. Bonjour à vous trois... Vous savez ce que nous allons faire ensemble ?
  • Jérôme : Oui, l'architecte nous... a expliqué. Tu dois tenter... des expériences de... transfert pour nous permettre, à nous... ou à d'autres, d'obtenir ton... don de maîtrise du comguide.

Planète isolée : Chapitres 49 et 50

Chapitre 49

Durant la nuit, alors que je dors profondément, j'entends à nouveau cette voix, celle de l'enfant né ! Cette jeune fille bleue, plongée dans sa sorte de couveuse, tente de me parler. Mais sa voix est indistincte, incompréhensible. Bien que endormi, je suis conscient que ce n'est pas un rêve, tout en étant une forme de voyage immatériel généré par mes neurones. La voix se fait douce mais elle est comme éloignée. Je la cherche autour de moi. Les images que je vois sont floues. Un nuage grisâtre m'entoure, une brume étrange dont la viscosité n'est pas habituelle pour mes sens.

dimanche 13 août 2017

L'eau nouvelle a coulé

L'eau nouvelle a coulé, l'amont régénéré
Les souvenirs, rochers, sources de mes remous
Ne laissent qu'une écume emportée tel un fou
Par le courant de la vie ne pouvant s'arrêter

Seule la rivière demeure permanente
Les émotions filent dans l'océan des pleurs
Le passé révolu, le lotus est ma fleur
Sera l'eau de demain, le cœur souffrant l'amante

L'effervescence ne reste qu'à la surface
Mes profondeurs ne sont pas si émues par elle
Je me concentre et je m'observe par parcelle
Mes peines et mes peurs très lentement s'effacent

Le cœur haletant et les poumons expulsant
Les noirceurs d'un passé qui restent mon futur
Je marche de l'avant, non par espoir, fracture
Mais par la volonté, mon esprit hors du temps

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