dimanche 24 septembre 2017

Beauté opaline

La Lune m'accueille dans ses bras charmants
Je me promène dans mes souvenirs d'antan
Comme si tout ceci était toujours mon présent

Sa beauté opaline est parfois voilée d'un nuage
Mes émotions explosant de toutes parts, en rage
Mon cœur à l'abandon, sur mon océan, un naufrage

Je cherche mon étoile, ma muse, mon éden
Je ne trouve que des larmes qui se promènent
Sur mes joues, j'ai perdu mon éternel hymen

Alors j'imagine que ce nuage prend les contours
De ma Roxane, endormie, cachant ses atours
Et moi de la voir s'évanouir à l'approche du jour


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 19

Chapitre 19

A peine arrivée dans la "chambre" du poète, celui-ci se lève et me fixe du regard, sévère. Je n'ai encore rien dit que déjà il me donne l'information que je redoutais. Je l'observe d'un air désemparé, attendant qu'il se décide à parler, ce qui, pour le moment, n'est pas le cas. Il a clairement retrouvé sa forme, puisqu'il se tient debout, sans se tenir, très droit, plus droit encore qu'il y a quelques années. Ses yeux brulent d'un feu de colères et de peurs. Je n'ose rien prononcer. je m'assois sur la chaise, les mains sur les cuisses, les yeux baissés, attendant son bon vouloir. Mais il semble que rien que je puisse dire ou faire puisse changer quoique ce soit.

Sauf que les deux gris-unis se mettent alors à mes côtés, et me relèvent de ma chaise. Ils me tiennent debout et se tiennent avec force attention dirigée sur le poète, force que je ressens profondément. Ils sont là, à me protéger et à imposer le respect au poète. Celui-ci essaye de résister mais j'aperçois alors ce que je ne pensais pas possible. Le poète finit par s'asseoir et ses yeux basculent des deux gris-unis à moi et inversement. Comment ont-ils fait cela ? Je regarde l'un d'eux.

samedi 23 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 18

Chapitre 18

Je me retire dans ma chambre, en sécurité. Je contacte Jean. Celui-ci me dit qu'ils progressent vite. Ils ont une idée qui leur est venue. Plutôt que d'essayer de contrôler les comguides des responsables du Conseil, s'ils leurs dirigeaient des flux d'informations erronées, des perturbations de signaux, un brouillage en quelque sorte, ce serait plus simple. Pas besoin de passer le pare-feu. Certes, le pare-feu bloquera la plupart des parasites, mais d'une part il en laissera passer, mais surtout il s'usera et provoquera une surchauffe de leur propre comguide et donc une incapacité à être totalement opérationnel.

Je trouve l'idée intéressante. Mais n'y-a-t-il pas risque que ceci les déstabilise et les conduise à agir de manière violente ou incohérente. Il me dit que c'est un risque en effet, mais cette incohérence sera aussi en leur défaveur. Avec nos espions, notre connaissance de leurs actions alors très visibles car peu réfléchies, il sera facile de les contrer et de faire éclater au grand jour le jeu de dupe aux yeux de la population de la Cité.

Ma muse adorée

Boucles blondes au vent
Parfum d'été charmant
Robe ou maillot de bain
Rouge à lèvres carmin

Douce voix enjôleuse
Harmonie cajoleuse
Regard profond ardent
Corps tendu vers l'avant

Les désirs non charnels
Mais d'une âme éternelle
L'esprit calme et brillant
La vie, le cœur vaillants

Un nuage soudain
Vient voiler au lointain
La Lune et son doux rêve
En volant la belle Ève

Lorsque la nuit est sombre
Il ne reste que l'ombre
Dans un dernier soupir
Mon plus beau souvenir

De ma muse adorée
Je ne peux que l'aimer



vendredi 22 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 17

Chapitre 17

Au matin, une fois mon repas pris, je décide d'aller rencontrer le capitaine. Il est occupé avec ses seconds quand j'arrive. Quand il me voit, il est un peu surpris, mais il finit son debriefing du matin avec son équipe. Ils parlent de mettre en place des surveillances plus lointaine en direction de la Cité, au cas où des espions tenteraient d'avoir plus d'informations sur nous. Puis il les quitte, avec le salut de rigueur et se dirige vers moi.

Toi aussi, tu penses que le Conseil ne va pas nous laisser tranquille aussi facilement ?

"Je me dis que c'est un peu trop beau... J'ai dû mal à croire que cette inspection, aussi rapide, fut un succès, autant que le collège veut bien le croire. Je me méfie. Pas toi ?"

Évidemment, je ne peux pas tout lui dire, mais je distille certaines informations.

Pile et Face

Pile

Nonchalante et si fière, envoutant tout l'espace
Attirant la lumière, elle cache sa face
Autour d'elle le temps se fige sans le voir
Le silence s'étend, on dirait un trou noir

Aucune violence, tous les sens en suspend
Elle est référence dans ce monde sans plan
Ni chaud, ni froid, l'ambiance est sereine et sans plaie
Quand on en prend conscience, elle reste à jamais

Tous ses gestes sont lents, assurés et précis
Aucun mot ne s'entend et sans aucun soucis
Son intention comprise emporte les plus forts
Les plus rétifs, sans crise et sans faire d'efforts

Son calme se répand sur tous ses compagnons
Le temps est son moment, le lieu ses environs
Rien ne peut la distraire, engagée dans sa danse
Et sans chercher à plaire, elle nous met en transe

Le seul bruit est celui de l'étoffe mouvante
Sous la Lune qui luit, qu'elle porte, charmante
Quand elle prend la main, on succombe à son sort
Maintenant sans demain, dansant avec la Mort


Face

Sous une pluie fine d'été, près de l'orchestre
Un arc-en-ciel sur ses cheveux en arabesque
Le temps s'enfuit près d'elle, emporté par les sens
Toutes ce décibels affirmant sa présence

Avec passions et joies et rires, elle surprend
Centre de nos émois et sur tous les écrans
Une moiteur féline entoure son aura
Elle nous prend, divine, au milieu d'un soutra

Elle ondule et tournoie, indécise et si belle
Rythmant avec sa voix ce petit jeu rebelle
Son pouvoir d'attirance entrainant les plus froids
Comme une délivrance où leur cœur est la proie

Elle prend l'attention de tous ses compagnons
Un futur de passions, jamais tournant en rond
Rien ne peut l'arrêter, envoutée par sa danse
Elle ne sait qu'aimer, notre âme mis en transe

Le bruit de ses talons, de sa robe émouvante
Le Soleil en fanion, sa force est exaltante
Nous prenant dans ses bras, on succombe à l'envie
C'est sûr demain sera ! dansant avec la Vie


jeudi 21 septembre 2017

Automatique : Sous la glace

Sous la glace, le vent brule les espoirs
Défilant selon le rythme cadencé d'une armée
Les égos se pavanant sur les champs élysées
Et pourtant l'esprit cherche son miroir

Figé et hors du temps, j'aperçois le ciel
Qui imprime son mouvement, cycle du Soleil
Au milieu une colombe vole sans pareil
Elle n'a aucune recherche de profit, d'esprit véniel

Derrière ma fine couche d'eau gelée
Je vois poindre à l'horizon les monts et vallées
Accumulant les émotions et les pensées
Et l'aigle tout la haut continuant de voler

Le courant souterrain draine les damnés
Moi je m'accroche de mes ongles à la surface
Je vis, je pleure, je ris, j'ai peur, sans grâce
Et mes mots sont des bulles sous la glace
Qui s'en vont, portés par le courant, puis s'effacent
Je résiste encore et toujours, à l'instant T


La fleur libre

La fleur se nourrit du sol fertile et humide
Elle s'émerveille aux chaux rayons du Soleil
Elle offre son nectar aux pollinisateurs
Ceux-ci nourrissant pour certains de leur doux miel
Les humains admirent la beauté, les senteurs
De cette fleur éclose à l'abri et timide

De sa vie nait d'autres existences si libres
De sa mort, se fondant dans la terre, sa mère
Naitront là d'autres sœurs tout autant sublimées
Elle vit maintenant, profitant sans chimère
De ceux qui l'entourent, donnant sans volonté
Sans espoir de retour, la vie est indicible

Et si elle est cueilli, mis dans un vase d'or
Elle éblouira la pièce de sa splendeur
Elle éveillera un esprit vers la douceur
Tous les sens activés, un temps sans la torpeur
Éphémère et pourtant un éternel bonheur
Son passé, un futur pour l'humain, sans remord


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 16

Chapitre 16

Petit à petit, les gris-unis cessent leurs chants et leur communion avec moi. Je reprends mes esprits, le contact avec le sol et l'espace qui m'entoure. Je suis rassurée. J'ai vécu un instant d'intense bonheur, des secondes éternelles et profondes. Et mes pensées reprennent leur mouvement. Je dois m'assurer que tout avance comme prévu. Je dois m'assurer que le capitaine et le chef ne seront pas un problème. Je dois diriger cette communauté vers la Cité blanche, sur un chemin de douceur, sans violence.

Ce qu'a vu le poète, ces douleurs, ces morts, je dois les éviter. Mais il me faut pour cela arriver à contrer ce Forest ! Il me vient l'idée, en attendant que Jean mette au point un contrôle possible de leurs comguides, et du sien en particulier, d'utiliser Charles-Maurice pour sonder les réactions à distance du Conseil. Il faut fournir une information qu'ils attendent mais qui permettent aussi de déterminer leurs intentions réelles, ou du moins de les anticiper.

mercredi 20 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 15

Chapitre 15

Je sors de ma chambre, suivie et précédée de près par mes deux gris-unis qui ne me lâchent plus d'une semelle. Je me dirige dans les couloirs, en direction de la cellule de désintoxication. Je croise des membres du centre au fil de mes pas. Certains ne me remarquent pas, d'autres affichent un air surpris, un court instant. Je me doute de l'image que je donne, bien malgré moi. Une reine entourée de sa garde marchant la tête haute, perdue dans ses pensées, celles conduites par ses responsabilités. Aussi, à chaque fois que je ressens cette impression fugace, j'applique une image de calme et de petite fille dans les pensées de mes compagnons, afin qu'ils oublient cette divagation. Ainsi, je retarde le plus possible le moment où il me faudra assumer ce rôle, celui de contrôler la communauté de manière passive et douce, pour les conduire sur le sentier de la Cité blanche.

Arrivée devant la porte de la cellule, je me demande comment sera le poète. La porte s'ouvre devant moi, ouverte par mon avant-garde. Je souris presque à cet excès de sécurité, mais je comprends les risques. La prudence est mère de toutes les vertus. Lorsque je rentre, le poète est assis, et non plus sur son lit, la chaise face à une autre chaise en face, la vitre blindée les séparant de quelques mètres. Il m'attendait. Je l'observe, tout en m'approchant de cette chaise laissée à mon intention. Il est encore faible, les yeux encore un peu embrumés, mais le dos est droit et sa respiration profonde et régulière. Jean ne s'est pas trompé. Il reprend vite des forces, même s'il n'a pas encore totalement expulsé ces excès de psychotropes. Je m'assoie face à lui, les deux gris-unis restant à la porte, moi, les mains posées sur mes genoux, dans une attitude de sérénité. Du moins, c'est ce que je voudrais qu'il pense.

S'asseoir et regarder

Corps désarticulés, passions superlatives
Égos démesurés, réflexions si plaintives
Peur du temps qui passe, peur du temps à venir
Tourbillons entrainant notre âme pour le pire

S'asseoir et regarder, non ce que les yeux voient
Laisser aller l'esprit sans s'attacher aux voix
Respirer par le bas, laissant les émotions
S'évacuer en haut, oublier les pressions

Tout est éphémère et tout interdépendant
Tout est une illusion, vérité d'un moment
S'asseoir et respirer, être soi pleinement
Uni à toute vie, et sans isolement

Inspirer l'univers, expirer son amour
Vivre le temps présent, ne prendre aucun détour
Donner sa maigre vie sans attendre un retour
Être un humain simple sans chercher les atours

Alors le corps, le cœur, son moi et sa raison
Marchent sur un chemin sans gouffre et sans démon
Un pas après l'autre, son être à l'unisson
De la vie, des humeurs, ressentir les frissons


mardi 19 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 14

Chapitre 14

Au matin, mon esprit encore dans le reste de mes rêves, je vois plus clairement une possibilité d'agir et de contrôler ces responsables qui dirigent la Cité depuis le Conseil. Il va me falloir l'aide et les conseils de Jean. Je lui demande de venir me rejoindre, de manière discrète. Il me dit qu'il est en train de faire les examens du poète et qu'il viendra tout de suite après.

A peine suis-je réveillée et assise sur mon lit, que la porte s'ouvre et un gris-unis m'apporte mon petit-déjeuner. Je le remercie. Je ne connais pas pour tous leur prénoms, et lui, bien que je le connaisse de vue, je ne le sais pas. Je le lui demande. Il me répond qu'on l'appelle André. Je le remercie encore, mais cette fois en utilisant son prénom.

Claustration - chapitre 15 (fin)

Chapitre 15

Ma dernière nuit. Je passe ma nuit d'abord à méditer sur ma vie passée, ma vie actuelle et ma vie future. Puis je me recentre sur mon moment présent. Je suis libre et serein. Mon corps est fatigué et me demande de se reposer. Alors je m'allonge et je laisse ainsi mon esprit s'envoler dans mes rêves. Je vois une prairie verte immense. Des fleurs la parsèment de leurs couleurs et de leurs odeurs. La chaleur du sol, réfléchissant celle du Soleil qui l'illumine, remonte au travers de mes pieds nus. La fraîcheur de l'herbe vient contraster avec cette ardeur de la terre.

Un peu plus loin, je vois une rivière. Je m'en approche et j'entends, au fur et à mesure que la distance diminue, de plus en plus distinctement. Un flot d'éclaboussure sur des rochers émoussés plantés en plein milieu du courant. Les volutes génèrent des éclaboussures qui viennent parfois atterrir sur mes pieds nus lorsque je suis tout près d'elle. Parfois une pensée me traverse l'esprit, un souvenir de ma vie passée. Elle se transforme en une feuille d'érable qui s'envole dans la brise légère qui m'entoure. La feuille, après quelques va et vient dans un ballet magnifique et circulaire, finit par tomber dans la rivière. La surface n'en est même pas agitée. La feuille se pose délicatement et suit le courant de l'eau, glissant autour des rochers et poursuivant son chemin, sans que rien ne l'arrête. Je la suis du regard.

Les vagues et la Lune

Lorsque la Lune, par un nuage est cachée
Il suffit d'attendre pour revoir sa clarté
Lorsque la feuille tombe au sol d'un ton jauni
Puis sa brune couleur composera la vie

Une larme coule mais elle disparaît
Par un rire, une main tendue, un mot si vrai
Rien ne dure toujours, mais il ne faut pas craindre
De vivre cet instant et arrêter de feindre

Sachant que tout s'efface alors reste le miel
Cette profondeur d'âme élevée vers le ciel
Et sans rien attendre, vous donnez votre amour
Non pas à une ou un, mais à tous tout autour

Détaché des vagues violentes sur le sable
Vous laissez l'écume se répandre, de marbre
Pour ne goûtez que les embruns, le vent marin
Comme tous vos chagrins, il a le goût salin

D'abord vous pardonnez les maux du temps passé
Puis vous n'avez plus peur de ce demain non né
Alors vous êtes là, ici et maintenant
Joie et solitude des mots impermanents

La mort n'est plus à craindre en prenant chaque instant
Comme le dernier d'un long voyage sans fin
Elle viendra un jour, telle une fleur fanée
S'en inquiéter ne la fera pas s'évader

Prenez votre bâton et marchez droit devant
Chaque pas est une victoire sur le temps
Votre égo déposé comme un trop lourd fardeau
Vous serez conscience, vivant vos idéaux


lundi 18 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 13

Chapitre 13

Alors que je me repose, j'entends dehors, devant ma porte, des éclats de voix. Je reconnais le chef qui voudrait entrer et me parler. Mais manifestement, les gris-unis ne le laissent pas faire, muets mais fermes. Je me réveille, me redresse sur le bord du lit. J'envoie un message aux gris-unis : laissez-le entrer, il ne partira pas tant qu'il ne m'aura pas vu. Aussitôt, la porte s'ouvre, laissant passer d'abord un des gris-unis, suivi du chef, furieux. L'autre gris-unis reste devant la porte, entrouverte.

Le chef hurle tant il est en colère. "Que signifie ceci ! C'est quoi ces "gris" qui gardent ta porte ? Ca veut dire quoi ?" Je lui réponds, sur un ton très calme, chuchotant presque, que c'est pour assurer mon repos. Je suis très fatigué après mes activités récentes. Il ne semble pas totalement satisfait, mais fait semblant d'y croire et reprend son calme pour aborder le vrai sujet de sa visite.

Claustration - chapitre 14

Chapitre 14

Les deux gardes n'osent pas me regarder. Ils se tiennent à mes côtés, de chaque part de ma chaise. Ils n'osent pas me parler, ni même échanger quelques mots que ce soient, même entre eux. Je sens leur tension. Pourtant, ils ne sont pas concernés. Je suis l'accusé, ils ne sont que des acteurs d'une pièce mal jouée par des acteurs fébriles, tel l'accusateur de la liberté. Eux sont des tierces personnages, en fond d'écran, sans effet sur le cours de l'histoire.

Pourquoi vous sentez-vous si mal à l'aise ? Vous n'êtes pas responsables de ce qui m'arrive... Je ne comprends pas votre gêne. Vous n'êtes pas concernés.

L'un des deux gardes se tourne légèrement vers moi. Il regarde son camarade. Celui-ci ne bouge pas. Il reprend sa position, droite, fixant le mur et cette lumière rouge toujours allumée. Ils restent ainsi un long moment. Le second tremble, sa main sur son arme de poing à sa hanche. Mais il n'a pas l'intention de l'utiliser, il est simplement pris de cette anxiété que je ne saisis pas, et ne veut pas la montrer. Il la combat de toutes ses forces. Le premier refait un quart de tour, non vers moi, mais vers son partenaire. Il le dévisage, toujours silencieux. Il reste ainsi de longues secondes.

L'égo est la prison de notre humanité

Le Soleil se lève, reléguant le passé
A des instants douleurs, pour ne garder que l'aube
Et ce moment présent, du pardon son humble ode
Inspirer, expirer, vivre là, avancer

Expirer ses émois, son égo, ses pensées
Inspirer cette vie, futur en construction
Ne jamais oublier, délaisser ses tensions
Être soi, dans le calme et la sérénité

Une fois recentré, là, sans but ni profit
Je me tourne à nouveau vers les autres, perdus
Je ne suis pas guide, j'utilise ma vue
Ma conscience ouverte pour éclairer la nuit

L'égo est la prison de notre humanité
Elle empêche d'aimer, d'aider, de pardonner
Elle fausse tous les jugements, embrouillés
Crée partout des tensions, là, sans réalité


dimanche 17 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 12

Chapitre 12

Un des gris-unis vient me réveiller, doucement, comme si j'étais une pierre précieuse. Il me soulève doucement et m'aide à me lever. Charles-Maurice et le poète sont arrivés et Jean me fait demander. Je suis debout, je reprends mes esprits. Je communique avec gris-unis, par la pensée.

Je vois toujours cette image de la Cité blanche, celle de mes enfants, mais aussi celle de cet homme sous son capuchon face à la tour centrale. Je ne sais pas qui sait. Il m'impressionne. Je ne saurais dire pourquoi. Je ne sais pas si ce sont des visions d'un futur ou de simples rêves. Quand dites-vous ?

Il prend une pause, communiquant avec ses semblables et me répond : "Ces images sont un futur possible, incertain, mais possible. Quant à l'homme sous le capuchon, vous savez mais vous refusez de le voir. Vous n'êtes pas prête. Pour le moment, il vous faut agir dans l'instant présent. On vous attend."

La beauté cachée

La beauté humaine se cache très souvent
Sous un fard, les yeux mats, se dissimulant
Sous une capuche, la tête recouvrant
Sous un lipstick rouge, les lèvres s'entrouvrant

L'émotion se déploie sous des draps de soie blancs
Sans faux pli, en douceur, comme un lac transparent
Pudique, insoumise, l'âme au soleil levant
Rien ne saura stopper ses longs pas de géant

Masquant son histoire, passé las révolu
Elle ne vit que pour son grand amour déchu
Et pourtant, un début de sourire confus
Efface la froideur d'un automne reclus

Les mains voudraient saisir l'être aimé en douceur
Mais elles n'attrapent que le vide des pleurs
Elles se raccrochent au plis du débardeur
Camouflant en soupirs ses plus terribles peurs


Automatique : Je suis seul dans mon monde

Tous ces sons, tous ces mots, toutes ces phrases
Autant de lames inondant mon être assailli
Je voudrais ne plus entendre, sauf les vagues
Je voudrais ne plus ressentir, sauf l'écume

Lorsque les mots dits mentent et sont tous sauf vrais
Lorsque les esprits oublient le passé pour un univers irréel
Lorsque les cœurs deviennent froids lors qu'ils étaient brulant
Lorsque les corps s'affrontent lors qu'ils s'unissaient

Toutes ces accusations sans fondement
Toutes ces suppositions contraire aux actions et au paroles
Je voudrais ne plus écouter, sauf le ressac
Je voudrais ne plus éprouver, sauf l'eau s'étalant sur le sable

Lorsque les amis d'antan, les personnes aimées nous torturent
Lorsque l'aide apporté au fil des années s'évanouit en un seul mot
Lorsque l'amour donné est effacé d'un revers de la main
Lorsque la famille construite au fil des épreuves se disloque

Je voudrais stopper le temps, ma bague à mon doigt pour l'infini
Je voudrais être vivant, enfin vivant, sans conflit
Je voudrais m'envoler loin de ce monde de l'oubli
Je voudrais mais je dois affronter les walkyries

Lorsque le sable crisse sous mes pieds pour me rappeler que j'existe
Lorsque le vent soulève mes cheveux pour me rappeler que j'éprouve
Lorsque la mer s'étale devant moi pour me rappeler que je souffre
Je suis seul dans mon monde, les yeux fermés, rêvant l'avenir


Claustration - chapitre 13

Chapitre 13

Les secondes passent, tel un vol d'hirondelle virevoltant à l'infini dans le ciel, en dessinant des courbes et des droites d'une harmonie collective parfaite. Les jurys me regardent mais ne savent plus s'ils regardent un accusé ou s'ils se regardent eux-mêmes. L'accusateur de la liberté tente de se reprendre mais reste cloué sur sa chaise. Il est comme aspiré vers les profondeurs de son âme, maintenu par ses pieds, sa conscience, sur la terre, tandis que sa tête s'étire vers le ciel, comme s'il était soumis à l'écartèlement psychologiquement. Mais il lutte, et finit, tant bien que mal, par se relever, s'appuyant de ses deux mains sur son bureau, vieil homme d'à peine quarante ans, obligé de se tenir aux meubles pour rester debout.

Il essaye d'ouvrir la bouche, mais les dents restent serrées. Il inspire rapidement, après une course de mille mètres à pleine vitesse, peinant à retrouver son souffle. Ses bras tendus, il repose tout son poids sur la table. Il ferme les yeux, se reconcentre, fait le vide et calme enfin petit à petit son rythme ventilé. Il rouvre les yeux, la bouche et sa voix, d'abord tremblotante, sort du fond de son larynx noué.

"Vous venez..."

samedi 16 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 11

Chapitre 11

A peine sont-ils partis, que chacun retourne à ses occupations, sauf le collège, hormis le poète qui est toujours dans la grotte. Même le chef est venu, après avoir attendu leur départ et s'être assuré qu'ils étaient bien repartis vers la Cité. Nous sommes dans une des salles de réunion du centre. Ils commentent tous à tour de rôle la visite. Pour le chef, aucun incident à déclarer. Ils n'y ont vu que du feu. Pour le capitaine, l'inspection a été réussie. Il a même eu les compliments du militaire venu l'inspecter. Pour Jean, hormis son inquiétude dont il m'a fait part mais qu'il tait durant la réunion, le technocrate était lui aussi content des indicateurs, de nos procédures et des limites raisonnables d'erreurs que nous avions maintenues.

Restent l'architecte et moi... Par la pensée, je lui demande de minimiser l'attitude de Monsieur Forest, sans pour autant cacher ce qui s'est passé. L'architecte prend donc la parole et indique que ce Monsieur Forest a fait preuve d'une certaine cruauté envers un des "patients", et que même lui a dû plier les genoux face à cet homme. Il n'y a cependant rien à craindre. Le poète a déterminé par ses prévisions que tout allait bien se passer pour nous. On me demande si j'ai pu sonder son cerveau. Je réponds de manière évasive mais tout en donnant quelques détails. J'ai pu pénétrer, grâce à l'action conjointe du "patient" et de l'architecte, à contourner les pare-feux de cet homme. Pour autant, je n'ai pas vu énormément de choses. Il venait pour savoir si nous représentions un risque, et il semble qu'il soit persuadé que non. Donc cela confirmerait les visions du poète.

Automatique : Le feuille s'envole, les idées restent

Le feuille s'envole, les idées restent
Les lettres s'enchainent en mots, en phrases
Ruisseau, rivière, torrents d'émotions
Pour se déverser dans l'océan de mon être

Le calme de la surface, réfléchissant la Lune
Masque les courants profonds et tectoniques
De mes pensées infinies et pourtant éphémères
De mon cœur crachant sa lave sous-marine

Au hasard d'un chemin, ma Lune se personnifie
Un visage aimé, un corps agile et vivant
Et mon ombre se répand un peu plus sur le sol
Perdant de vue la réalité de ce monde

Mes écrits sans valeur s'agglutinent dans les bas-fonds
Et deviennent le limon qui alimente mes démons
Parfois je me demande non pas pourquoi j'écris
Mais pourquoi certains me lisent

Faut-il que l'exhalaison des remords, de l'amour perdu
Est un parfum aussi puissant que les lotos
O, il m'arrive bien sûr de remonter à la surface
Aspirant une bouffée d'oxygène, ce poison naturel

Et du regard, tout d'un coup, voyant l'horizon tout autour
Je me prends à espérer de survivre et de ne plus couler
A tenter de rechercher le meilleur de moi même
Cette humanité absolue, cette douceur de vie

J'oublie même, ne serait-ce qu'une seconde, une éternité
Mes délires, mes fautes, mes manquements
Me pardonnant et tenter d'être vivant enfin
De goûter cet instant comme si c'était le dernier

La Lune fait sa révolution autour de la Terre
La Terre autour du Soleil, le Soleil autour du centre
Ce trou noir de la voie lactée, ombres et lumières
J'espère que ma révolution est plus utile

La révolution, c'est faire un tour sur soi-même
Revenant au point de départ, sans changement
Mais c'est aussi cette course qui finira
Par être absorbé in fine et réduit en atome

Si la fin est inconnue, l'important est maintenant
Demain viendra, peut-être, et on le saura assez tôt
Hier n'est plus, même si ce fut mes meilleurs moments
Alors je le garde par mes écrits, une vie s'échappant

vendredi 15 septembre 2017

Claustration - chapitre 12

Chapitre 12

Un jour, maintenant...
Quel jour nous sommes n'a plus aucune importance. Je suis maintenant. Mon dossier vide est vide comme le bol devant moi l'est. Il est plein de vide. Et je suis vide de plein. Les interactions qu'ils ont avec moi ne sont que des phénomènes passagers. Ils ne durent pas. Les chocs électriques finissent par s'arrêter. La noyade finit par s'arrêter. La douleur et la privation de sommeil finissent par s'arrêter. Moi, je reste. Je suis toujours là, en moi et face à eux.

Je ne veux plus dépendre de leurs temporalités. Je veux être ma temporalité. Je n'ai rien à avouer car ils n'ont rien à demander. Je n'ai rien à faire ici, car ma place est ailleurs. Je ne suis plus leur prisonnier, leur condamné en puissance, je suis un homme qui pense, respire, ressens et vit. Ce bol est moi. Vide et plein à la fois. On peut le briser, il ne sera plus le bol d'avant, mais ses composants seront les mêmes, même éclaté en milles morceaux. On peut le détruire, le transformer chimiquement ou par le feu, il sera alors devenu autre chose, mais il restera, non plus un bol mais autre chose. Le bois qui brule ne devient pas cendres. Le bois qui brule est bois. La cendre est cendre. La cendre ne peut redevenir bois, le bois n'est plus lorsqu'il est cendres. Tout ceci n'est que temporalité. Les atomes eux demeurent et resteront ainsi pour l'éternité.

Ils peuvent me torturer, me tuer même. Je resterais, dans ma temporalité. Ils peuvent remplir et vider le bol, le bol demeure, jusqu'à ce qu'il le casse.

Ballet pervers

Les hypocrites et les lâches se succèdent
Une ronde autour de chaises dont il manque une
Et je les vois courir, sans trace d'âme aucune
Se poussant des coudes, guerre d'égos sans trêve

C'est un jeu stupide, nauséabond, futile
Personne ne gagne, tout le monde s'y perd
Je refuse d'entrer dans ce ballet pervers
Je reste entier, debout, goûtant le temps qui file

Leur jeu politique n'a aucune logique
Faux-semblants, mensonges, coups bas et trahisons
Le désir de pouvoir, qui n'est qu'illusion
Hommes il sont, Hommes sans justesse ou éthique

S'il me faut perdre mon confort si matériel
Pour rester en accord avec mes convictions
Em mon humanité, ma liberté d'actions
Je resterais debout, la tête vers le ciel

Je suis libre et rien ne me fera leur céder
Mes genoux n'iront au sol que pour méditer
Fier, vous dites ? Oh non, simplement détaché
Des pressions factices, et libre de penser

jeudi 14 septembre 2017

L'automne gronde en moi

L'automne gronde en moi
Le vent secoue mes mortes émotions, fanées
Jaunies par le temps froid
Tels mes vieux cahiers emplis de peines passées

Mes maux tombent au sol
S'amoncelant, en compost pour d'autres futurs
Mes poésies s'envolent
Brunissant dans mon combat quotidien et pur

La lumière décroit
Tous les jours sous le Soleil mais m'illuminant
De la Lune la proie
Mes nuits sont des miracles où ma vie s'étend

Lettre après lettre, en mots
Je m'effondre vers l'hivers, espérant l'été
Ne plus être un égo
Mais arbre millénaire, racines plantées

Peu importe le vide
De mes branches dénudées si mon tronc survit
L'âme reste lucide
Et ma sève s'écoule, torrent de ma vie

Je puiserais, patient, 
Dans mon passé achevé tous les matériaux
Mon temps présent conscient
Pour rêver sans relâche de nouveaux joyaux


mercredi 13 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 10

Chapitre 10

Je laisse l'architecte suivre ce sale individu. Moi, je reste avec le gris-uni. Je lui demande comment il va. Il me répond : "Nous allons bien, mais vous, non !". Je suis surprise. Mais j'insiste sur ce qu'il a subi. Je voudrais savoir comment cela était. Était-ce comme avec Léto ? Il me répond qu'il n'a jamais eu à subir une attaque de Léto, mais au contraire une totale bienveillance en permanence. Il ajoute que pourtant, il sait, comme les autres le lui ont aussi confirmé, que cet homme n'a pas les capacités de Léto. Il n'était qu'en surface, n'agissant que sur les connexions électroniques, et pas sur le cerveau lui-même et ses liaisons synaptiques.

Je n'arrive toujours pas à m'y habituer, et pourtant, cela fait près de quatre années que je les côtoie, et très régulièrement, même. Ils forment une communauté dans la communauté. Ce que l'un ressent ou pense, les autres le savent immédiatement. S'il souffre, les autres le soutiennent. C'est ce qui a dû se passer ici. Je le lui demande. Il me répond que volontairement, pour ne pas éveiller les soupçons, et aussi pour savoir jusqu'où il pouvait aller, ils ont décidé de ne pas agir pour l'aider, tous en accord. Ils ont aussi agi ainsi car ils savaient que c'était la seule chance que je puisse pénétrer son système de défense, en le poussant à bout. D'ailleurs, ils trouvent que l'architecte a été courageux en s'exposant volontairement lui-aussi, pour me donner cette chance.

Je suis moi

Avant la moindre peine emportait mes pensées
Au-delà de mon être, ensevelit vivant
Dans un typhon, larmes intérieures, brulant
D'un brasier tel enfer, mon cœur en dépression

La vie en communauté était pour moi souffrances
Les échanges vides, sur le temps, les repas
Des poignards enfoncés dans mon esprit, trépas
Lors que la réflexion, philosophie, ma transe

Je me suis enfermé dans la logique pure
Tout en préservant les humains que je croisais
Empathie inviolable en oubliant mes plaies
Contre l'injustice et la société si dure

Aujourd'hui j'accepte mes révoltes et cris
Je me tourne vers l'autre, être vivant sensible
Passions, indignations, j'accepte d'être cible
Si je peux soulager, et pleinement en vie

Je refuse d'être ce robot qu'on attend
Je pleure et je ris fort, je suis ému, vivant
J'écris mon moi profond, sans peur du jugement
Anormal ? Soit ! Je suis ici et maintenant

L'amour est avec moi, tout autour de mon doigt
Mes mains et tous mes mots poussant mon idéal
Jusqu'au dernier souffle, sans jamais un rival
Je vis enfin, parmi les humains, je suis moi !


Claustration - chapitre 11

Chapitre 11

Ce 41ème jour fut long ! Je m'aperçois par la fatigue de mon corps, la faim de celui-ci lorsque je vide ce bol d'un rond parfait, que le temps imposé sur la table a dû être une journée entière, peut-être même plus. Nous devons en fait être déjà ce 42ème jour. Mon corps est fatigué, comme s'il avait travaillé plus de 24 heures sans s'arrêter. Mais mon esprit, lui, est reposé. Pendant cette longue journée, j'ai choisi de faire le vide, de ne plus penser, de ne plus être sur la durée, mais de n'être que chaque seconde, différentes à chaque fois. Chaque instant était mon instant, et non celui que l'on voulait m'imposer. Je fus, je suis et je serais.

A peine ai-je le temps de finir mon bol, que la porte s'ouvre à nouveau, l'accusateur est devant la porte et m'observe. Je me lève, avec difficulté, mon corps répondant mal à mes stimuli nerveux. Je le regarde dans les yeux, toujours avec cette douceur et cette quiétude, sans défit mais affirmation de moi-même. Il se retourne et crie : Encore !

mardi 12 septembre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 9

Chapitre 9

A notre approche, Monsieur Forest ne bouge pas d'un centimètre. Il reste immobile, les mains croisés derrière son dos. Il fixe l'architecte, comme à son habitude, il m'ignore totalement, moi qui marche un pas derrière lui, en signe d'infériorité de ma fonction. Les salutations d'usage passées, l'architecte demande ce que veut voir ou faire Monsieur Forest.

Celui-ci dévisage l'architecte, puis lui répond qu'il voudrait voir un des patients qui fut remis dans sa cellule hier, suite à l'incident. L'architecte lui dit que c'est possible mais qu'il faudra faire attention car c'est un sujet potentiellement violent. Il lui suggère d'être accompagné par un des gardes, car celui-ci étant toujours en confinement, les autres gardes sont à leur poste de surveillance et d'aide au médecin. Monsieur Forest refuse. Il n'a pas besoin de garde. Et certainement pas de celui qu'il avait hier.


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