dimanche 22 octobre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 42 et fin

Chapitre 42 et fin

Léto et moi, avec les gris-unis ne savons pas comment agir. Oui, il serait possible de bloquer mentalement cette armée, comme il l'a déjà fait pour le reste de la garde dans la Cité. Mais ils se réveilleront, et la guerre reprendra. Tout comme les responsables du Centre se réveilleront et reconstruiront leur émetteurs. Ce n'est pas la bonne voie. Ce n'est pas la bonne méthode. Nous avons gagné une bataille mais pas cette guerre !

"Je suis d'accord avec toi, Juliette ! Nous ne pouvons gagner ainsi. Devons-nous même gagner cette guerre ? Une guerre reste une guerre. Du sang, des larmes, des morts... Je ne veux pas de cela. Je n'ai tué personne durant mon intervention, ni avant, ni maintenant, ni plus tard. En fait si, avant, lorsque nous nous sommes en tout premier lieu libérés et que je n'avais pas encore compris l'impact de mes actes ni leur signification. J'ai décidé très vite de ne plus agir ainsi, et tu le sais bien !"

Oui, mais qu'allons nous faire ? Le temps qui s'écoule, même si nos échanges se font à une vitesse supérieure à la parole, vois les corps d'amonceler sur le bord de la route, dans les abords de la forêt. Nous devons agir, et je suis comme toi, je ne veux plus de sang. Ce n'est pas ainsi que nous construirons cette Cité blanche, pas sur le lit d'une montagne de cadavres, que ce soient les nôtres ou les leurs.

"Et pourquoi faites-vous une séparation : les nôtres ou les leurs ?", demande l'un des gris-unis.

Cerisiers en fleurs

Il y a des instants purs et si éphémères
Que l'on voudrait les voir durer l'éternité
Mais elle n'existe pas cette infinité
Du temps réel autour de nous et nos chimères

Pourtant ces secondes persistent si longtemps
En notre cœur, notre âme, assagis et ravis
Notre mémoire ne perdra jamais l'envie
De replonger heureux dans cet enchantement

Un parfum, cerisier du Japon et ses fleurs
D'une douceur rose et blanche si enivrant
Un tableau onirique emportant le courant
De mes pensées dans un flux d'amour qui m'effleure

Une féminité traditionnelle un ange
Invitant au voyage en ses contrées lointaines
D'un sourire amical sans fausseté mondaine
La muse et la nature unies un rêve étrange

Ce songe ne prendra jamais corps illusion
D'un esprit embaumé dans son propre univers
Mais refera surface en goûtant ce thé vert
Préparé hors du temps pensée sans confusion


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 41

Chapitre 41

La solution était sous nos yeux ! Léto, leur point faible, comme dans toute guère selon le chef et l'architecte, ce sont les moyens de communication. Ils utilisaient leurs comguides pour communiquer entre eux, selon une fréquence longue distance, contrairement à son usage habituel. Mais ils avaient également prévu que cela puisse être détourné, sans doute peut-être suite à ton action et ton hackage de ce moyen il y a quatre années. Ils ont donc développé une autre façon, toujours utilisant le comguide mais en passant par l'oreille interne. Or, c'est leur point faible maintenant. Ne comprends-tu pas ? L'oreille interne gouverne l'équilibre, la capacité à pouvoir se concentrée, à réfléchir et penser correctement. Quand j'ai voulu apprendre leur langage, j'en ai moi-même souffert, et l'effort que j'ai fourni était trop fort, comme tu m'en avais prévenu. J'ai failli en mourir. Mais j'ai en fait été simplement annihilée, incapable d'agir. Voilà, leur point faible !

"Je comprends ton raisonnement. Mais j'ai déjà du mal à globaliser mes attaques, je n'ai pas la force suffisante pour atteindre tous les soldats. De plus, seuls les cadres en sont dotés !"

Oui, et le Conseil ! Il faut briser la chaine de commandement. En faisant ainsi, les soldats ne sauront plus quoi faire. Les ordres n'ont pas encore été transmis, mais vont l'être d'une minute à l'autre. Peut-être est-ce même une question de secondes...

"Mais je te répète, même en réduisant le nombre, je n'y arriverais pas. Je suis déjà épuisé, Juliette. Je suis désolé. Je comprends que tu veuilles éviter cela, mais c'est hélas mon destin..."

samedi 21 octobre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 40

Chapitre 40

Nous sommes donc face à face, Charles-Maurice et moi. Jean est à mes côtés et tient ses outils de médecin qui contrôlent ma tension, mon activité cérébrale, mon état général. Charles-Maurice me fait un signe de tête et je plonge dans son esprit. Il est grand ouvert. Je vois les sentiments pour moi, je les passe. Je continue et j'arrive à la zone des connaissances. Je l'entends qui récite les codes. Pour le moment, je n'y comprends rien. Ce ne sont que des successions de mots et de signaux que je ne maîtrise pas. Il dit à haute voix que je dois ressentir avec mon oreille interne sinon je n'apprendrais pas à décoder.

Je me concentre donc sur mes organes qui contrôle mon équilibre. Je les place en phase avec ses signaux. Ma tête me tourne. Je manque de perdre l'équilibre, mais Jean me retient et je reprends ma position assise, en assurant mieux mon assise. Je me tiens le dos droit, la tête redressée, la colonne vertébrale droite. Il faut que j'ignore les signaux divergents de mon oreille interne et ceux que le reste de mon corps m'envoie. C'est un peu comme le mal de mer. Le bateau est stable selon le voyageur, mais l'horizon ne cesse de trembler, si ce n'est qu'ici, c'est exactement l'inverse. Mon horizon est stable, mon corps bien ancré, mais mes oreilles internes me disent le contraire en m'envoyant des discordances dans mes ressentis. Alors je fixe le lointain, comme il est conseillé dans les cas de mal des transports. Mon regard est plus fort que ces indications erronées. Je reprends enfin le contrôle et je replonge dans l'esprit de mon professeur.

Joie de vivre

Sous la pluie généreuse et chaude, s'abritant
D'une large feuille recouvrant, mère, enfant
Les pieds enfoncés dans la rivière limpide
Leurs joies de vivre ensemble est un bonheur candide

Est-ce un jeu ou travail pour la vie quotidienne
Quoiqu'il en soit, ce sont des rires qui reviennent
Comme l'eau sera de nouveau au rendez-vous
Le lendemain, saison des pluies et des haïkus

Les yeux plissés, lèvres dévoilant un amour
Complice et amusé, porté par leur humour
L'averse, au lieu de les séparer, les unit
Dans un moment béat, un instant infini

La nature accueille les deux êtres charmants
Dans sa verdure pure et spirituellement
Elle les entoure de ses bras attendris
Les deux, l'un de l'autre, amusés, sont épris


vendredi 20 octobre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 39

Chapitre 39

Je plonge le plus loin qu'il m'est possible de faire. Je ne suis pas Léto, je n'ai pas ses capacités. Et c'est à peine s'il peut laisser ouverts les pare-feux, tant il est occupé à ne pas mourir et à écraser ses adversaires immédiats. Je n'arrive pas à trouver le mécanisme, le moyen par lequel il continue de communiquer avec le Conseil. Et pourtant, il communique, je le sens. Les images partielles que je reçois sont claires : les signalements des déplacements et des meilleures positions à tenir sont transmises en temps réel, même si je n'en vois que des brumes et aucune image claire qui pourrait aider Léto.

Près de moi, Jean me touche l'épaule pour me sortir de ma transe. Ils ont retrouvé Charles-Maurice. Il se tient devant moi, ligoté. Le poète se tient à ses côtés. C'est lui qui prend la parole en premier.

"Juliette, nous l'avons retrouvé se cachant dans une des dépendances du centre. J'ai essayé de l'interroger, mais rien n'y a fait. Il reste fermé, même en essayant de deviner son avenir ou son passé immédiat, je n'ai rien trouvé. Nous avons pensé que toi, peut-être, tu pourrais y arriver ou le convaincre de parler."

Série de Haïku 26

Si la vie effraie
Oubliez le passé un temps
Et goûtez le vrai

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Quand l'âme s'emploie
A parcourir les distances
Elle ouvre la voie

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Ne méprisez pas
Mais agissez justement
Et parlez tout bas

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Temps n'est pas durée
Le temps mondain n'est pas vrai
L'être-temps lui l'est

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Lorsque vous aimez
Tel papillon dans le vent
Vous resplendissez

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Ne confondez pas
Le reflet de l'existence
Et la vie, dharma

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Laissez votre égo
Son langage est narcissique
L'âme pour crédo

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Vivez chaque instant
Pour donner et pardonner
Et voir le printemps

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Meurtri et blessé
Pleurer n'est pas une honte
Haït est glacé

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Si demain viendra
Maintenant est son substrat
Présent apostat

Automatique : Paysages souverains

Je disparais dans les feuillages des arbres bercés par le vent
Je m'enfonce dans les algues recouvertes par les lotus du lac
Je me cache sous le pont des souvenirs innocents

Apercevant le Soleil, je ne vois que mon ombre
Allongée sur le sol, tel un corps dessiné après un crime
D'un gris unis, ignorant les aspérités de la vie

Sous les rayons blafards de la Lune, je ne suis plus
Je ne subis plus ses effets, comme un loup garou
Je m'efface pour laisser la rosée se préparer au matin

Et pourtant, face à cette vision calme et posée
Je me sens à ma place, fané et inodore
Mais vivant, dans un plan perpendiculaire à la réalité

J'admire les paysages souverains, les âmes nées
Les âmes disparues, les voix qui se sont tues
Les mains qui n'écrivent, ne dessinent ou ne sculptent plus

Les pieds dans la vase, le thorax pressé par des blocs de pierre
Ma tête s'envole dans les nuages, libérée
Elle emporte avec elle mon innocence loin des tortures


jeudi 19 octobre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 38

Chapitre 38

Mais Léto arrive à les semer. C'est vrai qu'il est capable de voir lui aussi où les gens se trouvent grâce à son don. Il anticipe leurs mouvements et finit par se retrouver à nouveau dans une zone un peu plus sûre. Les tirs de canons s'arrêtent, non parce qu'ils ne savent pas où il est, mais parce qu'il est dans une zone difficile à atteindre par un bombardement, sauf un bombardement de masse. Mais ils n'oseraient pas ! Léto ? Ils n'oseraient pas ?

Léto ne me répond pas. Il est trop occupé à rendre inopérant les uns après les autres ces hommes qui le poursuivent maintenant à pied dans les rues. Et les ordres continuent d'arriver au capitaine que j'ai choisi pour récepteur en provenance du Conseil, donnant les positions successives de Léto. Mais à chaque fois, comme je le préviens, il continue à jouer au chat et à la souris, sauf que les chats sont très nombreux et bien armés. Ceci dit, la souris l'est aussi et elle continue de décimer un par un ses matous grisâtres. Même les premiers renforts ne suffisent pas. D'autres hommes sont encore annoncés. Encore ! D'une centaine, maintenant ils sont presque mille !

Aphrodite des temps modernes

Icône de beauté, quasi presque irréelle
Sourire mystifiant, Femme totalement
Sensibilité à fleur de peau perpétuelle
Des courbes uniques avantageusement

Et pourtant incomprise et d'une vie tragique
La plus adulée mais las la plus bafouée
Son rire et sa douce voix cachaient, onirique
Son âme mise à mal, l'amour désavoué

Son côté ingénue dissimulait passions
Son intelligence masquée par des clichés
De la pellicule dépassant sa fiction
Jusque dans sa vraie vie, son diamant ébréché

Elle reste une étoile en la cinémathèque
La féminité qui saisit sa liberté
La déesse telle magnificence grecque
Dans un monde d'hommes hélas précipitée


mercredi 18 octobre 2017

Muse entourée par l'hiver

Le froid voudrait tenter de s'emparer de tout
Les souvenirs, la vie, le futur et l'amour
Il n'est pas encore présent là tout autour
Qu'il voit déjà la glace emprisonner ce fou

Mais le dément obscur ne s'en laisse compter
Il maintient, tête droite et cœur ouvert son temps
Ce temps sans attache, ce temps à contre-temps
Sa pensée s'évade sans se laisser dompter

La beauté magique, les yeux bleus, lèvres roses
Ne saurait disparaitre au grès du sens du vent
De la mémoire émue d'un exalté vivant
Il en fait son caveau, son landau, sa névrose

Grâce parmi toutes les nymphes mirifiques
Son sourire apaisé n'est plus énigmatique
Sa voix s'écrit sur du vélin initiatique
Son regard s'évade en son âme magnifique

Alors si ses doigts sont gelés, sa poésie
Saura raviver le feu divin de sa muse
Et sauver l'esprit lourd d'un passé sans excuse
Malgré l'hiver il ne connaîtra l'amnésie


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 37

Chapitre 37

Maintenant, Léto a quasiment démobilisé, sans les tuer, les gardes qui tenaient le pourtour de la place du Conseil. Je ne vois plus non plus de risques immédiats près de lui. Je profite de son accès à ses sens pour utiliser tous les moyens possibles pour seconder sa conscience du terrain. Avec les yeux, bien sûr, notamment sur les angles périphériques où l'attention est moins portée naturellement, je le préviens des mouvements perceptibles. Avec l'ouïe, je vais au-delà du spectre usuel des sons audibles pour le cerveau humain pour anticiper des bruits d'armes que l'on charge ou de tourelles que l'on fait tourner. Via ses pieds sur le sol, j'utilise le toucher pour ressentir les vibrations produites par les véhicules. L'odorat me permet de sentir les effluves corporelles ou de combustibles, en fonction du sens du vent. A part le goût qui n'est pas très utile, je suis sa deuxième conscience.

Toujours enraciné dans sa position défensive et offensive, à l'écart de la place elle-même, mais avec un visuel dessus, il commence maintenant à se concentrer sur les armées disposées tout autour du bâtiment. Les mouvements de troupes se sont déjà opérés depuis un moment. Ils savent qu'ils se passent quelque chose, ils ont vu leur camarades tombés au sol, inanimés tout autour, perdus les communications avec eux. Mais ils ne savent pas d'où vient l'attaque, ni combien sont les assaillants. Du coup, ils ont pris une position défensive du type forteresse. Par groupes multiples, se croisant les uns les autres, ils quadrillent l'intégralité de la place, tout autour de la tour. Les armes sont engagées et attendent simplement de trouver leur cible. Mais ils ne la voient pas, et c'est heureux car ils sont lourdement armés, et ce ne sont pas les quelques murs de briquettes qui le séparent d'eux qui protègeraient Léto.

mardi 17 octobre 2017

Volcan et Océan éveillés

Le calme est bien fragile alors que les attaques
Se multiplient sans cesse et pourtant sans raison
L'injustice subie pousse à abandonner
Malgré soi la distance envers l'exhalaison
D'effluves marines si malintentionnées
Ces reflets agités, voire paranoïaques

Le souffre dégagé du volcan se répand
Dans l'air supplicié de la vie prisonnière
Des nuages brulant s'échappant, meurtriers
Un désert aérien embrumé pour bannière
Aucun aigle ne peut survivre expatrié
Dans cet azur blanchi, les heures en suspend

L'océan englouti le reste des espoirs
Sous ses coups de butoir comme ferait l'enclume
Du forgeron usant de ces pierres de lave
Les vagues s'abattent avec force et écumes
Afin de ne laisser que des restes d'épaves
La survie ici est bien plus qu'aléatoire

Et pourtant, sous cette tempête, se maintient
Dans les fonds abyssaux, le socle du pardon
Dans les cieux argentés, au-dessus de l'orage
Se trouve l'éternel amour, ce Cupidon
Qui ne saurait se taire alors que le naufrage
Peut être évité si l'on n'est pas tragédien

Et la nature se calme alors, plus paisible
Laissant place au spectacle incroyable, émouvant
Des émotions pures, de l'égo assoupi
De sa matière brute où la houle au levant
Embrasse les côtes dressées de l'Olympie
Formant une entité belle et indivisible


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 36

Chapitre 36

Les gris-unis me servent de relais. Je reçois les informations que les rescapés sont en sécurité. Près de mille personnes ! Dans le même temps, l'architecte m'indique que les sabotages du train et les pièges le long des chemins possibles sont en place. Quant au chef, il m'indique que les portes de la Cité s'ouvrent, et comme prévu par Charles-Maurice, les armées avancent fièrement sur leurs montures de métal et de feu. Ils sont prêts à les recevoir. Ils attendent qu'ils arrivent juste après la lisière de la forêt qui borde la Cité.

Et toi Léto ? Que fais-tu ? Es-tu prêt ? Que pouvons-nous faire ? Dis moi quelque chose, s'il te plait ! Je ne sais même plus comment tenir... Mes enfants ont quitté la chambre et sont venus à côté de moi, malgré l'interdiction du poète. Il est désolé. Il me dit qu'il a tout fait pour les décourager, que ce n'était pas de leur âge. Je le sais. Mais ils sont têtus ! Comme leur mère ! Il sourit à cette phrase. Mes enfants me regardent fixement. Qu'avez-vous ? Pourquoi me fixez-vous ainsi ?

"Léto hésite à rentrer en contact avec toi. Il a peur de te fatiguer..."

lundi 16 octobre 2017

Œuvres de jeunesse : L'Art & l'Amour pour l'Absolu - Chapitre V

Chapitre V (et fin)

Vers l'Amour

De sa recherche, il trouve l'Amour dans la Mort
Puisque personne en vie n'a pu lui démontrer
Qu'il y avait une raison pour vivre encore
Cette vie sans amour, puisqu'on ne peut l'aimer.

Œuvres de jeunesse : L'Art & l'Amour pour l'Absolu - Chapitre IV

Chapitre IV

Vers la mort

Il s'intéresse à tout puisque rien dans ce monde
Ne s'intéresse à lui, lui, le sale être immonde
C'est alors que la Vérité lui apparaît
L'Amour n'est pas aimé car ne peut exister...

Œuvres de jeunesse : L'Art & l'Amour pour l'Absolu - Chapitre III

Chapitre III

Vers ma recherche de la Vérité

Alors l'homme seul réfléchit dans son coin
Il réfléchit à ce qui n'a jamais été
Il réfléchit à ce monde pour lui lointain
Il devient philosophe et surtout renfermé...

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 35

Chapitre 35

Après quelques heures d'examens complémentaires, Jean accepte enfin que je sorte de ma chambre, mais à la condition expresse que je ne me serve pas de mon comguide. Je lui dis que mes deux gris-unis me serviront de relais. Il fait la moue, devinant que je ne respecterais pas bien longtemps son ordre médical. Mais que peut-il ? Je suis têtu et j'ai des responsabilités. Mais pour le moment, tant que c'est possible, je vais laisser faire mes deux acolytes. Mes enfants, avant que je sorte, me font un énorme câlin. Je suis heureuse pour eux, même si je ne sais pas quoi sera fait l'avenir. Le poète reste avec eux, enfin heureux lui-aussi. Le pardon des enfants l'a revigoré. Il ne paraît plus aussi vieux qu'avant. Il joue presque avec eux, même s'il n'est pas capable de les porter. Mais les deux gris-unis femmes qui entourent mes enfants, jouent le jeu avec lui et font ce qu'il ne peut pas faire. Lorsque je sors de la chambre, ce sont des rires et des cris de joies que je quitte.

Une fois sortie, c'est une ambiance de plomb que je ressens. Certes, la communauté est soudée, mais ils savent tous que ce sont peut-être nos derniers instants. Et pourtant, chacun s'affère comme il peut. Les hommes de Jean, tous réunis cette fois, sans exclusion, ont renforcé la machine et ont démultiplié les effets sur les responsables du Conseil. Ils sont quasiment aveugles maintenant. Il est même possible qu'ils soient obligés d'utiliser comme nous des pages pour servir de messagers auprès des chefs d'armées.

Automatique : Ma rose

Quand la rose a fleuri, j'ai cru qu'elle était rouge
Quand la rose a embaumé, j'ai cru que j'étais vivant
Mais la rose était blanche
Et j'étais dans un sarcophage

Quand la rose a été cueillie pour être plantée
Afin qu'elle s'épanouisse, tous les soins prodigués
En fait elle était déracinée
Et je la voyais faner

Quand la rose s'offrait à mes doigts doucement
Quand la rose présentait ses pétales et son pistil
Je me piquais à ses épines
Et je l'empêchais de voir le Soleil

Quand la rose s'est enfin envolée, libérée
Quand son parfum s'est évanoui dans la nuit
Il ne me restait que mes rêves
Et mes souvenirs sur papiers glacés

Ma rose est maintenant ancrée dans ma mémoire
Elle vit au fond de moi, irréelle mais si vraie
Je la respire dans mes vers
Je la touche de mes mots

Ma rose ne saurait reprendre d'autres couleurs
Elle est rouge sang, autant que mon encre est noire
Je ne peux plus respirer
Je ne veux plus espérer

Ma rose ne saurait être magnifiée par mes pauvres mots
Demain n'existe plus, je ne vis que l'instant présent
Hier présenté par les autres est faux
Un jour elle partira, avec la faux


Contes Zen

Je trouve ces histoires tellement révélatrices de l'esprit Zen que je me permets de vous les transmettre à mon tour. (Source : "Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par Maître Taisen Deshimaru")

Quelques pétales sur le tatami

Rikyu, le fondateur de la cérémonie du thé de l'école de Chanoyu, reçut un jour, en présent, de
très belles fleurs des tsuba kides, de la part du chef du temple voisin de Daitoku-ji, à Kyoto.

Un jeune moine les lui apporta. Juste devant la salle de thé, il fit tomber les belles fleurs sur le sol. Tous les pétales s'en détachèrent d'un coup, il ne restait que les tiges. Le jeune moine, confus, s'excusa auprès de Rikyu qui répondit :
« Entrez dans la salle de thé. »
Devant la niche, le tokonoma, Rikyu posa simplement un vase à ikebana vide. Puis il enfonça les tiges des fleurs et, par terre, sur le tatami, tout autour du vase, il disposa harmonieusement les pétales.

C'était très beau, naturel, simple. Rikyu dit alors au petit moine :

  • « Lorsque vous m'avez apporté ces fleurs, elles étaient Shiki :
    • Shiki soku ze shiki : le phénomène est le phénomène. 
  • En tombant, elles sont devenues Ku, il n'y avait plus de fleurs :
    • Shiki soku ze ku, le phénomène est Ku, Rien.
  • Selon le sens commun elles auraient pu rester telles quelles :
    • Ku Soku ze ku, Ku est Ku, le Rien est Rien.
  • Mais maintenant elles embellissent la pièce :
    • Ku soku ze shiki, Ku - Rien est le phénomène. »
Avec rien, cette pièce est devenue très belle, beaucoup plus belle qu'en employant plein d'éléments de décoration. Juste quelques pétales déposés sur le tatami autour d'un vase sans fleurs dans le tokonoma.

Cette histoire reflète l'esprit de la cérémonie du thé.

Qui est responsable ?

Deux époux se querellaient. Ils en vinrent à se battre. Aussi un jugement fut-il demandé.
Lequel avait raison, le mari ou la femme ? Lequel a offensé l'autre ?
Pas de réponse.
Alors le juge demanda au fils :
"Lequel des deux a commencé ? C'est ton père ou c'est ta mère ?"
Le garçon répondit :
"Je ne peux pas affirmer si c'est seulement ma mère ou si c'est seulement mon père."

Ne pas fuir

Sariputra, le grand disciple du Bouddha, était assis en zazen, au bord d'un lac. A la surface de l'eau, de nombreux poissons sautaient. Sariputra changea de place et s'installa dans un endroit plus retiré. Mais le chant des oiseaux dérangeait son zazen. Les pensées affluaient, les illusions s'élevaient... Les oiseaux et les poissons le troublaient, aussi décida-t-il de les tuer et de les manger. Mais l'indigestion le rendit malade.
Cette anecdote est un fait de jeunesse de Sariputra. Inutile de cherche à fuir le bruit de l'eau ou le chant des oiseaux. Le trouble vient de notre esprit.

dimanche 15 octobre 2017

L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 34

Chapitre 34

Après d'autres examens, Jean confirme que je peux me lever, mais en faisant doucement et en évitant tout effort. Et interdit d'utiliser mon comguide pour l'instant ! Selon lui, il a failli griller, et mes neurones avec. Donc, nous revenons aux anciens moyens de communication, les coursiers ! Cela fait rire tout le monde, lorsque je prononce cette phrase. Je les sens tendus. Évidemment, la menace n'est pas écartée. Elle n'a été que retardée.

Je regarde le chef. Il comprend mon interrogation.

"Oui, il est peu probable que nous puissions les repousser. Mais nous pouvons les retarder. Et si c'est de temps dont a besoin Léto, nous lui en donnerons autant que nous pourrons !"

L'architecte intervient.

"Et si nous faisions plus que simplement faire des embuscades sur la route ou le train qui mène jusqu'au centre ? Nous pourrions élever des barrages, détruire les ponts, la ligne ?"

Le chef approuve mais il dit qu'il n'a pas les hommes compétents pour faire cela. Ce à quoi l'architecte que lui si ! Alors ils partent de concert pour organiser nos dernières lignes de défenses. Je les vois unis, comme jamais !

Roxane

Mon rêve, éveillé, s'est envolé dans le vent
Des souvenirs voguant, léger, sur la vallée
Des émotions, passions, désirs : un mausolée
Mais je le garde en moi, de mes doigts, écrivant

Ma Roxane n'est plus qu'un éclat, un joyau
Qui brille pour toujours dans ma tête, arrachée
De la réalité, Lune de mon rucher
Où les abeilles font de son miel un noyau

Elle est la splendeur de l'Amour dans l'infini
Elle est la déesse que jamais un baiser
Ne verra se poser sur ses lèvres rosées
Ni mes mains embrasser son corps, cosmogonie

Elle est la vie, l'eau, la terre et le ciel, unis
Elle porte mes vers dans ce grand univers
Magnificence d'un idéal aurifère
Mon cœur ne sera donc jamais seul ni fini

La beauté a un nom : Roxane, n'en déplaise
Aux badauds qui voudraient m'éloigner
De mon onirisme, d'espérance imprégnée
Peu importe ses traits, tant qu'ils portent mes braises


Automatique : Mushotoku

Je vis, je pleure, je cris, je meurs
J'ai cru, je me suis menti, J'ai bu, cherchant l'oubli
J'écris, je lis, Je m'enfonce dans mes abysses
Je m'observe, sans compassion, mais sans me punir
Je me concentre, emplissant tout mon être
Mes pensées profondes se répandent
Tel un courant de laves dans l'ensemble de mes veines

Mon coeur brûle, Mon esprit s'emballe
Mon corps tremble, Mon égo se désagrège

Et plus je rejoins les profondeurs
Plus je vois cette petite lumière en moi
Alors qu'il fait de plus en plus froid
Cette petite flamme me réchauffe

Et je vois la surface si loin
Mais j'y vois le Soleil, symbole de la vie, de la renaissance
Et j'y vois la Lune, symbole des passions et de mon être

Alors je prends cette flamme entre mes mains
Je la porte sur mon ventre, comme une femme enceinte
Et je remonte doucement vers le monde extérieur
Je m'appuie sur mon centre vital, Je respire profondément

Les larmes s'écoulent, pourquoi les essuyer ?
Elles doivent tomber pour que la douleur s'éteigne
Et je lève la tête, demain sera

Maintenant, j'y travaille, Maintenant, même seul, même incompris
Même si mes propos sont déformés, ignorés, bafoués
Même si le passé est faussé, réinventé, ma mémoire est d'une horlogerie irréprochable
Maintenant je continue à pardonner, je ne cesserais jamais d'aimer

Maintenant je continue à vivre
Maintenant j'aime et demain j'aimerai Roxane
Rien n'y changera, pas même les pires mots
Parce que je vis ici et maintenant, sans but ni profit
Comme ce fut le cas tout au long du temps passé
Comme ce sera le cas tout au long du temps futur

Toujours agir pour les autres sans réfléchir aux conséquences pour soi
Toujours écouter les âmes sans chercher à imposer mes sombres émois

Ici et maintenant, sans but ni profit - Nakayima, Mushotoku -
Les phénomènes sont la vacuité - Shiki soku ze ku -
La vacuité est les phénomènes - Ku soku ze shiki -
Méditer pour aimer, corps et esprit unis et reliés au monde


samedi 14 octobre 2017

Œuvres de jeunesse : L'Art & l'Amour pour l'Absolu - Chapitre II

Chapitre II

Vers ma déchirure

Même quand on aime quelqu'un à la folie
L'Amour n'existe pas car il est sans retour
L'Amour : ce sont deux êtres amoureux, unis
Et non un homme seul n'ayant que ses cris sourds...

Ego-Journal 80

La vie est un cercle qui se referme in fine. On naît un moment, une date, et déjà la seule autre date inconnue mais qui est la seule à avoir une forme définitive, c'est celle de notre mort. Au milieu, ce sont des temps subis, les horloges qui rythment notre vie, comme le travail, les trains à prendre, les rendez-vous, les réveils matins... Ce sont des durées. Et tout le long, il y a notre moment, jamais le même et toujours identique, notre instant présent, celui que nous vivons, seul et avec tous, le seul véritable.

La mort ? Aucune importance : comme dit le proverbe chinois, un problème qui n'a pas de solution n'est pas un problème ! La mort n'est que la conséquence de la vie. La vie la conséquence de la mort. Rien ne se crée, tout se transforme.

Mais alors, qu'est-ce qui a de l'importance ? L'amour ! Mais pas cet amour charnel, cet amour de pacotille, celui que l'on fait "par dessus la jambe", si j'ose dire. Non l'amour avec un grand A. Il peut être pour une personne, il peut être pour l'humanité, il peut être pour tout ce qui nous entoure, animaux, plantes, montagnes, univers...

La mariée était trop belle

La mariée était trop belle
Sur sa chevelure châtain
Des lauriers pour le Valentin
S'approchant du divin autel

La robe virginale, écrue
Traine la poussière, mensonges
Devant les sourires éponges
D'un rêve éveillé disparu

Aimer pour deux n'est pas l'amour
Amitié sacrifiée
Sur ce noir cœur pestiféré
Qui crut : à jamais, pour toujours

Savait-il ? Sans doute aveuglé
Ses sentiments passionnés
Préférant s'y abandonner
Comment son amour étrangler ?

Alors il lui reste un doux rêve
Tous ses moments imaginés
Il le savait : un condamné
Son cœur ne peut croiser son Ève

Il replonge en son irréel
Sa vie sans but et sans amante
Un stylo afin qu'il enfante
Des lignes comme une crécelle

Celle que les exclus agitent
Pour prévenir de leur venue
Afin que tous ferment leur vue
A ses âmes qui là s'effritent

Le jour, la nuit, la douce Lune
Le prend dans ses bras opalins
Son visage aux reflets salins
N'a pourtant aucune rancune

Le noir et le blanc pour couleurs
Couchées sur les feuillets vieillis
Ses émotions en gribouillis
Être seul ne lui fait plus peur

Le noir et le blanc pour douleurs
Être seul pour vivre ses pleurs


L'étranglement des sens

L'étranglement des sens, assoiffé des vapeurs
Émanant des lèvres étrangement ouvertes
L'abandon de cette raison qui nous déserte
Lorsque les âmes se rejoignent en stupeur

Nos nerfs à vifs défont cet environnement
Et nous ne sommes plus que deux profonds orages
Se perdant éperdus dans un si doux mirage
Que notre corps emploie à nous rendre dément

La réalité fuit loin de nos conventions
Nous n'existerons plus ! Mais qu'importe demain !
Après le baiser si sucré, ce sont nos mains
Qui échangent nos peurs, nos joies, nos impressions

Le long d'un fil tendu au-dessus de la mort
Nous agissons tels fous de vivre, tels amants
Glissant, soulevés par le vent, ondoiements
De deux corps fissurés attendant cette aurore

Les souvenirs diffus ne laissent que des traces
Les synapses brulants le long des sons, tambours
Sur mes tempes grises, de mon dernier amour
Et mes bras qui voudraient mais jamais plus n'embrassent


L'isolement ultra connecté : la libération - Tome 3 - Chapitre 33

Chapitre 33

Les premières images que je vois sont à nouveau cette barque, cette Cité blanche en construction, et moi voguant au loin. Serait-ce le message que cet idéal s'enfuit, s'éloigne de nous, comme je m'éloigne de la rive ? Serait-ce la fin de notre histoire ? Notre mort à tous ? Je ne veux pas y croire ! Je ne peux pas y croire ! Nous devons réussir ! Oui, mais comment ? Je suis pour le moment prisonnier de mon esprit, ne sentant plus du tout mon corps ou toute autre influence extérieure. Je ne sais même pas si mon comguide fonctionne encore ou s'il a grillé. Je suis coupé du monde, isolée dans ma pauvre tête, allongée sur une barque au milieu d'un gigantesque lac, aux eaux d'huile, calme et profond. Les montagnes autour sont splendides. Les arbres sont verts, symbole de vie. Non, ce ne peut pas être un présage négatif ! La vie est bien présente dans ce rêve, sauf pour moi... Peut-être dois-je mourir ici et maintenant, ayant donné mes dernières forces pour la communauté ? J'ai pourtant tant à faire encore ! Et mes enfants ! Je n'aurais eu que quelques heures après ces cinq années de séparations... Je voudrais tellement pouvoir les resserrer dans mes bras. Mais je ne peux pas, je suis prisonnière de mon coma. Mon cerveau a dû subir des dommages importants, ou du moins les synapses en connexion avec le comguide...

"Tout va bien ! Tu as très bien agi ! Tu m'as même surpris, je dois le dire ! Je ne t'en croyais pas capable ! D'ailleurs, tu aurais dû me laisser faire, mais je n'étais pas encore prêt à agir. En agissant par toi-même, tu m'as permis de m'approcher un peu plus de mon objectif. Tu ne sais pas à quel point ! Tu vas te remettre... Repose toi ! Tes enfants sont près de toi et savent que tu vas bien. Je le leur ai dit. Tout va bien ! Tu as gagné largement assez de temps. Et les sacrifices n'auront pas été inutiles, je te le promets !"

vendredi 13 octobre 2017

Œuvres de jeunesse : L'Art & l'Amour pour l'Absolu - Préface et Chapitre I

Préface

L'Art & l'Amour pour l'Absolu

Je ne chercherai pas du tout
A expliquer cet acte fou
Mon œuvre pourra justifier
Ma mort, si le besoin en est...

Je tiens seulement maintenant
A donner l'avertissement
Suivant aux lecteurs potentiels
Ma sourde vie n'est pas pluriel !

Cette recherche de l'Amour
M'est propre et le sera toujours
Mon œuvre pourra justifier
Ma mort, si le besoin en est...

Je pense, vous qui me lisez,
Que trouver l'amour, vous pouvez
Cherchez en vous la pureté
Vos sens, il vous fait dépasser

Trouvez en vous divination !
Passez-vous de l'immolation !
Mon œuvre pourra justifier
Ma mort, si le besoin en est...

Chapitre I, Vers l'Amour

Quand on aime quelqu'un, on croit que l'Amour nait
Qu'il naitra là, demain, car rien n'a l'air plus vrai
Je suis sentimental, mon amour nait passions
Jamais rien ne l'égale, et sans contrefaçons...

Œuvres de jeunesse : Diverses poésies et journal

Montant sur mes mots endormis et maladroits

Montant sur mes mots endormis et maladroits
Je tente de nier la mort de mes émois
Je veux rallier à moi ces sentiments mouvants
D'un extrême à l'autre, éviter l'effondrement

Tenir ces lettres là unies, entrelacées
Sans faiblir de la main mais mon coeur décimé
Accoler les mots les plus insensés sans peur
Empreints de sensualité et de terreur

Faire voguer librement les phrases sans fin
Engoncées dans mon âme asservie sans destin
Souffler un vent sanglant sur ce blanc parchemin

Créer une tempête inouïe d'émotions
Dans l'œil du cyclone ressourcer ma fiction
Pour arracher de mon encre mes impressions

Demain peut-être


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