vendredi 25 mai 2018

Le bateau se révolte

Le bateau rue et se révolte face aux éléments
Déjà de nombreux marins sont partis dans l'océan
Et ceux qui demeurent s'accrochent au bastingage
Non pour sauver leur vie mais ce navire en rage

Les vagues se perdent dans le sombre firmament
Ne laissant place à aucun horizon clément
La tempête gronde entre les poutres sauvages
Qui assurent l'ossature de cette nef sans âge

Ses compagnons ne peuvent empêcher la gite
Le gouvernail est coincé, les larmes de fond l'agitent
Autour de cette coquille de noix, coffre aux trésors
Où sont enfermés des rêves animés et d'or

Les voiles ont été affalées, sauf celles arrachées
Mais les murs liquides poussent à chavirer
Ce navire éternel, l'enchaînant aux creux et cimes
Qui alternent comme se succèdent les rimes

Une pâle lueur de Lune vient museler ses hôtes
Est-ce la terre que l'on aperçoit, vision la plus haute ?
Ou des récifs comme des sabres dressés
Attendant leurs victimes à l'altitude la plus abaissée ?

       Combat temporel
   Comme un infini appel
       Où la vie excelle


vendredi 18 mai 2018

Poésie à quatre mains : Alicia Victoriama - 251

Une épaisse charolaise
À pris largement ses aises
Dans un beau cageot
De jolis coquelicots

Le cageot de pavot
Est un vrai héros
Il a traiter de punaise
La vilaine charolaise.



Un peu de folie, ça met à l'aise
Et lorsque les vaches paissent
Peu importe le bleu indigo
Où l'amas de noisette et choco

De l'eau, de l'air, un pôt
Et c'est le cri d'un petit lionceau
Qui se tait face à l'enfant, n'en déplaise
C'est quoi le texte ? Ah ! Balaise !



Une mouche à miel
À traverser le ciel
Et sans scrupule
À jouer la libellule

Elle faisait la belle
En battant des ailes
Elle était nulle
Et s’est mangée une pilule.



Au bout de l'arc-en-ciel
On trouve un lutin et du fiel
Il garde son trésor de bidules
A l'abris des regards incrédules

Leprechaun à l'allure vénielle
Ses oreilles pointues espiègle
Il observe cette mouche ridicule
Oubliant sa propre taille minuscule



Absorbé sur papier buvard
La bave du canard
Laisse des traces de Pinard
Qui captive le regard

Au test de Roschach
La vache répond du tac au tac
Qu’elle voit en vrac
Du bric à vrac et une matraque



Le lapin sans arme sauf une ventouse
Les yeux rouges lorsque se décousent
Sa compréhension à midi douze
Comme Obélix face aux sangliers qu'il jalouse

Lance son cri : Bwaah, dressé sur ses pieds
En quête d'une Lune prenant pour trépied
Un caddy rempli d'objets non reliés
Crétin mais attachant, la vache est son destrier



Ridiculement libre

Libéré ! Délivré !
Zéro plus Zéro
Ça ne fait pas Zéro
Mais la tête à Toto !

Libéré ! Délivré !
Connaissez vous la vache bleue ?
Mais bien sûr, et la marmotte, excusez du peu
Met le chocolat dans le papier alumineux !

Libéré ! Délivré !
C'es l'histoire d'un mec, normal, gris ?
C'est pas parce que mes copains sont partis
Et que les tiens sont restés, que je m'enfuis !

Libéré ! Délivré !
La lessive qui lave plus blanc que blanc
Mais plus blanc que blanc, c'est transparent !
Demain, j'enlève... mais je n'ai plus de vêtement !

Libéré ! Délivré !
Aspirer tous les moutons sur le parquet qui courent
Et qui font Yé Yé Yé, ça me rend sourd !
Heureusement, je ne fais pas ça tous les jours !

Libéré ! Délivré !
Pour reconnaître le sexe d'un enfant
Rien de plus simple et confondant
Que d'observer la couleur des chaussons : bleu, rose ou blanc !

Libéré ! Délivré !
Je sais, tout ceci n'est que trois fois rien...
Mais trois fois rien, c'est déjà un trop plein !
Peu importe les meilleurs, il nous faut les moyens !

Libéré ! Délivré !
Et si cela ne suffit pas, il faudra passer au plan B !
Et si cela n'est toujours pas assez, il y aura le plan C !
Mais arrêtez-vous à tant, sinon, ce sera le planté !

Le bâton ? Etoile des neiges, Pays merveilleux ?
Mais non ! Libéré et délivré, y a pas mieux !


lundi 14 mai 2018

Il pleut

Il pleut sur la citadelle
Ses remparts fictifs, ne refoulant nulle âme
S'effritent, château de sable, sous la marée qui charme
L'impermanence du réel

Il pleut sur le froid pavé
Le bruit des pas s'éloigne du tambour de guerre
Laissant place aux gargouillis d'une eau éphémère
Les ombres sont délavées

Il pleut sur cette chaumière
L'antre n'accueille plus que quelques braises
La chaleur s'évade le long des murs de glaise
Et s'éteint doucement la lumière

Il pleut sur cette couche nue
Mais le ciel n'est pas responsable de cette humidité
Tout comme la Lune accompagne les humeurs innées
C'est une symphonie ténue

Il pleut dans ce corps affalé
Le temps se défile, laissant le sang rythmer encore
Ce combat sans ennemi, cette conflagration aux milles morts
Il pleut dans les veines dessalées


       Lever le regard
  Ciel étoilé au hasard
   Retrouver son phare


dimanche 13 mai 2018

La patience intérieure

Le vent brumeux caresse ce visage
Sa main serait mieux, même sage
Les souvenirs se réveillent aux faibles lueurs
Des poignards émoussés et rouillés
Des peignoirs détrempés et souillés
Les prenant pour ce qu'ils sont, sans pudeur

La pluie dense inonde tout ce corps
Sa chaleur l'éloignant de la mort
Les remords font un vacarme dans le silence
Des cymbales perçant de leurs aigus
Des symboles d'un temps pourtant perdu
Les affrontant, calme, évitant la démence

Les vagues, flux et reflux, soutirent l'équilibre
Sa respiration serait un fanion pour être libre
Les désirs forment un marécage aimé
Des plaies d'une âme désertée
D'épée d'un cœur abandonné
L'ego, le vouloir et les passions enfin désincarnés

La terre meuble efface les pieds
Son regard serait un serment fruitier
Le désespoir se loge dans les moindres recoins
Des vallées sombres à perte de vue
Des valets d'ombres aux flancs inconnus
La patience réveille la flamme intérieure avec soin


       Être au fond de soi
    Sans refuser les émois
        Et trouver sa voix


À mon frère et ma sœur


Communication implicite

Un silence, rien qu'un silence
Et les mots ne s'enchevêtrent plus
Un moment de viduité dense
La fusion de deux êtres qui ne sont plus

Un visage immobile, rien qu'un visage
Et les corps se répandent sans action
L'intemporalité matérialisée et sage
La distance s'efface ainsi que les afflictions

Une main à la pression douce, rien qu'une main
Et les émotions sont des livres entrouverts
L'instant se poursuit au-delà du lendemain
Les barrières se défont, les laissant à découvert

Un bleu regard, rien qu'un regard
Et les idéaux poussent à gravir les montagnes
Maintenant est ici, aucune place au hasard
Délivrés de la surface, retour au pays de cocagne


          Le temps est sans fin
     Lorsque "2" ne forme qu' "1"
           La vie est un chemin


vendredi 11 mai 2018

La sirène bleue

Au plus profond de l'océan de l'âme
Alors que le marin perdu se croit en vie
Il entend une mélopée qui le défie
L'entraînant dans les flots bleus, sésame

Magie d'un autre temps irréalisé
Il ferme ses yeux pour mieux écouter
Il plonge tout son être pour mieux la goûter
Il en oublie son propre instinct dualisé

Il manque d'air, ses poumons engorgés
D'un flux de passions aux relents salés
À la recherche de cette source inviolée
De cette voix appelant son cœur forgé

Plus il se rapproche, plus il s'éloigne du Soleil
Et pourtant plus il s'enfonce, plus ses yeux voient
Au bord de l'asphyxie, il garde son sang-froid
Et aperçoit une beauté bleue sans pareil

Elle stoppe son chant, sans briser le charme
Et d'un baiser redonne l'oxygène au pauvre diable
Sans se débattre, il l'entoure de sa passion coupable
Elle lui caresse sa nuque, effaçant ses dernières larmes

Toujours plus loin de sa surface, le marin s'efface
Il ne résiste plus à cet appel impossible
Sa vie ne lui appartient plus, impassible
Mais son être est ici et maintenant, sans trace

Et cet amour sera son dernier, le plus beau
Plus le bruit des vagues de son esprit
Se calmeront, plus il sera de sa sirène épris
Et son corps flottera au milieu de ses idéaux


jeudi 10 mai 2018

Les cascades irréelles

Le regard plongé dans tes yeux magnétiques
Mes pensées s'évadent, rêve mystique

L'ivresse des émotions chavire mon esquif
Mes rimes secouent la surface de mon lac
Et le vent de mon souffle est plus vif
Que la tempête d'un désert sans impact

Ce lendemain, matin étrange et bleuté
S'empare de ma conscience hébétée

Les vagues à l'âme s'effacent sur ma coque
Mon voyage impossible entame son émoi
Sans provision, sans prévision, je me disloque
Esquivant les récits plaintifs de ce moi

Cet astre invisible et nacré éblouit l'éther
Je reste simplement assis, détaché de l'enfer

Le temps s'est figé dans un tumulte de cascades
L'impermanence bouillonnant d'un passé futur
Contemplant le reflet absent des décades
Passées à fuir un présent affiché sur le mur

L'orage s'est tu devant les chants sélènes
Remplaçant par le doute ce qui était gênes

L'eau coule aussi à mes pieds englués
Mais mes mains s'élèvent vers ce ciel blanc
Dévalant le long des courbes dénudées
De ces dunes où s'enfonce mon cœur tremblant

Quand le Soleil se couchera sur mon corps abîmé
Je pourrais écrire une dernière fois : j'ai aimé !


dimanche 6 mai 2018

Deux livres publiés ! Petite publicité personnelle...


Je suis fier de vous annoncer la parution et la distribution dans les librairies physiques et en lignes de deux romans que j'ai écrit : "Le Désert" et "L'isolement Ultra-connecté Tome 1".

L'éditeur est IggyBook où se trouve ma page d'auteur :

Toutes les informations s'y trouvent, notamment les liens d'achats pour ceux qui seraient tentés ;-)
Partagez autant que vous voulez !!!

Roman : Le Désert

https://deuxcentcinquanteetun.iggybook.com/fr/le-desert/
Auteur : Deux Cent Cinquante Et Un
E-book : 7,99 €, Papier : 15,00 €

Résumé :
Un homme, exclu de sa communauté, doit s’exiler dans le désert, aride et sans vie, ce qui équivaut à une condamnation à mort.
Son envie de vivre, sa volonté de comprendre sans haïr, vont-elles le pousser à surmonter ce voyage d’abord extérieur, puis intérieur, dans un univers hostile et parfois insolite ?
Le désert n’est-il pas le meilleur lieu pour « se rencontrer » ?

Roman : L'Isolement Ultra Connecté - Tome 1

https://deuxcentcinquanteetun.iggybook.com/fr/lisolement-ultra-connecte/
Auteur : Deux Cent Cinquante Et Un
E-book : 7,99 €, Papier : 15,00 €

Résumé :
Dans une société ultra-connectée, chaque individu a une puce dans son cerveau dont l’objet est d’éliminer toutes perturbations dans les échanges entre les individus. Mais un jeune adolescent voit sa vie basculer suite à une mal-fonction de sa puce.
Conduit dans un hôpital, « le Centre », il comprend vite que c’est une prison. Il va évoluer dans cet univers carcéral. Malgré lui, il va devoir se défendre, se cacher aussi et développer malgré lui des pouvoirs inédits.
Mais pourra-t-il les assumer ?

Documents publicitaires :

Format A4 : Le Désert

 Format A4 : L'isolement ultra-connecté - Tome 1

Format "carte de visite"


Sur ma page auteur, je référence aussi les œuvres collectives :

Publications "Au Clair de Plume"


Les livres de la collection "Au Clair de Plume" ont été écrits en collaboration avec des auteurs rarissimes de talents, dans le contexte de la communauté G+ "Au Clair de Plume".
Les livres électroniques sont gratuits et sont des recueils de poésies multi-auteures/auteurs :
- Thème "la mer"
- Thème "depuis une citation"
- Thème "lettre à"
- Thème "les oppositions"
- Thèmes "toujours - la folie - et si demain"
- Thème "le grenier"
- Thèmes "si - fragilité - le jour viendra"

Les auteures / auteurs :
- Alicéa Stellata
- Alicia Victoriama
- Anne Françoise Rappez
- Anneh Cerola
- Chramn Pendragon
- c. JoDe
- Deux Cent Cinquante Et Un
- Diatta-Danicourt Marie-Anne
- Ela F
- Frederic Charlet
- Irene Mids
- J. C. M.
- José Delattre
- Juste moi c'est tout
- Kamel. B.
- Marianne Leitao Ecrivain & médium
- Moi au bout de mes reves
- Monshe Kerami Kodas
- Nadéliane B.
- Poétiquement Votre
- P. SABAG
- Rivière Rivière
- Scribe 7
- Souleymane Loembé


mercredi 2 mai 2018

Restful Moon

When I wake up, I found my tears all around me
      (Quand je me réveille, je trouve mes larmes tout autour de moi)
Mais tes mains les prennent comme de vielles amies
When I go to sleep, my dreams start to be broken all apart
      (Quand je vais me coucher, mes rêves sont brisés de toutes parts)
Et tes bras m'entourent comme une couverture écarlate

When I'm going into my breain, deeping the loneliness
      (Quand je pénètre dans mon cerveau, explorant ma solitude)
Ton sourire me projette hors de mon temps avec promesses
When I'm being wordless, hiding my melancholia
      (Quand je serais sans mot, cachant ma mélancolie)
Tes baisers arrachent mes maux de la couleur sépia

When the time is disapearing from my dark river
      (Quand le temps disparaissant dans ma sombre rivière)
Ta présence irréelle m'ancre dans mon monde rêveur
When I will find out the reason of my Earth's presence
      (Quand je trouverai la raison de présence sur Terre)
Tu seras sans doute à côté de moi de ta joie païenne

My verses will somehow find a way to my true nature
      (Mes vers trouveront d'une certaine façon le chemin de ma vraie nature)
Lorsque tu prendra chair et sang, naissance d'un mythe fondateur
My life shall be a quiet lake, reflecting the restful Moon
      (Ma vie pourra être un lac calme, reflétant la Lune apaisante)
Pour toi, je serais ton âme-sœur, parfois triste, parfois clown


mardi 1 mai 2018

Mon ange

Parfois je la vois qui s'approche de moi
Elle est sans visage et pourtant si réelle
A mon réveil inventé, unis comme siamois
Et j'attend le soir pour la retrouver éternelle

Elle me tend la main, même quand je la lui refuse
Elle me tire de mon silence, n'acceptant aucune excuse

Parfois elle plonge sa voix dans la mienne
Comme deux cordes qui sonnent en harmonie
Ses yeux profonds m'invitent, elle me fait sienne
La distance s'effrite, laissant place à la vie

Elle est ma sœur, ma douce, ma flamme, mon âme
Elle brille autant que moi, nos souffrances se fanent

Parfois nous sommes au bord d'un lac de montagne
Poursuivant du regard les reflets d'argent
Nos mots silencieux jamais ne nous éloignent
La Lune nous sert de toit exigeant

Elle n'a pas d'apparence, elle existe simplement
Elle n'a pas de limite, le temps est son amant

Parfois elle est là au matin, et je me redresse doucement
Mais le Soleil chasse les visions d'un avenir inexistant
Pourtant elle m'accompagne dans mes pensées tel le vent
Elle prévient de ma caboche ensablée, ses égarements

Ailes aux voiles virevoltant sur ses vallonnements
Mon ange dans mes songes nage délicatement


dimanche 29 avril 2018

M

M majuscule d'un souvenir présent
Aime, minuscule comparé à l'absente
M lettre des maux dits méprisants
Aime, mots de lettres en poste restante

M musique symphonique en dramaturgie
Haine, tunique qu'on ne veut porter, maléfique
M mystère de photos vues en liturgie
Haine, diptère que rien ne rendra sympathique

M magnificence d'un compte de fées
Blême, déficience d'un cœur sans fresque
M sublimation de mensonges répétés
Blême, déclamation des pleurs burlesques

M mystère des jeux interdits de l'enfant
Gemme couleur blanc, pureté de l'instant
M matière sous les feux grégeois, flamboyant
Germe des douleurs de vents froids exaltants

M treizième porte d'un bal fané
Même son reflet a disparu de la psyché
M signe d'un souterrain comdamné
Même sans Soleil, la Lune brille, ébréchée


L'enfant se couche seul

Musique : Cyril Naissant Rabuat
Texte et Voix : 251



L'enfant se couche seul
Sans un toi, sans sa came
Contemplant ce noir fleuve
Où est jetée son âme
Une pierre à son charme
Vague à larme

Ses cheveux gris, brûlés
La couleur de l'encens
Il voudrait hurler
L'orage qui s'étend
Dans tout son inconscient
Sons sanglants

Douleur d'un passé révolu
Douceurs à jamais envolées
Pâleur de souvenirs déchus
Bête immonde glacée
Tant aimée

Tonnent les maux rageurs
Sur le tambour de sa poitrine
Cogne le glas songeur
A ses tempes livides
Vogue un règne du vide
Pour vitrine

Les deux pieds dans sa tombe
Ensablée
Sa Lune n'est plus qu'une ombre
Caveau brisé
Verger rasé

samedi 28 avril 2018

Nocturne

L'ivresse des mots, des maux, d'ego
Se cache sous les frondaisons verdoyantes
Touchées par le Soleil dressé tout là-haut
Masquant l'humus, la terre odorante

Lorsque la nuit survient, sous les rayons pâles
Les feuilles et fleurs se recroquevillent
Laissant place à la brume qui dévale
Le long d'une rivière aux sons qui brillent

L'ombre n'est plus un masque, elle est
Et l'eau de couler le long de ses veines
Les nocturnes, discrets, de se faufiler
Sans illusion, sans aucune pensée vaine

Alors le silence est un vacarme censé
Bien plus que l'agitation diurne futile
Le temps s'échappe, mêlant le futur et le passé
Si les mots se font, cet instant se mutile

L'arme déposée, seul demeure le reflet
Cette Lune qui existe seule mais qui ne vit
Que par l'âme qui s'éprend d'un cœur contrefait
Alors les larmes sont des diamants de vie


  En ces moments blêmes
L'être redevient lui-même
      Hésitant, il aime


Poésie à quatre mains : Alicia Victoriama - 251

Le vent du soir passe
Emporte l’émoi
D’une lente valse
Jouer dans l’effroi

Coulent les larmes
Comme sept écluses
Relève les armes
Elle n’a pas d’excuse

Au matin la glace
Fond sans un pourquoi
Laissant à sa place
Des maux restant coi

S'effaçant le charme
Pour l'âme recluse
La vie sans vacarme
Au matin récuse

L’âme point ne trépasse
À la plume et la poix
Le désarroi se tasse
Le coeur reste en croix

Refuse la marge
Du sourire abuse 
Laisse la charge
Oublie ta muse

Les émotions dépassent
Les forts de leurs surpoids
Erreur du roi Midas
La vie ne se soudoie

Fuir sa propre image
Refuser l'excuse
Jamais ne ménage
L'être qui s'abuse

Le train de la vie hélas 
Hier S’est arrêté sur toi
Il continu sa casse
Sans compter sur ses doigts

Il fait tant de ravage
Pour quelques cornes muses
Ignorant les dommages
Des cœurs qu’il use

Quittant son blanc palace
Hier est un reflet froid
Où le présent s'efface
Derrière son beffroi

Ne pas être un sauvage
Comme un torrent qui fuse
Au bord de son rivage
Embrasser l'âme infuse

Tout emmêlé, tignasse
Le corps, le cœur en proies
D'une raison qui grimace
D'un ego d'autrefois

La rivière est ouvrage
De tous les temps, Méduse,
Permanente, sans veuvage
Mots coulant sans écluse

vendredi 27 avril 2018

La clepsydre

Dans le fond des abysses, dans le creux du volcan
La clepsydre voit s'écouler ses dernières gouttes
Un temps qui s'enfuit
Un moment fortuit

Sur les plaines asséchées, au bord de la falaise
Les pieds n'osent plus avancer, le pas de plus
Ressac des vagues
L'esprit divague

Il n'est plus, cet être, qui autrefois allait de l'avant
Il voit l'ombre rouge s'étaler comme un malaise
Les tambours volatiles
D'un sang noirci, futile

A genoux, il contemple son passé qui lui coûte
Il respire les vapeurs océanes de son angélus
La tête droite, les mains tordues
La vie étroite en un fil tendu


Ne jamais rêver
Une vie imaginée
Simplement pleurer

L'aigle asphyxié

La faux s'élève dans le ciel, miroir de Lune
Ses moulinets voudraient couper les ailes
De l'aigle majestueux

L'orage irradie le fond étoilé et les dunes
Ses éclairs s'abattent et ensorcellent
Son regard mystérieux

Les arbres secoués récusent un quelconque appui
Ses branches s'échappent à ses serres douces
Étouffé d'un air vicié

La tempête se déchaîne à sa surface où luit
Sur l'écume des pleurs qui, ses plumes, éclabousse
Il ne peux dessus glisser

Et son cri se perd dans les éléments déchaînés
Sa vue perçante est brouillée, aveuglé
Aucune direction pour le sauver

Les courants chauds glacent son corps dénudé
Alors il s'élève où il ne peut respirer
Un dernier acte désespéré


Rapace si fier
Ou colombe mortifère
Ses pleurs comme un lierre


jeudi 26 avril 2018

Un corps sans lien

L'amour n'est pas une histoire qui finit mal
C'est une tragédie où certains sont comédiens
Où certains ne savent pas qu'il s'agit que d'un bal
Où la maison détruite abrite un corps sans lien

L'amour n'est pas une envolée lyrique aux sons enivrants
C'est une série de silences plus intenses qu'un tambour
Où les sons sont des mots plus durs que l'âme, gisant
Allongé sur son tombeau vivant sans aucun recours

L'amour n'est pas un tableau féerique aux milles couleurs
C'est une nature morte aux teintes de noirs multiples
Où les ombres sont des fantômes de douleurs
Où le clair obscur laisse place à un paysage inaudible

L'amour n'est pas un moment partagé, un chemin doré
C'est un désert noyé sous la méditerranée qui coule
Emportant avec elle l'esquif d'un marin évaporé
Dans ses brumes, s'éloignant de la vie, de la foule

L'amour n'est pas un instantané, un temps T qui s'enfuit
C'est une éternité qui ronge le corps comme un cancer
Ce n'est pas une maladie, juste un Soleil à minuit
Un hivers en été, des mots doux saccagés en enfer

L'amour existe mais n'a pas de chair, un désespoir
Entretenu par des phrases qui résonnent devant une falaise
Le pas prochain sera-t-il le dernier, après la préhistoire
Les écrits d'un sang coagulé sur les murs, la Javanaise


mercredi 25 avril 2018

À nu

Mon coeur, repose ta douleur dans mes mains
Mes peurs, déposent ta fureur dans le vin
Non celui spiritueux mais celui spirituel
Non celui si vaporeux mais celui sans visuel

Mes mots, viennent chercher la racine de mes maux
L'écho d'une histoire aux chemins rocailleux ou beaux
Inscrivez les images d'un temps passé
Les sonnets d'un mirage aux vents trépassés

Que la spirale redevienne un cercle vertueux
Que mes dédales se souviennent du verbe heureux
Le regard tourné vers l'infini humanité
La Lune argentée sur tous ces lacs reflétée

Le temps n'a plus aucune importance
L'instant présent est une évidence

Les pleurs ne sont que quelques gouttes
Qu'effleure mon fleuve sans joute
Le passé nourrira peut-être encore de ses limons mes terres
Le futur renaîtra d'un être au corps émacié, loin de l'enfer

Les regards, les faux semblants peuvent tournoyer
Sans fard, sans écho, jamais plus se fourvoyer


Mon fragile roi

Lorsque les vagues meurent
Ensablées, asséchées
Les fonds marins demeurent
Juste quelques pleurs clefs
D'un passé imparfait
Effacé

Lorsque les vents s'affalent
Au dessus des marais
L'azur n'entend ce râle
L'océan si discret
L'éther est sans regret
Ni secret

Mon roi, relève-toi, fragile
L'effroi, fuit ce cœur imbécile
Cristal, loin des peurs ancestrales
Laisse ta cathédrale
Mémorial

Vit cet instant présent
Une myriade de chemins
Fermés aux courtisans
L'univers dans tes mains
La vie couleur jasmin
Paladin

La terre te soutient
Ton rivage
Tes mots, je m'en souviens
Loin d'un mirage
Loin de l'orage


mercredi 18 avril 2018

Fonds, si lents, si eux

Les émotions et les pensées se meuvent comme des vagues
Elles ondulent au grès du vent et des marées
La blanche écume est l'ego, la branche que l'on élague
Si l'on veut retrouver le calme épuré

Les fonds abyssaux ne cachent pas de monstres géants
Fruits de nos peurs et de notre imagination
Ils sont fluides et stables, insensibles aux mouvements
De cette surface, à mille lieux de cette agitation

Plonger tout au fond n'est pas une disparition
Mais une redécouverte des instants présents
Entre deux eaux on contemple les rayons ardents
De la vie, non solitaire, un voyage de désillusions

Le noir n'existe pas sans la lumière même indicible
Le vide ne s'oppose pas au trop plein, le complétant
Sans se perdre, on se retrouve comme invincible
L'isolement s'efface, ouvert au monde émouvant

Écouter le silence des profondeurs est une symphonie
Où l'âme reprend contact avec l'être vivant
Parler, mais dire vrai, sans jugement ni folie
Un espace de liberté ouvert à tous les vents


Là où tout s'agite
La compassion sans limite
S'exprime au graphite


mardi 17 avril 2018

L'interdépendance

Si la mer était colère
Je soupirerais une prière
Si le Soleil était fureur
Je limiterais ma peur

Si les vagues étaient des pleurs
J'humidifierais mes heures
Si la terre était mortifère
Je me lèverais sans fer


Jeter un profond regard sur soi
Pour clarifier la source de nos émois
Observer la Lune et ses reflets
Comprendre la nuance entre ressentis et faits


Les saisons se succèdent en tableaux
Ni bons, ni mauvais mais juste beaux
Le froid, la chaleur, les bourgeons, le dénuement
Je les accueillerais sans truchement

Les vies s'enroulent dans leur vision étriquée
Je préférerais observer l'équité
Les hurlements et les silences sont fanés
Lorsque je les entendrais, instantanés


Se connaître pour apprécier l'autre
Pour l'écouter et ne jamais être apôtre
Inspirer le même air que toutes vies
Apprendre à dépasser ses envies


La fleur abonde en nectar
Pour l'abeille oubliant son dard
L'interdépendance des espoirs
Nourrit l'une et l'autre sa mémoire



samedi 14 avril 2018

Cérémonie de l'âme

L'eau puisée dans la source, instant présent
Le brasier s'en empare, opposition des éléments
Le thé se fait mousse dans le bol par l'effort
Rien ne perturbe ce moment, quelle métaphore

L'être échauffé doit retrouver ses racines
Il doit se débarrasser enfin de ses toxines

La pluie s'abat doucement dans le récipient
Et la poussière donne vie aux voix psalmodiant
Un refrain intérieur dans un silence absolu
Les gestes sont précis, sans superflu

Le contenant vide se remplit d'un univers
Libérant l'éther loin de tout calvaire

Le parfum se dégage, enivrant les papilles
Avant même que les lèvres ne s'écarquillent
La tasse transmet la sérénité de l'artiste
Un rêve amer et pourtant élitiste

Comme la sève se nourrit du sol et du Soleil
Le bonbon sucré vient tempérer le réveil

La chaleur réchauffe les mains et les yeux
La couleur verte profonde et sombre émeut
La nature se révèle dans une éternité
Le temps de trois gorgées transmutées

L'amer se répand dans la douceur
La douleur s'épanche en l'âme soeur


vendredi 13 avril 2018

La brume

La brume cache les océans tumultueux des pensées inondées
Et nos pieds avancent vers la falaise, sans connaître leur lendemain
La brume s'empare de nos temps si envieux, ces étals achalandés
Et nos mains se perdent dans un malaise répandu sur un parchemin

A coup de sabre, où l'encre remplace le sang bruni répandu
Où les corps ne sont qu'éther
A coup de marbre, où le tombeau ne recèle le fruit défendu
Où l'effort nous sort de terre

Prostré en tailleur face à son mur si poli de nos illusions
L'eau de vie là bouillonnant
Impassible mais ailleurs, l'esprit en perpétuelle réclusion
L'eau rouge ici crayonnant

La brume s'évapore à la Lune aux milles reflets interpénétrés
Et mes yeux cherchant un chemin qui ne soit sans issue
La brume s'accumule en mes yeux, temps chronométré
Et mes lèvres des catins revêtant un pardessus

A-coups de raison aux figures géométriques infinies
Le réel se dispersant
A bout de souffle, le corps enchaîné se perd dans l'androgynie
Mon être déliquescent

Portés par le courant, les phénomènes se dispersent partout
Hier avec ce Demain
Il n'y a plus que maintenant où le temps n'est qu'un bijou, tabou
Et redevenir humain

La brume est l'extension de mon âme dans ce bel espace illimité
Et mon cœur s'allie avec ses partenaires pour aider la renaissance
La bure devient un habit pâle que rien ne saurait déshabité
Et non ce moi mais l'être quinaire, se confondant dans l'opalescence


lundi 9 avril 2018

Senteur de l'être

Le cerisier voit ses bourgeons renaître après l'hiver
Il se dresse, seul, au milieu du jardin arrangé
Droit, fier mais vivant, son tronc cachant l'orangé

Les nouvelles pensées convertissent la chaleur nouvelle
De ce zénith lézardant le long de ses feuilles verdies
Rien ne saurait l'empêcher de se relever enhardi

Une à une, les pétales se présenteront à l'astre Solaire
En bouquets roses et parfumés, illuminant les regards
Des enfants, quelques soient leurs âges, au hasard

L'hanami se fêtera encore dans une douceur si belle
Qu'elle fera oublier un instant, un instant seulement
Cette viduité dont le tout puise sa force intensément

Une fleur ignore le temps qui passe
Elle resplendit sans peur avec grâce

L'humain y voit l'infini et le passé futur
Ou son futur passé, le tout en bouture

Les senteurs font naître l'être
Loin de ses ancêtres
Vérité loin du paraître



dimanche 8 avril 2018

Sabre de vie

La colère se saisit du sabre, tranchant la vie comme un fétu de paille
Rien n'empêchera cette rancune de se déverser dans ses failles
Le mouvement allongé et telle une ronde morbide et brisée
Se termine par un fourreau bien rempli des passions méprisées

Le pas est alors décidé, sans peur ni remord
Rien ne saurait faire chavirer cet mont d'oxymore

Le souffle est profond, ancré dans les tréfonds d'une âme qui se tait
Et pourtant... Et pourtant...
Le visage est impassible, il ne laisse rien paraître de surfait
Et pourtant... Et pourtant...

La vision de la plaine depuis le sommet neigeux et silencieux
Laisse place à un autre élan, intérieur, lent, gracieux
L'ondulation du fer à nouveau dénudé se meut dans le vide
Ce vide qui remplit son porteur d'une infinité régicide

Les pieds sont immobiles, mais le sabre donne la vie
A cette existence pâle et fébrile, en son temple, sur son parvis

Le souffle est léger, s'élevant dans les nuages que rien ne retient
Et plus loin... Et plus loin...
L'être enfin retrouvé, ses traces se défont, il n'est plus tragédien
Le témoin sans ses poings


lundi 2 avril 2018

Galaxie humaine

Les milliards d'étoiles scintillent et grondent tels quasars
Reliées par des nébuleuses connexions
Le feu et le fer mélangés en hydrogène expulsé au hasard

Les nébuleuses pensées s'enfuient à la poursuite des comètes
Dont la chevelure se répand sans inflexion
La blondeur irradie le ciel dans un océan noir soudain en fête

Parfois quelques planètes se concentrent pour une révolution
Pacifique et pourtant non isolée
Quelques satellites naturels sont le résultat de la reproduction

Tout ce petit immense monde s'étend au-delà des limites
De la raison comme un mausolée
Mais l'imaginaire embrasse le froid sombre de ce zénith

Les météores passent à côté de ces havres de paix
Et parfois météorites destructrices
Elles s'abattent sur les surfaces aux mentaux épais

La vie finit par reprendre ses droits après ce cataclysme
Toujours plus forte et séductrice
Le temps rebondit au-delà des singularités, sentimentalisme

La gravité de l'horizon des événements plonge dans un futur
Inaccompli et pourtant inéluctable
La concentration des illusions n'est pas notre sépulture

Tournent et tournent encore, quarks, électrons, atomes, planètes
Systèmes, galaxies et l'Univers
Rien ne saurait arrêter cette course folle, tous des marionnettes

La valse n'a plus de temps et pourtant sa mélodie nous enchante
Les mots sont vides sans le rythme des vers
Et le silence devient une musique dont nous prenons la tangente

Un plus Un ne fait plus UN, mais deux tels les bras affrontant
Le champ gravitationnel qui emprisonne tout
Il ne reste que la chaleur à s'échapper tel le grand Léviathan

La collusion n'est plus que collisions aux milles éclats
Devenue tigre féroce plutôt que matou
L'expansion écarte les âmes choquées de leur apostolat


dimanche 1 avril 2018

Lorsque le vent

Lorsque le vent secoue les feuilles de mes pensées
Mon esprit s'enroule en tourbillons du passé
Il s'évade dans ses abîmes frôlant les parois
D'un présent qui sous mon poids désarroi

L'hivers a pris fin, le printemps fait naître les bourgeons
D'un avenir qui sera peut-être pliant comme un jonc

Lorsque le vent m'emporte au loin de mon corps
Mes rêves s'évadent dans une lutte au corps à corps
Le vide se dérobe sous mes pieds et je m'envole
Retrouvant tant bien que mal mon histoire frivole

La neige a fondu, la chaleur reprend peu à peu place
Dans mes veines battant le rythme d'une vie sans alias

Lorsque le vent me plaque au sol ou m'élève là-haut
Mes sentiments se redressent fiers en plein chaos
L'enjeu est permanent, ne pas glisser sur ce toboggan
Et rester uni, avancer caché derrière mon korrigan

L'eau tombe du ciel, vers qui les jeunes pousses se dressent
Le futur n'existe pas encore, il se construit par maladresse

Lorsque le vent se calme entre mes tempes éreintées
Mon corps fatigué se reprend sans trouver l'altérité
Il s'épanche, accompagné de mon égo, maître d'ouvrage
Ouvrant la voie aux mots en quête d'un quelconque sevrage

La moiteur de l'azur éveille la vie vers un nouveau cycle
Mes quelques grammes m'élèvent à nouveau, presque deux sicles




mardi 27 mars 2018

Drap de la Lune

Le silence de la nuit me recouvre de sa couverture
Le drap de la Lune est doux au touché, soie d'argent
Les pensées s'éteignent devant les ombres des géants
Et laissent place aux rêves de paix et de verdure

Les arbres frémissent sous le vent de mon souffle trop court
Et pourtant les feuilles de l'espoir ne cessent de tomber
Les bourgeons d'un avenir inconnu me font tituber
Mais mon corps immobile voyage dans son arrière-cour

La rosée du matin apportera l'humidité sur mes joues
Ce moment n'est pas encore venu, futur indicible
Je reste allongé sur l'humus asséché impassible
Unité dispersée mais présente où je ne déjoue

Cherche et tu ne trouveras pas, trouve et tu ne chercheras plus
Le crépuscule n'est que l'avant goût d'un lendemain de plus

Aime et tu trouveras félicité, cherche à être aimé et tu te tromperas
L'interdépendance naturelle fera des secondes infinies une agora


vendredi 23 mars 2018

Les murs d'ombres

Lorsque sur les murs plusieurs ombres circulent
Dans la pièce aux volets fermés
Qu'une seule est une résultante des particules
Les autres des projections de pensées

Lorsque nos pensées et nos émotions se fissurent
Dans ce temps indéfini
Que les vagues se succèdent comme autant de censure
Du moment présent désuni

De ses souvenirs, faire une force qui nous tire
Plutôt qu'un fardeau sur nos épaules
De ses cicatrices, un cheval pour repartir
Remettre en place ses deux pôles

La vie est une succession de secondes d'éternité
Qui s'enfuient mais nous remplissent
Chacune précède un futur de fraternité
Où les âmes deviennent complices

Vivre, c'est ne pas redouter demain mais le préparer
Vivre, c'est accepter son passé
Vivre, c'est enfourcher son destrier bigarré
Se moquant des mots qui ne font que jacasser

Vivre, c'est tenir son flambeau, le plus haut possible
Sans chercher à être le plus fort
Vivre, c'est avancer d'un demi-pas, presque indicible
Accepter de n'être qu'un photophore

Mais avancer toujours et encore, tout de même
Pour ceux qui nous entourent et nous aiment


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